La fracture territoriale en France (suite).

5 Juin

Nous avons montré hier l’importance et la gravité de la fracture territoriale dont notre pays est l’objet et telle qu’elle est apparue de façon brutale, au décours des dernières élections européennes. Nous insistions sur ses aspects sociologique et politique, exprimés dans les urnes dimanche 26 mai (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/04/france-la-fracture-territoriale-saggrave/).

Nous vous proposons aujourd’hui une approche davantage économique, centrée sur la région parisienne. Vous allez pouvoir mesurer l’ampleur des illusions et des impostures républicaines autant que l’amnésie des responsables politiques actuels qui ont oublié tous les signes avant-coureurs de la révolte qui finit par éclater en 1789.

Deux mondes y coexistent, à des années-lumière l’un de l’autre, en ne cessant de s’éloigner.

C’est ce que montre une édifiante étude publiée lundi 3 juin par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU), un organisme qui dépend de la région Ile-de-France. En partant de statistiques sur les revenus, les logements, les types de ménages, etc., elle souligne combien les inégalités se sont creusées depuis une quinzaine d’années dans la région parisienne.

Inégalités entre individus, mais aussi entre départements, communes et quartiers : malgré tous les efforts, les prétendues « politiques de la ville » les plus folles, le tissu social ne cesse de se dégrader. Avec une nouveauté : des « ghettos de riches » de plus en plus riches et clos sur eux-mêmes, et des « ghettos de pauvres » qui s’enfoncent dans les difficultés. D’un côté, les beaux quartiers de l’Ouest parisien comme le 8arrondissement, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ou Le Vésinet (Yvelines). De l’autre, les cités des Misérables.

L’Ile-de-France est de longue date « la région où les inégalités sont les plus marquées, du fait de la concentration de populations très aisées », rappelle l’étude. Mais, depuis le début des années 2000, ce phénomène s’accentue.

Il reste certes quelques « espaces mixtes », où se mélangent les différentes catégories sociales. Des communes comme Colombes, Asnières, Clamart dans les Hauts-de-Seine, Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne. Un tiers des ménages franciliens y vit. Mais la période 2001-2015 passée au crible montre surtout « une polarisation toujours plus marquée entre les secteurs aisés et les secteurs pauvres »,écrivent les auteurs.

En haut de l’échelle, les « territoires de la richesse se consolident » : ils s’enrichissent encore, et s’élargissent doucement à des zones limitrophes un peu moins cossues. La part des ménages ayant les revenus les plus élevés s’est par exemple accrue dans les 7e et 8e arrondissements de Paris, déjà deux des plus cotés. Elle a aussi progressé fortement dans les 2e et 3e arrondissements, et dans une moindre mesure dans les 17e, 4e et le 1er, ainsi qu’à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Le mouvement touche aussi des communes du voisinage telles qu’Issy-les-Moulineaux, Le Plessis-Robinson, La Garenne-Colombes, Montrouge (Hauts-de-Seine), Carrières-sur-Seine (Yvelines) ou encore Vincennes (Val-de-Marne).

Globalement, la présence des ménages aisés et des cadres s’est renforcée dans les zones les plus riches de la région : sur place, « quatre ménages sur dix qui ont emménagé depuis moins de cinq ans sont des actifs dont la personne de référence est cadre », une proportion bien plus importante qu’ailleurs, « attestant d’une difficulté à s’y installer pour les plus modestes au regard des prix des logements et des loyers », relève l’IAU.

Les prix de l’immobilier parfois stratosphériques expliquent en bonne partie que l’« entre-soi » devienne aussi net dans les territoires aisés. En Ile-de-France, le prix des logements anciens a été en moyenne multiplié par trois entre 1999 et 2018, tandis que le revenu déclaré des ménages a progressé de moins de 50 % durant la même période. Dans les quartiers de Paris les plus recherchés, le mètre carré se vend plus de 11 000 euros. A ce tarif-là, qui peut encore s’offrir un appartement ?

Cette hausse amène les jeunes cadres, les « bobos », les couples qui ont un deuxième enfant, etc., à s’intéresser à des quartiers un peu moins centraux. « Quand on voit que les prix ont monté de 14 % en un an dans le 19earrondissement, cela ne signifie pas que les salaires de ceux qui y habitent ont bondi, relève Bertrand Savouré, le président des Notaires du Grand Paris. C’est que de nouvelles populations arrivent. » Résultat : le quart nord-est de la capitale et quelques communes de banlieue telles que Bagnolet, Pantin, Romainville ou Le Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) se sont embourgeoisés, « gentrifiés », avec les conséquences que l’on pouvait en attendre (Lire « Les bobos parisiens sont les meilleurs alliés des racailles de banlieue » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/27/les-bobos-parisiens-sont-les-meilleurs-allies-des-racailles-de-banlieue/).

Ce changement de statut ne concerne parfois que certains quartiers. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), par exemple, la situation s’améliore dans les rues les plus proches de la capitale, « mais se détériore à l’est », note l’étude. A Paris même, l’enrichissement général de la ville n’empêche pas une dégradation du niveau de vie à la lisière de la Seine-Saint-Denis, là où se trouvent les anciens immeubles à bon marché, près du périphérique. Le 26 mai, c’est là que le Rassemblement national a enregistré ses meilleurs résultats parisiens. Pourquoi ? Simplement parce que ces quelques Français de souche qui y habitent encore connaissent et mesurent l’ampleur des dégâts et de l’acculturation engendrés par les soi-disant « Chances pour la France » dont les habitants des beaux quartiers n’imaginent même pas l’existence !…

Le problème, cependant, n’est pas que les riches vivent de plus en plus entre eux, ni que les enfants de bourgeois transforment en lofts les usines vidées par la désindustrialisation de la capitale et de ses environs. Le drame souligné par l’étude est que, simultanément, les zones les plus pauvres sont en train de sombrer. On assiste à « une paupérisation absolue de secteurs urbains entiers », s’alarme l’IAU. Dans 44 des communes parmi les plus pauvres de la région, où vivent 15 % des Franciliens, le revenu médian en euros constants a encore baissé entre 2001 et 2015.

C’est notamment le cas à Grigny (Essonne), Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), Pierrefitte-sur-Seine, La Courneuve, Clichy-sous-Bois, Stains, Aubervilliers et Bobigny (Seine-Saint-Denis). Les cadres sont toujours aussi peu nombreux à s’y installer. Mais autant de villes dans lesquelles

ne manqueront pas de faire campagne pour accéder au pouvoir. Et, soyez assurés que les candidats de La République en Marche ne seront pas les derniers !

D’ailleurs, à l’inverse, la présence des immigrés ne cesse d’y progresser. Dans le secteur le plus pauvre, six ménages sur dix nouvellement installés ont une personne de référence née à l’étranger. Dans ces villes, « la concentration d’actifs peu qualifiés, souvent immigrés, plus exposés à la montée du chômage et aux emplois précaires, et l’augmentation des familles monoparentales contribuent à la stigmatisation et à la détérioration des situations financières des résidents », soulignent les chercheurs.

C’est l’instauration du « Grand Remplacement » par l’organisation de la fracture territoriale.

Incapables d’empêcher l’immigration-invasion, nos dirigeants politiques se consolent en acceptant la partition du territoire national sur un mode communautaire et en veillant à ne pas en subir les désagréments. 

La lâcheté du personnel politique de la République n’a d’égal que sa forfaiture. Etonnez-vous avec cela que nous attendions ce moment avec impatience :

Le 5 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “La fracture territoriale en France (suite).”

  1. Louis Chiren juin 5, 2019 à 12:25 #

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