Commençons donc par taxer les transports aérien et maritime avant d’e……r les Français en taxant leurs carburants (seconde partie).

14 Mai

Nous avons vu tout l’intérêt qu’il y aurait à taxer le carburant des avions (mais aussi des navires de transport comme de croisière). Voyons à présent les méthodes permettant à tout un chacun, s’il est un citoyen responsable et soucieux de l’état dans lequel il va laisser notre planète à ses descendants, d’agir pour réduire son rôle dans l’usage du kérosène.

Que vous commenciez tout juste à vous interroger sur les dégâts environnementaux causés par le trafic aérien, ou que vous tentiez déjà de limiter l’impact de vos vols, voici une liste de conseils pour vous aider.

Niveau débutant : prendre conscience et compenser

1/ Réaliser. Pas de doutes, malheureusement : voyager en avion, c’est mauvais pour la planète. Avec ses 4,3 milliards de passagers annuels, le transport aérien est responsable de 2 % des émissions de CO2 mondiales. « Et même de 5 % du réchauffement climatique, une fois pris en compte tous ses effets (traînées de condensation, oxyde d’azote…) », précise Lorelei Limousin, du Réseau action climat (RAC), qui fédère vingt-deux associations luttant contre ce réchauffement. Or le trafic aérien explose : dans vingt ans, l’Association du transport aérien international (IATA) prévoit 8,2 milliards de passagers. Il échappe pour l’instant à tout engagement international de réduction des émissions ainsi qu’à la taxation du kérosène.

2/ Calculer. Si vous prenez régulièrement l’avion, ces voyages représentent sans doute une bonne partie de votre empreinte carbone annuelle. Pour évaluer cet impact, il est intéressant de calculer les émissions de CO2 liées à chaque vol. Si, contrairement à l’obligation réglementaire, elles ne sont pas indiquées sur le billet d’avion, des calculateurs en ligne le permettent facilement – comme celui de la DGAC ou de l’aviation civile internationale.

Pour revenir à un niveau durable d’émissions de gaz à effet de serre (GES), chaque Français est censé tendre vers un « budget carbone » global, toutes activités confondues, de 1,5 tonne de CO2 par an, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). L’équivalent d’un seul vol aller-retour Paris-Rio…Ça vous laisse rêveur, non ?

3/ Compenser. Une fois calculé le « coût carbone » du vol, il est possible de verser à un organisme de compensation carbone une somme permettant d’éviter une émission équivalente de GES, ou d’absorber une quantité équivalente de gaz déjà émis. Il s’agit de projets remplaçant des énergies carbonées par des énergies renouvelables (panneaux et fours solaires, éoliennes), ou de programmes de reforestation, les arbres séquestrant du carbone tout au long de leur vie. Certaines compagnies aériennes (comme Air France), certains tour-opérateurs (comme Voyageurs du monde) proposent directement cette possibilité lors de la réservation du voyage.

Attention à l’opérateur ! Pour s’assurer de son sérieux, mieux vaut choisir un organisme contrôlé, doté d’un label reconnu par les Nations-Unies, comme le Gold standard ou Verra (listés sur le site info-compensation-carbone), ou du label français Bas Carbone. Le prix de la tonne de carbone varie selon les projets. En général, la contribution s’élève à quelques dizaines d’euros pour un long courrier.

Mais ces mécanismes de compensation carbone volontaire suscitent bien des critiques quant à leur efficacité réelle, durable, et leur impact local – accaparement des terres, reforestation incompatible avec la protection de la biodiversité… Et compenser n’est pas réduire.

Niveau intermédiaire : bien choisir la compagnie et limiter les vols professionnels en France

1/ S’informer sur le vol. Avant de s’envoler, quelques précautions s’imposent : privilégier les vols internationaux sans escale, la consommation de kérosène étant accentuée lors des phases de décollage, d’atterrissage et de circulation sur les pistes. Embarquer avec un minimum de bagages, suivant la même logique que celle du constructeur de l’avion qui tente de réduire le poids de l’appareil et, ainsi, sa consommation en carburant. Privilégier la classe économique : les émissions associées à un vol en première classe sont jusqu’à 9 fois plus importantes (selon une étude de la Banque mondiale), la taille des sièges diminuant le nombre de passagers convoyés pour un même volume de kérosène.

Opter pour une compagnie dont le taux de remplissage est élevé, et la flotte récente, donc moins énergivore. A en croire les constructeurs aéronautiques, les avions de nouvelle génération consomment entre 10 % et 20 % de carburants de moins que leurs prédécesseurs. Certains sites, comme atmosfair ou l’International Council on Clean Transportation, établissent des classements des compagnies selon ce critère d’efficacité énergétique.

2/ Ralentir. Se rendre à l’aéroport en transports en commun. Une fois arrivé à destination, rester le plus longtemps possible pour amortir le coût carbone du vol. Eviter les vols intérieurs, même s’ils sont peu coûteux, tout comme les gros ferries et surtout les bateaux de croisières, extrêmement polluants. Privilégier le vélo, l’autocar, le train (y compris de nuit). Et le voilier !

3/ Au boulot, limiter. 45 % des vols intérieurs ont un motif professionnel, pour une durée très limitée. Une conférence téléphonique ou une visioconférence n’est-elle pas envisageable ? Le train n’est-il pas une alternative ?

Niveau confirmé : renoncer aux vols intérieurs, espacer les vols internationaux

1/ Supprimer. Finis les vols low cost pour un petit week-end en amoureux dans une capitale européenne, ou les Paris-Marseille aux premiers beaux jours. L’urgence écologique plaide pour un renoncement aux vols intérieurs et à certains vols européens – pour les trajets de moins de 1 000 kilomètres disposant d’alternatives terrestres (train, voiture) d’une durée inférieure à 4 heures, ou d’une offre de trains de nuit. Les liaisons nocturnes ayant hélas quasiment disparu (ne restent que Paris-Portbou et Paris-Briançon), un collectif de défense de cette « mobilité du futur » s’est constitué.

Six vols aller-retour Paris-Marseille émettent autant de CO2 qu’un Paris-New York. Sur une distance équivalente, l’avion émet 40 fois plus de CO2 que le TGV, quinze fois plus que les autres trains (par passager, par kilomètre).

Même la voiture essence ou diesel est moins polluante que l’avion ! Selon une étude de l’Ademe sur les trajets nationaux, qui prend pour référence le taux d’occupation moyen des voitures et des avions, l’avion émet 145 g de CO2 par passager par kilomètre, contre 85 pour la voiture. Pour tous les trajets intra-européens, aussi, l’avion est à tous coups plus polluant que la voiture, comme l’a montré l’European environnement agency.  L’impact de la voiture varie de 1 à 3 selon le nombre de passagers, mais reste toujours inférieur à celui du transport aérien.

2/ Espacer les vols internationaux. « Les premières questions à se poser sont : Mon déplacement est-il nécessaire ou pas ? De loisir ou non ? Est-il impératif d’aller à Bali ou puis-je faire un tour dans les Alpes suisses ?” », explique le chef du service Climat de l’Ademe, Hervé Lefebvre, pour qui se dessine « un vrai changement de modes de vie ». « Il faut de la sobriété. On sait bien que les évolutions technologiques ne pourront pas répondre à nos émissions de GES. » Ne riez pas. C’est ce que nous réclamons depuis toujours au travers du besoin impératif de DECROISSANCE.

Commencer par un mois, un trimestre sans avion. Envisager ensuite de « rester au sol » une année, comme y appellent plusieurs collectifs écologistes européens. « L’avion doit devenir exceptionnel, insiste le RAC, on ne le prend plus tous les ans. Pour se conformer à l’objectif de 1,5 degré de hausse des températures fixé par l’accord de Paris, il faut a minima espacer les vols de plusieurs années ». Le séjour à l’autre bout du monde, si longuement attendu, dure alors deux mois, au moins. Un vrai changement de modes de vie, effectivement.

Pourquoi pas ? N’est-ce pas un bon moyen de faire davantage connaissance avec ceux qui nous accueillent ?…

Le 14 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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