Pauvres imbéciles !

13 Juin

Ou quand l’Etat français continue de se faire rouler dans la farine par les industriels américains.

Après quelques autres (dont la récente histoire d’Ascoval soi-disant racheté par British Steel) , il y avait eu bien sûr l’affaire Alstom-General Electric, dont nous avons parlé récemment (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/09/la-justice-sinteresse-enfin-a-la-vente-dalstom-a-general-electric/) et qui pourrait bien dégénérer en scandale d’Etat impliquant Emmanuel Macron. Voilà maintenant l’affaire Technip-FMC Technologies.

Le rapprochement entre les deux entités était présenté en 2017 comme « un mariage entre égaux » par le respecté PDG de Technip, Thierry Pilenko. Plusieurs hauts responsables et ex-salariés français du groupe ont décidé ces jours-ci d’exprimer, de manière anonyme, leur expérience de cette fusion et ils racontent comment une PME texane a progressivement absorbé un fleuron français deux fois plus gros qu’elle sous les yeux ahuris de Bercy.

Pourtant, l’histoire n’était pas écrite à l’avance. Au moment de la fusion, Technip a un chiffre d’affaires de 13,5 milliards d’euros, contre 6,6 milliards pour FMC. Son carnet de commandes est quatre fois plus important. Seule la rentabilité du texan est plus élevée.

Pour comprendre ce revirement, il faut remonter à la crise pétrolière de 2015. Après des années de pétrole cher, qui ont vu les initiatives géantes se multiplier, les cours chutent brutalement. Les compagnies du secteur exigent de leurs fournisseurs des réductions de coût colossales et réduisent la voilure sur les projets.

A la tour Technip, à la Défense, l’avenir s’écrit en noir : 6 000 postes sont supprimés sur un effectif de 38 000 salariés dans le monde. Thierry Pilenko craint que la société finisse par être absorbée par une entreprise plus puissante. Il se rapproche alors de FMC Technologies, avec lequel le groupe est déjà partenaire, et va porter le sujet au ministre de l’économie de l’époque, un certain… Emmanuel Macron. L’Etat est en effet encore actionnaire de Technip à hauteur de 5,3 % par le biais de la Banque publique d’investissement.

Il faut dire qu’il s’agit d’une société à part : Technip a été créé comme un monopole en 1958 sous l’impulsion directe du général de Gaulle, avec le soutien de l’Institut français du pétrole (IFP). Ironie de l’histoire : l’entreprise avait été fondée dans le but avoué de rattraper les Etats-Unis sur le plan technologique.

Thierry Pilenko promet qu’une grande partie de l’activité restera en France. « L’ancrage de Technip reste français », vante alors Emmanuel Macron, lequel promet que « le président exécutif, le patron des opérations, les dirigeants des principales branches d’activité et la R&D [recherche et développement] seront localisés en France ».

Quatre ans plus tard, la réalité est bien différente. Doug Pferdehirt, ex-dirigeant de FMC, est devenu PDG de la nouvelle entité en mai ! Sur les dix membres du comité exécutif, trois sont des anciens de Technip. Le siège de l’entité se trouve désormais à Londres. La R&D est certes toujours officiellement localisée en France, mais elle est dirigée par un Américain depuis Houston. Et depuis la fusion, le cours de Bourse a perdu 40 % de sa valeur.

Le mariage entre les deux entités s’est fait avec d’autant plus de difficultés que les activités des deux groupes étaient assez différentes. FMC vend des équipements, quand Technip bâtit des projets à plusieurs milliards d’euros.

Thierry Pilenko plaidait justement pour la complémentarité entre ces deux branches : les mégaprojets sont rémunérateurs, mais risqués ; l’activité d’équipementier est plus régulière. « Il y avait un véritable intérêt à cette fusion. Mais elle s’est terriblement mal faite en interne, ce qui explique pourquoi il y a tant de ressentiment », observe un ancien dirigeant.

La direction actuelle assure au contraire que le pari se révèle payant. Grâce à l’alliance des deux entités, TechnipFMC peut proposer aux compagnies pétrolières des offres complètes dans le domaine sous-marin, le « subsea ». « C’est la moitié de l’activité de Technip, assure-t-on au sein de l’entreprise, et nos solutions sont en train de s’imposer au marché ».

Mais les projets les plus importants et les plus lucratifs ne sont pas nécessairement dans le « subsea », à l’image de l’immense projet gazier Yamal en Sibérie, le plus rentable du groupe. Ce qui place l’entreprise dans une situation curieuse, car la direction américaine voulait s’éloigner des projets d’ingénierie. Des rumeurs ont même couru, à l’été 2018, sur sa volonté d’abandonner cette activité. C’est pourtant elle qui tire les comptes du groupe : la part du chiffre d’affaires réalisé en France – qui gère les grands projets – avoisine 40 %.

En 2018, l’entreprise a affiché une perte nette de 1,9 milliard d’euros, principalement parce qu’elle a dû déprécier des actifs dans sa branche « subsea ».« Doug Pferdehirt est brillant, mais il ne comprend pas le type de projets que mène Technip. Il a poussé Pilenko vers la sortie, mais mène le groupe sans stratégie d’avenir », se désole un patron français du secteur.

L’amertume des salariés français a été renforcée par la polémique sur les conditions du départ, en mai, de Thierry Pilenko, qui a empoché 4 millions d’euros de primes, en plus des 10 millions d’euros d’actions accumulées. Un parachute doré jugé « inacceptable » par le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire. Même si, dans les faits, l’Etat n’a plus son mot à dire et n’a plus que ses yeux pour pleurer.

Trop tard, bande d’imbéciles ! Ou comment brader nos bijoux de famille.

Le 13 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Pauvres imbéciles !”

  1. Hervé J. VOLTO juin 13, 2019 à 10:18 #

    Je vais me répéter.

    Avec la sortie du Royaume de Grande-Bretagne de l’Union Européenne, l’économie allemande par terre à cause de la erte de son commerce extérieur -le berger allemand s’est hurté à l’ours russe, çà fait mal !- et une Itlaie pas encore tout à fait fiable, toutes les onjonctures profitent à la France : de nombreux investisseurs étrangers, et pas tous en provenance des Pays du Golf, sont prêts à insvestir sur un pays béton dont le peuple est connu pour se lever tôt pour aller bosser dur.

    Ce serait le moment de BAISSER les impots. sur les netreprises et siur les les ménages. la baisse d’impots augmenterait le pouvoir d’achat, faciliterait la consomation et relancerait l’embauche.

    Pour retrouver la puissance économique, il faudrait :

    1. Mettre en cause les aspects néfastes du libre-échangisme mondial.
    2. Retrouver la cohérence économique par la baisse des dépenses publiques.
    3. Retrouver la prospérité en libérant l’économie par une baisse massive de l’imposition sur les entreprises et les ménages au-dessous de 23% (flax-taxe).

    Pour en finir avec un fiscalisme qui tue la compétitivité des entreprise et le pouvoir d’achat des consomateurs, il faudraitt :

    1. Libérer le travail : défiscalisation des heures sup., réduire les prélèvements obligatoires, interdire constitutionnellement les prélèvements obligatoires au-delà de 23% du revenu (sauf cas d’effort de guerre exeptionnel), supprimer l’impôt sur l’entreprise et toute impositon sur la sucession et la donation des entreprises commerciales et industrielles.
    2. Favoriser la famille : supprimer CONSTITUTIONNELLEMENT tout droit de succession et de donation, ainsique tout taxation sur l’épargne.
    3. Aider les paysans.
    4. Aménager la fiscalité nationale : INTERDIRE CONSTITUTIONNELLEMENT -sauf cas exeptionnel d’effort de guerre- tout imposition idrect à plus de 23% (flax taxe).
    5. Supprimer constitutionellement la fiscalité locale.

    Enfin, pour une véritable fraternité Française, il faut :

    1. Lutter contre la pauvreté.
    2. Revaloriser le travail.
    3. Développer la propriété populaire.
    4. Sauver la Sécu.

    C’est ce qui fit la tatcher dans les annèes 80. C’est ce que fait Orban aujourd’hui.

    POURQUOI BRADER LES BIJOUX DE FAMILLE ?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :