Chronique d’une imposture annoncée : « dis-moi qui sont tes amis et je dirai qui tu es » (suite).

21 Oct

Nous avions connu la rocambolesque autant que consternante affaire Macron-Benalla (qui, rappelons-le n’est pas encore terminée) qui avait révélé à la Terre entière les liens sulfureux et coupables existant entre le président de la République et son garde du corps maghrébin. Un scandale d’Etat.

Fête de la Musique à l’Elysée

Il y eut aussi, cette lamentable Fête de la Musique de juin dernier au cours de laquelle on vit le palais présidentiel livré aux orgies de prétendus musiciens mais surtout authentiques militants LGBT. Une honte pour la France que l’on aurait pu penser accidentelle s’il n’y avait pas eu, quelques mois plus tard, cette exhibition d’Emmanuel Macron, chef de l’Etat en visite dans l’île de Saint-Martin (Antilles) et posant avantageusement avec deux racailles locales (mis en examen depuis pour trafic de drogue) faisant des gestes ignominieux :

Les potes de Macron

Et voici que vient d’être publié un brûlot des journalistes du Parisien et du Point Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon, intitulé Mimi*, et qui est une biographie décoiffante (autant qu’affligeante pour la France) de Michèle Marchand, amie intime et gourou en communication du couple Macron ! Au point que l’on peut se demander si ces gens-là ne sont pas carrément …dingues. En tout cas, une chose est certaine, ils n’aiment pas la France et ne savent même pas ce qu’elle est.

Car on ne manque pas de s’étonner qu’un tel personnage ait pu entrer aussi facilement dans l’intimité du couple présidentiel tant Michèle Marchand, 71 ans, ex-épouse d’un braqueur puis d’un flic, paraissait à mille lieues du « nouveau monde » et de ses jeunes technos d’une prétendue  » République en marche « . C’est pourtant avec une remarquable inconscience que le couple présidentiel a ouvert la porte de l’Elysée à cette reine des paparazzis qui a longtemps frayé dans les arrière-salles de boîtes de nuit, connu la prison, et qui vend aujourd’hui photos et infos à la presse people…On ne rêve pas, on cauchemarde.

Personne ne la connaît, mis à part les photographes qui peuvent lui vendre plusieurs dizaines de milliers d’euros une photo volée ou renoncer à la publier sur son injonction. Mais c’est bien elle, sur cette image prise avec son téléphone portable dans le bureau présidentiel, levant les deux bras et faisant le V de la victoire comme si elle était chez elle, quelques jours à peine après l’élection d’Emmanuel Macron.

Ce cliché figure au dos de Mimi

De tous temps se sont introduits dans le sillage d’un souverain, d’un grand responsable, d’une star, d’un homme politique, des intrigants au courant de ses secrets. François Mitterrand gardait autour de lui quelques amis initiés, tel François de Grossouvre, chargé notamment de financer ses campagnes, d’organiser sa double vie ou de racheter les photos compromettantes. Cette fois, pourtant, c’est le loup lui-même que les Macron ont introduit dans la bergerie.

Car Mimi Marchand fait profession de vendre la vie privée des célébrités ou de leur laisser supposer qu’elle peut empêcher qu’on ne la dévoile. Cofondatrice de Purepeople, le premier site pure player d’informations consacrées aux « beautiful people », elle est à la tête de Bestimage, une des trois plus importantes agences françaises de photos de célébrités et affirme aux auteurs être au courant de tout « au moins quinze jours avant les autres ».

C’est en pleine campagne électorale que cette septuagénaire à la voix rauque de fumeuse est arrivée dans l’entourage des Macron. Jusque-là, « Mimi » se targuait de posséder sa carte de « grand donateur » de l’UMP et avait même assisté, au premier rang, à plusieurs des meetings de Nicolas Sarkozy. Les Sarkozy avaient d’ailleurs été conviés à son remariage avec un ancien officier de la police judiciaire…

Mais, en ce printemps 2016, Nicolas Sarkozy craint de perdre la primaire de la droite et le futur candidat d’En marche ! progresse dans les sondages. Brigitte Macron, racontent les auteurs, s’inquiète pourtant des rumeurs sur la supposée homosexualité de son mari. Leur ami Xavier Niel, PDG de Free, propose alors aux Macron « une spécialiste »qui veillera pour eux sur la presse : Mimi Marchand, connue quelques années auparavant dans le bureau de leur avocate commune. C’est elle qui, dorénavant, organisera la plupart des couvertures magazine du couple.

« Je ne fais pas les “unes” de la presse people, s’agace alors tout haut le jeune candidat pendant sa campagne. La presse people fait des “unes” sur moi. » C’est à voir. Car avec Mimi Marchand est organisée une série de reportages avantageux, produits la plupart du temps par sa société, Bestimage. « Les Macron, avec l’aide de Bestimage, participent à un système qui fait passer des publireportages dévoilant leur intimité pour des photos volées et qui maquille la communication en information », écrivent les trois auteurs de Mimi. Une imposture de plus pour  » vendre  » le nouveau monde !

Au début de la présidence, elle s’infiltre à l’Elysée grâce à Brigitte Macron, assistant aux réunions de communication du jeudi matin avec l’équipe de la première dame. Et, tenez-vous bien, elle travaillait alors main dans la main avec un certain… Alexandre Benalla. Le garde du corps écartait les caméras et les photographes qui ne travaillaient pas pour Bestimage, mais faisait monter les paparazzis appointés par « Mimi » dans l’avion présidentiel. « Depuis qu’elle travaille avec le couple Macron, son chiffre d’affaires a augmenté de 500 000 euros et les bénéfices de 343 338 euros », affirment Décugis, Leplongeon et Guéna.

Pourquoi accorder une telle confiance à cette femme qui a fait l’objet de plusieurs condamnations, n’apparaît pas dans les organigrammes de ses propres sociétés et a été autrefois licenciée de Voici pour avoir publié une interview de Trevor Rees-Jones, le garde du corps survivant de l’accident de la princesse Diana – un faux, selon l’intéressé, qui assura n’avoir jamais donné le moindre entretien ni rencontré la journaliste ? 

Le plus étonnant, en tout cas, est de constater à quel point une femme de cette sorte réussit à pénétrer des milieux divers, du show-biz aux milieux d’affaires. Narcissisme, rumeurs, fausse transparence, manipulation des images : le voilà, le vrai ressort de cette « Mimi ».

Et lorsqu’on a terminé la lecture de son portrait s’impose la désagréable impression de voir se dresser l’un des visages grimaçants de notre époque  » en même temps  » que l’insignifiance de ceux qui usurpent les plus hautes fonctions de l’Etat.

Le 21 octobre 2018.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* « Mimi », de Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon, Grasset, 208 pages, 19 euros.

Publicités

Une Réponse to “Chronique d’une imposture annoncée : « dis-moi qui sont tes amis et je dirai qui tu es » (suite).”

  1. hathoriti octobre 23, 2018 à 8:59 #

    Une femme sans classe, d’une vulgarité crasse qui s’accorde bien avec celle du couple malsain et sans distinction qui « règne » sur la France !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :