Voici pourquoi le discours d’Emmanuel Macron en ouverture du sommet de la Francophonie, à Erevan, est une imposture.

12 Oct

À Erevan, en Arménie, Emmanuel Macron a fait l’apologie d’une francophonie de résistance, mais aussi une francophonie réinventée.« Elle n’est pas un club convenu, un espace fatigué, mais un lieu de reconquête », a martelé Emmanuel Macron, jeudi 11 octobre. Le président français, en s’adressant aux quelque 40 chefs d’Etat et de gouvernement et aux représentants des 84 membres de l’OIF venus dans la capitale arménienne pour le 17e sommet de la Francophonie, n’a pas dérogé à l’usage c’est à dire, hélas, à la routine.

« C’est une famille aux dimensions de la planète », a rappelé le chef de l’Etat dans son intervention, la troisième après celles du premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et du président malgache par intérim, Rivo Rakotovao, tout en rappelant qu’« il y a entre nous de nombreuses blessures qui commencent à cicatriser grâce au travail de mémoire ». Ben voyons ! Une petite dose de repentance, ça ne peut pas nuire…

 Cette langue qui « nous unit, dit-il, chacun la parle avec ses accents et ses tournures particulières ». Le français n’appartient donc pas à la France. Mais, si l’on entend bien les propos du chef de l’Etat français, cette langue doit avant tout être une langue de combat. Et d’oser cette contre-vérité concernant sa pratique dans notre pays : « La francophonie doit être le lieu du ressaisissement contemporain », a lancé le président français dans un discours aux accents enflammés (mais d’enflammé à…creux, il n’y a qu’un pas) de plus d’une demi-heure. D’ailleurs il doit quelque part en avoir conscience puisqu’il a ajouté ceci : « Cette langue qui en a conjugué tant d’autres ne va pas répéter des mots devenus parfois creux, mais elle doit être la langue du refus de ce qui se passe », évoquant, comme fin septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, la crise du multilatéralisme, le basculement de l’ordre international créé après la seconde guerre mondiale, la montée des populismes et des nationalismes.

Ce thème a irrigué toute son intervention et ses réflexions sur une francophonie dont la priorité doit être la reconquête de la jeunesse, notamment africaine. Le continent comptera en effet, au milieu du siècle, quelque 700 millions de francophones. Pour Emmanuel Macron, aussi, « la francophonie doit être féministe ». Elle est l’espace où se mène ce combat pour l’égalité des femmes, leur droit à l’éducation, mais aussi, de manière plus générale, toute la bataille pour la préservation des biens communs de l’humanité. « Unie, notre famille ne l’est pas seulement par la langue, mais aussi par une certaine vision du monde. » Avouez que ça ne mange pas de pain…

Dans ce discours lyrique (on aurait cru entendre Sacha Guitry), Emmanuel Macron a néanmoins tenté de lancer quelques pistes concrètes. Il a notamment repris l’idée de la romancière franco-marocaine Leïla Slimani, dont il a fait sa représentante personnelle pour la Francophonie en novembre 2017, d’organiser un congrès des écrivains de langue française qui réunirait les auteurs, les éditeurs et tous ceux dont le métier est en rapport avec la langue. « Cela n’a jamais été fait », a-t-il souligné, et cela permettrait de promouvoir le français comme « la langue de la création », ce qui le différencie, aux yeux du chef de l’Etat, de l’anglais, « langue d’usage ».

Le président français propose à nouveau, comme lors de son discours du 20 mars devant l’Académie française, que tous les pays francophiles participent à la restauration du château de Villers-Cotterêts, lieu symbole s’il en est, où François 1er décréta que le français serait la langue officielle du royaume de France. C’est aussi le lieu de naissance d’Alexandre Dumas, l’un des écrivains français le plus lu dans le monde. Et là, avouons-le, nous ne pouvons que souscrire, dans les pas de notre ami l’ambassadeur Albert Salon.

Sans cesse aussi, il est revenu sur la figure de Charles Aznavour, le fils d’immigrés dont les langues maternelles furent l’arménien et le géorgien, mais pour qui « la langue française est devenue la patrie » sans que jamais il ne se renie pour autant. Mais, là, ce n’était plus Sacha Guitry qui s’exprimait…c’était Albert Camus, le pied-noir qui affirmait lors de la remise de son Prix Nobel de littérature :  » Ma patrie, c’est la langue française  » ! Mais Emmanuel Macron s’en souvenait-il ?

Mais comment le chef de l’Etat français peut-il avoir de telles prétentions et oser de tels bobards alors que la langue française, en usage dans notre pays, est désormais soumise au diktat de la pensée conforme et obligatoire. Car quel peut être l’avenir d’une langue que l’on prétend universelle et  » langue de la création  » mais dont le sens des mots est désormais dicté par la loi et leur usage contrôlé par une chambre correctionnelle ? 

C’est hélas la situation de la langue française aujourd’hui, dans la République d’Emmanuel Macron. Une langue en perdition et qui ne tardera pas à être une langue morte. C’est pourquoi nous parlons encore de 

Et si vous en doutiez, en voici la preuve :

Le 12 octobre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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2 Réponses to “Voici pourquoi le discours d’Emmanuel Macron en ouverture du sommet de la Francophonie, à Erevan, est une imposture.”

  1. HERVE JOSEPH VOLTO octobre 13, 2018 à 10:17 #

    Les Français auront permis à un Régent Présidentiel qui ne se rappelle pas d’être Français de souche, qui ne se souvient pas ce qu’est d’être Français, de compléter son passeport, côté voyage gratuits il ne s’est pas privé avec Madame et sa cour. Tandis qu’en France le remaniement attend, les manifs augmentent, rien ne va, il offre la Francophonie à des personnes qui,elles, ne savamnyt pas ce qu’est d’être Franòaise, à part que celà permet
    l’obtention de papiers. On comprend mieux son côté « proche du peuple ».

    Ne rions pas : c’est avec notre argent…

  2. HERVE JOSEPH VOLTO octobre 13, 2018 à 10:51 #

    Pendant ce temps là, les vrais Français deviennent passibles de tribunaux.

    -Qui restera-t-il, au Front, si tous les cadres finissent par être jugés inéligibles ?, s’inquiétait il y a quelques jours un responsable du parti de Marine Le Pen, sous couvert d’anonymat.

    Ce vendredi 12 Octobre, la présidente du Rassemblement National (RN, successeur du Front national) a vu sa mise en examen aggravée dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs de son parti au Parlement européen, désormais qualifiée en « détournements de fonds publics ». Cette requalification alourdit une mise en examen pour « abus de confiance » et « complicité d’abus de confiance » datant de juin 2017.

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