Voici comment NOUS allons financer les baisses d’impôt décidées par Macron.

8 Mai

Précisons qu’il s’agit des baisses d’impôt de ceux qui n’en paient déjà pas beaucoup…Pour les autres, ce sont leurs enfants et petits enfants qui paieront en remboursant la dette de la France. CQFD !

Cardix jours après la conférence de presse de sortie du grand débat, le 25 avril, le gouvernement ne voit toujours pas la manière dont il compte financer les annonces fiscales et sociales d’Emmanuel Macron, et en premier lieu la baisse de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu dès le 1er janvier 2020.

Alors, comme toujours dans ces cas-là à Bercy…l’heure est à la consultation. Lundi 6 mai, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a reçu la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), la Fédération nationale des travaux publics et la Fédération française du bâtiment, qui devaient plaider leur cause. Jeudi, le locataire de Bercy avait rencontré Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, en présence de parlementaires de la commission des finances de l’Assemblée nationale.

« Il a redit ce qu’avait annoncé le président : qu’on allait devoir financer 5 milliards d’euros de baisse d’impôts pour les classes moyennes (ndcer: des premiers déciles seulement), et qu’on envisageait de chercher du côté des niches pour les entreprises », l’une des trois pistes annoncées par le chef de l’Etat, avec « la nécessité de travailler davantage » et des « réductions de notre dépense publique », raconte une participante. La bonne blague !

De quoi faire bondir le patronat, et notamment celui du BTP, puisque M. Le Maire a confirmé, lundi, qu’il envisageait de mettre fin à l’avantage fiscal sur un carburant très utilisé dans le secteur, le gazole non routier – une niche qui coûte près d’un milliard d’euros par an à l’Etat. En revanche, l’exécutif ne touchera pas au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ou au crédit d’impôt recherche, deux dispositifs symboliques de sa politique pro-entreprises, ni au taux de TVA réduit dans la restauration. Mais la mesure ne passera pas aussi facilement que Bruno Le Maire l’espère sauf à lâcher davantage de lest encore sur l’emploi dans le BTP ou la restauration et, en particulier, à fermer les yeux sur les embauches de migrants clandestins comme le réclame le patronat (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/03/24/une-nouvelle-preuve-de-linteret-de-certains-employeurs-a-voir-se-developper-la-traite-negriere/).

« C’est compliqué pour Bruno Le Maire : il vient de faire voter la loi Pacte, censée assurer la confiance aux entreprises, et il doit désormais trouver des leviers fiscaux qui risquent de les mettre en situation de fragilité », résumait lundi soir François Asselin, le président de la CPME qui oubliait l’irrésistible précepte d’Emmanuel Macron :

 » EN MÊME TEMPS ! « .

Afin d’amadouer les patrons, l’ex-LR a tout de même évoqué, dans un entretien aux Echos du 3 mai, une baisse des impôts de production, ces prélèvements qui pèsent sur le chiffre d’affaires, dossier pour lequel le ministre avait prêché dans le désert auprès du gouvernement depuis le début du quinquennat. « De toute façon, on a jusqu’en juin », temporise-t-on au cabinet de Bruno Le Maire, en rappelant le calendrier fixé par Matignon pour définir les modalités des baisses d’impôts dans le budget pour 2020, qui doit être débattu à l’automne.

A moins de trois semaines des élections européennes, l’exécutif ne semble pas enclin à rouvrir la boîte de Pandore fiscale. En coulisses pourtant, certains à Bercy s’agacent de ce manque de précision, qui entretient l’image d’un gouvernement incapable de trancher rapidement, après trois mois de grand débat et près de six mois de crise sociale, et alors que les sommes mises sur la table depuis décembre donnent le tournis.

En effet, le casse-tête budgétaire va au-delà des 5 milliards de baisse d’impôt sur le revenu. En y ajoutant les 10 milliards de mesures pour le pouvoir d’achat décidées au début de la crise des « gilets jaunes » en décembre 2018, la réindexation des pensions de retraite sur l’inflation ou encore la reconduction en 2019 de la prime exceptionnelle défiscalisée, l’ensemble des mesures se chiffre déjà  » à peu près à 17 milliards en tout « , d’après Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics…

Une enveloppe qui pourrait aller jusqu’à 20 milliards d’euros pour Albéric de Montgolfier, membre du parti Les Républicains et rapporteur général de la commission des finances du Sénat, notamment si le gouvernement renonce à son objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici à la fin du quinquennat. On ne rêve plus, on a le vertige.

Hors niches fiscales, les deux autres scénarios de financement évoqués par Emmanuel Macron ne sont pas plus clairs. Le « travailler davantage » n’a pas été précisé : une des pistes pour inciter les travailleurs à partir plus tardivement à la retraite serait d’allonger la durée de cotisation. Concernant les économies à dégager – qui se montaient déjà à 1,5 milliard d’euros après les annonces de décembre –, « le travail est toujours en cours », répond-on dans l’entourage de M. Darmanin.

Sur les niches fiscales, la bataille fait rage sur les incitations à cibler, et leur ampleur. Alors que l’aile gauche du groupe majoritaire plébiscitait un effort substantiel, Bruno Le Maire a précisé, le 30 avril dans l’Hémicycle, qu’il ne s’agira que d’une « contribution », et non un « financement intégral ». Une position appuyée dans Le Journal du dimanche du 5 mai par la députée LRM Olivia Grégoire, pilier de l’aile droite de la majorité, qui a chiffré à 1,5 milliard d’euros les sommes que pourrait rapporter le rabot de certaines niches. Elle a proposé un travail de dentellière, évoquant notamment les dispositifs en faveur de la culture, et « les petites niches : au moins onze représentent moins de 15 millions d’euros chacune ».

Reste le financement par la dette.

Gérald Darmanin a eu beau indiquer la semaine dernière devant les députés que la France sera « autour de 2 % de déficit l’année prochaine », comme prévu dans la trajectoire envoyée à Bruxelles, les oppositions ont étrillé le gouvernement. Les objectifs de dette publique ont totalement dérapé en un an, passant d’une prévision de 92,3 % du PIB pour 2021, à 98,1 %. Et encore, ces chiffres datent-ils d’avant les nouvelles annonces d’avril.

« Le gouvernement a bien compris une chose : plus je m’endette, moins ça coûte. Donc, n’hésitons pas : endettons-nous ! », a fustigé le député LR Gilles Carrez, le 30 avril. Car paradoxalement, c’est de la dette que pourrait venir une source de financement des mesures d’Emmanuel Macron. Ou plutôt de la charge de la dette, qui devrait être nettement moins élevée que prévu, compte tenu de la faiblesse des taux d’intérêt. Combien de temps croient-ils que cela va pouvoir durer ?

Tant que nous ferons des enfants et qu’eux-mêmes en feront autant…

Le 8 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Voici comment NOUS allons financer les baisses d’impôt décidées par Macron.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 8, 2019 à 11:54 #

    Redisons-le, répétons-le, rabachons-le : Pertes des reapires moraux, délocalsiations, chàmage, précarité, insécurité, loi s liberticides et fsicalité confiscatoire… EN CE DEBUT DE XXI°, CE N’EST PLUS LA FAUTE A MARIE-ANTOINETTE !

  2. Saint-Georges mai 8, 2019 à 11:59 #

    Comment est-il possible (et légal?) que l’on puisse procéder à une telle démarche démagogique non financée (sinon par le déficit et l’emprunt) EN PLEINE PERIODE ELECTORALE !!!
    mais c’est du délire!

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