La vente des bijoux de famille par le gouvernement a du plomb dans l’aile.

13 Mai
Le Conseil constitutionnel a donné, la semaine dernière, son feu vert à la proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) de parlementaires opposés à la privatisation d’Aéroports de Paris, ouvrant la voie à la poursuite d’un long processus, inédit, pouvant conduire à la consultation de la population et au rejet de la privatisation.

Votée le 11 avril dernier dans le cadre de la loi Pacte, la privatisation contestée d’ADP prend du plomb dans l’aile. Le conseil constitutionnel a validé ce jeudi 9 mai la proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) déclenchée le 10 avril par 248 parlementaires de tous bords hostiles à la privatisation du gestionnaire des aéroports parisiens. Cette proposition de loi prévoit dans son article unique que « l’aménagement, l’exploitation et le développement des aérodromes de Paris » – Roissy et Le Bourget -, « revêtent les caractères d’un service public national ».

La privatisation va non seulement être gelée pendant de longs mois, mais risque même d’être remise en cause en cas de vote « contre » et faire s’envoler l’espoir du gouvernement de toucher, au prix de la liquidation de l’un de nos bijoux de famille, le jackpot de la cession de tout ou partie des 50,6% qu’il détient dans le capital d’ADP, aujourd’hui valorisés en Bourse à 9 milliards d’euros.

Les parlementaires à l’initiative du RIP ont neuf mois pour recueillir le soutien de 10% de l’électorat (4,7 millions de personnes), nécessaire pour lancer le référendum. Le Parlement aura ensuite six mois pour examiner la proposition de loi que les initiateurs du RIP soumettront au référendum. A défaut, le chef de l’État devra organiser le référendum même si aucun texte ne lui fixe de délais.

Si les 4,7 millions de voix semblent pour beaucoup impossibles à atteindre, l’hostilité parmi les citoyens à l’égard d’Emmanuel Macron et à la privatisation d’ADP est telle que le référendum a bel et bien des chances d’être lancé et la privatisation remise en cause. La facilité du vote électronique est également un atout pour les partisans du maintien d’ADP dans le giron public. Un revers supplémentaire de taille pour le chef de l’Etat qui comptait aller vite.

Mais, comme on pouvait s’en douter, les loups sont sortis du bois. À commencer par le Premier ministre, Edouard Philippe, grand donneur de leçons démocratiques devant l’Eternel et qui redoute une “situation dangereuse pour la conduite de l’action publique”.

Il va même jusqu’à oser prétendre que “la manœuvre des oppositions pose un vrai et grave problème démocratique”, avec la perspective de référendums sur des textes à peine adoptés. “Si à chaque fois que la majorité vote une loi, 185 parlementaires peuvent retarder son application de plus de 9 mois, cela créerait une situation dangereuse pour la conduite de l’action publique”, déplore-t-on à Matignon.

Mais ce n’est pas tout car, aux propos du Premier ministre, s’est ajouté le mécontentement affiché par les ploutocrates internationaux. Les  » investisseurs  » ont en effet très mal réagi aux derniers développements : l’action d’ADP chutait de près de 10% en Bourse vendredi, après avoir déjà perdu 5,68% jeudi.

En d’autres termes et comme toujours, le référendum, c’est bien dans les programmes électoraux mais à la condition expresse…qu’il ne soit jamais mis en oeuvre tant nos oligarques ont peur du peuple. Ce qui prouve bien qu’au fond ils n’ont aucune confiance dans leur capacité à convaincre et à emporter l’adhésion des citoyens.

Peut-être devraient-ils se demander pourquoi…

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