Malgré la volonté des électeurs européens, les apparatchiks de l’UE continuent de cannibaliser le pouvoir.

5 Juil

L’arrogance et le mépris de la super-classe politique européenne n’a pas de limite. Au point que, malgré les revers, les fiascos voire les débâcles subis par ses partis respectifs, elle continue à prétendre conserver un pouvoir sans limite au sein des institutions de l’Union et à ne souffrir aucune opposition.

Après le partage des dépouilles des postes à responsabilité à Bruxelles, grâce à de « grandes magouilles et de petits arrangements » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/03/prebendes-de-lunion-europeenne-grandes-magouilles-et-petits-arrangements-saison-2/), voilà que les eurodéputés, fraîchement élus, ont envoyé un double signal négatif aux forces patriotiques et eurosceptiques, mercredi 3 juillet. Ils ont d’abord élu à la présidence de l’hémicycle le social-démocrate italien David Sassoli, opposant dans son pays à la coalition entre la Ligue (droite radicale) et le Mouvement 5 étoiles., montrant ainsi le peu de respect qu’ils ont pour le suffrage universel. Le même jour, les candidats présentés par l’opposition eurosceptique et populiste aux postes de vice-président de l’institution ont été battus par les partis eurolâtres.

Elu à la présidence au deuxième tour de scrutin, avec 345 voix, David Sassoli a commencé son discours de remerciements par un éloge de son prédécesseur et compatriote, Antonio Tajani (Forza Italia, droite), avec qui il présente plusieurs points communs. D’abord, tout comme lui, David Sassoli est journaliste de profession. Il a été l’un des visages les plus connus de l’audiovisuel public italien, pour lequel il a travaillé plus de vingt ans, présentant, au milieu des années 2000, le journal télévisé de 20 heures de RAI 1. Mais chacun sait ce qu’il faut penser des « journaleux » qui, quelque soit leur étiquette politique apparente, font tous en réalité la promotion de la pensée conforme et obligatoire (le traditionnel politiquement correct).

Ensuite, son parcours journalistique est lié à un engagement politique qui remonte à la prime jeunesse. Né à Florence en 1956 dans une famille liée à la démocratie chrétienne de Giorgio La Pira – qui fut maire de Florence –, un peu religieuse mais très oeucuménique dans le domaine des rapports avec la laïcité et la gauche, il a grandi à Rome. David Sassoli est entré en politique sous le parrainage du maire de Rome du début des années 2000, Walter Veltroni, et a d’ailleurs participé à la fondation du Parti démocrate (PD) –centre gauche– en 2007. Deux ans plus tard, il est élu au Parlement européen, où il s’attirera une réputation d’élu…consensuel. Il a été nommé pour un demi-mandat, à savoir deux ans et demi – l’autre moitié étant réservée, en principe, aux chrétiens-démocrates du PPE.

Dans son premier discours en tant que président du Parlement européen, il a annoncé la couleur et affirmé sa volonté de parvenir à une réforme des accords de Dublin sur les demandeurs d’asile et assuré que, « sous [sa] présidence, le Parlement sera toujours ouvert aux ONG ».  Avec ça, nous sommes fixés !

Des propos qui n’ont pas été du goût de l’homme fort du gouvernement italien, Matteo Salvini (Ligue), qui semble peu apprécier le fait que le seul visage de son pays au sommet des institutions européennes soit l’un de ses adversaires politiques. Serait-ce le simple fruit du hasard ? Poser la question, c’est y répondre. Dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook, Matteo Salvini a ironisé, mercredi 3 juillet, sur une élection, qui, selon lui, ne respecte ni le vote des Italiens ni celui des Européens. « Là-bas, ils continuent à se répartir les postes », a-t-il ensuite accusé. C’est évidemment notre avis aussi.

Il est vrai qu’au Parlement européen, affilié à un groupe de 73 eurodéputés, le ministre italien de l’intérieur n’a aucun moyen de peser. Le PD, en revanche, est dans l’opposition en Italie et loin derrière la Ligue dans les sondages, mais sa délégation est la deuxième du groupe social-démocrate au Parlement.

Dans l’après-midi, l’élection des 14 vice-présidents du Parlement a confirmé l’isolement des formations eurosceptiques, en dépit de leur considérable progression lors des élections du 26 mai. Le groupe Identité et démocratie, auquel appartiennent le Rassemblement national (ex-FN) et la Ligue, avait présenté deux candidats, mais aucun n’a été élu. L’équivalent européen du « front républicain » de chez nous…

La mise en place du nouveau Parlement devrait lui permettre de se prononcer, mi-juillet, sur la présidence de la Commission européenne pour laquelle la chrétienne-démocrate allemande Ursula von der Leyen a été désignée par les chefs d’Etat et de gouvernement. La désormais ex-ministre de la défense allemande s’est rendue à Strasbourg, mercredi, afin de préparer le terrain. Elle doit s’assurer le soutien d’une majorité de députés, en allant chercher, au-delà des élus du PPE, les voix des socialistes et d’au moins un groupe supplémentaire.

Une chose est sûre, elle n’aura pas les voix du groupe Identité et démocratie.

Le 5 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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