La vérité si je mens !

17 Juin

Nous savions qu’Emmanuel Macron déteste les retraités qui, pour lui, ne sont que d’inutiles  inactifs (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/08/27/nous-vous-lavions-dit-emmanuel-macron-deteste-les-retraites/). Souvenez-vous d’ailleurs de ce que nous écrivions ici-même en décembre 2017 :

  » En résumé, plus et mieux vous avez étudié, plus vous avez travaillé et souvent très au-delà des fameuses « trente-cinq heures » de Martine Aubry, plus vous avez endossé de responsabilités au prix de nombreux et lourds sacrifices pour vous-mêmes et votre famille, mieux donc vous avez SERVI…plus vous serez PUNIS. »

Mais nous savons maintenant que son plus fidèle serviteur, Edouard Philippe, hait les cadres supérieurs lorsqu’ils ont le malheur d’être au chômage. Car, forcément, ils coûtent cher…

Il vient en effet de concocter une nouvelle mesure coercitive et pénalisante à leur encontre : la dégressivité de leurs allocations chômage, lorsqu’ils percevaient, en activité, une rémunération élevée !

C’est ce que le Premier ministre a eu l’impudence d’annoncer au cours de sa déclaration de politique générale des 12 et 13 juin derniers, devant les députés et les sénateurs. En revanche, à ce stade de la provocation, aucune précision sur les modalités d’application de cette décision n’a été donnée. Combien de temps après leur inscription à Pôle emploi ? A partir de quel niveau de salaire ? La prestation diminuera-t-elle à une ou à plusieurs reprises ? En vertu de quel taux ? Là encore, le plus grand flou prévaut. Mais c’est une « innovation » substantielle, d’une injustice criante et qui vise une fois de plus les classes moyennes supérieures*, mais qui trottait dans la tête du chef du gouvernement depuis longtemps, puisqu’il l’avait évoquée, à titre d’hypothèse, dès la fin août 2018. Cet homme, dans la haine, a de la suite dans les idées !

Une telle mesure ne jaillit pas du néant : elle avait déjà été mise en vigueur, en 1992 (sous le gouvernement d’Edith Cresson, de triste mémoire), puis abandonnée neuf ans après. A l’heure actuelle, un demandeur d’emploi peut être indemnisé au maximum durant vingt-quatre mois s’il a moins de 53 ans (et jusqu’à trente-six mois pour ceux d’au moins 55 ans). Ses droits sont les mêmes durant la période où le régime le couvre. Un principe auquel il sera donc mis fin, pour les salariés les mieux payés – ce qui touche, en particulier, les cadres. L’exécutif se justifie en prétendant que, pour cette catégorie socio-professionnelle, le taux de chômage est quasi résiduel (moins de 4 % contre 8,7 % en moyenne). Sous-entendu : le système peut se montrer moins généreux à l’égard de publics pour lesquels les offres d’emploi abondent. Mais quel culot !

Autant d’orientations qui ont déplu aux organisations de salariés. Les syndicats s’indignent face à une réforme « qui cherche d’abord à faire des économies budgétaires immédiates et sans précédent sur le seul dos des demandeurs d’emploi », selon la formule de Marylise Léon, numéro deux de la CFDT. A l’appui de son propos, elle cite la dégressivité des allocations : une « mesure injuste, car elle va porter sur les cadres qui ont du mal à se reclasser ».

Il est « honteux » que le gouvernement invoque la « justice sociale » pour promouvoir une telle idée, enchaîne François Hommeril, président de la CFE-CGC, la centrale des cadres : « C’est une option politique dans sa version la plus vulgaire, ajoute-t-il, en mettant en avant le fait qu’aucune étude n’a prouvé que la diminution graduelle des prestations favorise la reprise d’une activité.

Nous serions tentés de lui répondre :  » Ne cherchez aucune explication rationnelle à une décision tout droit sortie d’une cervelle fêlée !  » Dans la même veine que celle d’imposer la limitation de vitesse des véhicules automobiles à 80 km/h…

Le 17 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Tout autant d’ailleurs que l’annonce de réductions d’impôts exclusivement en faveur des deux premières tranches fiscales (qui, finalement, n’en feront que peu de profit) plutôt que d’élargir significativement l’assiette des impôts. À la différence des classes moyennes hautes qui réinjecteraient aussitôt ce bonus dans l’économie ou l’éducation de leurs enfants…Comprenne qui pourra.

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