En Grèce, l’évolution n’est pas meilleure qu’en France.

28 Mai

Souvenez-vous de la campagne présidentielle de 2016-2017 dans notre pays et de ce que nous affirmions alors :

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Nous y sommes depuis déjà quelques mois sauf que le principal intéressé n’a pas l’air décidé à débarrasser le plancher avant la prochaine échéance présidentielle.

Eh bien, ce n’est pas mieux en Grèce où le Premier ministre, Alexis Tsipras, a été élu lui aussi sur des boniments, en janvier 2015 avant de retourner sa veste et de rouler dans la farine tous ceux qui lui avaient fait confiance. Le résultat a un peu tardé, comme il tarde chez nous, mais il semble bien que la politique de M. Tsipras va finir par être sanctionnée par les électeurs grecs. C’est d’ailleurs ce que nous avions laissé entendre en début d’année (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/16/les-jours-du-premier-ministre-grec-alexis-tsipras-semblent-desormais-comptes/  et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/26/alexis-tsipras-a-sans-doute-mange-son-pain-blanc/).

Dimanche 26 mai avaient lieu les élections européennes (comme chez nous). Mais au soir des résultats et face à son sévère échec, le Premier ministre grec annonçait des élections législatives anticipées, qui pourraient être organisées le 30 juin : « Les résultats de ce soir ne correspondent pas à nos attentes. Immédiatement après le second tour des régionales [le 2 juin], je demanderai au président de la République de convoquer des élections législatives. »

Syriza (gauche radicale) n’a obtenu que 23, 8 % des voix aux européennes, devancé de près de neuf points par le parti conservateur, Nouvelle Démocratie, qui obtient 33,3 % des voix. Dans dix des treize régions grecques, le parti conservateur arrive en tête face à Syriza. A Athènes, Kostas Bakoyannis, le neveu du leader de Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, a pris une avance importante sur ses adversaires avec 42,8 % des voix au premier tour. A Thessalonique, deuxième ville du pays, les conservateurs se disputent également la mairie.

Alexis Tsipras voulait limiter les dégâts et pensait pouvoir éviter une défaite de plus de cinq points d’écart face à l’opposition de droite. Il avait mené sa campagne « contre l’extrême droite » (l’habituel épouvantail des eurolâtres) mais aussi « pour un front progressiste » (à la manière d’Emmanuel Macron). Il avait tenté de persuader les Grecs que la crise était terminée et que la situation économique s’améliorait. En février, son gouvernement avait augmenté le salaire minimum de 11 % et signé le retour des conventions collectives dans plusieurs branches. Mais depuis des mois, la popularité d’Alexis Tsipras baissait dans les sondages. Les analystes et les médias grecs pariaient sur des élections législatives anticipées, alors qu’elles étaient initialement prévues en octobre. Pari gagné.

Alexis Tsipras avait réussi à résister aux manifestations hostiles à l’accord de Prespa sur la Macédoine du Nord (voir notre article ci-dessus du 26 janvier 2019), signé en juin 2018, et au départ de son allié gouvernemental, le parti nationaliste des Grecs indépendants, en janvier.

A seulement quelques jours du scrutin, il avait annoncé une série de mesures d’allégement fiscal et d’aides sociales pour reconquérir son électorat déçu et épuisé par dix années d’une terrible austérité : baisse de la TVA sur les produits alimentaires, la restauration et l’électricité, aide pour les retraites les plus basses. Mais les électeurs n’ont pas répondu à cet appel : 60 % des personnes interrogées avant le scrutin par l’institut Marc pensaient que ces annonces n’allaient pas orienter leur vote.

Acclamé par les militants tenant des drapeaux grecs, peu avant les déclarations d’Alexis Tsipras, le chef de Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis, affichait un large sourire : « La Grèce a envoyé un message clair. Les citoyens demandent un changement politique. La Grèce a besoin d’un nouveau gouvernement. » Kyriakos Mitsotakis – fils de Constantin Mitsotakis, premier ministre de 1990 à 1993, et frère de Dora Bakoyannis, ancienne ministre des affaires étrangères – devance de plus de cinq points Alexis Tsipras dans les sondages pour les législatives. Avec ce score, M. Mitsotakis peut espérer devenir le prochain Premier ministre et renvoyer cet adepte des préceptes de Chantal Mouffe (Lire « La pasionaria des gauches extrêmes » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/12/29/bulletin-climatique-quotidien-29-decembre-2016-de-la-republique-francaise/ ) à ses chères études marxistes.

Le mois de juin en Grèce sera, n’en doutons pas, agité. Nous y serons peu après et ne manquerons pas de vous livrer quelques nouveaux Billets d’Argolide.

Seigneurs d’Argolide

Le 28 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “En Grèce, l’évolution n’est pas meilleure qu’en France.”

  1. nazratat mai 28, 2019 à 2:54 #

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