A Toulouse, le nombre de SDF explose.

19 Avr

La situation est désastreuse. Quelque 5 000 personnes vivent à Toulouse sans domicile fixe, à la rue ou dans des centres d’hébergement, dont 767 sans abri. Et, parmi ces SDF, on note 70% de familles ! A titre de comparaison, Paris a recensé 3 641 personnes dans la rue après le dernier décompte réalisé lors de la deuxième édition de la Nuit de la solidarité début février.

Pour M. Moudenc, le maire (LR) de Toulouse, « on peut tirer plusieurs leçons de ce premier recensement. Premièrement, la présence grandissante de familles entières. Ensuite, une féminisation importante avec près de 35 % de femmes seules, et enfin une augmentation fulgurante d’étrangers de pays d’origine variés (mais essentiellement d’Afrique du Nord ou subsaharienne). » Un SDF sur deux (52 %) vit à Toulouse depuis plus d’un an, et 30 % depuis moins de six mois. « Un chiffre qui s’explique par l’arrivée récente de populations migrantes », confirme le rapport. « 52 % des personnes ont des ressources financières, c’est plutôt une bonne nouvelle pour le programme de Logement d’abord, veut croire Daniel Rougé. Notre objectif sera désormais de fluidifier l’accès au logement, car 80 % ne font pas de demandes de logements, elles sont hors radar. »

Du côté du DAL (association Droit au logement), le porte-parole départemental François Piquemal ne se dit « pas étonné de ces chiffres. A Toulouse, on compte plus de 30 000 logements vides ou vacants. Nous, ce que l’on demande, c’est un audit sur cette aberration et des réquisitions ». L’idée a fait écho du côté de la mairie, et un groupe de travail sur l’encadrement des loyers, mesure souvent réclamée par le milieu associatif, va voir le jour. M. Rougé travaille sur la création d’une agence immobilière municipale à vocation sociale qui « sécuriserait les locations, pour les petits propriétaires privés qui rechignent souvent à louer à des personnes en difficulté ».

Si le mot réquisition n’est pas employé, la municipalité veut créer des « espaces intercalaires », sorte de lieux d’hébergement gérés par la collectivité et des associations dans des bâtiments inoccupés. Dans une ville qui dénombre 42 000 demandes de logement HLM en attente, ces solutions nouvelles paraissent indispensables. Du côté de la préfecture, on met en avant « une attractivité de la ville, avec près de 15 000 nouveaux arrivants chaque année, et une pression migratoire qui explose, rendant la situation effectivement très tendue », commente son secrétaire général Jean-François Colombet. « Nous avons créé 2 300 places d’hébergement d’urgence en trois ans, augmenté de 245 % les places pour les demandeurs d’asile, et de 300 % sur la même période pour les nuitées d’hôtel. Pour l’Etat, cela représente 40 millions d’euros par an », affirme-t-il. Mais, au lieu de gémir, tous feraient mieux d’oeuvrer pour refuser l’accueil de tous ces migrants qui n’apportent que désagréments de toutes sortes, violences insupportables et coût exorbitant pour la société.

Alors que le nombre de repas quotidiens distribués par les Restos du cœur est passé de 300 à près de 600 par jour à Toulouse et que la saturation des services d’appels d’urgence du 115 est toujours aussi problématique – ils peuvent recevoir jusqu’à 300 appels par jour –, il y a urgence. Le 2 avril, un autre rapport publié par le collectif Les morts de la rue, avait dénombré dix-huit personnes décédées dans la rue à Toulouse en 2018. Quasi exclusivement des hommes, âgés de 28 à 71 ans, la plupart anonymes.

Quand donc les responsables politiques et les édiles de notre pays prendront-ils la mesure de la tragédie sociale que nous vivons en prétendant accueillir toute la misère du monde ?

Le 19 avril 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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