Les trente-neuf titres de noblesse concédés par le général Franco, chef de l’Etat espagnol de 1939 à 1975.

28 Sep

Dès son accession au pouvoir, le général Franco a précisé que l’Espagne était et resterait une monarchie dont il assurerait une sorte de régence, laissant le trône vacant de son vivant. Cette importante décision, après la seconde République et la guerre civile, fut ancrée par la loi en 1947. Mais le Caudillo  voyait cette réintroduction comme une institution et non comme une restauration puisque, pour lui, la monarchie devait rester à l’avenir en plein accord avec les principes du Movimiento Nacional. Franco se voyait donc comme administrateur du royaume qu’il voulait préparer au retour de la monarchie. Son titre personnel était d’ailleurs : por la gracia de Dios, Caudillo de España y de la Cruzada (par la grâce de Dieu, Caudillo d’Espagne et de la Croisade).

Il jouit, de ce fait, de certaines prérogatives royales dont la concession, la réhabilitation et la transmission de titres de noblesse qu’il mit en oeuvre par décret le 4 juin 1948. A sa mort, 27 ans plus tard, il avait fait usage de cette prérogative en trente-neuf occasions, comme le précise le Conseil permanent de la Grandesse d’Espagne.

Trente-neuf titre qui servirent, en particulier, à récompenser des militaires qui l’aidèrent à gagner la guerre civile, des membres importants de la Phalange, des entrepreneurs qui soutenaient économiquement le régime, des scientifiques ou des religieux.

Nous vous laissons imaginer la grogne actuelle des militants de l’ « Association pour la récupération de la mémoire historique » qui n’a de cesse de mettre à bas tous les souvenirs du régime précédent. Allant même jusqu’à obtenir du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez une prochaine exhumation de la dépouille du général Franco de la Basilique de la Valle de los Caidos…

Ainsi, dès 2009, de vives protestations s’élevèrent contre la décision du ministre de la justice de l’époque de transmettre le titre de duc de Mola avec Grandesse d’Espagne au descendant du général Emilio Mola Vidal, un héros de la guerre civile.

Dès le 18 juillet 1948, le général Franco signait un décret concédant trois titres de duc à titre posthume et un titre de comte afin de commémorer la  » Croisade que l’Espagne avait menée pendant trois ans pour la défense de Dieu et de la Patrie « . Il s’agissait du fondateur de la Phalange, Jose Antonio Primo de Rivera, de M. Calvo Sotelo et des généraux Emilio Mola et Jose Moscardo (le farouche défenseur de l’Alcazar de Tolède).

A partir de cette date, le général Franco concéda pratiquement un titre de noblesse par an jusqu’en 1974 : le 18 juillet de cette année-là, il nomma comte à titre posthume l’écrivain Ramiro de Maeztu y Whitney qui était mort à Madrid en 1936 au commencement de la guerre. Sept mois plus tôt, le titre de duc avait été concédé à l’amiral Luis Carrero Blanco, mort assassiné par l’ETA. Ces deux titres furent les derniers à compléter la liste des 2 790 titres d’origine monarchique actuellement reconnus en Espagne.

En définitive, parmi les 39 personnalités récompensées par un titre de noblesse, figurent 16 officiers de l’armée espagnole, les généraux Mola, Yagüe, Queipo de Llano, Moscardó, Saliquet, García Pallasar, Martín Moreno, García Escámez, Vigón, Varela, Dávila et Kindelán, auxquels s’ajoutent les amiraux Juan Cervera, Francisco Moreno et Carrero Blanco (dont nous avons parlé), ainsi que le lieutenant-colonel qui furent récompensés par un titre de duc, de marquis ou de comte.

Le deuxième groupe de personnalités titrées concerne les hommes politiques tels Jose-Antonio Primo de Rivera, Jose Calvo Sotelo, Onésimo Redondo et le président des Cortes Esteban Bilbao Eguia.

A cette liste s’ajoute Pilar Primo de Rivera, soeur de Jose-Antonio, qui fut faite comtesse del Castillo de la Mota en récompense de son action en faveur des femmes, comme cela est rappelé dans le décret d’attribution :  » Ha sido y es el alma de esta obra a la que, con renunciamiento y gozo, ha dedicado su vida, sirviendo de modo constante y ejemplar a la idea, amorosamente recibida, de estimular las tradicionales virtudes de la mujer española y completar su formación.« 

Des chefs d’entreprises figurent également dans cette liste : Julio Arteche (président de la Banque de Bilbao), Joaquín Benjumea, Alfonso Churruca et Patricio Echeverría, pour leur appui au soulèvement nationaliste de 1936. Ajoutons le cas amusant quant au choix du titre de Pedro Barrié de la Maza, qui fut fait, en 1955, comte de Fenosa , acronyme de mauvais goût de l’entreprise dont il avait la direction : Fuerzas Eléctricas del Noroeste, S.A. ! Mais il s’agissait de remercier l’industriel  » pour son travail intelligent, ses initiatives constantes en faveur de la création de richesses, exprimées principalement en Gallice, et pour sa générosité imprégnée de sentiment chrétien . »

Le monde de la Science ne fut pas oublié avec la nomination du grand histologiste, Prix Nobel de Médecine, Ramón y Cajal, de l’ophtalmologiste Hermenegildo Arruga, de l’inventeur Juan de la Cierva ou de l’ingénieur Eduardo Torroja. Ajoutons-y l’attribution du titre de marquis de Santa María de la Almudena au cardinal italien Tedeschi, nonce à Madrid du pape Pie XII, qui, durant la guerre civile, servit d’intermédiaire entre le Saint-Siège et les nationalistes.

Voilà pour les titres concédés par le général Franco, en relation avec l’installation et l’exercice de son pouvoir. Mais il y eut aussi l’attribution de deux titres relevant strictement de la couronne d’Espagne :

1/ en 1967, celui de duchesse de Badajoz en faveur de la princesse Maria del Pilar de Bourbon, fille de Don Juan, comte de Barcelone, et soeur de Don Juan Carlos, alors prince d’Espagne et futur roi…désigné par le Caudillo. De la même manière que nous pourrions questionner l’ex-roi Juan Carlos « Qui t’a fait roi ?« , pour lui rappeler tout ce qu’il doit à la mémoire de Franco, nous pourrions aujourd’hui encore poser à Dona Maria del Pilar la question « Qui t’a faite duchesse ?« …

2/ en 1972, celui de duc de Cadix en faveur du prince Alphonse de Bourbon, aîné des petits-enfants du roi Alphonse XIII et chef de la maison de Bourbon, à l’occasion de son mariage avec Carmen Martinez Bordiu y Franco, la petite-fille du Caudillo. Mais ce titre fut décrété de nature viagère et non transmissible par décret royal de Juan Carlos Ier, en 1987 ! Ce qui interdisait qu’il put échoir au fils vivant du prince Alphonse, le prince Louis de Bourbon, actuel duc d’Anjou et chef de la maison de Bourbon (après la mort de son père en 1989). Et c’est ainsi que le duché de Cadix fit, une fois encore, retour à la couronne.

Reste « l’affaire » du duché de Franco dans laquelle l’ancien chef de l’Etat espagnol n’est en aucun cas impliqué puisque ce titre fut créé (avec Grandesse d’Espagne) par le roi Juan Carlos Ier lui-même, en novembre 1975, en faveur de la fille du généralissime, Maria del Carmen Franco y Polo, alors marquise consort de Villaverde, en mémoire de son père. Ce titre fut transmis il y a peu à la fille de celle-ci, Carmen Martinez Bordiu y Franco, petite-fille du Caudillo et ex-épouse du prince Alphonse de Bourbon, mère par conséquent du prince Louis de Bourbon !…La boucle est bouclée.

Duché de Franco
Le 28 septembre 2018.
Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.
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2 Réponses to “Les trente-neuf titres de noblesse concédés par le général Franco, chef de l’Etat espagnol de 1939 à 1975.”

  1. HERVE JOSEPH VOLTO septembre 28, 2018 à 12:52 #

    Dona Carmen Martinez Bordiu y Franco, petite-fille du Caudillo et ex-épouse du Prince Alphonse de Bourbon, mère par conséquent du Prince Louis de Bourbon, est rès active en espagne pour faire reconnaître à son fils :

    1. Son Prédicat d’Altesse Royale, retriré à son mari par Juan Carlos pour un titre d’Altesse Sérénissime : elle ne démordra pas…
    2. Réunir autour de son fils les Franquistes un peu fatigués du Prince Felippe VI, pourtant d’un grand sérieux, mais qui n’agit pas assez selon eux pour la défense de Dieu et de la Patrie, propsant au « LOUIS XX » des Légitmistes Français de succéder à Félippe son le nom de LUIS DOS, ou à son fils Alfonso commme ALFONSO XIV, laissant son fils Louis disponible pour les Légitimistes Français…

    Les espagnols nous donnent deux leçons :
    1. Il n’on pas eu peur de restaurer la Montrchie.
    2. Ils ne renoncent pas à leurs racines Chrétiennes et certains partis politiques, comme le parti de la Phalange, n’a pas peur de ses origines Catholiques.

  2. HERVE JOSEPH VOLTO septembre 28, 2018 à 2:03 #

    J’ai reçut un coup de téléphone de la France où on m’a dit que la Phalange Française, qui n’est pas un parti comme en Espagne, soutinent CIVITAS. Bon alors, c’est à CIVITAS que doit aller notre soutient.

    -Civitas est un parti politique Français, issu de l’association France Jeunesse Civitas. Cette association, aussi connue sous le nom d’Institut Civitas, est généralement considérée comme Catholique intégriste, « national-catholique » et d’extrême droite, nous dit Wikipédia.

    National-catholicisme, d’un Catholicisme de tadition, et certains membres du CER faisant parti de CIVITAS… oui, Catholiques et Français, toujours ! et Royalistes, parce que Catholiques et Français. Et puis, ayant des arrière-grands-parents Français, iatliens, maltais et… espagnols, on retombe sur nos pieds dans ma famille…

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