Prébendes de l’Union européenne : grandes magouilles et petits arrangements (saison 2).

3 Juil

La saison 2 de la série consacrée aux prébendes de l’UE n’a pas tardé à être diffusée ! (voir la saison 1 ici : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/02/prebendes-de-lunion-europeenne-grandes-magouilles-et-petits-arrangements/). Et une chose est certaine : les grandes magouilles et les petits arrangements ont atteint, à cette occasion, des sommets.

Chacune des nominations aux principaux postes de responsabilité, obtenue dans la douleur hier mardi 2 juillet (après des jours et des heures de négociations) est le fruit d’une pesée au trébuchet des avantages et des inconvénients pour les principaux acteurs ou contributeurs de l’Union (ils se comptent sur les doigts d’une seule main).

 

Ainsi, la nomination de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale (en remplacement de l’Italien Mario Draghi) qui, comme nous l’avions annoncé dès hier – https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/02/ils-se-retrouvent-ce-matin/ -, était « le joker d’Emmanuel Macron » a été échangée contre l’attribution de la présidence de la Commission européenne (en remplacement de l’ineffable Jean-Claude Juncker) à l’Allemande Ursula von der Leyen, ministre de la défense d’Allemagne, membre de la CDU (et donc du PPE) et proche d’Angela Merkel. Ce choix permettait de faire d’une pierre…trois coups : satisfaire la volonté d’Emmanuel Macron de voir la BCE enfin dirigée par un(e) Français(e), dédommager Angela Merkel et le PPE de l’abandon forcé de la candidature de Manfred Weber, enfin renvoyer à ses chères études le socialo néerlandais Frans Timmermans, ennemi juré des pays du groupe de Visegrad…Subtile, non ? Et, en prime, l’opération permet d’exprimer une parfaite « parité » conforme à l’air du temps !

Car, du côté des hommes ce n’est pas triste non plus. Jugez-en.

Le clown libéral Charles Michel, Premier ministre belge en sursis, a été pour sa part choisi pour la présidence du Conseil en remplacement du non moins pitre polonais Donald Tusk, dont le mandat s’achève fin novembre. Cela permet de recaser rapidement un copain d’Emmanuel Macron, en grand danger de perdre son poste en Belgique pour cause de guéguerre culturelle et, surtout, d’incompétence notoire dans la tragédie communautariste que connaît son pays (n’oubliez pas avec quel empressement Charles Michel s’enthousiasma pour le pacte de Marrakech sur les migrations…).

« Bonjour les petits enfants !« , c’est moi  Charles Michel

Quant au socialiste espagnol Josep Borrell, un ami de Pedro Sanchez et donc aussi d’Emmanuel Macron, il deviendra haut représentant pour les affaires extérieures. Un poste précédemment occupé par l’Italienne Federica Mogherini et dont nous avons montré à plusieurs reprises…qu’il ne sert strictement à rien (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/15/federica-mogherini-haut-representant-de-lunion-pour-les-affaires-etrangeres-et-la-politique-de-securite-cherche-a-dire-quelque-chose-dintelligent/). Hélas, un militant acharné contre la Russie et Vladimir Poutine ce qui laisse hélas augurer de mauvaises relations de ce côté-là.

Rencontre préparatoire aux petits arrangements entre Emmanuel Macron, Charles Michel (PM belge), Pedro Sanchez (PM espagnol) et Mark Rutte (PM néerlandais), à la délégation espagnole à Bruxelles

En ce qui concerne la présidence du Parlement européen, soumise dès aujourd’hui mercredi au vote des eurodéputés, elle sera sans doute occupée par l’ancien premier ministre bulgare Sergueï Stanichev. En effet, le Parlement de Strasbourg nouvellement composé se réunit de son côté et devrait, en principe, élire son président aujourd’hui. Une décision liée aux débats bruxellois et aux accords conclus entre les différentes familles politiques (conservateurs du Parti populaire européen, socialistes et libéraux-démocrates de Renew Europe).

Les dirigeants, de leur côté à Bruxelles, avaient en tout cas à cœur, mardi, de suggérer le président ou la présidente de l’hémicycle de leur choix, avant que les élus ne leur grillent la priorité. Il s’agissait, pour Mme Merkel, de calmer le mécontentement de l’alliance CDU-CSU (Union chrétienne-démocrate – Union chrétienne-sociale) allemande, dont le champion aux européennes, Manfred Weber, a fait campagne pendant des mois pour la présidence de la Commission. Celui-ci risque de ne même pas hériter, comme lot de consolation, de la présidence du Parlement européen – cela ferait trop d’Allemands. Les socialistes réclament aussi leur dû, étant arrivés en deuxième position au niveau européen derrière les conservateurs, aux élections européennes.

Bref, comme souvent dans ces aréopages de prébendiers, c’est et ce sera  » PASSE-MOI LE SÉNÉ, JE TE PASSERAI LA RHUBARBE « .

Le 3 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :