LE MIGUELISME OU LEGITIMISME PORTUGAIS.

15 Mai

Le Miguelisme (prononcer Miguélisme) est un mouvement politique Royaliste apparu au Portugal entre 1820 et 1830. De tendance Légitimiste et donc anti-libérale, il déchire les deux branches de la Maison de Bragance (celle des Rois Pedro Iv et Miguel I° de Portugal) et aboutit à une guerre civile et à plusieurs soulèvements au XIX° siècle : la Crise de Succession Portugaise.

Comparable au Carlisme espagnol et au Légitimisme Français, LE MIGUELISME, MOUVEMENT MONARCHIQUE CATHOLIQUE ET ROYAL, prendra fin avec la réconciliation des deux branches de la Famille Royale portugaise vers 1830 et la reconnaissance du petit-fils de Miguel I° comme l’héritier de son cousin, Manuel II du Portugal.

La Crise de Succession Portugaise s’amorce au moment de la proclamation de l’indépendance du Brésil par le prince Pedro du Portugal (alors héritier du Trône de Portugal) en 1822 mais éclate réellement après la mort du Roi Juan VI du Portugal en 1826. Elle atteint son paroxysme avec le déclenchement de la guerre civile portugaise (1828-1834) et ne prend fin qu’avec la reconnaissance définitive de la Reine Maria II du Portugal, lors des Accords d’Evora-Monte en 1834. Elle aboutit alors à l’exil de la branche Migueliste de la Maison de Bragance.

En 1822, le Prince Pedro du Portugal, héritier du Trône du Portugal et Régent du Brésil au nom de son père le Roi Juan VI, proclame l’imdépendance du Brésil. Commence alors une guerre d’indépendance qui aboutit à la reconnaissance officielle de la sécession du Brésil par le Portugal au Traité de Rio de Janeiro en 1825. Devenu Empereur du Brésil et donc Souverain d’un pays étranger, Pedro I° se retrouve dans l’impossibilité de prétendre à la Couronne portugaise, si l’on en croit la loi de succession mise en place par les Cortes (Cortès) portugaises en 1641. La Couronne du Portugal devrait donc revenir Légitimement au Prince Miguel.

Le Brésil proclamera son indépendance en 1822 avec à sa tête les Orléans-Bragance. Le pays connaîtra deux Empereurs (Pedro I° et Pedro II) jusqu’à l’abolition de sa Monarchie en 1889. Pedro III, prétendant moderne au Trône du Brésil,  était le frère de la Comtesse de Paris, grand-mère paternelle de l’actuel Jean d’Orléans, Duc de Vendôme.

Les dernières années du règne de Juan VI du Portugal sont marquées par la division des Bragance et par les tentatives du Prince Miguel, deuxième fils du Roi, de revandiquer la Couronne avec le soutien de sa mère, la Reine Charlotte-Joachime, lors des soulèvements de la Vilafrancada et de l’Abrilada. Miguel ayant été exilé à Vienne après sa deuxième tentative de revandication, les Cortes portugaises décident de reconnaître Pedro comme leur nouveau Souverain à la mort de Juan VI, le 10 mars 1826. Toujours à Rio de Janeiro, celui-ci devient ainsi le Roi Pedroiv du Portugal tandis que sa sœur cadette, l’infante Isabella-Maria du portugal, est nommée Régente en son absence.

Conscient de l’impossibilité de réunir à nouveau les Couronnes portugaise et brésilienne, Pedro IV renonce cependant au trône lusitanien en faveur de sa fille aînée, qui devient alors reine sous le nom de Maria II, le 2 Mai 1826. Désireux de ramener la paix au Portugal et de réconcilier la Famille Royale, Pierre IV octroie par ailleurs au pays une Charte Constitutionnelle et associe son frère Miguel au Trône en le fiançant à Maria et en le nommant Régent.

En 1828, de nouvelles Cortes sont réunies à Lisbonne par Miguel pour décider de la succession au Trône. Le Prince est alors acclamé Roi au détriment de sa nièce, le 23 Juin 1828. Plusieurs pays, dont la France de Charles X, le reconnaissent mais la plupart des puissances européennes s’abstiennent de prendre parti dans ce qui apparaît comme un conflit entre libéraux et conservateurs.

Michel est un Catholique traditionaliste convaincu. Si cela le rendait impopulaire auprès de la bourgeoisie portugaise, plus ouverte aux influences libérales issues de la pensèe révolutionnaire en vogue en Europe, il bénéficiait d’une grande popularité auprès du peuple. Les guerres contre l’Espagne et la France ayant plongé le pays dans la misère, on attendait un Roi fort pour sauver la nation.

MIGEUL I° DU PORTUGAL (nom portugais complet : Miguel Maria do Patrocínio João Carlos Francisco de Assis Xavier de Paula Pedro de Alcântara António Rafael Gabriel Joaquim José Gonzaga Evaristo de Bragança e Bourbon), né le 26 octobre 1802 à Queluz, mort le 14 novembre 1866 à Esselbach, sera Roi du Portugal entre 1828 et 1834. Troisième fils du Roi Juan VI et de Carlotta-Joachime d’Espagne, il fait partie de la dynastie des Bragance. Il portera successivement les titres de Infant de Portugal, Senhor do Infantado et duc de Beja, Infant de Portugal, duc de Bragance et Senhor de Samora Correia, Prince-Régent de Portugal et, plus tard, Roi de Portugal.

Depuis le Brésil, Pedro cherche quant à lui à faire reconnaître les droits de Maria II, sans succès. De plus en plus préoccupé par la question de la succession, il finit par renoncer au Trône brésilien au profit de son fils Pedro II en 1831 et rentre en Europe pour restaurer sa fille.

En 1832, Pedro débarque avec une armée de partisans dans l’archipel des Açores, seul territoire portugais à être resté fidèle à Maria II depuis 1828. C’est le début de la guerre civile portugaise.

L’ancien Monarque organise ensuite un débarquement à Porto avant de se lancer la reconquête de l’ensemble du Portugal continental (1832-1834). Entre-temps, c’est toute la Péninsule Ibérique qui s’est embrasée avec le déclenchement de la Première Guerre Carliste en Espagne.

En 1834, les forces Miguélistes sont finalement vaincues et les Accords d’Evora-Monte aboutissent à la reconnaissance de Maria II comme seule Souveraine du Portugal. Miguel I° doit renoncer au Trône et part une nouvelle fois en exil.

Ayant dénoncé cet accord quelques semaines après sa signature, Miguel et sa descendance sont finalement déchus de leurs droits à la couronne et perdent leur nationalité portugaise.

Les deux branches ne se réconcilieront que près d’un siècle plus tard, le Roi Manuel II, n’ayant pas d’enfants Légitimes, reconnaît le descendant de Miguel comme son successeur. Don Duarte de Bragance appartiendrait à une branche illégitme des Bragances. Entre-temps le Portugal est devenu une république en 1910…

Les Miguelistes étaient les partisans de ce Roi et sont aujourd’hui les partisans de ses descendants. mais qui sont les descendants actuels de Miguel I° du portugal ? En 1851, Miguel I° épousa Adélaïde de Lowwnstein-Werthiem-Rosenberg (1831-1909). De cette union naîtront :

-Marie des Neiges de Bragances (1852-1941). En 1871 elle épousa Alphonso-Carlos de Bourbon-Espagne, « Duc de San Jaime » (mort en 1936).

-Miguel de Bargance (1853-1927) qui épousera en 1878 Élisabeth de Tour et Taxis (1860-1881), nièce de l’impératrice d’Autriche puis en 1893 Marie-Thérèse de Lohenstien-Wertheim-Rosemberg (1870-1935). Miguel de Bragance assurera la descendance de la Maison Royale du Portugal jusqu’à nos jours. Don Duarte de Bragance est son descendant actuel.

-Marie Thérèse de Bargance (1866-1944). Elle épousa l’archiduc Charles-Louis d’Autriche, frère cadet de l’empereur François-Jospeh I°.

-Marie Josèphine de Bragance (1857-1943) qui, en 1874 épousa Charles Théodore de Bavière (1839-1909), frère de l’Impératrice Sissi.

-Aldegonde de Brangance (1858-1946), Comtesse de Bardi; en 1876, elle épousa Henri de Bourbon-Parme, Comte de Bardi (1851-1905)

-Marie-Anne de Bragance (1861-1942); en 1893 elle épousa le Grand-Duc Guillaume IV de Luxembourg (1852-1912) et fut régente du Grand-Duché (postérité).

Antonia de Bragance (1862-1959) qui épousa en 1884 Robert, ex-Duc souverain de Parme, et fut la mère de l’impératrice Zita d’Autriche, du Prince Félix de Luxembourg, et des Princes Sixte et François-Xavier de Bourbon-Parme (postérité).

Selon le prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme, l’actuel Don Duarte de Bragance possédant une présomption de batardise, LA COURONNE DU PORTUGAL REVIENDRAIT UN DESCENDANT DES BOURBONS-PARME, même si le Néo-Miguélisme Bourbonnien n’a pas un grand échos de l’importance du Carlisme esagnol : Don Duarte étant un Catholique convaincu -son épouse et lui sont dévots à N.D. De fatima- il est très aimé des Royalistes portugais, il faut le dire, et le Miguélisme est minoritaire au Portugal. Par contre, au Brésil, on se méfie des Orléans-Bragance, associés à tort ou à raison avec l’esclavagisme : le Miguélisme y concerve toute sa pertinance en tant que mouvement Catholique Social.

En effet, si l’Aliança Internacional Monárquica Portuguesa (AIMP)
http://www.aimp-pmia.net/
et
le Partido Popular Monárquico (PPM)
http://www.ppm.pt/

soutiennent Don Duarte de Bragance…

le Projecto Democracia Real / Projet Démocratie Royale (PDR)
http://projectodemocraciareal.wordpress.com/
http://www.youtube.com/user/CVDemocraciaReal

soutient le Miguélisme.

Au Brésil, si l’Associação Causa Imperial (ACI/BR)
http://www.causaimperial.org.br/
http://www.causaimperial.net/

et Juventude Monárquica Restauradores do Império do Brasil
http://www.restauradores.org.br/

soutiennent les Orléans Brangances, l’Instituto Brasileiro de Estudos Monárquicos do Rio Grande do Sul
http://www.ibem.org/ est un mouvement Migueliste.

Pour le Prince Sixte-Henri de Bourbon-Parme, le Miguélisme au Portugal, c’est avant tout une attitude culturelle Catholique, celle de la Tradition. En politique, il incarne le principe d’expension-évangélisation dont Léon XIII rependra l’idée : tout le contraire de l’actuel euro-mondialisme islamisant ! C’est aussi un nationalisme portugais et Chrétien : mourir pour la Patrie, c’est mourir pour la société portugaise destabilisée par les idées révolutionnaires. C’est, enfin, face à la masse l’affirmation de la personne.

A moins que son neveu SAR le Prince Charles-Xavier de Bourbon-Parme, Chef de la Maisn Ducale et Royale de Parme, ne reprenne le combat portugais de son oncle, la mort de ce dernier sans enfants risque d’abandonner les droits de la Couronne du Portugal à Don Duarte de Bragance et celle du Brésil aux Orléans-Bragance, le Prince Charles-Xavier de Bourbon-Parme, chef de la Ducale et Royale Maison de Parme, se concentrant plus quand à lui sur la cause Carliste.

Prions dans tous les cas cependant Notre Dame de Fatima, véritable Reine du Portugal, de rendre à ce Noble pays latin un Roi Très Chrétien qui l’empèchera de sombrer dans la folie euro-mondialiste et relèvera le pays.

Hervé J. VOLTO, CJA

A lire : Jean-Charles Volkmann, Généalogies des rois et des princes (Edit. Jean-Paul Gisserot,1998)

On peut également consulter l’ASSOCIAZIONE LEGITIMISTA TRONO E ALTARE (AssociatIon Légitmiste Trône et Autel)

http://associazione-legittimista-italica.blogspot.com/

: le site est italien mais est traduit en Français, comme en espagnol, portugais, anglais, allemand et hongrois.

Une Réponse to “LE MIGUELISME OU LEGITIMISME PORTUGAIS.”

  1. Reconquista+ mai 16, 2019 à 4:26 #

    Je n’ai pas la vaste connaissance de M. Volto. Je ne fais qu’une simple petite correction (en mauvais français):

    « Le Brésil proclame l’indépendance en 1822 avec à sa tête les Orléans-Bragance »

    – Le maçon José Bonifácio était à « la tête de l’Indépendance » avec le soutien de Dona Léopoldina (future première impératrice) qui, malgré beaucoup souffert des infidélités scandaleuses de son ‘prince’ Pedro, avait une forte influence politique sur lui, ce très impulsif brave soldad.

    – Les « Orléans-Bragance » n’ont jamais eu de pouvoir au Brésil.
    Ils sont les descendants de la princesse héritière Isabel (père: Pierre II: Bourbon Habsbourg Bragança ; mère: Teresa Cristina: Bourbon Deux Siciles) et Gaston d’Orléans. Ils se sont mariés en 1864. Tous furent exilés à la suite de l’imprésivible coup d’Etat militaire-républicain-maçonnique de 1889, avec bannissement immédiat de la famille impériale – bien-aimée de tous les brésiliens de son temps.
    Les prétendants «légitimes» au trône sont les descendants de Dom Luís (1878-1920) le « deuxième » fils de la princesse Isabel et Gaston d’Orléans. Ils appartiennent à la branche de Vassouras – monarchistes.
    Pedro (1875-1940), « l’aîné », ‘a renoncé’ (‘les aînés des Bragança ne règnent pas’, ce n’est pas une légende). Leurs descendants appartiennent à la branche de Petrópolis – républicains.

    – Le Miguelisme n’a pas d’importance au Brésil. Pedro l et surtout le grand Pedro ll sont le patrimoine incontesté de la nation e des monarchistes.

    – La fondation, l’effondrement et la ‘restauration’ du Reino Unido de Portugal e Brasil constituent une longue histoire spirituelle qui appartient aux desseins de Dieu …

    Senhor, venha a nós o Vosso Reino!

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