À J – 16 des élections européennes, soyez bien informés. Le CER s’y emploie.

10 Mai

 

A l’heure prochaine d’aller voter aux élections européennes du 26 mai pour l’une des 33 listes en lice dans l’Hexagone, vous devez connaître la vérité : quels sont les bénéfices réels de ce qu’on appelle le marché intérieur de l’Union européenne (UE) ? La fondation allemande Bertelsmann (pourtant peu suspecte d’euroscepticisme et moins encore d’europhobie – 1 -) s’est attachée à y répondre, dans une étude publiée mercredi 8 mai.

A l’en croire, tous les territoires ayant accès à ce marché sans frontières en profitent (c’est tout de même la moindre des choses, sans laquelle l’UE n’aurait pas lieu d’être). Il s’agit de la plus vaste zone économique unifiée du monde, avec environ 500 millions de citoyens consommateurs, répartis sur les 28 pays membres de l’UE (en comptant le Royaume-Uni), et quatre pays ayant signé des accords pour y accéder (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse). En moyenne, le marché unique accroît le revenu des citoyens de 840 euros par an. Ce qui, avouons-le, comparé aux innombrables et terribles désastres engendrés par l’institution, ne pèse pas bien lourd…

Les régions européennes profitent toutes du marché unique, mais les gains de revenus par habitant varient considérablement du nord au sud et de l’est à l’ouest.

Les régions européennes profitent toutes du marché unique, mais les gains de revenus par habitant varient considérablement du nord au sud et de l’est à l’ouest.

Toutefois, au sein de cet espace, les contrastes sont saisissants. Zurich, Londres et Bruxelles sont les trois zones où le bénéfice est le plus élevé : 3 590 euros par habitant pour la première, 2 700 pour la deuxième et 2 470 pour la troisième. « Cela signifie que, parmi les principaux bénéficiaires du marché unique, on trouve des zones hors de l’UE ou qui pourraient la quitter [en raison du Brexit] »,soulignent les économistes Giordano Mion, de l’Université du Sussex, et Dominic Ponattu, de la fondation Bertelsmann. Ce qui en dit long sur cette douloureuse aventure.

Pour parvenir à ces résultats, les experts se sont appuyés sur les échanges pouvant être considérés comme spécifiquement générés par cet espace économique commun, achevé sous sa forme actuelle en 1993, avec ses quatre principes fondateurs : la liberté de circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes. On en connaît les conséquences face à l’assaut des hordes migrantes !

Les gagnantes du marché intérieur sont les régions les plus urbanisées et industrialisées, celles qui attirent des travailleurs qualifiés et mobiles. Ce sont les « anywhere » décrits par le journaliste et écrivain britannique David Goodhart (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/11/30/le-blanc-de-la-cocarde-saccorde-si-bien-au-jaune-des-gilets/ ) . Assez logiquement, les citoyens des régions rurales excentrées de l’est et du sud de l’Europe (les Bulgares, les Roumains ou les Grecs) captent moins de bénéfices, avec des surcroîts de richesse allant seulement de 117 à 500 euros par an et par citoyen (ce sont les « somewhere » de Goodhart).

Autre constat : ce ne sont pas les économies les plus importantes de l’UE qui en tirent le plus avantage : les Français perçoivent 1 074 euros par an (une misère par rapport au poids des inconvénients subis), et les Allemands, 1 046 euros, mais plutôt de petites économies particulièrement tournées vers les exportations, très compétitives et géographiquement centrales, situées à des carrefours commerciaux ancestraux. Ainsi de la Suisse (2 900 euros de gains par habitant au niveau de la fédération), du Luxembourg (2 800 euros), de la Belgique, de l’Autriche ou des Pays-Bas.

« Nos résultats suggèrent que la participation au marché unique serait un facteur renforçant les divisions préexistantes entre le nord et le sud de certains territoires [l’Italie, le Royaume-Uni], ainsi que celles entre l’est et l’ouest [en France ou en Allemagne] », avancent également les auteurs de l’étude. C’est au Royaume-Uni que les gains liés au marché intérieur présenteraient les disparités les plus grandes, notamment entre Londres, qui en tire un maximum (et a voté majoritairement contre le Brexit), et le nord du Royaume-Uni, où ils plafonnent à 500 ou 600 euros par citoyen et par an. Et vous voudriez que la France reste plus longtemps encore au sein de l’Union européenne !…

En décidant, il y a deux ans, de faire sortir son pays à la fois du marché intérieur et de l’Union douanière, Theresa May, la première ministre britannique, a négocié un traité de divorce avec Bruxelles privant son pays des avantages dudit marché. C’est l’une des raisons pour lesquelles aucune majorité ne s’est dessinée à la Chambre des communes pour valider cet accord.

Quel enseignement pour la France ? D’après la fondation Bertelsmann, elle « gagne un peu », avec son accès au marché intérieur. Mais son asservissement à la Commission européenne et même à l’Allemagne sont si intolérables…qu’on se demande ce qu’elle fait encore dans cette association de malfaiteurs.

Ainsi, l’étude passe sous silence les effets pervers, et par exemple la libre circulation des personnes, rendue responsable du dumping social. C’est ce que nous ne cessons de dénoncer. La commission Juncker, soutenue par le président Macron, a tenté de corriger ces abus, en poussant à la révision de la directive sur le travail détaché. Mais ce texte remanié ne sera transposé dans les droits nationaux, au mieux, qu’en 2020. Quant aux autres calamités dont nous sommes les victimes, il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas les voir.

Alors, le 26 mai réfléchissez bien avant de glisser votre bulletin dans l’urne car, après, il sera trop tard.(2)

Le 10 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

(1) À écouter sur le sujet :

(2) Lire « 33 listes en lice pour les élections européennes, mais pour quoi faire ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/05/06/33-listes-en-lice-pour-les-elections-europeennes-mais-pour-quoi-faire/

 

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