Les élections européennes vues d’Athènes

22 Mai

Souvenez-vous de la terrible année 2015 en Grèce et n’hésitez pas à relire nos « Billets d’Argolide » (mot-clé sur notre moteur de recherche) consacrés aux moments les plus difficiles de cette douloureuse période. Mais bien d’autres articles ont été consacrés à la crise économique, sociale et politique de ce pays de l’Union européenne…qui n’aurait jamais dû s’y introduire.

Beaucoup de Grecs, d’ailleurs, regrettent cette adhésion à l’exception des incorrigibles mondialistes qui, paradoxalement, sont encore nombreux. Preuve qu’ils n’on décidément rien compris ! Mais, le 26 mai, les élections européennes seront couplées aux élections régionales, une manoeuvre politique pour tenter d’éviter « l’effet référendum » contre le Premier ministre, Alexis Tsipras.

Le chiffre est d’ailleurs révélateur : dimanche 26 mai, 60% des dix millions d’électeurs grecs pensent aller voter aux élections européennes. À première vue, on se dit que c’est beaucoup, c’est même au-dessus de la moyenne européenne, mais en fait c’est très peu car le vote est obligatoire en Grèce. Autrement dit, quatre Grecs sur dix vont sans doute préférer payer une amende plutôt que de participer au scrutin. Ce qui en dit long sur leur adhésion aux projets d’Emmanuel Macron !

Après dix années de crise financière, il y a toujours beaucoup d’amertume dans la relation des Grecs à l’Europe. Leur relation avec l’UE est complexe et paradoxale. L’appartenance à l’Union est hélas perçue comme indispensable (alors que nous pensons depuis longtemps que le « Grexit » aurait été une meilleure solution pour eux). Cependant Bruxelles est regardée comme la source de tous les maux économiques, le responsable principal de toutes les politiques d’austérité qui ont imposé les baisses répétées des salaires et des retraites.

La campagne a logiquement porté d’abord sur les questions économiques et à ce jeu-là, comme souvent, c’est l’opposition qui gagne. Nouvelle Démocratie, le grand parti de droite, bénéficie d’une avance confortable dans les sondages avec 35% d’intentions de vote. Dimanche 26 mai au soir, la Grèce sera sans doute l’un des rares pays européens où la droite traditionnelle (voire carrément molle) aura progressé en sièges. En face, Syriza, le parti de centre gauche du premier ministre Alexis Tsipras, est crédité de 26% des intentions de vote, dix points derrière. Ce qui signifie un désaveu brutal d’Alexis Tsipras. Mais qui pouvait en douter, après ses retournements de veste successifs ?

Dans l’esprit de nombreux Grecs, Syriza a cédé devant les exigences européennes et a fait les mauvais choix. Rappelons que le produit intérieur brut de la Grèce a baissé de 25% en 20 ans. Le chômage atteint 19%, dont 40% chez les jeunes. La pauvreté touche un Grec sur trois. Et près de 400 000 personnes ont fui le pays. Une catastrophe économique. Désormais la croissance repart timidement, elle atteint 2%, le pays dégage aussi un surplus budgétaire (qui ne sert quasiment qu’au remboursement de la dette) mais il est quand même endetté pour 40 ans. Rien d’étonnant donc à ce que les sujets économiques soient primordiaux.

C’est un paysage politique dont on se dit qu’il pourrait profiter à la droite radicale, mais ce n’est pas le cas. Tout est réuni sur le papier pour sa progression, d’autant qu’après l’économie, la deuxième préoccupation des Grecs est l’immigration. Le flux migratoire s’est tari entre la Turquie et la Grèce mais le pays compte encore près de 100 000 migrants en situation irrégulière. Pour la plupart, ils vivent dans des camps sur les îles grecques, dans des conditions très difficiles (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/05/12/malgre-ce-quon-vous-raconte-la-grece-nen-a-pas-fini-avec-les-hordes-migrantes/). Et pourtant, la droite radicale ne progresse pas, comme c’est le cas dans de nombreux pays européens : le mouvement Aube Dorée est annoncé autour de 7%, plutôt en recul par rapport aux dernières élections européennes. Est-ce le souvenir de la dictature des colonels dans les années 70 ? Toujours est-il que le parti ne parvient pas en Grèce à capitaliser sur les difficultés économiques et sur la question des migrants.

En résumé, ces élections n’apporteront pas grand chose de nouveau. Mais elles poseront probablement les bases d’un changement politique beaucoup plus radical lors des élections législatives d’octobre 2019.

Le 22 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Les élections européennes vues d’Athènes”

  1. Hervé J. VOLTO mai 22, 2019 à 10:56 #

    Pour beaucoups d’Européens également (Pays nordiques surtout, mais aussi France Portugal, Espagne, pays Balte), l’appartenance à l’Union est hélas perçue comme indispensable (alors que nous pensons depuis longtemps que le « Brexit » aurait été une meilleure solution pour nous). Cependant Bruxelles est regardée comme la source de tous les maux économiques, le responsable principal de toutes les politiques d’austérité qui ont imposé les baisses répétées des salaires et des retraites.

    Penser la puissance implique d’abord une conscience de soi. Etre capable de se définir dans des frontières géographiques, culturelles. Les élites européennes sont farppées d’amnésie historique. Elles refusent de penser l’Europe en terme de civilisation, et de civilisation Chrétienne, puisque celà les obligerait à répondre aux questions brulantes d’indentité, d’immigration, de démographie, d’slamisation aussi, à contre-courant de leur projet européen construit comme un marché glbal. Pour elles, l’Union Européenne est un vaste ensemble économique et financier assis sur des frotunes anonymes et vagabondes nous voulant tous crétins et prostitués -et ce depuis la plus tendre enfance !- tous nés de père inconnus et mourrant tous célibataires !

    Nos élites européennes fantsment leur environnement plus qu’elles ne l’analysent.

    -L’Europe est l’idoit utile du village mondial (Goffroy Roux de Bézieux) !

  2. Hervé J. VOLTO mai 22, 2019 à 11:20 #

    Pour ne pas voir la France finir comme la Grèce…

    soyons encore plus nets : la SEULE liste susceptible d’avoir des élus dimanche prochain est celle qui est conduite par Jordan Bardella, le fils que l’on aurait voulu avoir et que notre épouse n’a pu nous doenner, ne pouvant avoir d’enfants. Si l’on fait le dégouté devant les thèses du RN, autant s’abstenir…

    Il y a bien une liste  » ALLIANCE ROYALE  » , c’est la seule qui pourrait représenter les vraies idées et valeurs des Français, mais elle est occultée par les médias. Il faut se rendre sur le site « Alliance Royale  » http://www.allianceroyale.fr/ et imprimer les bulletins de vote…

    • conseilesperanceduroi mai 22, 2019 à 11:30 #

      N’oubliez pas, cependant, que la n°2 sur la liste de l’Alliance royale n’est autre que Solange Heisdorf-Strimon, un cheval de Troie macroniste chez les royaliste. Préoccupant, non ?

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