Quand on veut, on peut (suite).

23 Mai

Nous ne cessons de l’affirmer : si les gouvernements des pays de l’Union européenne et l’Union elle-même en avaient la volonté et le courage, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de problème d’immigration illégale sur notre continent. Souvenez-vous d’ailleurs combien nous avions soutenu les efforts de l’Espagne lorsque ses gouvernements de droite défendaient bec et ongles ses enclaves territoriales au Maroc (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/09/03/bulletin-climatique-quotidien-3-septembre-2015-de-la-republique-francaise/). Souvenez-vous aussi de notre approbation des mesures prises courageusement par l’Australie pour empêcher l’arrivée de migrants lancés à l’assaut de ses côtes (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/09/25/migrants-laustralie-persiste-et-signe/):

Et voilà maintenant que se prépare, en Italie, le nouveau « décret sécurité » présenté jeudi 22 mai en conseil des ministres par le ministre de l’intérieur Matteo Salvini et retardé jusque-là par diverses « réserves » exprimées par le président de la République, Sergio Mattarella, sur plusieurs passages du texte. Quoi de moins étonnant de la part d’un chef de l’Etat italien qui n’a jamais véritablement accepté l’arrivée au pouvoir de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles.

Il y a quelques jours déjà, le haut-commissariat des Nations unies pour les droits humains s’était permis d’envoyer au gouvernement italien un exposé des raisons pour lesquelles ce projet emblématique « instaurait un climat d’hostilité et de xénophobie », et était potentiellement porteur de « violations des droits humains ». Mais il y a longtemps que Matteo Salvini se soucie comme d’une guigne de l’opinion des droit-de-l’hommistes sur un sujet aussi grave et crucial que l’arrivée des hordes migrantes sur le sol européen.

Depuis un an qu’il s’est formé, le gouvernement Conte évolue certes au rythme d’un équilibre difficile  entre ses deux composantes, scandé de crises parfois complexes avec la présidence de la République. Mais il avance et la plupart de ses projets parviennent à exécution.

Ces difficultés ne doivent cependant pas masquer une autre réalité : peu à peu, des digues sautent, des changements s’installent. Ainsi, la deuxième version du décret sécurité contient plusieurs mesures, dont chacune d’entre elles aurait provoqué une tempête nationale, voici encore un an.

Son premier objectif est de rendre pratiquement impossible la moindre opération de sauvetage en mer Méditerranée, alors même que les accords avec la Libye ont conduit à une baisse spectaculaire du nombre de départs de bateaux de migrants, que l’opération européenne « Sophia » a été quasiment démantelée fin mars et que les navires humanitaires ont disparu du Canal de Sicile. Bravo Matteo !

Evoquant un état d’« extraordinaire nécessité », le texte prévoit de lourdes sanctions contre tout navire ne respectant pas les instructions des « autorités responsables » (autrement dit se livrant au transport de migrants). L’amende fixée pour tout contrevenant se veut dissuasive : elle irait de 3 500 à 5 500 euros par personne secourue. D’autres sanctions sont prévues, pouvant aller jusqu’au retrait de la licence de pêche des navires.

Le texte prévoit aussi que soit réécrit le droit maritime italien, de façon à ce qu’il soit possible de « limiter le transit ou l’arrêt » d’un navire croisant dans les eaux territoriales « pour des raisons d’ordre ou de sécurité publique ». Cette décision relèverait du ministère de l’intérieur et non plus des transports, cantonné aux questions de respect de la sécurité et de l’environnement.

Pour faire bonne mesure, le décret contient un ample chapitre rassemblant des mesures d’ordre public (augmentation des moyens des forces de police, alourdissement des peines encourues lors de débordements en marge de manifestations), mais celles-ci ne sont que des compléments au premier décret sécurité voté à l’automne 2018, qui avait marqué le début du tour de vis sécuritaire.

Certes, les migrants étaient déjà les premiers visés dans ce texte – abolition de la protection humanitaire, démantèlement partiel des petits centres d’accueil, qui ne peuvent plus accueillir que les mineurs – mais le décret avait également d’autres ambitions, par exemple celle de faciliter les expulsions des locaux occupés sans titres.

L’ensemble de ce nouveau dispositif sécuritaire, qui porte tout entier la marque de Matteo Salvini, désigne bien le migrant clandestin comme le principal danger pour la cohésion de la société, mais les changements ne s’arrêtent pas aux divers décrets sécurité.

L’autre axe de sa politique, toujours mis en avant lors de ses réunions de campagne, est la défense inconditionnelle de la propriété privée. Ainsi le ministre de l’intérieur a-t-il insisté, ces derniers mois, pour faire passer une loi élargissant le champ d’application de la légitime défense, au nom du principe que « la défense est toujours légitime », et facilitant l’acquisition d’armes à feu.

Les diverses versions du décret sécurité visant tout particulièrement les squats, « centres sociaux » et autres occupants sans titres d’immeubles, doivent être compris dans ce contexte. 

Bref, sans tambour ni trompette, Matteo Salvini parvient progressivement à atteindre l’objectif pour lequel il a été élu : mettre un terme définitif à l’invasion migratoire de son pays et renvoyer chez eux tous ceux qui, sans droit d’asile, s’arrogent celui d’y rester.

En Italie, le bon temps de l’accueil laxiste de la misère du monde est fini. Ce qui démontre à ceux qui refusent d’y croire que QUAND ON VEUT, ON PEUT.

LE 23 MAI 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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