Quand la Deutsche Bank s’effondrera.

14 Juin

Depuis la crise de 2008, la Deutsche Bank affiche chaque année une chute de son cours boursier, puisque son action a perdu 38% sur un an, 55% sur trois ans, 86% sur dix ans. La Deutsche Bank (DB), qui a généré cette année un bilan de 1 348 milliards d’euros et 43 460 milliards en produits dérivés, soit treize fois le PIB de l’Allemagne, devrait pourtant avoir fait faillite depuis longtemps déjà. Mais ce n’est pas encore le cas…provisoirement. Par quel miracle ? Simplement parce qu’elle appartient au groupe des banques… » too big to fail  » ! (trop grosses pour tomber). Entendez qu’il s’agit du lobby bancaire, apatride et sans scrupule, qui vit grassement à nos crochets en ne tirant que des profits d’une multitude de combines politico-financières.

Mais ne rêvez pas, toutes ces turpitudes, ignorées des pays réels jusqu’au moment où ils doivent en payer les pots cassés, ne sont justement pas éternelles.

Depuis une douzaine d’années maintenant toutes les stratégies possibles et imaginables ont été mises en place par le gouvernement allemand, la BCE ou les actionnaires pour empêcher à tout prix le cataclysme. L’effet de domino que pourrait entrainer la disparition de la DB est tellement craint que tous les remèdes sont bons pour maintenir en vie cette institution et tenir ainsi ses engagements vis-à-vis des autres parties prenantes de la chaine de valeur financière. Mais ce ne sont que des soins palliatifs.

Le cours de Bourse actuel ne reflète pas la situation présente de la banque mais sa situation anticipée. Cette chute n’est donc pas bon signe. Le marché prédit une altération des profits et dividendes et réagit en vendant le titre plus qu’en ne l’achetant. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Les affaires s’accumulent. La dernière en date porte sur le scandale des « cum/ex », qui impliquait à l’origine en 2017 deux ex-salariés. Elle a été élargie à 70 actuels et anciens collaborateurs dont des poids lourds : l’actuel patron de la Banque d’investissement ou l’ancien dirigeant de 2002 à 2012. L’institution joue gros encore sur ce coup là puisque l’enquête ouverte parle de 10 milliards d’euros de manque à gagner pour le fisc allemand. Cela a valu à la Banque vendredi soir un abaissement de sa note auprès de Fitch de « BBB+ » à « BBB ». On est clairement dans un cercle vicieux et la chute de la capitalisation boursière en est la conséquence et non pas la cause.

Le problème réside aujourd’hui dans le fait que, alors que la crise de 2008 pouvait laisser espérer une prise de conscience et un assainissement des pratiques douteuses, force est de constater avec la DB qu’on est loin du compte.

Ainsi, avec la loi Sarbanes-Oxley en 2002 ou encore la règle Volcker de 2010 en passant par Bâle 3 et bientôt Bâle 4, beaucoup est fait pour sécuriser le système bancaire international. Mais quand un cas pratique se présente avec tous les enjeux systémiques qu’il représente, les gouvernements en place préfèrent presque toujours renflouer que sacrifier. C’est au détriment du contribuable, au détriment des institutions saines mais cela paraît toujours plus indolore qu’une faillite pure et simple.

Le cas de la DB est en ce sens exemplaire puisque que cela fait plus de 12 ans que tous les subterfuges ont été successivement utilisés dans pareil cas sans amélioration durable. Même en maintenant un malade sous perfusion et assistance respiratoire arrive un moment où l’inévitable se produit. Nous le savons tous dans nos vies personnelles. Il n’y a que les financiers et les responsables politiques a ne pas l’avoir compris.

Personne ne sait exactement quand la fin surviendra ni comment (il n’est pas impossible qu’une brutale aggravation de l’économie italienne en soit le starter). Mais c’est à ce moment-là que la crise surviendra. Car, l’effondrement de la DB sera aussi celui de l’Allemagne, de la Banque centrale européenne et, tout simplement, du système économique de l’Union.

Cela se fera inéluctablement, malgré les tentatives d’Emmanuel Macron pour contrôler davantage la zone euro (https://www.lesechos.fr/monde/europe/leurogroupe-met-a-son-tour-la-pression-a-litalie-1028948). C’est pourquoi il est chaque jour plus urgent de décider du « Frexit« .

Hélas, si l’on en croit les résultats des élections européennes du 26 mai dernier, nos compatriotes n’en ont pas encore pris la mesure. Le prix à payer n’en sera que plus élevé.

Le 14 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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