Chiche !

4 Juin

On nous dit, au château, qu’Emmanuel Macron réfléchit à la meilleure méthode qui lui permettrait d’offrir en cadeau d’anniversaire (pour les soixante ans de son indépendance) à la République malgache une ou plusieurs de nos dépendances insulaires du canal du Mozambique ou de l’Océan Indien, appartenant à notre archipel des Iles Eparses (Europa, Bassas da India, Juan da Nova, Glorieuses et Tromelin) mais situées dans les parages de la grande île de Madagascar.


Les îles Eparses sont un petit archipel constitué de cinq îlots principaux, non habités. Elles sont revendiquées par Madagascar depuis 1973. Elles couvrent une surface de 53 km².

Les présidents malgache Andry Rajoelina (en visite à Paris) et français Emmanuel Macron sont convenus de reprendre les discussions sur le statut de ces îles Eparses. Les deux dirigeants ont décidé de traiter cette question dans un cadre bilatéral, par la mise en place d’une commission mixte, afin d’aboutir à une solution consensuelle d’ici juin 2020, date du 60e anniversaire de l’indépendance de Madagascar.

« Je demande solennellement et officiellement à M. le président de trouver une solution pour la gestion ou la restitution des îles Eparses à Madagascar, au nom des 25 millions de Malgaches, parce que je connais vos engagements », a déclaré le président malgache à son homologue français lors d’un point-presse commun. « Le peuple malgache porte encore en lui quelques séquelles de l’Histoire (…). Nous devons retrouver notre fierté nationale, mais il y a encore une réalité qui nous fait mal. Pour le peuple malgache, l’appartenance des îles Eparses est une question d’identité nationale », a-t-il ajouté. « Il faut trouver une solution, aller de l’avant. Les choses qui n’ont pas été faites depuis 1896 devraient être rétablies », a ajouté Andry Rajoelina.

« Ma volonté est que nous ayons un dialogue pour aboutir à une solution commune« , a répondu Emmanuel Macron.

CHICHE !

Même si le sujet est plutôt méconnu en France, les réticences dans l’Hexagone sont toujours fortes à l’idée de céder quelque territoire que ce soit. Dans un dossier similaire, l’accord de cogestion de l’île Tromelin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Île_Tromelin) avec Maurice, qui date de 2010, est toujours bloqué à l’Assemblée nationale…

Dans le même ordre d’idée, un autre conflit territorial post-colonial touche l’océan Indien. La Grande-Bretagne vient en effet d’être sommée par l’ONU, en mai 2019, de rendre à l’île Maurice l’archipel des Chagos (https://fr.wikipedia.org/wiki/Archipel_des_Chagos). Cet archipel est au cœur d’un litige international depuis 1965, quand Londres en a chassé les habitants pour installer une base militaire américaine.

Or ces îles Eparses offrent l’indéniable avantage d’être un port d’attache justifiant la présence de la France et de ses armées dans la région, à savoir le Canal du Mozambique et l’ouest de l’océan Indien. De plus, même si pour le moment rien n’y a été trouvé, la découverte d’immenses réserves de gaz naturel au large du Mozambique voisin alimente les convoitises du grand capital. Mais ces îlots très préservés et inhabités sont un sanctuaire à la fois terrestre et marin, offrant une diversité de faune et de flore inégalable. La perspective d’éventuels forages à la recherche d’hydrocarbures affole donc les écologistes, devenus les nouveaux amis de circonstance du président de la République.

Mangrove sur l\'île Europe, des îles Eparses  
 

Après avoir été rattachées à Madagascar, alors île française, en 1896 elles en furent disjointes à l’indépendance de la Grande Île en 1960. A partir de 1973, Madagascar revendique les îles Eparses sans relâche, au point que la France y installe quelques dizaines de miltaires.

Mais, à nos yeux, l’intérêt majeur de cette réflexion est ailleurs. Regardez bien la carte ci-dessous:

Que voyez-vous entre Juan da Nova et les Glorieuses ? 

MAYOTTE !

Alors, prenons au mot Emmanuel Macron. S’il accepte le principe de la restitution de seulement l’une de nos possessions de l’archipel des Eparses il doit être capable d’accepter avec la même facilité la restitution de Mayotte à la République des Comores qui réclame ce rocher depuis 1975 !

Cette décision de bon sens mais, surtout, de salubrité publique et de sauvegarde nationale ne manquerait pas d’être versée à son crédit…

Et, après tout, ce ne serait qu’un coup de pied de l’âne sur les dépouilles de Nicolas Sarkozy* et des Républicains.

Le 4 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire, entre autres :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/04/25/mayotte-pourquoi-faut-il-que-nos-gouvernements-fassent-toujours-le-contraire-de-ce-qui-serait-le-meilleur-pour-la-france/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/02/08/et-cerise-sur-le-gateau-la-demographie-a-mayotte/

Une Réponse to “Chiche !”

  1. Paul-Emic juin 4, 2019 à 9:09 #

    je suis d’accord avec vous, il faut élaguer l’arbre ! Ces possessions sont les scories de l’empire colonial français qui a vécu, qu’on s’en satisfasse ou pas. A l’époque du tout économique que l’on nous impose, la moindre des choses serait d’établir le coût de ces possessions et de ne pas hésiter à satisfaire nos anciens colonisés, même s’il n’y ont souvent aucun droit historique, je dirais même qu’il ne faudrait pas hésiter à devancer leurs demandes.

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