Au bout de 60 ans de « construction européenne » c’est la déconstruction des vies humaines que nous avons en Europe.

23 Mai

C’est l’un des grands paradoxes de la campagne qui s’achève. La crise des « Gilets jaunes » et le « Grand débat » lancée dans la foulée ont remis la question sociale au cœur du débat public français, retardant les échanges sur le scrutin européen du 26 mai mais repoussant aussi aux calendes grecques la prise de conscience des conséquences catastrophiques de la crise migratoire. Cette situation arrange tout le monde. Les élites et le pouvoir politique qui peuvent éluder ainsi la terrible question du « Grand Remplacement« . Mais le vain peuple aussi qui, même s’il pressent que c’est déjà et que ce sera à coup sûr la cause future de tous ses maux, préfère s’en remettre à la providence…

Les programmes des trente-quatre listes, la plupart du temps très succincts, ont été présentés très tard. Permettant de dégager un consensus flou sur l’urgence de bâtir une Europe qui « protège plus ». Les partis de gauche s’entendent sur la nécessité d’instaurer un « smic européen », comme proposé par Emmanuel Macron. Mais au-delà, les lignes de fracture réapparaissent. Surtout, les débats restent, pour l’essentiel, dominés par l’affrontement entre le Rassemblement national (RN) et La République en marche (LRM), désireux de rejouer le malheureux match de la présidentielle de 2017. Et nous obligeant, par là-même, à revendiquer l’expression d’un « vote utile« , c’est-à-dire contre la liste de La République en Marche.

La France n’est pas la seule dans ce cas : partout dans l’Union européenne (UE), la campagne est dominée par les enjeux politiques nationaux. D’ailleurs, selon l’Eurobaromètre de mars (en Globish), les Européens estiment pourtant que la croissance (50 %) et la lutte contre le chômage des jeunes (47 %) auraient dû être discutées en priorité lors des débats, devant l’immigration (44 %). De même, ils jugent la protection sociale des Européens (35 %) plus importante que celle des frontières extérieures (24 %).

DÉCIDÉMENT, ILS N’ONT ENCORE RIEN COMPRIS A CE QUI LEUR ARRIVE ! ET MOINS ENCORE A CE QU’IL VA LEUR ARRIVER.

Et pour cause. Dans les vingt-huit pays membres, l’anxiété des classes moyennes croît face au risque de déclassement et à la précarisation. Brexit, vote populiste, « Gilets jaunes » : selon les Etats, ce ras-le-bol s’est manifesté sous différentes formes ces derniers mois.

Il impose un constat : derrière les chiffres encourageants du taux de chômage européen (6,4 % de la population active en mars 2019), au plus bas depuis 2000, selon Eurostat, d’importantes mutations sont à l’œuvre sur les marchés du travail. Et elles ont commencé bien avant la crise. « En Europe, comme dans les pays industrialisés, la précarité se développe aux marges et la qualité de certains emplois se dégrade », explique Stefano Scarpetta, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). C’est précisément ce que nous appelons la « déconstruction des vies humaines« .

Ainsi, dans l’UE, 11,2 % des 20-64 ans occupaient un contrat à durée déterminée (CDD) en 2018, contre 9,5 % en 2003, selon Eurostat. Les moins de 25 ans sont en première ligne : pour eux, la part des CDD a bondi de 34 % à 41 % sur la période, et elle atteint aujourd’hui des sommets en Espagne (67 %), au Portugal (61 %) et en Italie (57 %). Il aura fallu quinze ans pour aboutir à cette catastrophe…annoncée :

De Gaulle en 1965

Dans les pays du Sud, les réformes des marchés du travail pendant la récession ont augmenté la flexibilité des emplois. Sous l’effet conjugué de la mondialisation et du progrès technologique, le fossé se creuse partout entre les très qualifiés et les peu diplômés, plus exposés aux temps partiels et contrats courts.

S’ajoute à cela la hausse des inégalités. Longtemps plus protecteur que les Etats-Unis, le modèle social européen s’érode peu à peu. « Notamment à cause de la concurrence fiscale accrue entre les Etats, qui a miné la progressivité de l’impôt »,expliquent les économistes du Laboratoire sur les inégalités mondiales. Leurs derniers travaux montrent que les 1 % des Européens les plus riches ont vu leur revenu moyen croître deux fois plus vite que celui des 50 % les moins aisés depuis 1980.

Même en Allemagne, pourtant au plein-emploi, les inquiétudes sociales se réveillent. A Berlin, où louer son logement a longtemps été bon marché, le loyer au mètre carré a doublé depuis quinze ans. Le 6 avril, des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale, à Munich, à Cologne et à Francfort, pour dénoncer la spéculation immobilière et les difficultés de logement des classes moyennes.

A Athènes, à Lisbonne, l’envolée du tourisme et la fièvre Airbnb ont également fait flamber les prix, reléguant toujours plus de familles aux périphéries des villes. En Espagne, nombre de  jeunes actifs ont été contraints de retourner vivre chez leurs parents depuis la crise

En Italie, la coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (droite identitaire) a tenté de répondre aux angoisses face à la pauvreté, dans le sud du pays, en instaurant un « revenu citoyen », longtemps promis par le M5S ; il offre à ceux vivant sous le seuil de pauvreté une indemnité temporaire, conditionnée à la recherche d’un emploi.

Mais que fait l’UE peut-elle faire plus ? Rien bien sûr. Ne serait-ce que parce que les questions sociales ne relèvent pas des compétences communautaires. Mais, surtout, parce que ces problèmes ne s’inscrivent pas dans les préoccupations strictement mercantiles et mondialistes de ses dirigeants. Même si certains dossiers, comme l’instauration d’un congé parental minimum, ont malgré tout progressé à l’échelon européen.

Consciente des dommages engendrés par les politiques de rigueur pendant la crise (les pays dits « du sud » en savent quelque chose !), la Commission de Jean-Claude Juncker a fait adopter, fin 2017, un « socle européen des droits sociaux », défendant une vingtaine de droits fondamentaux, tels qu’une « éducation inclusive et de qualité » et un « salaire juste ». Mais tout cela ne mène pas bien loin et la laine continue d’être tondue sur le dos des citoyens européens.

Seulement voilà : la plupart du temps, les initiatives bruxelloises se heurtent aux intérêts nationaux tant l’utopie des vagues successives d’élargissement de l’UE a progressivement stérilisé ses moyens d’action . Les gouvernements d’Europe de l’Est sont généralement réticents aux textes trop protecteurs envers les salariés, comme l’ont montré les débats virulents sur la révision de la directive sur le travail détaché. Les Etats à la fiscalité légère, comme Malte ou l’Irlande, redoutent pour leur part que l’harmonisation sociale et fiscale sape leur compétitivité tant ces pays vivent du dumping social ! Quant aux pays nordiques, ils craignent que les projets communautaires nivellent par le bas leur généreux système de protection sociale.

Alors, suivez notre conseil avant de voter dimanche 26 mai : CHACUN CHEZ SOI ET LES VACHES SERONT BIEN GARDÉES.

Le 23 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

4 Réponses to “Au bout de 60 ans de « construction européenne » c’est la déconstruction des vies humaines que nous avons en Europe.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 23, 2019 à 10:15 #

    Les élites Françaises sont frappées d’amnésie historique. Elles refusent de penser l’Europe en terme de civilisation, et de civilisation Chrétienne, puisque celà les obligerait à répondre aux questions brulantes d’indentité, d’immigration, de démographie, d’islamisation aussi, à contre-courant de leur projet européen construit comme un marché global.

    Et à partir du moment où on a un Président qui reste sourd aux revendications des Gilets Jaunes, qui ne propose pas de réforme de justice dans un pays qui connaî un tel état d’ensauvagement et dans une société en proie à de telles défaillances pénales et carcérales, qui ne parle jamais, je dis bien JAMAIS, des questions identitaires, migratoires et de l’slam -et ce, alors même que son ancien Ministre de l’Intérieur a démissionné en expliquant que nous avancions vers une guerre civile- ce Président ne fait plus illusion: il n’est plus crédible. Un Président qui ne fait pas de ces sujets la priorité n’a rien compris aux défits que la France doit relever.

    Quand un spécialiste de l’opinion comme Jérome Fourquet écrit que 18% des nouveaux nés en 2018 ont un prénom arabo-musulamn, que par ailleurs nous basculons dans un mdoèle mutilculturel violent, que la radicalité islamique creuse son sillon dans de nombreux territoirres, des zones de non-droit en cesssion culturelle, ne pas parler de ces sujets est abérrant !

  2. Hervé J. VOLTO mai 23, 2019 à 10:24 #

    ENCORE UNE CHOSE !

    Ceux qui rêvent d’une grande alliance de parti entre la FRANCE INSOUMISE et LE RASSEMBLEMENT NATIONAL se trompent. Cette alliance nous semble d’autant moins possible que la Souveraineté de la France, dont se réclame timidementn Jean-Luc Mélanchon, n’est pas une fin en soi : la Souveraineté, c’est le moyen… la vision de la socité, c’est le but !

    Cra l’expérience historique et contemporraine montre que la quasi-toitalité des pays à majorité musulmannes sont des théocraties. L’islam y est religion d’Etat, la charia y régente la vie. Interrogeons-nous sur l’idée que nous nous faisons de la place de la femme dans nos sociétés, de l’idée que nous nous faisons de la liberté de conscience : quel va être le devenir de la France dans une société où l’islam peut pottentiellement devenir majoritaire ?

    Nous, Rotalistes,, nous ne voulons pas que la France devienne le nouveau Kosovo. Si nous sommes Royalistes, c’est parce que nous sommes Catholiques et Français. Et nous ne desespérons pas des incroyables resssources de notre Pays…

  3. Hervé J. VOLTO mai 23, 2019 à 11:00 #

    Si l’on veut défendre les classes populaires -oui, nous sommes solidaires pour les Gilets Jaunes !- on ne peut faire l’économie de s’adresser… à la classe moyenne et haute. Il faut RASSEMBLER autour d’une VISION COMMUNE que seul apporte le Royalisme et non faire de la politique catégorielle. Un vrai Royalisme tendra à mener un combat contre le mondialisme, afficher les racines Chrétiennes de la France, souTenir les patriotes au moment des élections mais être présents -s’il le faut et quand il le faut- dans la rue.

    Quand au progressisme, il s’agit d’un courant de pensée politique basé sur cette fascination anfantine pour l’avenir. Le progressisme considère, en prenant le cadre des progrès techniqwues, qu’il existe un progrès humain inélucatble, que toutes les générations à venir sont nécessairement meilleures que les générations passèes. Ce progressisme a donc une propension à mépriser le passé, à en faire table rase. Pour repredre la formule de Burke, c’est une frome de rationalisme intégral où rien n’existe en dehors de la pensèe humaine, d’où l’impossibilité d’intégrer la religion et la spiritualité -pourtant facteurs de progrès moral- avec une tendance à l’abstarcation contre le charnel, où l’on aime soumettre les rélaits à de grands rpincipes idéologiques.

    Oui ! Les européens, et plus particulièrement les français, N’ONT ENCORE RIEN COMPRIS A CE QUI LEUR ARRIVE ! ET MOINS ENCORE A CE QU’IL VA LEUR ARRIVER.

    Gérald Damartin n’a-t-il pas encore Réçamment dit, dans VALEURS ACTUELLES, que la France était une « idée » ?

    S’il na pas lu Charette, nous, si. Et le progressisme ressuscite la querelle des anciens et des modesnes, et nous lui opposerons, non pas le populisme, mais le concervatisme. Nous, Royalistes Français, nous n’avons pas de problème avec ce terme de CONCERVATISME. Il représente une disposition d’esprit. Nous sommes concervateurs dans notre façon de voir le monfde, car nous croyons au bienfait de CONCERVER ce qu nos pères ont aimé avant nous, patiamment construit de beau, de juste et fde vrai. la transmission, c’est le véritable secret de l’émancipation. Pour dépasser, il faut d’abord recevoir. Et ce qui fut reçut doit être transmis.

    En France, le concervatisme semblait mort et enterré avec le Comte de Chambord. Il s’est largement reconstruit dans la Contrerévolution, intrinsèquement lié au Catholicisme Français, de tradition. Aujourd’hui, un concervatisme Français émerge de nouveaux après de tant de décennies avec la résurgence du Royalisme Français.

    Il faut donc au vrai Royaliste, REDISONS-LE, mener SANS RELACHE un combat contre le mondialisme, afficher ET DEFENDRE les racines Chrétiennes de la France, soutenir les patriotes au moment des élections… mais être présents -s’il le faut et quand il le faut- dans la rue !

  4. Hervé J. VOLTO mai 23, 2019 à 11:15 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    dans les difficultès que nous éprouvons pour recomposer le payasage politique Français, le focntionnement intitutionnel de la République et les modes de scrutin ont une part de rsponsabilité. Ils ont longtemps favorisé les deux grands partis, de droite et de gauche, la droite molle et la gauche caviar, aujourd’hui complètement délégitimisés. Ils ont rendu invisible la France des Gilets Jaunes en marginalisant dans les assemblèes les partis pour les quels ils votaiuent, en ignorant le vote blanc, en assurant une continuité idéologique dans le mode de gouvrenement depuis des décennies.

    Deux gros bòlocs ont emmegé : celui de l’extrême centre macronien, composé de la « doite de la gauche caviar » et de la « gauche de cette droite molle qui roule en diesel et fume des colpes », ainsi que le bloc populsite, de droite et de gauche. Deux blocs inadaptés à notre géni Français et qui entrênent une situation de blocage. En disant que la démocratie ne peut se construire le samedi après-midi, Emmanuel Macron ne se rend pas compte qu’il braque encore plus les Franòais, les varis, qu’il porte la France à la révolte, que cette révolte peut porter à la révolution (Contrerévolution ?), voire à la guerre civile.

    L’affaire Benala, c’était plutot une affaire de morale que de compétance. L’incompétance s’est révélé avec la crise des Gilets jaunes : perdre pied comme celà, en étant incapable d’entendre, de comprendre, ce qu’il advenait…

    Je le redis : à partir du moment où on a un Président qui reste sourd aux revendications des Gilets Jaunes, qui ne propose pas de réforme de justice dans un pays qui connaît un tel état d’ensauvagement et dans une société en proie à de telles défaillances pénales et carcérales, qui ne parle jamais, je dis bien JAMAIS, des questions identitaires, migratoires et de l’slam -et ce, alors même que son ancien Ministre de l’Intérieur a démissionné en expliquant que nous avancions vers une guerre civile- ce Président ne fait plus illusion : il n’est plus crédible.

    Un Président qui ne fait pas de ces sujets la priorité n’a rien compris aux défits que la France doit relever…

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