Union européenne : les grandes manoeuvres pour la prise du pouvoir ont commencé.

12 Mai

Les élections parlementaires européennes n’ont pas encore eu lieu que, déjà, certains lorgnent sur les postes importants qui vont devoir changer de titulaires ! Il en est ainsi, en particulier, de la présidence du Conseil européen, de celle de la Commission et des portefeuilles les plus significatifs de cette Commission.

C’était d’ailleurs l’unique thème à l’ordre du jour du sommet (il fallait bien ça pour un tel sujet) de ce jeudi 9 mai, à Sibiu, en Roumanie.

Les Vingt-sept à Sibiu (Roumanie) le 9 mai.

Le président du Conseil, l’ineffable Donald Tusk, veut notamment sonder les intentions des dirigeants européens sur sa succession et sur la procédure très contestée pour désigner le successeur de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, ont indiqué plusieurs sources européennes. En effet, 2019 sonne la fin de leurs mandats (de même que ceux de Frederica Mogherini*, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et d’Antonio Tajani, président du Parlement). Et si certains noms sont déjà officiellement lancés, d’autres se murmurent de façon plus officieuse.

Après deux mandats de deux ans et demi, Donald Tusk voit la fin de sa présidence au Conseil et Jean-Claude Juncker renonce à briguer un second mandat après cinq ans à la tête de la commission. Qui pourrait alors leur succéder? Un sommet extraordinaire aura lieu le 28 mai pour “commencer le processus de nominations”.

Et, là, tenez-vous bien…le nom d’Angela Merkel revient avec insistance pour la présidence du Conseil européen, l’instance des chefs d’État ! Celle à laquelle nous devons l’invasion de notre continent par plus d’un million de migrants depuis 2015 au nom des valeurs humanistes de l’Europe mais aussi de ses besoins démographiques et de main d’oeuvre. Celle encore à qui les citoyens européens doivent l’arrivée, dans les pas de ces migrants, de nombreux terroristes islamistes qui ont semé le chaos, les violences de toutes sortes mais aussi la mort dans tous les pays où ils se sont introduits.

Et qui parle d’elle? Principalement l’ancien Premier ministre socialiste italien Enrico Letta qui plaide ouvertement pour la désignation d’Angela Merkel à la tête du Conseil et alimente les rumeurs…

Si elle est élue, elle serait alors en charge notamment de la représentation extérieure de l’UE au niveau des chefs d’État ou de gouvernement, de présider les réunions du Conseil européen et d’animer ses travaux, d’assurer la préparation des réunions du Conseil européen et leur continuité et également contribuer à faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen.

ET VOUS CONFIERIEZ NOTRE SORT À CETTE FOLLE ?

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte (qui ne vaut pas mieux qu’Angela Merkel) est également cité comme un autre potentiel candidat. Ce dernier et Emmanuel Macron ont d’ailleurs affiché leurs convergences de vues sur une Europe prétendument plus forte. Les deux hommes, en désaccord sur certains choix économiques, se retrouvent alliés pour le scrutin du 26 mai : le parti de Mark Rutte est affilié au groupe centriste et libéral Alde (Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe), que les députés Marcheurs pourraient rejoindre. Ce qui n’est pas le cas de la chancelière Angela Merkel, dont le parti, la CDU, est allié au parti européen de droite PPE.

Donc, pour nous, il n’est pas question de soutenir la moindre candidature qui favoriserait la Alde ou le PPE.

Même si les noms de Merkel et Rutte circulent, tous deux ont cependant prétendu ne pas être intéressés par ce poste de facilitateur entre des États aux intérêts souvent divergents. De plus, le président du Conseil ne peut pas exercer de mandat national tant qu’il est en fonction. Ceci induirait la démission de la chancelière ou du Premier ministre si l’un des deux était désigné et acceptait ce poste. En Allemagne, cette démission serait un tremblement de terre pour le pays qui devrait alors trouver un nouveau chancelier fédéral après 14 ans sous la direction d’Angela Merkel. La belle affaire !

Ce jeudi, en plein sommet, elle a toutefois préféré éluder la question d’un journaliste à ce sujet

Un autre enjeu de taille est à l’agenda: celui du choix du nouveau président de la Commission, qui fait office en quelque sorte de chef du gouvernement européen. Son rôle est crucial puisque c’est à lui de promouvoir l’intérêt général de l’Union européenne en proposant des textes législatifs et en veillant à leur application, ainsi qu’en mettant en œuvre les politiques et le budget de l’UE. La fonction de président de la Commission européenne est la position la plus puissante de l’UE. Hélas, on a pu mesurer au cours des cinq dernières années le rôle néfaste (entre deux verres d’alcool) de Jean-Claude Juncker, l’homme des lobbys de toutes natures et, pire encore, l’homme des paradis fiscaux.

Pour faire pression sur la nomination de ce personnage-clé, élu par le Parlement européen mais pré-sélectionné par le Conseil européen, chacun des partis européens représentés à Strasbourg désigne son chef de file. Il est appelé “spitzenkandidat”. La procédure du “spitzenkandidat” (en Allemand dans le texte), imposée en 2014 par le Parlement européen, désigne à cette fonction le prétendant de la famille politique qui comptera le plus d’élus à l’issue des européennes organisées du 23 au 26 mai. Pour être élu, le candidat doit être approuvé par la majorité des députés européens. A condition que les Etats-membres l’aient désigné en amont. Cette règle facilite l’endogamie de cette oligarchie politique.

Il y a à ce jour quatre “spitzenkandidaten” attendus pour le 26 mai: l’Allemand Manfred Weber, chef de file des conservateurs européens (PPE); le Néerlandais Frans Timmermans, candidat des sociaux-démocrates; l’Allemande Ska Keller (Verts); et le Belge Guy Verhofstadt (Libéraux et démocrates européens).

Frans Timmermans, Ska Keller, Guy Verhofstadt et Manfred Weber.

 

Pour l’heure, le Parti Populaire Européen fait la course en tête et pourrait obtenir 180 élus contre 149 pour les sociaux-démocrates, selon la dernière enquête d’opinion publiée le 15 avril par le Parlement européen. Son candidat, l’Allemand Manfred Weber est soutenu par Angela Merkel. Problème: il est inconnu hors du Parlement européen, où il a présidé le groupe du PPE.  Il lui faudra être adoubé par les dirigeants européens et obtenir la majorité des suffrages au Parlement. Aucun veto n’est possible au Conseil, mais une minorité peut le recaler.

En 2014, par exemple, l’Allemande Angela Merkel, le Néerlandais Mark Rutte, le Britannique David Cameron et le Suédois Fredrik Reinfeld avaient tenté de constituer une minorité de blocage contre la nomination de Jean-Claude Juncker. Une campagne de presse en Allemagne sur le thème “Merkel trahit la démocratie” avait contraint la chancelière à rentrer dans le rang.

Cinq ans plus tard, les dirigeants européens refusent toujours, Emmanuel Macron en tête, de s’engager à désigner forcément le futur patron de la Commission parmi l’un des “Spitzenkandidaten” en lice. Manière pour les Etats-membres de se laisser la possibilité de désigner un autre candidat plus consensuel avec lequel ils vont devoir travailler pendant cinq ans.

Plusieurs dirigeants cherchent à tuer le spitzenkandidat”, a confié à l’AFP un responsable européen. Un sommet extraordinaire est planifié pour le 28 mai, deux jours après les élections européennes, a-t-on appris de sources européennes. “Ce sera l’occasion”, a estimé le responsable européen.

Dans le cas où Manfred Weber n’arriverait pas à convaincre et rassembler derrière lui (Viktor Orban a annoncé le retrait de son soutien cette semaine), un autre nom est évoqué avec insistance comme recours: celui du Français Michel Barnier, membre du PPE et négociateur du Brexit. La majorité présidentielle française plaide de plus en plus ostensiblement pour sa candidature, vantant son profil d’homme de consensus.

Les nominations ne vont pas se résumer au système du spitzenkandidat. Il n’y a pas d’automaticité”, rappelait-on d’ailleurs mardi à l’Élysée. Une position réaffirmée ce jeudi par Emmanuel Macron: “je ne crois pas que ce soit la bonne manière sauf à faire de vraies listes transnationales”.

Mon rêve serait d’avoir un président de la Commission français”, a glissé dans Le Parisien fin avril la tête de liste de la majorité, Nathalie Loiseau. “Et si c’est Michel Barnier, ça nous va très bien”, complète un cadre de la campagne européenne à l’AFP.

L’intéressé a toutefois affirmé le 29 avril qu’il n’était “pas candidat aujourd’hui” à la présidence de la Commission européenne, la priorité pour lui restant de négocier la sortie du Royaume Uni de l’UE. Or celle-ci n’interviendra probablement pas avant les élections européennes, auxquelles les Britanniques participeront quoi qu’il arrive. D’autres noms circulent par ailleurs, dont la Française Christine Lagarde, actuellement à la tête du FMI, ou l’actuelle commissaire européenne Margrethe Vestager.

Avant la désignation du président de la Commission, la première nomination sera celle du président du Parlement européen lors de la session inaugurale de la nouvelle assemblée, le 2 juillet. Son mandat est de deux ans et demi. Deux candidats sont déjà en lice: le président sortant, le conservateur italien Antonio Tajani, et l’ancien premier ministre libéral belge Guy Verhofstatdt, un ennemi acharné des élus de droite, identitaires et souverainistes. Le vainqueur devra convaincre les autres familles politiques de voter pour lui pour obtenir la majorité absolue.

Quant au Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, il est est élu par le Conseil européen à la majorité qualifiée avant d’être auditionné par le Parlement et d’être soumis à un vote d’approbation par les députés. Le mandat de Frederica Mogherini prendra fin en novembre 2019 après cinq ans à ce poste. Nous ne la regretterons pas, vu sa collusion avec le lobby immigrationniste.

Souvenons-nous qu’en 2014, “il a fallu trois sommets et trois mois pour décider” des principaux postes, a rappelé un responsable européen.

Sans doute comprenez-vous mieux maintenant notre inlassable campagne en faveur du  » Frexit « .

Le 12 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Union européenne : les grandes manoeuvres pour la prise du pouvoir ont commencé.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 12, 2019 à 3:19 #

    Selon toutes les projections d’un grand nombre de politologues, autant de droite que de gauche, il pourrait y avoir une grande défection des Français pour les élections européennes.

    Ce serait pourtant l’occasion d’un vote protestataire !

    D’une part, les Royalistes reçoivent constament la socllicitation de ne pas voter. D’autre part, les Français, même républicains, semblent fatigués de voter : BLANC BONNET ET BONNET BLANC !

    Le nom d’Angela Merkel revient avec insistance pour la présidence du Conseil européen, l’instance des chefs d’État ? C’est pour mieux l’enfermer dans ses contraditions et l’obliger à laisser la place à… Emmanuel Macron en 2022 ! Ils l’ont déjà fait traverser la cour du Louvre sur la I°X de Bethoven et non la Marseillaise.

    Pu… rée, va !

    Nos observateurs à Bruxelles nous disent que les loges voudraient, oui, un président de la Commission Français. “Et si c’est Michel Barnier, ça nous va très bien”, dirait-on dans les arrières loges. Et comme ces dernières veulent étendre la funeste trilogie LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, à une fédédération européenne à la US, l’Allemagne et la France étant liquidées comme de simple LANDs, elles voudraient Macron à la présidence du Conseil européen : il serait alors en charge notamment de la représentation extérieure de l’UE au niveau des chefs d’État ou de gouvernement, de présider les réunions du Conseil européen et d’animer ses travaux, d’assurer la préparation des réunions du Conseil européen et leur continuité et également contribuer à faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen ! ET NOS OBSERVATEURS AU CHATEAUX NOUS DISENT QU’IL S’Y VOIT DEJA.

    Les allemands risquent de se faire enc… ouillonner comme ils le méritent. Les Français aussi hélas.

    J’espère que tromper…

  2. Hervé J. VOLTO mai 12, 2019 à 3:42 #

    Il y aurait bien une solution : celle évoqué par Nicolas Dupont-Aignan, une union des Droite.

    LR et RN, ENSEMBLE contre LREM ?

    C’est bien pourtant ce qu’il ont fait de l’autre côté des Alpes. Et çà marche là-bas, pu… rée !

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