Un nouveau succès pour Viktor Orban : les études universitaires.

11 Oct

Jean-Michel Blanquer en est malade. Les universités hongroises font le plein d’étudiants et les demandes sont si nombreuses qu’il est facile de sélectionner les meilleurs.

D’aucuns prétendent qu’il s’agit là d’un paradoxe: le discours antimigrants du gouvernement hongrois et, en particulier, de son Premier ministre, Viktor Orban, devrait décourager voire faire fuir les étudiants venant par exemple de Turquie ou du Maroc. Or il n’en est rien. Et pire encore, le gouvernement hongrois leur attribue des bourses conséquentes !

Budapest prend en effet en charge depuis 2013 les études d’étrangers sur son territoire et multiplie les échanges bilatéraux. Cette année, le nombre des bourses accordées à des Asiatiques, des Sud-Américains ou des Maghrébins a doublé, passant de 2 500 à 5 000  bénéficiaires.

Alors que la France est en perte d’attractivité – les Hongrois venant étudier dans l’Hexagone sont en recul de 10  % depuis 2011 –, le nombre de Français inscrits en Erasmus en Hongrie explose. Ils seront 750 à venir découvrir Gyor, ou Pécs cette année, ce qui représente une hausse de 66  % par rapport à 2012. Développement des programmes en anglais, hausse de la qualité des enseignements, vie universitaire palpitante (et restant bon marché), sécurité… La destination voit sa cote grimper. CQFD.

A l’origine de cette réalité méconnue, on retrouve notamment le ministre de la justice, Laszlo Trocsanyi. Ancien ambassadeur à Paris et à Bruxelles, cet enseignant de formation se trouve être un militant de la francophonie. Il s’est battu pour créer, dans la troisième ville hongroise (Szeged compte 170 000  habitants), le Centre universitaire francophone (CUF). Un campus entièrement destinéà des enseignements en français, ouvert au monde entier. Et qui s’inscrit dans une lignée prestigieuse : créée en  1872, l’université de Szeged, la SZTE, s’inscrit dans l’héritage de l’université François-Joseph (1872-1940) et de l’Académie de Kolozsvar, fondée, elle, dès 1581 (et déplacée à Szeged en  1921).

Les prétendues atteintes aux libertés académiques sont pourtant l’une des mesures ayant conduit les eurodéputés à voter, le 12  septembre, pour le déclenchement de l’article  7 du traité sur l’Union européenne à l’encontre de la Hongrie. Patrick Mardellat, un enseignant venu de France, lui, souligne  » la liberté totale de parole  » dont il jouit. Le partenariat conclu entre Sciences  Po Lille et la faculté de Szeged se porte à merveille, et les élèves sont nombreux à en profiter.

Leurs motivations sont très diverses. Elodie Schutz, originaire d’Alençon, trouvait  » intéressant d’aller passer un semestre dans une contrée controversée, au moment d’une crise de l’Union européenne « , afin de compléter une expérience plus classique d’Erasmus en Allemagne.  » Je suis en spécialité études européennes, précise-t-elle. A Szeged, l’accent est mis sur la politique migratoire de l’UE, son action extérieure et sur les civilisations d’Europe centrale et orientale. Nous sommes tout près des frontières Schengen et cela nous permet d’envisager la construction européenne depuis les nations ayant rejoint l’Union à partir de 2004 (sous-entendu : et non pas depuis Bruxelles et la Commission européenne…). » C’est aussi la motivation de Yassine Alilou, 23 ans :  » Je viens de Fès, au Maroc, et j’avais déjà passé une année de licence à Marseille. Comme je souhaite intégrer la diplomatie marocaine, j’espère qu’évoluer quatre semestres ici me permettra de me distinguer.  » Et comment !

Il y a cinq ans, la Hongrie a conclu un partenariat avec la faculté Senghor d’Alexandrie, en Egypte, un établissement pensé par l’ancien secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali pour former l’élite africaine de demain.  » Le nombre de candidats double chaque année, parce que cet accord permet d’obtenir un double diplôme, l’un européen, l’autre africain « , se réjouit Peter Kruzslicz, le directeur administratif du CUF. Cette structure, mise en place en  2013, bénéficie d’une dotation de 135 000 euros par an, émise par le ministère hongrois de l’éducation, d’un poste de volontaire international, proposé par le Quai d’Orsay, et d’une juriste assistante, financée en partie par Wallonie-Bruxelles International, administration publique de la région wallonne, en Belgique.  » Nous proposons un master en développement Europe-Afrique, dans lequel nous expliquons notamment aux Africains les politiques européennes en rapport avec leur continent, détaille Peter Kruzslicz.  Désormais, nous souhaitons convaincre les Hongrois d’intégrer le programme et de s’intéresser à l’autre rive de la Méditerranée. « 

Prochainement, le garde des sceaux hongrois en personne viendra donner un cours de droit à Nina Pooda, 29  ans, originaire du Burkina Faso, et à Moussa N’Diaye, un Guinéen du même âge.  » Pour nous, il s’agit d’une opportunité de connaître l’UE de l’intérieur « , estime ce dernier.  » Lorsqu’on veut vouer sa carrière au développement, il est indispensable de se confronter à l’altérité, afin de pouvoir s’adapter à toutes les situations possibles « , renchérit Nina Pooda.

Les Africains ne s’en cachent pas : pour nombre d’entre eux, aller bûcher  » chez M.  Orban « , un dirigeant portant un discours négatif sur la migration Sud-Nord, est un défi. Ils parlent d’une expérience enrichissante pour eux et se disent agréablement surpris par la relative bienveillance de la population à leur égard.  » Szeged est historiquement multiconfessionnelle, rappelle Peter Kruzslicz. Hongrois, roumain, allemand : il y a quatre générations, tous les habitants parlaient plusieurs langues (c’était le bon temps de l’empire des Habsbourg !). Avant l’adoption des lois dites de numerus clausus, à peu près la moitié des inscrits en droit étaient juifs dans toutes les promotions.  » L’ouverture internationale est également liée à l’histoire.  » L’académie a été fondée en  1921, après la perte de la ville de Cluj, devenue roumaine à la suite du traité de Trianon. Depuis, nous entretenons également des liens très forts avec la Roumanie « , fait valoir M.  Kruzslicz.

Sur les 25 000 étudiants de la ville, près de 1 300  nouveaux inscrits sont originaires de l’étranger. Parmi eux, des Allemands, des Iraniens ou encore des Chinois. Tous étudient en anglais ou dans la langue de Gœthe. Et c’est là sans doute la grosse ombre au tableau… Peter Kruzslicz et Patrick Mardellat tentent donc d’attirer des voisins n’ayant pas encore rejoint l’Union européenne et susceptibles de considérer  » Szeged-la-francophile  » comme une porte d’entrée plus accessible que Londres ou Paris. Macédoine, Moldavie, Géorgie : les impétrants venus de ces contrées font preuve d’une appétence prometteuse.

Encore une fois, disons-le, «  ne lâche rien Viktor, nous sommes à tes côtés ! « *

Le 11 octobre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/16/ne-lache-rien-viktor-nous-sommes-a-tes-cotes/)

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4 Réponses to “Un nouveau succès pour Viktor Orban : les études universitaires.”

  1. HERVE JOSEPH VOLTO octobre 11, 2018 à 10:11 #

    En 1922, Charles IV meurt d’une mauvaise pneumonie. Officiellement, la Hongrie est toujours un Royaume Catholique avec un Régent à sa tête, l’Amiral Horthy.

    En Hongrie, L’Amiral Horthy a écarté toutes idées de restauration des Habsbourgs dans le pays. Le régime reste toujours celui d’une Monarchie Catholique et Horthy son Régent, mais point de Habsbourg-Lorraine sur le trône.

    Le Magyarisme en Hongrie, c’est avant tout une attitude culturelle Catholique, celle de la Tradition. En politique, il incarne le principe d’expension-évangélisation dont Léon XIII rependra l’idée : tout le contraire de l’actuel euro-mondialisme islamisant ! C’est aussi un nationalisme hongrois et Chrétien : mourir pour la Patrie, c’est mourir pour la société hongroise destabilisée par les idées révolutionnaires. C’est, enfin, face à la masse l’affirmation de la personne.

    Le mouvement Magyariste va se réorganiser. En 1922, l’ancien ministre de l’éducation et Comte Gyula Andrássy de Csíkszentkirály (1860-1929) crée avec István Friedrich (1883-1951), Albert Apponyi et le Prince Rakovszky (1853-1926), le Keresztény Nemzeti Földmíves és Polgári Párt (-KNFPT ou Andrássy-Friedrich Párt / Parti National et Civique des Travailleurs Agricoles et Chrétiens).

    Le Prince Palatin et Archiduc Joseph de Habsbourg-Lorraine est nommé Régent de Hongrie. La Hongrie est de nouveau une Monarchie. Il s’agit de restaurer désormais Charles IV sur son trône. Le Régent est populaire en Hongrie. Déjà le 28 octobre 1918, il avait été nommé « Homme du Roi » afin de mener les affaires du Royaume avant de se rallier à la nouvelle République. L’idée de prendre lui-même la couronne de Hongrie avait effleuré le Palatin. De nouveau Régent, il ne cache pas sa volonté de restaurer Charles IV. La Tchécoslovaquie proteste immédiatement -on veut bien là-bas une Monarchie qui soit Catholique, mais on ne veut pas des Habsbourg- d’autant plus que Charles IV revendique publiquement le 14 août ses droits au trône de Hongrie.

    De là, la fondation de la résurrection du Groupe de Visegrade : Le groupe de Visegrád trouve son origine en automne 1335, lorsque les rois de Bohême, de Pologne et de Hongrie se rencontrèrent dans la ville hongroise de Visegrád pour créer une SOLIDE alliance ANTI-HABSBOURG. Les trois dirigeants se sont mis d’accord sur la création de nouvelles routes commerciales qui permettraient un accès facilité aux marchés européens.

    Alors que le communisme montre ses premiers signes d’érosion, les Habsbourg font un retour inattendu. Le 13 juillet 1988, sans prévenir les autorités communistes, l’archiduc débarque à Budapest durant 48 heures, les prenant de court. C’est un triomphe. La dynastie n’a pas été oubliée et devient une alternative. En 1990, on lui propose la présidence d’une Hongrie libérée. Il refuse, lui préférant le combat pour l’intégration de la Hongrie au sein de l’Europe. Mais celui qui a marqué les esprits en organisant un  » pique-nique à la frontière, permettant à des milliers d’Est-Allemand de fuir « , coupe de facto les efforts du Parti légitimiste hongrois (Magyar Legitimista Párt) qui tente d’entrer au parlement (le mouvement devra cessera ses activités politiques en 1998 avant de ls reprendre sous un autre nom en 2013).

    Si en Autriche, TOUS le monarqchistes sont fidèles à la Maisosn Royale et Impériale de Habsbourg, il existe par contre en Hongrie une guerre de l’ombre entre les Monarchistes favorables au Prince Georg de Habsbourg et des Monarchistes anti-habsbourg se souvenant que les Anjous ont régné plusieurs générations sur la patrie magyarde, et que les… Bourbons-Sicles sont le hériiers des Anjous de Hongrie.

    Il arrive que l’on puisse croiser le Prince Carles de Bourbon-Siciles et son épouse Camilla Croccianni à Budapest… Viktor Orban, quand à lui, est fidèle aux habsbourg et vante l’amitiès du Prince Georg. Le souvenir Français de la présence Capétienne en Hongrie demeure vive, d’où toutes ces démarches pour faciliter les relations entre la France et les Pays du Visegrad, amitiés diplomatiques freinées par les autes d’humeur d’Emmanuel macron.

  2. HERVE JOSEPH VOLTO octobre 11, 2018 à 10:29 #

    Autre chose.

    Hedwige d’Anjou, née à Budapest le 15 février 1372, où son père a hérité de la couronne de Saint-Etienne, morte à Cracovie le 17 juillet 1399 (à 27 ans), a régné sur la Pologne de 1384 à 1399.

    Membre de la maison Capétienne d’Anjou-Sicile, descendante de Charles I° d’Anjou, frère de Saint-Louis, Hedwige était une arrière-petite fille de Charles Martel de Hongrie, la petite-fille de Charles Robert de Hongrie et la fille de Louis Ier le Grand, roi de Hongrie et de Pologne, et d’Élisabeth de Bosnie. Edwige est fiancée par son père à l’âge de quatre ans au prince Guillaume d’Autriche.

    Après la mort du Roi Louis Ier en septembre 1382, tandis que sa sœur aînée Marie, héritière des deux royaumes depuis 1379, voit son trône de Hongrie contesté, Hedwige est désignée comme Souveraine de Pologne par la Noblesse de ce pays qui veut ainsi mettre fin à l’union personnelle entre la Hongrie et la Pologne.

    Hedwige est couronnée à Cracovie le 16 octobre 13841, à l’âge de douze ans, et porte le titre de Reine de Pologne, étant monarque à part entière.

    À la demande de la Diète, elle doit rompre ses fiançailles avec le jeune Prince autrichien Guillaume de Habsbourg pour épouser à l’âge de 14 ans le 18 février 1386 à Cracovie Jogaila (1351 † 1424), Grand-Duc de Lituanie, un païen âgé de 35 ans qui se convertira grace à elle au Christianisme sous le nom de « Ladislas ou Vladislav » (en polonais Władysław Jagiełło) et qui est lui aussi élu Roi de Pologne. Cette union permettra, en outre, la conversion complète de la Lituanie au Catholicisme.

    Hedwige Ire meurt des complications de l’accouchement quatre jours après la mort de son premier enfant, une fille, Élisabeth Bonifacia, née le 22 juin et décédée le 13 juillet 1399. Son mari, à la requête des États du royaume unanimes, reste l’unique Roi de Pologne. Selon le Prince Sixte-henri de Bourbon-parme, les Bourbons possèderaient un droit sur le Trône de Plogne au cas où la Monarchie reviendrait. Lech Kasinsky est un fervent Royaliste polonnais et possederait ses entrèes à Monarchichtov Polkish.

    La jeune femme, qui parlait plusieurs langues (le Français, le latin, le bosniaque, le hongrois, le serbe, le polonais et l’allemand) et qui a accepté de sacrifier sa vie personnelle pour l’avenir de son pays, est devenue la patronne de la nation polonaise et a été canonisée par Jean-Paul II le 8 juin 1997. Elle est fêtée le 17 juillet. Son Tombeau se trouve dans la basilique-cathédrale Saints-Stanislas-et-Venceslas de Cracovie.

    TOUT CELA EXPLIQUE LES LIENS PROFONDS EXISTANTS ENTRE LES PAYS DE VISEGRDE ET LES PAYS BALTES.

    Hedwige dirige la civilisation polonaise dans le jeu CIVILIZATION VI développé par Firaxis Games en 2016.

  3. HERVE JOSEPH VOLTO octobre 11, 2018 à 10:35 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE…

    -Le remaniement n’aura pas lieu […] tant que le président de la République sera à Erevan ! a fait savoir mercredi matin 10 octobre 2018 le porte parole du Château.

    Avant de s’envoler pour le Sommet de la Francophonie en Arménie, où il séjourne jusqu’à vendredi, Emmanuel Macron aurait souligné au Conseil des Ministres qu’il «assumait totalement de prendre le temps de faire ce fameux remaniement». Et qu’il n’y a « pas l’ombre d’un espace » entre lui et son Premier ministre sur la composition du gouvernement.

    Si on ne sait toujours pas qui sera le Minsitre l’Intérieur (on en saura plus Lundi 15 octobre 2018), on sait par contre que l’on retrouvera le ministre de la justice hongroise, Laszlo Trocsanyi. Ancien ambassadeur à Paris et à Bruxelles, cet enseignant de formation se trouve être un militant de la francophonie. Il s’est battu pour créer, dans la troisième ville hongroise (Szeged compte 170 000 habitants), le Centre universitaire francophone (CUF) décrit dans l’article de Monsieur Pons…

  4. HERVE JOSEPH VOLTO octobre 11, 2018 à 10:41 #

    PS :

    A la Francophonie, Emmanuel Macron use d’un savant art de la politique pour placer ses dames, quitte parfois à les mettre dans l’embarras. Deux mois après son arrivée au pouvoir, le 31 juillet 2017, il reçoit à l’Elysée Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l’OIF (francophonie). « Le chef de l’Etat s’est rendu compte qu’elle ne correspondait pas à la personne qu’il cherchait pour le job », se souvient l’un des proches du président. Très vite, les cellules diplomatiques de l’Elysée et du Quai d’Orsay se mettent en quête d’un remplaçant(e). Le nom de Louise Mukishiwabo sort rapidement du lot parmi les candidatures. Double avantage : cette candidature permet de coller à l’ambitieux agenda de réformes que porte le Rwanda en Afrique (numérique, éducation, économie…) et de remettre l’Afrique au cœur de l’OIF tout en se débarrassant des oripeaux de la Françafrique. Moussa Faki, président de la Commission de l’Union africaine, est alors sollicitée pour vendre cette candidature au continent. Et, selon Jeune Afrique, des personnalités comme Maurice Levy, ex-patron de Publicis, sont chargées de convaincre un Paul Kagamé, assez surpris par une telle initiative, de l candidature de Leila Slimani.

    Alors que VIKTOR, L’HOMME EN OR, défend les racines de son pays, la république macronnienne tente d’imposer une France Black-Blanc-Beurre…

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