Qui est donc Santiago Abascal ?

1 Mai

A l’ascension duquel vous allez assister dans les mois et sans doute les années à venir, en Espagne ?

 

Santiago Abascal est un homme de conviction (un vrai !), simple, courageux, catholique authentique, fier de son pays comme de ses racines mais aussi bon père de famille.

Président du parti de droite radicale Vox, son message, lancé à l’occasion de la campagne des législatives du dimanche 28 avril, est clair. Dans des salles remplies à ras bord, ce politique de carrière de 43 ans invoque l’ordre pour un public de fidèles à un temps où l’Espagne avait une devise à laquelle tous se référaient :

Unie, Grande, Libre

Ainsi, il fustige « les séparatistes qui veulent détruire la patrie », « la dictature des progressistes », « les petits urbains – ndcer: les bobos à la sauce espagnole – qui veulent dire aux gens de la campagne comment ils doivent vivre », « les animalistes qui veulent interdire la chasse et les corridas », ou « les islamistes qui veulent imposer la charia ». Il promet de recentraliser le pays en supprimant les dix-sept Parlements et gouvernements régionaux, de rapatrier tous les sans-papiers ou de renforcer le droit à la légitime défense.

Catholique pratiquant, il s’oppose au droit à l’interruption volontaire de grossesse, au nom de la défense des « non-nés », et au mariage homosexuel qu’il propose de remplacer par des unions civiles. En public, il est capable d’accuser la chancelière allemande, Angela Merkel, d’encourager « une immigration massive et la destruction des racines chrétiennes de l’Europe » ou d’affirmer, inquiet, qu’« en France, en 2050, il y aura 50 % de musulmans ». Bref, ce que nous appelons le « Grand Remplacement« .

Son ascension fulgurante, dans un pays qui ne comptait plus de parti de droite réactionnaire depuis 1982, inquiète effectivement le Parti populaire (PP) comme les libéraux de Ciudadanos, sur les terres desquels, nécessairement, il chasse.

Longtemps, pourtant, personne ne l’a pris au sérieux. Lorsque, en 2014, Santiago Abascal a cofondé Vox, il n’avait à son actif qu’une carrière de politique de second rang au Pays basque. Ancien conseiller municipal dans la ville de Llodio (1999-2007), ex-député régional (2004-2009) et ex-président des jeunesses du Parti populaire basque (2000-2005), il provenait de l’aile dure du PP que l’ancien président, Mariano Rajoy, avait marginalisée. Méconnu du grand public, ignoré des politiques jusqu’en décembre 2018, il est resté un outsider, le leader d’une petite formation radicale et extraparlementaire qui n’avait obtenu que 0,2 % des voix aux élections législatives de 2015 et de 2016 et 1,5 % aux européennes de 2014.

Mais l’entrée en force de Vox au Parlement d’Andalousie, en décembre 2018, avec 11% des voix et douze députés régionaux, comme son rôle de soutien décisif dans la formation du gouvernement de coalition de droite entre le PP et Ciudadanos à Séville ont changé la donne.

A présent, le PP prend au sérieux Santiago Abascal, ancien disciple de José María Aznar – ce dernier a quitté le parti en 2013 en accusant Mariano Rajoy de trahir l’idéologie de droite et de se montrer trop mou avec les indépendantistes.

Santiago Abascal assure qu’il aurait été garde forestier si un jour de 1987, alors qu’il n’avait que 9 ans, le facteur d’Amurrio, le village de sa famille, n’avait été assassiné par ETA. A 18 ans, il s’engage en politique, comme son grand-père, maire du village durant le gouvernement du général Franco, et son père, conseiller municipal conservateur.

A 23 ans, il devient conseiller municipal du PP à Llodio, où le parti peine à trouver des candidats. A l’époque, les menaces de mort, les deux gardes du corps et le permis de port d’arme vont de pair avec la fonction. Le commerce de son père, visé par des cocktails Molotov, est incendié. Les chevaux de la famille apparaissent tagués sur la croupe d’insultes et de « Gora ETA » (« Vive ETA »)…

Ce passé d’élu menacé par ETA, de patriote espagnol prêt à risquer sa vie pour préserver l’intégrité territoriale du royaume face aux séparatistes, est sa chanson de geste, son récit héroïque. Il le sait.

Ces derniers mois, les images circulent de nouveau sur les réseaux sociaux pour mieux attirer les électeurs. On y voit Santiago Abascal, conseiller municipal et étudiant en sociologie à l’université catholique de Deusto, à Bilbao, assurer aux caméras de la télévision publique TVE qu’il n’a pas peur pour lui ou se moquer, ironique, des militants abertzale qui « n’ont de courage que lorsqu’ils portent une cagoule ».

« Avec sa barbe légèrement taillée en pointe, c’est un capitaine, c’est Hernán Cortés », dit de lui l’un de ses mentors, Fernando Sánchez Dragó, écrivain et chroniqueur du journal conservateur El Mundo, et par ailleurs ancien présentateur du journal de la nuit de Telemadrid. « Santiago n’a pas d’idéologie mais il a de fortes convictions, sur la défense de l’Espagne en particulier… Le pays a besoin d’épique, d’un capitaine qui se consacre à gouverner, pas à penser », dit-il.

La défense de la patrie, face aux séparatistes basques, puis catalans, mais aussi aux communistes et aux podemitas, ces électeurs du parti de la gauche radicale Podemos, amène ce modeste orateur à créer et à présider, entre 2006 et 2014, la Fondation pour la défense de la nation espagnole (Denaes). Active contre l’enseignement dans les langues régionales, elle se fait connaître en portant plainte en 2012 contre les organisateurs des sifflets envers l’hymne national lors de la finale de la Coupe d’Espagne de football. Cette même année, alors qu’ETA a déposé les armes, ce père de quatre enfants déclare qu’il préfère que ses enfants « aillent avec des gardes du corps dans une Espagne unie que libres dans une Espagne cassée »

Héraut de la renaissance d’une « grande Espagne », celle des Rois Catholiques, de la Reconquista face aux musulmans et de la conquête des Amériques, il a réveillé un patriotisme espagnol que l’on a tout fait pour enterrer avec Franco. Est-ce pour cela qu’il jouit de la  sympathie du prince Louis Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou ?

Qui est donc Santiago Abascal ? Vous le savez maintenant. Mais il va falloir vous en souvenir car vous allez en entendre parler davantage encore.

Le 1er mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Qui est donc Santiago Abascal ?”

  1. MA Guillermont mai 1, 2019 à 9:18 #

    Évidemment … SANTIAGO !
    ST JACQUES …

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