Les Britanniques ont compris que l’UE n’est pas l’avenir.

29 Mai

Depuis les élections des représentants au Parlement européen de dimanche dernier, nous avons entamé une réflexion sur les résultats obtenus dans différents pays par les chefs de file de divers partis afin de montrer à la fois les différences d’approche des questions européennes mais aussi les réponses que peuvent y apporter les uns et les autres. Comme vous vous en doutez, la France n’est pas dans le peloton de tête des meilleures solutions !

Attachons-nous aujourd’hui à dire quelques mots de ce qui se passe au Royaume-Uni, ce qui ne manque pas de sel si l’on sait qu’il a la ferme intention de quitter avant longtemps l’Union européenne (UE).

D’ailleurs, le point le plus important et le plus intéressant de cette affaire britannique réside dans le fait que le Brexit Party, le nouveau parti créé par le député européen Nigel Farage, a remporté aisément cette élection. En effet, et cela ne vous a pas échappé, tous nos médias officiels autant que nos élites politico-culturelles n’ont eu de cesse, depuis le référendum britannique sur la sortie de l’UE, en juin 2016, d’annoncer que les pires catastrophes s’abattraient sur les sujets de Sa Gracieuse Majesté s’ils quittaient le nid douillet de…cette association de malfaiteurs ! Et pourtant, ils persistent et signent. A croire qu’il ne s’agit que d’un ramassis de masochistes.

Selon l’agrégateur de sondages Britain Elects, le Brexit Party  a recueilli 31,6 % des votes. Il est en effet parvenu à attirer la quasi-intégralité des votes pro-Brexit dur. Si le Royaume-Uni a voté jeudi, avant la démission de la cheffe conservatrice et Première ministre Theresa May, les résultats n’ont été annoncés que dimanche soir pour ne pas influer sur les votes dans les autres pays européens.

Face à lui, les trois partis favorables à la tenue d’un second référendum (les libéraux-démocrates, les Verts et Change UK) se sont présentés en ordre dispersé. Professeur de politiques européennes à King’s College London, Anand Menon n’y voit pas un inconvénient. « En faisant liste commune, les trois partis auraient remporté plus de sièges. En restant divisés, ils offrent plus de choix aux partisans d’un second référendum : si quelqu’un refuse de voter pour les Verts, il peut se retourner vers l’une des deux autres listes, sans quoi son vote aurait été perdu. Or, c’est le nombre de voix cumulées des trois partis qui sera observé face à celui du Brexit Party et de l’Ukip pour analyser les forces en présence, pas le nombre d’élus. »

Certaines localités ont publié leur taux de participation dès vendredi. En 2014, seuls 35,6 % des électeurs avaient voté. « Celui-ci est en hausse de 2 % », explique sur son blog John Curtice, professeur de sciences politiques à l’université de Strathclyde, en Ecosse. « L’analyse des chiffres est compliquée – en raison d’élections locales partielles simultanées au scrutin européen en 2014 et à d’autres ici il y a trois semaines – mais cette hausse semble bénéficier aux partis les plus populaires auprès des électeurs partisans d’un maintien dans l’UE. » Ces derniers se sont donc visiblement plus rendus aux urnes que les partisans d’une rupture radicale avec les Vingt-Sept. Ils obtiendraient ainsi un résultat cumulé proche de celui des deux formations soutenues par les Brexiters radicaux.

Le Parti conservateur et le Parti travailliste ont rassemblé moins d’un tiers des votes. C’est une première historique dans le cadre d’une élection nationale. Les électeurs semblent vouloir les punir respectivement pour ne pas avoir concrétisé le Brexit et pour ne pas présenter de ligne claire sur le Brexit. Le responsable de la politique économique du Labour, John McDonnell, qui avait prévenu dimanche matin que « nous nous prendrons probablement une bonne raclée ce soir », a pourtant défendu la ligne de son parti. « Cela aurait été facile de suivre un camp, celui des partisans d’un maintien dans l’UE, et d’ignorer tous ceux qui ont voté pour sortir. Mais ce n’est pas la nature de notre parti. Nous sommes le parti qui essaie de rassembler les gens. Donc, forcément, cela s’est révélé difficile pour nous lors de cette élection. » Et ça l’a été.

Selon Britain Elects, le Labour arrive en deuxième position avec 19,1 % des votes après avoir recueilli 24,4 % des votes en 2014. Il devance donc les libéraux-démocrates (18,9 %) et ne part visiblement pas à la dérive comme les conservateurs : ceux-ci recueillent 12,4 % des votes contre 23,1 % il y a cinq ans. Mais les atermoiements des ministres et des députés tories pendant que la malheureuse Theresa May se démenait comme une diablesse, leur ont coûté très cher auprès de l’opinion publique.

Résultat : grâce au retard apporté au Brexit, la majorité des Britanniques a pu exprimer sa farouche volonté de quitter l’UE. Voilà qui devait être dit et qui sera fait.

Hélas, les Français attendront encore longtemps leur délivrance.

Le 29 mai 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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