Malgré ce qu’on vous raconte la Grèce n’en a pas fini avec les hordes migrantes.

12 Mai

Car, pendant qu’Alexis Tsipras, le chef du gouvernement grec, se couche face aux injonctions de Berlin et de Bruxelles et qu’il copine désormais avec Emmanuel Macron, l’île de Lesbos en mer Egée croule sous le poids des envahisseurs.

Depuis l’accord signé en mars 2016 entre l’UE et la Turquie, à l’instigation d’Angela Merkel et de Recep Tayiip Erdogan, Ankara, s’est engagé à contrôler tant bien que mal ses côtes pour freiner les départs en mer Egée, et accepte les « retours » forcés depuis les îles grecques voisines, mais pas du continent.

La mise en œuvre de cet accord controversé, négocié à la seule initiative de la chancelière allemande sans consultation préalable de ses compères européens (Lire « Des discussions de marchands de tapis » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/03/09/bulletin-climatique-quotidien-9-mars-2016-de-la-republique-francaise/), a certes considérablement réduit l’afflux de migrants, au prix de quelques millions d’euros versés au marchand de tapis turc. En 2015, ils étaient des milliers, 4 000, 5 000, à s’échouer chaque jour sur les rivages de Lesbos. Quatre ans plus tard, une centaine de clandestins parviennent encore à franchir chaque semaine les mailles du filet. La situation n’en reste pas moins dramatique sur île de Lesbos, objectif principal de ces prétendus réfugiés, tant elle est facile à atteindre en canot pneumatique.

Tous les migrants échoués sur l’île ou récupérés en mer par les garde-côtes grecs sont acheminés à Moria, sur un ancien terrain militaire, situé tout près de Mytilène, la principale ville de Lesbos. L’endroit tient tout à la fois de lieu de centre d’enregistrement officiel de l’Union européenne (les fameux « hotspots ») et de camp longue durée pour demandeurs d’asile.

Derrière plusieurs rangées de barbelés, des dizaines de conteneurs où s’entassent des familles s’étalent à perte de vue, un peu comme nous l’avons connu chez nous, à Calais. Gardé par la police, le site, qui possède son propre centre de rétention, accueille près de 5 000 migrants, soit plus du double de sa capacité. Les derniers arrivés ou ceux qui le préfèrent vivent sous des tentes à l’extérieur de l’enceinte, un espace baptisé « l’oliveraie » qui ne cesse de s’étendre. En majorité syriens en 2015, ils sont aujourd’hui à plus de 70 % originaires d’Afghanistan.

L’île compte deux autres camps bâtis en 2015 pour répondre à l’urgence. Tout proche, Kara Tepe, géré par la municipalité avec des fonds du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), accueille 1 300 migrants, uniquement des familles. Sur la route de l’aéroport, Pikpa, né à l’initiative de résidents de l’île et financé par des dons privés, en héberge près d’une centaine d’autres. A Lesbos, sur les 6 913 migrants enregistrés début mai, 43 % sont des enfants. Tous sont libres d’aller et venir, mais ne peuvent quitter l’île, au grand dam de la population grecque qui « n’en peut plus« .

Surtout, les délais d’attente des demandeurs d’asile se sont accrus, transformant le camp, qui tire son nom du petit village voisin de Moria, en une gigantesque salle d’attente. Les migrants restent confinés sur l’île pendant huit mois, un an, parfois plus, dans l’attente d’une décision des autorités grecques. Le désarroi, l’inactivité, la promiscuité, les conditions difficiles rongent un peu plus ceux qui sont là. Il n’y a pas assez de douches à Moria, peu ou pas du tout d’eau chaude (l’eau froide est coupée la nuit), un W-C. pour 70 personnes en moyenne… A cela s’ajoutent les files d’attente pour tout, pour manger, voir un médecin…

« Nous ne sommes pas à Calais, sur un site sauvage, nous sommes dans un centre officiel européen. C’est un choix politique de les laisser dans de telles conditions », s’insurge Caroline Willemen, coordinatrice de la délégation Médecins sans frontière (MSF) qui oublie que personne n’a obligé ces migrants à se lancer dans cette aventure.

Déjà tendue, la situation est devenue explosive cet été lorsque le nombre de migrants a dépassé 9 000 dans l’île, dont plus de 7 000 à Moria. Face à cette dégradation, les transferts vers le continent ont été accélérés. « Il y en a eu 4 000 cet hiver, à raison de 1 000 par semaine », indique Astrid Castelein, chef de la délégation du HCR sur l’île. Les « retours » en Turquie sont limités. Cela signifie que la Grèce est contrainte par ses gauleiters d’accepter un nombre sans cesse plus élevé de migrants sur son sol continental. Mais cela signifie aussi que beaucoup d’entre eux finissent par franchir les mailles du filet frontalier de la route des Balkans qui retrouve un regain d’activité ! Et où les retrouvons-nous, chaque jour plus nombreux ? Essentiellement en France car ils son rapidement refoulés désormais d’Allemagne et de Suède (leurs destinations privilégiées).*

Quatre ans après les premières arrivées massives, l’accueil dont ont fait preuve les Lesbiens s’est émoussée. La situation s’enlise. Dans le village de Moria, 1 500 habitants, qui jouxte le camp, on ne sert pas les migrants dans les cafés. « Si je le faisais, mes clients seraient furieux, ils le sont déjà quand ils les voient dans la rue », confie Lista Chroni, patronne d’un minuscule troquet.

Nikos Trakellis, le maire se dit assailli dès qu’il met le pied dehors. Ses administrés se plaignent de nuisances, du vol de moutons, de clôtures détruites. Les habitants de Moria, avec deux villages voisins, se sont constitués en comité pour réclamer la fermeture des portes du camp.

« La population se sent abandonnée en dépit du fait qu’elle a apporté les premières réponses, juge Marios Andreotis, conseiller à la mairie de Mytilène, où les incidents se sont multipliés ces derniers mois. Mais c’est aussi devenu un thème de campagne pour les élections [européennes et locales, le 26 mai] « .

Il y a un an, des Afghans qui manifestaient dans le centre de la ville ont été violemment attaqués. « Je n’avais jamais vu une telle haine. Certains leur jetaient des pierres, des cocktails Molotov, s’indigne Lena Altinoglou, enseignante gauchiste et immigrationniste. Les réfugiés sont les nouveaux juifs d’Europe ! »

La faute à qui ?

Le 12 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* Lire « Y’en a marre des cadeaux empoisonnés d’Angela Merkel » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/05/09/yen-a-marre-des-cadeaux-empoisonnes-dangela-merkel/).

5 Réponses to “Malgré ce qu’on vous raconte la Grèce n’en a pas fini avec les hordes migrantes.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 12, 2019 à 3:32 #

    A Lesbos et Lemnos, là où vivaient les légendaires Amazones -sur la première ile, les femmes guerrières pratiquaient la poésie saphique, sur la seconde, les patriciennes avaient des harams d’hommes et avaient plusisurs maris- , c’est comme à lampedusa : sur les 6 913 migrants enregistrés début mai, 43 % sont des enfants. Tous sont libres d’aller et venir, mais ne peuvent quitter l’île, au grand dam de la population grecque qui « n’en peut plus« .

    Nikos Trakellis, le maire de Moria, à Lesbos, se dit assailli dès qu’il met le pied dehors. Ses administrés se plaignent de nuisances, du vol de moutons, de clôtures détruites. Les habitants de Moria, avec deux villages voisins, se sont constitués en comité pour réclamer la fermeture des portes du camp.

    C’est pour éviter cette situation que Malte se bat. Onles comprend…

  2. Hervé J. VOLTO mai 12, 2019 à 3:49 #

    A Lesbos, patrie des poétesses saphiques, et à Lemnos, étape des Argonautes, où les patriciennes possédaient des harems d’hommes, on n’en peut plus !

    Là aussi, il y aurait une solution : faire comme à Lampédusa, les prendre, les mettre sur un bateau et les porter sur le continant. Côté turc, cependant…

    Une autre solution serait de les renvoyer en arrière.

    M… ince, j’oubliais qu’on est en pleine Européennes à l’heure où j’écris ! Mes oreilles vont se mettre à siffler, j’ai bien peur…

  3. Hervé J. VOLTO mai 12, 2019 à 4:43 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Pour empécher que celà arribe en France, les vrais Français se sont rassemblés PLACE MAURICE BARRES, 75001 PARIS, LE 12 MAI 2019, 10H30.

    Pas un mot sur BFM TV, la seule chaine que j’arrive à capter en Italie, à Parme, où je vis. pas un mot à la télé italienne.

    Une grande manifestation unitaire à Paris aurait eu lieu selon nos observateurs à Paris.

    Comme chaque année, pour rendre hommage à Sainte Jeanne d’Arc, symbole inébranlable de volonté et d’espérance, plusieurs organisations nationalistes et patriotes ont répondu à l’appel au rassemblement : Dissidence Française, Synthèse Nationale, le Parti Nationaliste Français, l’Action Nationale et Radicale, Amitiés & Action Française ainsi que de nombreuses délégations étrangères, dont les belges de Nation.

    Il fallait honorer ainsi la mémoire de l’une des plus grandes figures de notre Histoire : Sainte-Jeanne d’Arc, patronne de la France -avec Notre Dame- et à l’éttanger patronne des nations envahies. Comme la Grèce, en ce moment…

  4. Hervé J. VOLTO mai 13, 2019 à 7:34 #

    Merci Marie-Antoinette. Très beau ! Si un Prince est assis serainement dans la pénombre, sur un siège avec des accoudoirs, regardant sur son écran les évènements avec le même détachement de quelqu’un qui regarderait un match de foot, il aura compris pourquoi et pour qui il ne peut renoncer.

    Catholiques et Français, toujours ! et Royalistes parec que Catholiques et Français…

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