Marc et Suzanne Lopez ont raté beaucoup de choses dans leur vie. Surtout leur fils.

29 Juin

Nos médias officiels (vous aurez reconnu Le Monde et France Inter bien sûr) en font des gorges chaudes. Un couple de grands-parents français s’est rendu, en ce mois de juin, au Kurdistan syrien, pour tenter de rencontrer leurs quatre petits-enfants (et leur belle-fille), retenus dans le camp de Roj. Ils n’ont pu les embrasser qu’à travers un grillage. Et crient aujourd’hui leur désespoir, dans une lettre au président de la République. Quel culot !

Marc et Suzanne Lopez ne sont pas des grands-parents ordinaires, même s’ils occupent une place très modeste dans la société banlieusarde parisienne. Lui, est issu d’une famille de pieds-noirs d’origine espagnole et né en Algérie. Il baragouine un peu la langue de Cervantès qu’il a surtout travaillée sur le terrain lorsqu’il fit, il y a longtemps, dans les années 1970, des séjours en Amérique latine avec sa compagne !

Militants de gauche, ils adhéraient alors aux mythes de cet ailleurs-là, terre de lutte, de guérillas, dont l’imaginaire trouve un lointain écho dans ce coin du nord-est de la Syrie, tenu par des forces kurdes à l’héritage marxiste-léniniste. Dans les steppes désolées de la région, les routes sont bordées de bannières révolutionnaires et de portraits de « martyrs » de la guerre contre l’EI. Ils ne sont donc pas dépaysés…

Souvenir, souvenir…

Mais Marc et Suzanne n’ont pas su donner à leur fils Léonard l’éducation qui sied à tout enfant de donneurs de leçons, surtout de leçons droit-de-l’hommistes. Pas plus d’ailleurs qu’ils ne lui ont transmis la riche culture chrétienne dont ils avaient hérité de leurs propres parents puisque ledit Léonard…se convertit à l’islam dès l’âge de 18 ans. Il suivit ensuite quelques cours dans des institutions religieuses égyptiennes, un temps fréquentées par les frères Clain, voix françaises de l’organisation Etat islamique. De retour en France, il apparaît dans la nébuleuse qui gravite autour du site djihadiste Ansar Al-Haqq, ce qui lui vaut une longue garde à vue en 2010, puis, en son absence, une condamnation à cinq ans de prison assortis d’un mandat d’arrêt. Comme vous pouvez vous en douter, il n’effectua qu’une maigre partie de sa peine et rejoignit l’EI en 2014, alors que les crimes de cette organisation étaient connus : les organes de propagande diffusaient sur Internet des vidéos d’exécutions. Partout où flottait son drapeau noir régnait la terreur. Léonard et ses parents ne peuvent pas nous raconter…qu’ils ne savaient pas.

Début septembre 2015, il finit par appeler ses parents de Mossoul, en Irak : c’est dans cette grande ville du nord du pays que le « califat » de l’EI a été proclamé, en 2014. Léonard, son épouse et leurs enfants s’y trouvent pour faire le djihad. Tout simplement. « On n’aurait jamais pensé qu’ils aient pu faire ça aux petits, malgré tout le passif de notre fils » prétendent aujourd’hui les parents. Encore raté.

Le camp de Roj, au Kurdistan syrien, où plusieurs dizaines d'enfants français sont retenus avec leur mère.

Après la chute de l’EI, Léonard, son épouse et leurs quatre enfants sont arrêtés en Syrie. La mère est retenue, depuis plus d’un an, avec ses enfants dans le camp kurde de Roj. Le père des quatre enfants, Léonard Lopez, est incarcéré pendant des mois dans une prison syrienne, avant d’être transféré cet hiver en Irak, avec douze autres Français. Il y a tout juste un mois, il a été condamné à mort, par des juges irakiens. CE N’EST QUE JUSTICE.

C’est peu après ce procès, auquel ils n’ont pu assister, que monsieur et madame Lopez ont fait leurs valises pour aller embrasser leurs quatre petits-enfants les imaginant très éprouvés par l’annonce de la condamnation à mort de leur père.

Et c’est là que commence l’entreprise de larmoiement de nos pleureuses médiatiques !

«  Dans les valises, « Papi » et « Manou » Lopez ont mis des dizaines de livres, des manuels d’apprentissage de la lecture en français, ou les facétieux « Monsieur-Madame ». Ils ont emporté des biberons de verre, pour le bébé. Des médicaments. Des jouets. Des habits pour les enfants, et quelques-uns pour leur maman, leur belle-fille. Et ils ont franchi la frontière syrienne, avec leurs valises remplies à craquer, et plein d’espoir. » Nous racontent-ils.

 » Nous sommes allés là-bas, dans une position de grands-parents qui veulent voir leurs petits-enfants, et nous pensions que c’était quelque chose de possible, parce que d’autres grands-parents, autrichiens, canadiens, belges, suédois, le faisaient ». En arrivant à Qamichli, la grande ville du Kurdistan syrien, les Lopez se sont d’ailleurs retrouvés avec des grands-parents autrichiens et une grand-mère suédoise. Tous ont demandé le sésame qui leur permettrait d’entrer au camp de Roj. Tous ont obtenu le feu vert des autorités kurdes locales. »

Mais le 16 juin dernier, quand ils sont partis ensemble au camp, la porte ne s’est ouverte que pour les grands-parents autrichiens et suédois. Ces derniers ont pu facilement rencontrer leurs fille ou belle-fille, et passer plus d’une heure avec leurs petits-enfants. « Nous, on nous a fait attendre », raconte le grand-père Lopez« A la fin de la visite des autres, on a cru que ce serait notre tour, puis on nous a finalement dit que ce serait impossible de les voir, que nous n’aurions pas accès au camp, et que cette décision ne provenait pas des autorités kurdes, mais de la France.« 

Et de nous raconter que les Lopez ont supplié les Kurdes. Dit leur détresse. Qu’ils étaient vieux. Qu’ils avaient fait ce long voyage juste pour voir au moins une heure leurs petits-enfants,surtout leurs petits-enfants, mais la porte du camp de Roj est définitivement restée close pour eux. On les a juste autorisés à déposer les valises à l’entrée, le surlendemain. Ils sont revenus, le cœur serré. Sachant qu’ils devraient se résoudre à repartir sans avoir vu leurs petits-enfants.

« Moi, j’ai juste pu leur faire dire qu’on les aimait, qu’on était là pour eux, et qu’évidemment, ils avaient tout en France, pour eux. Les chambres sont prêtes. On leur a dit de continuer à parler français, qu’on avait mis des livres pour eux, et qu’on pensait tout le temps à eux. On n’a même pas pu prendre dans nos bras le dernier-né » se désole la grand-mère.

« Pourquoi cette injustice ? » demande madame Lopez, qui ne comprend pas pourquoi la France n’autorise pas les visites familiales dans le camp de Roj. Elle ne comprend pas, surtout, pourquoi ses petits-enfants ne sont pas rapatriés, comme les orphelins qui l’ont été ces quatre derniers mois. « Mes petits-enfants sont en train de s’abîmer », se lamente-t-elle. « On parle en ce moment de la canicule, mais là-bas, il fait 50 degrés sous les tentes, avec la poussière et des odeurs de pétrole. »

De retour en France, Marc et Suzanne Lopez viennent d’écrire à Emmanuel Macron, et ils ont envoyé aussi des lettres au ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, ainsi qu’à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. « Monsieur le Président, nous vous demandons encore une fois de procéder au rapatriement de nos petits-enfants et de leur mère, au rapatriement des enfants français prisonniers et innocents », concluent-ils.

Qu’ils le sachent : POUR NOUS C’EST NON. UN POINT C’EST TOUT.

Pourquoi ? Nous direz-vous (si, bien sûr, vous ne nous avez jamais lus sur le sujet). La réponse est simple : nous n’acceptons pas que notre pays et nos compatriotes paient le prix de la lâcheté et de l’incompétence de leurs dirigeants politiques. Car, ne l’oubliez pas, nous avons fait dès les premiers départs de djihadistes de France les seules recommandations de bon sens qui auraient évité que nous nous trouvions aujourd’hui dans la situation que nous venons de décrire. Pour mémoire, répétons-les :

1/ Nous étions opposés au fait de multiplier les obstacles au départ pour le djihad en Irak et en Syrie (voire ailleurs) de tous les musulmans prétendument Français car nous pensions que beaucoup d’entre eux finiraient leurs jours sur place et ne reviendraient donc jamais. La suite de l’histoire nous a donné en grande partie raison. En revanche, nous réclamions l’interdiction formelle d’accepter le retour de ceux qui auraient pu échapper à la mort au combat, ajoutant à cela l’exigence de déchéance de la nationalité française pour tous afin de justifier davantage encore le refus de leur retour;

2/ nous demandions également que tout lien prouvé avec les organisations islamiques terroristes, de quelque nature qu’il soit, y compris sur le territoire national sans expatriation, soit sanctionné par une peine de RELEGATION (à défaut de la déchéance de nationalité et du renvoi vers les pays d’origine lorsqu’ils s’avèrent – pour le moment – trop compliqués), afin de rendre impossible toute récidive comme tout passage à l’acte de ceux qui se radicaliseraient. Nos publications sur ces sujets, dans les pages de notre blogue, sont innombrables et facilement consultables grâce à notre moteur de recherche;

3/ en ce qui concerne précisément la déchéance de la nationalité française, rappelons à tous ceux qui croient encore aux bobards que leur racontent les criminels qui nous gouvernent, que la France n’est, en réalité, pas liée par le moindre engagement international concernant la déchéance de nationalité ! Car, si la France a bien signé un certain nombre de conventions de l’ONU, notamment celles de 1954 et de 1961 sur les apatrides, elle ne les a pas toutes ratifiées. Il n’y a donc aucune norme contraignante, à part le code civil, que nous sommes en droit de réviser;

4/ la déchéance de nationalité doit être appliquée automatiquement à tout Français (né ou naturalisé) aussitôt qu’il quitte le sol national pour rejoindre quelque camp terroriste que ce soit. Ceci pour deux raisons. La première est que, dans le cas où le terroriste en question échapperait hélas à la mort dans son combat et chercherait à revenir sur le sol national, il y serait définitivement étranger et interdit de séjour. La seconde est plus fondamentale encore et ne saurait être niée par ceux-là mêmes qui s’y réfèrent si souvent : l’engagement de tout Français dans un mouvement terroriste est, par nature, un acte de guerre contre notre pays et  contraire à toutes les valeurs spirituelles et humanistes qui fondent notre civilisation et scellent notre culture commune. Cet engagement est donc incompatible avec l’appartenance à notre communauté nationale et la déchéance de nationalité en est le prix.

D’autres questions ?

Le 29 juin 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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