Mortalité sur les routes : l’échec de la tyrannie.

22 Oct

Chaque mois nous apporte son lot de nouveauté en matière de contraintes des automobiliste et de répression de la vitesse sur les routes. Les radars éclosent comme les champignons après la rosée du matin. Il y en a à présent des visibles, des cachés, des fixes, des mobiles, des embarqués et bientôt des volants puisqu’on nous parle de l’usage de drones pour débusquer tous ceux qui osent braver les injonctions gouvernementales en matière de vitesse automobile…Au point que plus personne n’est capable de dire quel en est précisément le nombre. Ni bien sûr combien cette folie coûte au contribuable. Seule la pasionaria de la persécution des automobiliste, Chantal Perrichon, la demi-folle qui préside la « Ligue contre les violences routières« , s’en réjouit inlassablement dans les médias qui lui tendent leurs micros !

Et pourtant, ce que l’on sait avec certitude aujourd’hui, c’est que tous ces radars ne servent pas à grand chose…Pas plus d’ailleurs que les réductions successives et de plus en plus drastiques de la vitesse maximale autorisée, tant sur les routes que dans les agglomérations.

Ainsi, en cinquante ans, la vitesse dans les centres villes a été diminuée de moitié, passant de 60 km/h à 30 km/h. Or, le nombre d’accidents automobiles et les taux de mortalité en ville n’ont cessé, parallèlement, d’augmenter, faisant de très loin du milieu urbain le plus accidentogène par rapport aux routes et autoroutes.

Et que penser à présent de cette utopie d’Edouard Philippe, énoncée en janvier 2018 et mise en application le 1er juillet dernier, d’imposer la limitation à 80 km/h de la vitesse sur les routes secondaires sans séparateur ? Pas convaincante pour le moment et sans doute pas davantage plus tard…En voici la démonstration.

Nos excellences affirment (histoire de se donner une importance qu’elles n’ont pas) que  » la parole politique a un effet sur la mortalité routière  » : plus elle est ferme et constante, plus le nombre de morts diminue. On l’aurait observé en  2002, lorsque Jacques Chirac avait annoncé que la sécurité routière serait une priorité de son quinquennat : le nombre de tués avait baissé…avant même l’installation des premiers radars ! Ce qui permet de penser (mais il s’agit là de l’opinion d’un mauvais esprit):

1/ que ces prétendues statistiques n’en sont pas car elles portent sur des cohortes trop peu importantes avec des résultats toujours très faibles,

2/ que la mortalité routière est, comme le cancer, une maladie multifactorielle c’est-à dire dont les causes sont multiples*. Sujette en outre à de nombreux aléas. D’où une évolution en dents de scie qui semble déjouer tous les pronostics.

Ainsi avons-nous eu à déplorer :

  • 235 morts en janvier
  • 217 en février
  • 231 en mars
  • 279 en avril
  • 272 en mai
  • 294 en juin
  • 324 en juillet
  • 251 en août (le mois où la circulation automobile est traditionnellement la plus intense)…
  • et 323 en septembre, ce qui représente 26 de plus (8,8  %) qu’en  septembre  2017, a rapporté l’Observatoire interministériel de la sécurité routière (ONISR), le 18  octobre.

Pas de chance pour ce malheureux Edouard Philippe (dont il faut d’ailleurs rappeler que Gérard Collomb, alors ministre de l’intérieur, ne partageait pas l’enthousiasme prophylactique) qui prétendait, lorsque l’idée des 80 km/h germa dans son esprit, que cette mesure épargnerait  » 350 à 400  vies par an «  en métropole, soit 30 à 34  morts chaque mois. Or, on ne peut que constater que les résultats ne sont pas à la hauteur de ses espérances.

Pierre Chasseray, le délégué général de 40  millions d’automobilistes, en conclut que  » la démonstration est ainsi faite «  que le modèle de Nilsson, qu’il a toujours remis en cause, n’est pas valide. Quant àMme  Perrichon, elle demande pour sa part que la délégation à la sécurité routière dise très vite si la baisse du nombre de morts en  juillet et en  août est due à une baisse sur les routes bidirectionnelles sans séparateur médian ou à une baisse sur tous les types de routes.

Emmanuel Barbe, délégué à la sécurité routière, répond qu’il faudra attendre  » le premier semestre de 2019 «  pour obtenir la géolocalisation des accidents.

Nous somme dans la plus grande impatience de connaître ces chiffres…

Le 22 octobre 2018.

Du Plessis

* N’oublions pas, parmi ces facteurs, l’un de ceux qui prennent de plus en plus d’importance : l’effroyable état de dégradation du réseau routier français, non (ou si peu) entretenu par les autorités responsables, ainsi que nous le rappelions ici (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/17/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-edouard-philippe-persiste-et-signe/).

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