L’implosion annoncée des Républicains est bien là.

28 Mai

Il y a cinq ans déjà que nous avions annoncé dans les termes suivants la fin prochaine de l’UMP, devenue Les Républicains (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/07/19/bulletin-climatique-du-week-end-1920-juillet-2014-de-la-republique-francaise/):

 » La Ve République a ainsi connu l’UNR, l’UDR, le RPR et l’UMP, qui, de l’Union pour la majorité présidentielle est rapidement devenue l’Union pour un mouvement populaire, ce qui, évidemment, ne mange pas de pain. Les deux premiers partis ont servi De Gaulle et Pompidou, les deux suivants Chirac et Sarkozy. Mais les temps changent. Car l’UMP se trouve confrontée aujourd’hui à son obsolescence, fruit de ses multiples abandons et de sa lâcheté politiques. Abandon de l’indépendance nationale au profit d’une Europe supranationale et atlantiste, abandon d’une politique économique et sociale cohérente au profit de la fortune anonyme et vagabonde, lâcheté devant le politiquement correct qui, sur le plan des mœurs, de l’immigration, de l’antiracisme, de la repentance ou de l’identité nationale, a fait de la droite le clone honteux de la gauche.  

Bref, ayant trahi tout ce qui la distinguait de la gauche, la droite parlementaire n’a plus rien pour justifier son existence. Il n’est pas certain, toutefois, que les Français soient encore suffisamment mûrs pour jeter le bébé avec l’eau du bain. Dommage car, pour une fois, ce serait pleinement justifié !  « 

Moins de deux ans plus tard, lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2017, nous remettions une petite couche qui ne laissait pas de doute sur une fin prochaine desdits Républicains (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/04/26/bulletin-climatique-quotidien-26-avril-2017-de-la-republique-francaise/).

Aujourd’hui, après l’élection des représentants français au Parlement européen, dimanche 26 mai, nous y sommes et le score électoral du parti de la fausse droite prétendument « de gouvernement » est si calamiteux que des soins palliatifs ne pourraient être considérés que comme…de l’acharnement thérapeutique !

Nous de pleurerons pas tous ces renégats et autres acteurs de forfaitures (souvenez-vous par exemple du référendum de mai 2005 et de ses suites…).

Or, à quoi avons-nous assisté dimanche soir au siège parisien des Républicains (LR), rue de Vaugirard (15e arrondissement) ? Les résultats s’affichèrent, puis plus rien. Le silence. L’incompréhension. Un « Oh là là là » fusèrent parmi les rangs des militants venus assister à la soirée électorale des européennes puis ce fut la sidération. Celle de toute une famille politique qui avait tant cru que l’on pouvait mentir, mentir encore, mentir toujours sans un jour devoir le payer !

La mine déconfite, ils n’en croyaient pas leurs yeux ; le chiffre, sur l’écran, est catastrophique : la liste de leur fausse droite n’a récolté que 8,3 % des voix, selon les premières estimations (8,5 % selon les chiffres définitifs) et se place en quatrième position derrière Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Une plongée inédite dans les limbes de la politique française pour une formation qui l’a longtemps dominée.

Jusqu’au bout, les militants ont pourtant cru pouvoir faire mentir les sondages qui les plaçaient à environ 13 %. Aller encore plus haut pour prouver que la famille LR pouvait incarner une alternative, être un parti capable, une fois reconstruit, de gouverner de nouveau. Mais il n’en fut rien.

Les salles bien remplies des meetings et le « ressenti favorable » qu’avaient eu nombre d’élus sur le terrain les auront trompés jusqu’au bout sur le véritable poids politique de LR. Idem pour l’adhésion soulevée par François-Xavier Bellamy, le jeune philosophe conservateur, tête de liste inattendue qui n’aura pas apporté le vent de nouveauté tant espéré. Seulement quelques onguents palliatifs…

Loin d’avoir remonté la pente après une élection présidentielle qui l’avait laissé exsangue malgré les 20 % de François Fillon au premier tour, le parti de droite apparaît aujourd’hui plus en danger que jamais. « Ce n’est pas une remontada, c’est un toboggan… », glissait, effaré, un cadre, dimanche soir. « Le score est catastrophique, c’est d’autant plus regrettable que nous avons fait une bonne campagne. Nous avons été, comme d’autres partis, victimes de ce duel entre LRM [La République en marche] et le RN [Rassemblement national], mais aujourd’hui il nous faut un électrochoc », commente pour sa part Julien Aubert, député de Vaucluse.

Désireux d’atténuer la responsabilité directe de leur parti et de ses membres dans cette bérézina, nombreux sont ceux qui se disent avant tout victimes du « double vote utile et de cette tentative de bipolarisation de la vie politique française », comme le fait remarquer Damien Abad, député de l’Ain. Mais, une fois la rhétorique antimacroniste passée, tous le reconnaissent : il y a péril en la demeure pour LR, qui risque purement et simplement de disparaître. Comme les socialistes.

Et, pour LR, la meilleure façon d’accélérer dans ce sens c’est de croire que la formation emmenée par Laurent Wauquiez a un problème bien identifié depuis dimanche soir, celui de la ligne. Une vision trop droitière « désavouée », trop conservatrice, trop concentrée sur une frange réduite de son électorat : voilà les critiques qui fusaient, quelques minutes à peine après la publication des résultats, à l’encontre du corpus idéologique souhaité par Laurent Wauquiez.

« Le discours de Wauquiez aura permis de sauver le socle, mais sans élargir », regrette ainsi un élu. « C’est une déroute qui s’explique par une ligne étriquée, celle d’une vieille droite qui n’a pas d’avenir et qui s’enferme dans une caricature d’elle-même, notamment sur les questions de société », lâche un autre, amer.

La réalité, c’est qu’il y a deux visages au sein de LR. Comme Janus. Il y a le groupe majoritaire que nous appelions à l’époque l’

Que d’autres prétendaient n’être que l’ ALTERNANCE POLITIQUE. Alors qu’en fait il ne s’agissait que de la forme dévoyée de ce que dénonçaient déjà les caricaturistes du XIXe siècle :

« Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné« .

La fausse droite urbaine, celle des métropoles, des centres commerciaux, du cosmopolitisme et des aéroports internationaux. Celle qui se moque comme de l’an quarante de polluer les airs avec le kérosène de ses avions pourvu qu’elle puisse aller dépenser l’ISF qu’elle ne paie plus chez les pauvres du monde entier. Celle qui s’accommodait fort bien de

Et puis il y a ceux qui ont des racines et d’autres valeurs que celles de l’argent. Ceux des villes petites ou moyennes et des campagnes. Ceux qui pensent à droite mais qui en avaient encore honte il y a peu (tant on leur a dit qu’ils adhéraient ainsi aux « heures les plus sombres de notre histoire« ) et ne se sont d’ailleurs pas relevés d’avoir cru pouvoir soutenir, en 2016, la candidature de François Fillon.

Les premiers n’ont plus rien à faire au sein de LR, depuis l’émergence d’Emmanuel Macron et de sa République en Marche. Ils les ont donc rejoints. Les seconds n’ont plus rien à y faire non plus et rejoignent  le Rassemblement national…Le résultat est donc arithmétiquement simple : Les républicains ne sont plus qu’une coquille vide.

Intervenu quelques minutes après la publication des résultats, le patron du parti, Laurent Wauquiez, ne semble en tout cas pas vouloir lâcher la barre du vaisseau LR de sitôt. « Nous avons trois ans pour faire naître de l’espoir », a-t-il déclaré. « C’est trop tôt pour tirer les conclusions, rien ne doit être décidé dans l’urgence, mais rien ne doit être éludé non plus », tente de tempérer l’eurodéputé sortant Brice Hortefeux.

« Quand on fait un score aussi catastrophique, on n’attend pas que les autres vous poussent dehors, on démissionne », répond un élu furieux contre le président de son parti. D’autant, rappelle-t-il, que les municipales se profilent, et que, pour survivre, LR doit garder un maillage serré d’élus locaux – aujourd’hui plus inquiets que jamais. « Si on ne fait rien, avec ce score, on va avoir une flopée de candidats sans étiquette qui vont jouer le tout local, et très peu d’élus LR », craint un député.

Ceux qui avaient misé sur François-Xavier Bellamy, la tête de liste LR aux élections européennes, en sont en tout cas pour leur argent. Si beaucoup souhaitaient, avant la défaite, le voir intégrer le haut commandement du parti, peu chantaient ses louanges dimanche soir. « Finalement, il va prendre du recul à Strasbourg et ce sera bien comme ça », conclut un cadre. La bataille interne pour une illusoire reconstruction se fera sans lui.

Et c’est tant mieux pour cet honnête homme.

Le 28 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “L’implosion annoncée des Républicains est bien là.”

  1. Hervé J. VOLTO mai 28, 2019 à 11:19 #

    Dans l’attente, Jordan Bardella est la révélation du Rassemblement National.

    Jordan Bardella est, à ce jour celui qui suscite la plus grande curiosité. Ce benjamin de la classe politique (il a seulement 23 ans) a, depuis sa désignation à la tête de la liste du Rassemblement national pour les européennes, montré qu’il n’était pas un simple produit de la com, qui gagne toute la classe politique. Très bien informé des questions débattues durant cette campagne, doué d’une assez grande facilité d’élocution et d’une grande capacité argumentative, il est la révélation de cette compétition électorale. Au risque d’exagérer, on peut affirmer qu’il représente l’espoir de la réunification du peuple français. Né en Seine-saint-Denis -le tristement célèbre « 9.3 » !- issu d’une très modeste famille d’origine italienne, ayant passé sa jeunesse dans une cité HLM exposée aux incivilités, à la délinquance et à la violence en même temps qu’abreuvée de propagande communiste, il a pourtant fait le choix de ne pas céder à la pente naturelle de l’engagement à gauche. Au contraire, dès l’adolescence, il voit l’espoir du changement dans le camp adverse. Dès 2013, à peine âgé de 18 ans, il prend la direction du FNJ de son département, et, en 2015, à moins de 20 ans, il se voit élu conseiller régional d’Île-de-France.

    Il connaîtra pourtant la défaite aux départementales de 2015 et aux législatives de 2017.

    Très actif, il trouve encore le temps de lire et de s’instruire, puisant certaines de ses idées dans l’œuvre de Christophe Guilluy, le géographe des milieux péri-urbains qui critique les effets de la mondialisation sur les classes populaires. À ses yeux, la solution aux difficultés des plus pauvres ne réside pas dans une surenchère socialiste et révolutionnaire telle que la pratique l’extrême gauche, mais dans une critique raisonnée de la mondialisation. Ce qui l’amène à une critique de la politique monétaire de la BCE, et à demander la réorientation de la politique économique européenne dans la sens de la lutte contre le chômage et la maîtrise par les États de leur pleine souveraineté en matière de défense de leur industrie et de leur action sociale.

    Son modèle est Matteo Salvini.

    Il le loue d’avoir contesté la politique migratoire européenne, les directives économiques de Bruxelles, et d’avoir remis en cause le CETA. Pour autant, il ne donne pas dans les rodomontades du chef de la Ligue du Nord. Il s’inscrit dans le sillage de la politique d’ouverture de Marine Le Pen, sans servilité, et il conteste la politique du président de la République sur la base de critiques pertinentes et précises. Affirmant représenter, au RN, « la fibre sociale », revendiquant la modestie de son origine familiale, il ne donne pas, pour autant dans un populisme grossièrement populacier, et il montre, de par ses déclarations émues sur la tragédie de l’incendie de Notre-Dame, et le passé millénaire de la France, que, pour lui, la défense de l’identité de notre nation ne se confond pas avec une franchouillardise de comptoir.

  2. gilbert thizy mai 30, 2019 à 5:14 #

    tres bien, a lire

    resume bien la situation

    cordialement

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