Ils prennent leurs rêves pour des réalités.

15 Juin

En tout cas, le rêve d’Emmanuel Macron a fait tourner la tête aux ministres des finances européens qui se sont mis d’accord vendredi 14 juin au matin sur les grandes lignes d’un budget pour la zone euro. C’est ce qu’a annoncé le ministre français Bruno Le Maire après une nuit de discussion à Luxembourg.

« Pour la première fois, nous avons créé un budget opérationnel qui aidera les pays de la zone euro à converger et à devenir plus compétitifs. C’est une percée », a-t-il dit à l’AFP. « Pour la première fois, nous commencerons à penser l’avenir comme un bloc cohérent et à coordonner nos politiques économiques », a-t-il ajouté. Une décision fédéraliste, prise dans le dos des citoyens de l’Union européenne. Comment croire que l’on peut bâtir un avenir radieux sur la duplicité ?

L’accord ministériel, obtenu après une douzaine d’heures de discussions, sera présenté la semaine prochaine aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE réunis en sommet à Bruxelles.

La création d’un budget propre à la zone euro était un projet phare du président français Emmanuel Macron. Mais le compromis final revoit considérablement à la baisse ses ambitions initiales, en raison du scepticisme des pays du Nord de l’Europe, les Pays-Bas en tête.

Baptisé pompeusement « instrument budgétaire pour la compétitivité et la convergence », ce budget de la zone euro a pour objectif d’encourager des réformes pour accroître la compétitivité dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique.

Son montant, qui doit encore être discuté, devrait être bien moindre que celui souhaité par le président français, qui envisageait plusieurs centaines de milliards d’euros. Deux sources européennes ont évoqué une enveloppe de 17 milliards d’euros répartis sur sept ans entre les dix-neuf pays de la zone euro. De même, ses modalités de financement restent à déterminer.

Les ministres européens se sont également entendus pour modifier le traité sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012 en pleine crise de la dette et destiné à venir en aide aux pays en difficulté, afin de le renforcer. Son fonctionnement sera « radicalement » amélioré, a insisté M. Le Maire. Il deviendra en particulier une sorte de prêteur en dernier ressort pour les banques en grande difficulté. Et c’est là que nous les attendons, lorsque le MES sera face au défaut de banques importantes comme la Deutsche Bank (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/14/quand-la-deutsche-bank-seffondrera/) !

Il n’en pourra mais. Alors, un conseil : quittons au plus vite ce dangereux esquif.

Le 15 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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