Non seulement l’argent sale n’a pas d’odeur…

6 Juin

Mais, en plus, il est apatride !

Le groupe automobile français Renault envisage des poursuites contre son ancien patron Carlos Ghosn après avoir indiqué, mardi 4 juin, à l’issue de son conseil d’administration, qu’il avait engagé 11 millions d’euros de « dépenses suspectes » au sein d’une filiale commune avec Nissan, basée aux Pays-Bas. Ces dépenses identifiées dans l’audit interne, mené conjointement depuis des mois par Renault et Nissan au sein de leur filiale néerlandaise RNBV, et réalisé par le cabinet Mazars, engagent la responsabilité de Carlos Ghosn, patron déchu, mis en examen au Japon pour de possibles malversations. Ces 11 millions recouvrent des « surcoûts de déplacement de M. Ghosn par avion », qui pourraient être des trajets personnels en jet privé, « certaines dépenses engagées par M. Ghosn » et des « dons ayant bénéficié à des organismes à but non lucratif », ont précisé les administrateurs du constructeur automobile dans un communiqué.

RNBV va, par ailleurs, désormais faire l’objet d’une enquête du Parquet national financier (PNF), comme l’a révélé Marianne. Après un mois de réflexion, le PNF a décidé, vendredi 31 mai, d’ouvrir une enquête préliminaire pour « corruption » après avoir reçu, fin avril, la plainte d’un actionnaire de Renault dénonçant le fonctionnement de la filiale néerlandaise du groupe. C’est l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales qui a été saisi.

La plainte vise nommément l’ancien patron de l’alliance automobile franco-japonaise, Carlos Ghosn, et son épouse, Carole, ainsi que l’actuelle maire du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et candidate à la Mairie de Paris, et le consultant sur les questions de sécurité Alain Bauer*.

Selon Me Baduel, rédacteur de la plainte, la société RNBV aurait été mise en place « pour échapper à tout contrôle des actionnaires français et étrangers » et pourrait avoir permis de distribuer des « rémunérations opaques, voire occultes ». D’après l’AFP, les noms de Mme Dati et M. Bauer sont cités dans le rapport final de l’audit du cabinet Mazars, mais les sommes les concernant ne feraient pas partie des 11 millions.

Mme Dati aurait ainsi perçu près de 900 000 euros, à raison de 300 000 euros annuels, entre 2010 et 2012 pour des missions de conseil effectuées en tant qu’avocate. L’avocat Me Baduel s’interroge sur les possibles conflits d’intérêts qui pourraient résulter des activités de l’eurodéputée devenue avocate d’affaires après avoir demandé sa mise en disponibilité de la magistrature.

Son avocat, Me Olivier Pardo, dénonce le « caractère opportuniste » de cette plainte au moment où Mme Dati a fait part de son intention de se lancer dans la campagne pour les municipales à Paris. Il confirme, par ailleurs, qu’elle a bien travaillé pour le groupe Renault au Maroc et en Algérie (étonnant tout de même ce tropisme pour des pays du Maghreb) et qu’une convention d’avocat a été signée avec le directeur juridique de Renault. « Les faits sont prescrits », souligne-t-il également. Interrogé sur le fait de savoir s’il était possible d’avoir connaissance des travaux de Mme Dati, Me Pardo a argué du secret professionnel de sa cliente – avocate – qui n’a pas à communiquer le détail des missions qu’elle a effectuées !

Alain Bauer aurait, pour sa part, été missionné par le conseil d’administration de l’entreprise pour repenser la sécurité au sein du groupe après la vraie-fausse affaire d’espionnage chinois qu’avait connue l’entreprise en 2011. Sa société, AB Conseil, aurait pour cela touché un million d’euros entre 2012 et 2016. Ce dernier confirme avoir effectué plusieurs missions pour le groupe entre 2010 et 2017. « Des missions qui ont mobilisé près de six personnes et dont vous pouvez trouver trace des conclusions dans la presse de l’époque », précise-t-il. Il s’interroge par ailleurs sur le sens de cette plainte portée par « un avocat qui défend l’une des personnes mises en cause dans l’affaire de faux espionnage ».

M. Bauer est aussi l’objet, depuis 2014, d’une autre enquête ouverte par le parquet de Paris pour « abus de biens sociaux » et « détournement de fonds publics », relative notamment à une commande de notes sur la sécurité en France et dans le monde, facturée 200 000 euros annuels à la Caisse des dépôts (CDC) par la société AB Conseil, tandis que, dans le même temps, la CDC avait acheté « plusieurs milliers d’exemplaires » du guide gastronomique Champérard, dont Alain Bauer était alors directeur de la publication. M. Bauer a été entendu à la fin de l’année dernière, et l’enquête touche à sa fin. Nous en attendons avec impatience la conclusion…

Tous pourris, ces donneurs de leçon.

Le 6 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Qui ne connaît pas la Maghrébine, Rachida Dati (https://fr.wikipedia.org/wiki/Rachida_Dati) ? Mais, concernant Alain Bauer, sachez que du Grand-Orient de France jusqu’à des affaires parfois assez louches, ce fils des juifs Polonais Georges Bauer et de Monique Ejzenberg, sent le souffre (https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Bauer).

Une Réponse to “Non seulement l’argent sale n’a pas d’odeur…”

  1. gilbert thizy juin 9, 2019 à 3:45 #

    tous pourris , c est bien te terme qui convient

    cordialement

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :