Errare papam est, perseverare diabilicum.

1 Avr

Le pape François avait déjà, à plusieurs reprises, exprimé sa solidarité avec les hordes migrantes qui déferlent sur le continent européen et invité fermement les gouvernements des pays de l’Union à les accueillir, même contre l’avis de leurs concitoyens. Nous avions évidemment dit tout le mal que nous pensions de cette démarche assassine.

Hélas, profitant de son voyage au Maroc le week-end dernier, un pays devenu l’une des plaques tournantes des routes migratoires de l’Afrique subsaharienne vers l’Europe, François…a récidivé.

Le pape François et le roi Mohammed VI

Dès sa première journée à Rabat, le pape s’est adressé aux migrants (qui n’en attendaient pas tant). Il a une nouvelle fois tempêté contre «l’indifférence et le silence» car «personne ne peut être indifférent devant cette souffrance». Il ne faut pas «se laisser conditionner par les peurs et par l’ignorance», a-t-il recommandé, et devenir de «vrais compagnons de voyage» des migrants ! Le Pacte de l’ONU (dit de Marrakech) érigé en épître aux importuns.

« Errare papam est« 

Car ils sont nombreux, Africains, en transit au Maroc pour l’Europe. Et c’est à eux qu’il s’est adressé, samedi soir, dans un centre de la Caritas (nom international du Secours catholique) à Rabat. Un discours non retransmis par les canaux officiels du pays, alors même qu’il devait l’être, en forme d’encouragement à une «immigration sûre, ordonnée et régulière», dans l’esprit du fameux pacte signé le 10 décembre dernier et que nous avons dénoncé avec force (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/01/pacte-de-lonu-sur-les-migrations-piege-a-cons/). Cette initiative a toujours été appuyée par le Vatican: le cardinal Pietro Parolin, premier ministre du Saint-Siège, était venu en personne signer ce texte au nom du Pape.

Cette intervention de François n’était du reste pas prévue sous cette forme dans le premier programme initial du voyage. Elle a été renforcée tant ce sujet est capital pour lui. «Vous savez combien j’ai à cœur le sort, souvent terrible, de ces personnes, qui, en grande partie, ne laisseraient pas leurs pays s’ils n’y étaient pas contraints», avait-il confié, deux heures plus tôt, au roi du Maroc (qui lui non plus n’en demandait pas tant). Il avait alors appelé «à passer des engagements pris» à des «actions concrètes» pour considérer les «migrants comme des personnes et non comme des numéros». Il avait alors critiqué le repli occidental sur ce thème: «Ce phénomène ne trouvera jamais de solutions dans la construction de barrières» ou «dans la diffusion de la peur de l’autre».

Dans la simple salle blanche de ce centre, et devant 60 réfugiés, essentiellement de l’Afrique subsaharienne, François a assuré: «Vous n’êtes pas des marginaux, vous êtes au centre du cœur de l’Église.» Car «pour le chrétien» un «migrant» est «le Christ lui-même qui frappe à nos portes». Il a donc chaleureusement félicité les responsables du centre pour leur action dont une jeune française, Fanny Curet (un nom qui ne s’invente pas), responsable du département migration de Caritas Rabat.

« Perseverare diabolicum« 

Commentant le pacte de Marrakech, François a donc estimé qu’il était un «pas en avant» (définition même de la migration !) notamment pour «prendre conscience» que ces réfugiés ne sont «pas seulement des migrants, comme si leurs vies étaient une réalité étrangère ou marginale qui n’aurait rien à voir avec le reste de la société». Il faut donc «se laisser remuer et toucher par celui qui frappe à la porte». Sans quoi, « la société perd sa capacité de compassion» et devient une «société sans cœur… une mère stérile». Fermez le ban !

Le Pape a alors repris ses «quatre verbe» favoris pour expliciter sa position sur l’immigration. «Accueillir» en premier lieu. Ce qui «signifie offrir avant tout aux migrants et aux réfugiés de plus grandes possibilités d’entrée sûre et légale dans les pays de destination». Il a alors proposé «un élargissement des canaux migratoires réguliers» pour contrer «les marchands de chairs humaines qui spéculent sur les migrants».

Mais il a aussi fortement attaqué «les formes d’expulsion collective» qui ne «doivent pas être acceptées». Sans la désigner publiquement, le souverain pontife faisait notamment référence au blocage actuel de ce que l’on appelle «la route marocaine» en raison de la politique européenne d’externalisation des frontières qui interdit tout passage, notamment par les enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et Melilla, désormais protégées par des murs infranchissables.

Deux cents candidats par jour sont repoussés en moyenne. Ce sont donc par bus entiers que les migrants sont reconduits sans ménagements, du nord au sud du Maroc, quand ils ne se cachent pas dans les forêts du nord, près de Tanger. D’où la demande explicite du pape pour «encourager» des «régularisations extraordinaires» notamment pour les «familles et les mineurs». Cette demande du pape existe déjà et porte un nom :

le « Grand Remplacement« 

«Protéger» a été le second verbe utilisé par le pape, en particulier pour cette «route marocaine» réputée très violente.

«Promouvoir» les migrants fut son troisième axe de réflexion car «personne n’est un déchet humain». Et que «les sociétés d’accueil seront enrichies si elles savent valoriser au mieux la contribution des migrants en prévenant tout type de discrimination et tout sentiment xénophobe». Ce qui aurait le mérite de créer «une forme positive de responsabilisation des migrants» notamment par «l’apprentissage de la langue locale», a-t-il souligné.

Papa somnium !

Promouvoir a-t-il ajouté – avec une insistance nouvelle sur ce point – suppose aussi que «la promotion humaine des migrants et de leurs familles commence aussi par les communautés d’origine, là où doit être garanti, avec le droit d’émigrer, celui de ne pas être contraints à émigrer, c’est-à-dire le droit de trouver dans sa patrie des conditions qui permettent une vie digne». Ou comment manier un oxymore au nom de la charité…

Dernier cap: «Intégrer». L’idée de François est de «construire une société interculturelle et ouverte» avec «des villes accueillantes, plurielles et attentives aux processus interculturels, des villes capables de valoriser la richesse des différences dans la rencontre de l’autre». Mais cette idée du pape occulte la réalité qui est que ces migrations n’aboutissent pas à établir des sociétés inter mais multiculturelles. Ce qui engendre de terribles conséquences dont sont victimes, à la fois, les indigènes comme les allogènes et incite à rappeler au Saint-Père le fameux dicton :

« Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés« 

Pas question donc pour François dans ce discours central du voyage – et récurent de son pontificat – de considérer l’Europe comme un bastion chrétien à défendre. Il n’en a manifestement plus rien à faire. Au Maroc, pays symbolique de la frontière entre l’Afrique et le Vieux Continent, il voit surtout une porte ouverte vers la société multiculturelle dont il rêve.

N’aurait-il fait ce voyage qu’avec cet objectif ? La question mérite d’être posée.

Le 1er Avril 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

4 Réponses to “Errare papam est, perseverare diabilicum.”

  1. gilbert thizy avril 1, 2019 à 2:09 #

    d’accord avec vous.

    cordialement

  2. Paul-Emic avril 1, 2019 à 7:54 #

    qu’avons nous à faire avec la secte vaticane qui n’a plus rien à voir avec la religion catholique.
    Ce type est un mondialiste peut-être franc-maçon, rien à voir avec nous.

  3. Reconquista+... avril 2, 2019 à 1:44 #

    Ce qui se passe en Europe et au Vatican islamo-gauchiste-mondialiste affecte tous les pays-peuples chrétiens!
    Heureusement, nous avons notre ‘pape noir’ le cardinal Sarah:
    « La plus grande inquiétude c’est que l’Europe a perdu le sens de ses origines. Elle a perdu ses racines. Or, un arbre qui n’a pas de racines, il meurt. Et j’ai peur que l’Occident meure. Il y a beaucoup de signes. Plus de natalité. Et vous êtes envahis, quand même, par d’autres cultures, d’autres peuples, qui vont progressivement vous dominer en nombre et changer totalement votre culture, vos convictions, vos valeurs. »
    Combien de réfugiés chrétiens persécutés par l’islam sont accueillis au Vatican par le ‘pape des catholiques’?!
    Volta, Bento XVI!

    • conseilesperanceduroi avril 2, 2019 à 8:36 #

      Comme vous avez raison. C’est ce que nous dénonçons tous les jours dans nos articles sur ce blogue.

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