Voici pourquoi la France a la meilleure armée du monde.

18 Juin

D’abord parce qu’elle a une longue, très longue histoire. Dans laquelle les hauts faits militaires ne se comptent plus. Une histoire qui, suprême cadeau du destin pour un pays par ailleurs ingouvernable, aura vu ses armées demeurer le seul terrain sur lequel se réconcilient en toutes circonstances (ou presque) les courants politiques les plus divers du pays.

Ensuite, parce que ses dirigeant (au moins depuis la venue au pouvoir du général De Gaulle) se sont, bon an mal an, efforcés de donner et de conserver à ses armées un haut niveau technique et d’excellents moyens matériels, au service de ses innombrables engagements dans le monde. Certes, il y eut des temps de vaches grasses et des temps de vaches maigres (le CER s’est toujours manifesté vigoureusement lorsqu’il jugeait -et juge encore- que les moyens sont insuffisants ou les méthodes inadéquates) mais quel pays au monde n’en a jamais connu ? 

Enfin, elle le doit aussi et sans doute surtout aux qualités de ses hommes d’armes qui sont la plupart du temps exceptionnelles et dignes du respect et de l’admiration de tous les Français.

Il en est ainsi, en particulier, de ses « Forces spéciales » que l’on voit régulièrement engagées dans les combats les plus difficiles et, en particulier, la guerre contre le terrorisme islamique. Elles lui paient un lourd tribut et nombreux sont ses enfants qui laissent leur vie pour l’honneur et la sauvegarde de la patrie. Ceux-là figurent régulièrement, hélas, sur notre blogue car ils sont systématiquement promus Compagnons de l’Ordre royal du Mérite de Sainte Jeanne d’Arc (CJA).

Ces commandos français se sont exceptionnellement présentés à quelques privilégiés de la presse, jeudi 13 juin, lors d’un déplacement de la ministre des armées, Florence Parly, au 4e régiment d’hélicoptères de combat des forces spéciales de Pau.

4e RHCFS

Fusils d’assaut suréquipés, drones « maison », paquetages au poids dément de 80 kg pensés comme des placards d’horloger… ils ont longuement présenté aux visiteurs leurs armes autant que leur ingéniosité, debout, solides et cagoulés !  La base accueillait pour l’occasion de nombreuses unités relevant du commandement des opérations spéciales : le COS compte 4 300 personnels, dont 600 opérateurs déployés en permanence à l’étranger.

La mort de deux opérateurs du commando Hubert, au Burkina Faso, mi-mai, lors de la libération de quatre otages, est fraîche dans leurs mémoires. Mais leur résilience n’est pas feinte, et il ne peut être question de victimes, ici. Dans la lutte contre les groupes djihadistes armés, les forces spéciales sont plus que jamais employées comme « un fer de lance » des armées par le gouvernement. Elles représentent 10 % des militaires français en opérations extérieures, mais assument près de 20 % des tués et un nombre important de blessés, non communiqué. En tout état de cause, elles font l’admiration de toutes les armées du monde et sont même un modèle à atteindre pour beaucoup d’entre elles.

Le retour de mission, pour ces hommes qui ont entre 20 et 30 ans, est toujours un défi. Il est d’autant plus brutal que leur action est des plus intenses sur le terrain.

« Le retour ? Cela dépend de la mission, si tout le monde est rentré, s’il n’y a pas eu de casse. » Lui est chef d’équipe, un groupe de combat de dix hommes au CPA 10 de l’armée de l’air. « On prend les choses avec humilité. Si un collègue rentre avec un morceau en moins, c’est juste qu’on a perdu la bagarre cette fois-là, témoigne A. C’est dur, mais j’en dis peu à l’équipe. Le but, c’est d’avancer. On se dit : cette fois on a perdu, la prochaine fois on gagnera. » Aucune mission ne s’oublie. Mais les commandos sont « sélectionnés pour être réversibles », rappelle ce colosse, aussi adaptables que plastiques.

Les psychologues sont désormais à disposition pour « débriefer ». Un mot nouveau dans les armées mais « C’est de moins en moins un tabou, ça libère la parole », souligne le lieutenant-colonel Berny, patron de l’escadron d’hélicoptères 1/67 Pyrénées. Beaucoup ont pensé au début comme A., « les chefs veulent se couvrir ». Car parler tous les jours de la mission passée, a fortiori s’il y a eu de la casse, n’est pas bon, rappelle-t-il : « On y pense, on y pense, on va s’énerver. Moi, cela me frustre. Je préfère aller courir. » Mais la plupart ont vu que l’aide proposée pouvait être utile.

Ils admettent que « retrouver madame », ou « papa et maman », n’est pas si simple. La vie continue en France, il faut se réadapter. « C’est calme. » Et c’est un problème à gérer. « Le retour à la vie civilisée est progressif », convient Berny, dont les cheveux clairs semblent porter encore la poussière du Mali. On ne voit qu’une paire d’yeux bleus sous la cagoule de J., opérateur du CPA 10, qui ajoute : « Beaucoup idéalisent leur retour à la maison. “On va partir en vacances comme ça”, “ma femme va m’attendre comme ci”… Sauf qu’elle a son quotidien, son rythme, sa vie ! On a du mal à redescendre. Et au bout de quinze jours, on a envie de repartir. » Il faut le comprendre, ils n’ont pas l’impression de travailler. « On aime ce qu’on fait et, comme les sportifs de haut niveau, on veut continuer. »

Ces hommes sont aujourd’hui suremployés. Ils vivent hors de leur foyer dix mois sur douze. En Irak, en Syrie, en Afrique, en mer, ils partent pour quatre mois de mission. Sur la route du retour, ils effectuent une pause de trois jours dans un hôtel en Crète, un « sas » que l’armée a organisé avec des psychologues pour limiter la brutalité du choc avec le monde civil. La pause, ensuite, est courte, parfois seulement une à deux semaines de permission. Avant de repartir en entraînement. Et de se préparer pendant plusieurs mois à la mission suivante.

« Deux mois dehors, trois jours de récup’, et vous reprenez. On s’efforce de se vider le cerveau », indique Z. Ce lieutenant mécanicien de l’escadron de transport Poitou a participé au lancement de l’opération « Serval », au Mali, début 2013. Il achemine dans son avion les commandos lors des raids conduits au Sahel contre les djihadistes. « Après vingt-quatre heures non-stop et dix-sept heures de vol dans la chaleur, on devient fou. » Cela use. Mais « on veut toujours en faire plus, plus, plus…, il n’y a pas grand monde qui dit stop », admet-il. Ça, c’est l’adrénaline !

« Je pourrais partir un an », confie A., qui connaît le danger. Mais c’est pour avoir guerroyé trop longtemps que nombre de commandos américains perdent leurs repères éthiques et sombrent. « Il faut s’efforcer de couper. On ne peut pas tout effacer, la mission ne s’oublie pas, mais il faut faire une sorte de reset », dit A. Eviter d’appeler les camarades. Pour le repos, lui part aussitôt « en Amérique ou en Asie », loin de ce qui pourrait rappeler la mission, l’Afrique ou le Moyen-Orient. Berny assure : « Il y a des missions au cours desquelles on sait qu’on a pris plus que d’autres. Je sais quand il faudra que je m’arrête. »

Le récit de la guerre n’est pas possible. « On ne doit pas parler de la mission. Et puis, la famille, les amis, personne ne peut comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu, même les jeunes qui nous rejoignent », assure J. Lui a un père militaire avec qui partager, il en est heureux. Ils estiment aussi nécessaire de protéger leurs proches. « Le but, c’est que ma femme dorme la nuit ! », ironise A. « On ne parle pas de tout ça en famille. Cela inquiète les enfants », estime Z. Qui ne leur raconte que « ce qui l’a fait rire, ce qui est beau, en Afrique ou ailleurs ».

Ça aussi, c’est du courage. Et même, quelque part, de l’héroïsme. Bravo et merci les gars.

Le 18 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

4 Réponses to “Voici pourquoi la France a la meilleure armée du monde.”

  1. Hervé J. VOLTO juin 18, 2019 à 10:02 #

    Un des atouts de nos armées sont ses forces spéciales.

    Rapides, efficaces et mobiles, à l’origine des forces spéciales d’aujours d’hui- Navy Seals, Delta Force, Commendo Hubert, Commando de Recherche et d’Action en Profondeur (CRAP)- Les SAS frappent l’ennemi et lui infilgent de lourdes pertes.

    Des montagnes d’Ecosse, la préparation physiue des membres du Special Air Service, fondé en 1941 par le capitaine brutanique David Sterling, est intense. Une formation spécifique orienté vers les déplacements de nuit, les coup de main, le sabotage, la conduite de tout véhicule et le tir avec tous les types d’arme disponibles paréparent les SAS anglais à agir derrière les lignes ennemies par groupe ou stik de dix hommes.

    Inspiré du 3° squadron du SAS composé de Français -également appellé Free French Squadron (le French Sqaudron pour les amis)- qui participa au débarquement de Normandie et strutura l’action de la Résistance (lire les mémoires du prince Michel de Bourbon-Parme, UN PRINCE DAMNS LA TOURMANTE, Ed. Nimrod), le Stick Action Spéciale du I° RPIMa

    prépare de jeunes commandos Français à être autonomes et capables de s’adapter à toute nouvelle situation : ils sont à la base du Commandement des Opérations Spéciales (COS),Le Commandement des opérations spéciales (COS), placé sous les ordres du chef d’État-Major des armées et sous l’autorité directe du président de la République Française, pour rassembler l’ensemble des forces spéciales des différentes armées françaises sous une même autorité opérationnelle, permanente et interarmées.

    Les membres du Sitck Action Spéciale du I° RPIMa, dont les initiales rapellent l’origine glorieuse des SAS, sont formés, comme les Delta Forces américaines, aux techniques de sabotage, de renseignement et de combat commando. Leur devise : QUI OSE GAGNE !

    Complètement autonomes, les Delta Forces américains sont capable d’agir en toute autonomie, en milieu hostile, de faire des prisonniers, de recuillir des renseignements de première main, de libére des otages. Les Stick Action Spéciale Français sont formés elon la même tipologie d’action, pouvant agir en éclaireur, en toute clandestinité, attendant de frapper vite et fort. Sil le faut, le commandos du Stick Action service Français peuvent effectuer des missions complexes de renseignement et d’infiltration, silencieusement. Les SAS Français du Stick Action Spéciale sont capables d’infiltrer l’ennemi, recuillir des informations, frapper au besoin, et disparaître.

    Le I° Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (I° RPIMa), héritier direct des SAS du French Squadron et fer de lance des forces spéciales Françaises de l’armée de terre, avec le 13° Régiment de Dragons Parachutistes (13° RDP) et le 4° Régiment d’Hélicoptères des Forces Spéciales 4° RHFS), d’exellant commandos hélitransportés héritier de l’AS DE COEUR -« NE PAS SUBIR »- et le Commando Hubert de la Marine Nationale, le must du must, qui s’est illustré héroïquement en 2019 au Brukua fasso, fait que l’esprit SAS ne s’est jamais éteint. Leurs modes d’action rapide et leur volonté d’acquérir sans cesse de nouvelles formes de combat deumeurent une source permanante d’inspiration.

  2. Hervé J. VOLTO juin 18, 2019 à 10:29 #

    Et pour ne pas oublier les Bérets Verts du Commando Hubert, qui ont perdu eux super-sodats au Burkina fasso, voici une vielle mission retrouvée dans les archives télévisée:

    10 MINUTES POUR LIBERE DES OTAGES

    Regardons… et remercions.

  3. Hervé J. VOLTO juin 18, 2019 à 11:44 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

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