On ne se méfie pas assez de la radicalisation islamique rampante.

3 Mai

C’est ce qui ressort de l’ouvrage d’Olivier Bobineau, sociologue des religions, et du préfet Pierre N’Gahane, qui a dirigé le Comité interministériel de prévention de la délinquance, et  intitulé La voie de la radicalisation, comprendre pour mieux agir (éditions Armand Colin) qui vient d’être publié. Leur constat est alarmant en même temps que peu innovant en matière de solutions. Dans leur ouvrage, ils livrent une analyse de la montée de l’islamisme en France depuis les années 1980 qui démontre combien le Conseil dans l’Espérance du Roi a raison de mettre en garde nos compatriotes contre, d’une part, l’arrivée massive de migrants arabo-musulmans dans notre pays et, d’autre part, le laxisme pour ne pas dire la complicité de nos élites culturelles et politico-médiatiques.

Ce travail sociologique et historique s’est inspiré d’une enquête menée dans le cadre d’une commande publique, lors de laquelle le cabinet d’études d’Olivier Bobineau a accompagné 1 040 personnes (569 enfants en école primaire, 304 collégiens, 62 lycéens et 105 personnes âgés de 16 à 35 ans), en région parisienne et dans l’ouest de la France. Pour des raisons de confidentialité, aucun propos n’est rapporté, aucun détail personnel sur le vécu des personnes entendues n’est révélé. Il s’agit d’un examen à froid d’événements géopolitiques et de phénomènes sociétaux à l’aide de concepts issus de l’anthropologie et de la sociologie. Prônant le « pas de côté », les deux auteurs s’intéressent aux « orphelins du sens » et se concentrent sur la « radicalisation non violente«  qu’ils estiment être le « terreau » du terrorisme islamiste.

Dans l’opinion publique, dans les médias, elle est associée à la violence terroriste issue du jusqu’au-boutisme islamiste. Nous sommes victimes, ici, de la conception anglo-saxonne, qui associe la radicalisation à la violence, à l’extrémisme physiquement exercé sur le corps des autres. Or, en réalité, la radicalisation est un processus qui concerne tous les individus dès lors qu’une personne met en premier une valeur, une règle ou une norme dans son identité individuelle, mais aussi dans l’identité collective.

La radicalisation non violente, décrite dans l’ouvrage cité mais que nous préférons nommer RAMPANTE, est en vérité le cheval de Troie de la radicalisation violente. Il est capital de comprendre la première pour comprendre la seconde. On nous fait croire souvent que, subitement, une personne a commis un acte criminel, allant même, de plus en plus souvent, jusqu’à la qualifier de malade mentale (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/25/que-pensent-les-psychiatres-de-cette-derive/) . Au regard des rares recherches dont nous disposons sur le sujet, il y a un processus de construction identitaire qui s’inscrit nécessairement sur une longue durée.

Dans un rapport de 2016 du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, Tobie Nathan [ethnopsychiatre, auteur du livre Les Âmes errantes] montre que sur les 60 candidats français au djihadisme qu’il a suivis, donc radicalisés et violents, seuls 6 d’entre eux, soit 10%, souffrent d’un trouble psychiatrique. Alors que fait-on des 90% restants ? Aujourd’hui, la radicalisation violente n’est perçue que d’un point de vue psychologique et juridique, pas d’un point de vue sociologique et anthropologique.

Hélas, les ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Education nationale estiment que la notion de « radicalisation non violente » ou rampante n’est pas pertinente.

Alors qu’il faut impérativement faire la distinction entre radicalisation violente et radicalisation non violente parce que cette dernière, aujourd’hui, ne peut pas faire l’objet de sanctions juridiques alors que la radicalisation violente, via l’apologie de valeurs antirépublicaines, l’apologie du terrorisme ou l’incitation au trouble à l’ordre public, est encadrée juridiquement. Ce que nous disent les auteurs, c’est que la radicalisation non violente ne peut certes pas faire l’objet de sanctions juridiques, mais qu’il faut bien trouver des réponses adaptées. Si les pouvoirs publics ne font pas le distinguo, ils ne peuvent pas comprendre le phénomène et ne peuvent pas agir.

Quelles sont les origines de cette radicalisation rampante ? Ce qui est proposé dans le livre, c’est une radiographie du lien social en France qui montre les échecs de l’intégration. On rêvait que les « beurs« , dans les années 1980, s’intègrent tranquillement, comme toute contre-culture (la contre-culture étant la culture d’un groupe social opposé à la culture dominante). Car on croyait que le brassage des contre-cultures permet aux populations d’être assimilées. Mais la contre-culture des « beurs« , des cités, avec sa musique, son langage, ses vêtements, son alimentation, bref ses us et coutumes, n’a pas été assimilée car, au fond, elle ne l’a pas voulu.

En 1989, l’ayatollah Khomeini lance une fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie [pour son roman Les Versets sataniques], activant à l’échelle internationale la peur de l’islam radical. Il célèbre aussi fièrement les dix ans de la révolution islamique. C’est une personnalité à laquelle vont se référer certains « beurs« , notamment certaines jeunes filles en France, qui vont se mettre à porter le voile iranien, mis en scène dans la sphère publique, à l’époque, le tchador.

En mars 1989, en France, des listes avec des « beurs » et des « beurettes » (comme on les appelait à l’époque) se présentent aux élections municipales. Or, c’est un échec. Et pour les jeunes issus de l’immigration, il y a un conflit de loyauté impossible à résoudre. D’un côté, « je reste fidèle à mes racines maghrébines qui me rejettent«  et de l’autre « j’essaie d’être fidèle à la République, à la société d’accueil, à son système politique, mais qui peine à m’intégrer« . 

En 2005, en France, la violence s’exprime avec les émeutes qui ont embrasé des quartiers sensibles à la suite de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

A l’international, deux événements capitaux surviennent. En janvier, Abou Moussab al-Souri, un jihadiste d’Al-Qaïda publie sur Internet un « appel à la résistance islamique mondiale ». C’est une déclaration de guerre à l’Occident. En septembre, l’affaire des caricatures de Mahomet publiées par le quotidien danois Jyllands-Posten remet de l’huile sur le feu qui couvait. Que se passe-t-il alors dans la tête de certaines Françaises et certains Français de la deuxième génération, mais aussi de la troisième génération ? Ils se disent : « Je viens de trouver un nouveau repère, la religion, je viens de trouver du sens alors que ça a été compliqué de m’intégrer socialement, économiquement, politiquement. » Et c’est en 2005 que l’on franchit un cap fondamental : certains estiment qu’il faut passer à l’action politique, au nom de leur religion, contre les sociétés démocratiques.

Mais, en s’intéressant à des radicalisés non encore passés à la violence, les auteurs de l’ouvrage sont tombés aussi sur des profils qui sortent de la représentation générale des auteurs d’attentat, à savoir des délinquants qui ont sombré dans l’extrémisme religieux. Des individus diplômés, instruits.  » Jusqu’à notre livre, nous nous fondons sur des corrélations (délinquance, milieu familial, fréquentations sur Internet) pour expliquer le passage à l’acte violent. Nous écrivons dans cet ouvrage qu’il peut y avoir une corrélation, mais que si nous adoptons l’approche sociologique et anthropologique de la construction identitaire, nous découvrons que le véritable enjeu, avant le passage à l’acte violent, est d’abord la recherche de sens, de cadres et de repères, et que cela ne concerne pas que des petits délinquants.

En ce sens, le radicalisme musulman est différent des autres types de radicalisme. «  Le danger de la radicalisation non violente ou rampante musulmane vient du fait qu’elle porte atteinte à la laïcité, en fusionnant le religieux et le politique « , affirment les auteurs. Quelle surprise !  Alors que nous savons tous, depuis longtemps, que l’islam n’a de religion que le nom et refuse toujours de rendre à César ce qui est à César… Mais Olivier Bobineau et Pierre N’Gahane reconnaissent que  » toute radicalisation qui fusionne politique et religieux menace notre société. Le danger est de laisser la place à ce type de proposition qui prend un vernis religieux mais qui, derrière, est profondément politique, idéologique et qui a pour but de combattre notre République, notre régime de laïcité. »

Alors, pensez-vous que les auteurs en tirent les conclusions qui s’imposent ? A savoir notre équation incontournable : 

réduisons drastiquement le nombre de musulmans dans notre pays et nous réduirons d’autant le danger terroriste.

Pas du tout ! « 

 » Je considère qu’elle (la solution) réside dans l’éducation. C’est pourquoi je vais cofonder à l’automne le campus Montessori-Morin. Cette « école du sens pour toute la vie » s’inspire des travaux de la pédagogue Maria Montessori et des enseignements du philosophe et sociologue Edgar Morin, qui est notre parrain. Cette école repose sur trois fondements. Le premier est le fait de se comprendre soi tout en apprenant à gérer ses émotions. Le deuxième est la compréhension du monde dans sa complexité en développant un esprit critique et non pas à travers la simplification proposée par toutes les radicalités violentes. Le troisième fondement réside dans l’altruisme, à travers la conception du visage d’Emmanuel Levinas, visage si fragile et pourtant infiniment intense pour chaque relation humaine, et la paix entre chacune et chacun en s’inspirant de l’anthropologue Marcel Mauss. Ce dernier conclut son Essai sur le don, en 1925, en écrivant : « Soit les hommes s’écartent, se méfient et se défient, et c’est la guerre, soit ils se traitent bien, se confient et c’est la paix. »

Avec un tel programme face à l’islam, nul doute que nous sommes sauvés !…

Le 3 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “On ne se méfie pas assez de la radicalisation islamique rampante.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 3, 2019 à 12:10 #

    Le CER avait déjà évqué les dangers de la mixité culturelle
    https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/29/a-nantes-les-fruits-amers-de-la-mixite-ethno-culturelle/
    On ne peut pas rester sans rien à faire. On espère aussi retisser du lien entre tous les quartiers. Mais comment faire comprendre à Najib et aux autres que la SEULE solution est dans ce que nous écrivions ici :

     » Voulez-vous que cette tragédie cesse ? a écrit Conseil dans l’Espérence du Roi. C’est simple. Il suffit d’en avoir la volonté politique. Mais il faut aussi mettre en place les mesures qui s’imposent :

    1/ la peine de mort…incompressible (!) pour tous les trafiquants,

    2/ vider intégralement les banlieues de nos villes, hauts lieux de ces trafics, de tous les trafiquants et selon la méthode que nous avons déjà souvent indiquée :

    Pour nous, « agir dans les quartiers » cela signifie qu’il faut les nettoyer comme nos soldats savent nettoyer une kasbah :

    1/ bloquer toutes les voies d’accès et de sortie par des barrage, comme en temps de guerre,

    2/ y pénétrer par la force car il n’y a pas d’autre moyen,

    3/ les vider de tous leurs trafics, rue par rue, immeuble par immeuble, cave par cave,

    4/ mettre à terre toutes les « barres » et autres « tours » non seulement insupportablement laides mais qui en sont aussi les sanctuaires impénétrables,

    5/ mettre aux fers tous les délinquants qu’on ne manquera pas d’y trouver ; le bagne et des camps de travail feront parfaitement l’affaire,

    6/ renvoyer chez eux manu militari tous les illégaux et organiser (vraiment) la remigration du reste.  »

    C’est le CER qui a raison

  2. thizy mai 3, 2019 à 1:54 #

    au niveau des quartiers dans de nombreuses villes ,cela existe ,il ne faut se cacher la face

    sauf en campagne

    cordialement

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :