Nouveau Billet d’Argolide (5).

11 Juil

Blason des seigneurs d’Argolide de la maison de Brienne

Les ennuis commencent pour Kyriakos Mitsotakis !

Et, après les félicitations, voici venir les mises en garde. À peine élu, le nouveau Premier ministre grec doit avouer que les Européens ont douché ses espoirs de renégocier la trajectoire budgétaire de son pays, comme il l’avait pourtant laissé entendre pendant sa campagne. Il est vrai que nous l’avions prévenu dès notre troisième Billet d’Argolide, de mardi 9 juillet (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/09/nouveau-billet-dargolide-3/) :  » M. Mitsotakis, dont le mouvement est membre du Parti populaire européen (PPE, le rassemblement de la droite), espère pouvoir renégocier à la baisse, avec les créanciers, les objectifs d’excédents budgétaires primaires qui s’élèvent à 3,5 % du PIB jusqu’en 2022. Pas gagné…« 

« Les engagements sont les engagements », a déclaré Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe – la réunion des ministres des finances de la zone euro. « Si on ne les tient pas, la crédibilité est la première chose qui s’effondrera. Cela amènera moins de confiance, moins d’investissement et, à terme, moins de croissance », a-t-il poursuivi. Autrement dit, les gauleiters de l’Allemagne et des créanciers de la Grèce n’ont pas l’intention de relâcher la pression sur le nouveau gouvernement.

Même avis du côté français, où Emmanuel Macron estime que le nouveau pouvoir conservateur ne pourra pas revenir sur les engagements pris par la Grèce, sous peine d’une impasse pour le pays ou de difficultés pour l’union monétaire. « Tout retour à des tensions serait d’ailleurs rapidement sanctionné par le marché », a confirmé un haut responsable.

Car le pays a beau être sorti de sa mise sous tutelle en juin 2018, il n’en reste pas moins soumis à la surveillance étroite de ses créanciers de l’union monétaire (dix-neuf Etats membres de l’Union européenne, UE). Un « cadre de surveillance renforcée », qui permet notamment de conditionner les restructurations de dette préalablement actées au respect des réformes agréées ces dernières années.

Or, le dernier rapport soumis ce lundi aux ministres européens fait état d’un ralentissement des progrès en Grèce, dont la dette s’élevait en 2018 à 180 % de son produit intérieur brut (PIB). Il note que les baisses d’impôts et les aides aux retraités annoncées en mai remettent en question la réalisation des objectifs budgétaires fixés avec ses créanciers de la zone euro.

« Le rythme de la mise en œuvre des réformes s’est ralenti ces derniers mois, et des mesures ne correspondent pas aux engagements pris auprès des partenaires européens », indique le document, qui note que, sur la quinzaine de mesures annoncées, plusieurs ont pris du retard. C’est le cas, en particulier des privatisations imposées (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/08/nouveau-billet-dargolide-2/).

Mais les institutions européennes s’inquiètent tout particulièrement des promesses de campagne du tout nouveau Premier ministre grec. Avant l’élection, le candidat de Nouvelle Démocratie (droite) avait, à plusieurs reprises, exprimé son intention de renégocier l’objectif d’excédent primaire convenu de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022. L’excédent primaire, c’est la différence entre les recettes et les dépenses, qui ne tient pas compte du service de la dette, des intérêts que l’Etat doit évidemment honorer.

« Si nous arrivons à Bruxelles avec un plan de réformes raisonnables qui soutient la croissance, je pense que la discussion d’abaisser les objectifs d’excédent budgétaire demandés à la Grèce pourra être possible. Si nous présentons un plan qui assure que la croissance grecque sera supérieure à 3 %, nos partenaires européens devraient voir cela d’un bon œil », rêvait-il pendant la campagne !

A l’époque, les Européens s’étaient bien gardés de commenter. Mais au lendemain des élections, les félicitations passées, l’heure est à la fermeté : « L’objectif de 3,5 % est une pierre angulaire du programme d’aide depuis le début. C’est une condition sine qua non à des mesures supplémentaires d’allègement de la dette », a ainsi précisé Klaus Regling, le directeur du Mécanisme européen de stabilité, annonçant une première visite à Athènes la semaine prochaine.

Et d’insister sur le fait que son institution est un « partenaire de long terme » de la Grèce, dans la mesure où les 200 milliards d’euros de prêts octroyés courent sur plus de quarante ans, et qu’elle suivra donc attentivement la situation. En Grèce, il risque donc d’y avoir plus d’une promesse de campagne qui ne sera pas tenue.

Bataille des Fourches Caudines

En vérité, l’erreur fatale fut d’accepter de passer sous les fourches caudines de l’UE et des autres créanciers du pays au lieu d’aller courageusement jusqu’à la sortie de la zone euro et même de l’Union européenne (le Grexit). Les souffrances du peuples grec n’auraient pas été plus grandes que celles qu’imposa Alexis Tsipras en se pliant aux injonctions venues de Bruxelles mais la liberté aurait été au bout du tunnel. Alors qu’aujourd’hui….

C’était déjà notre point de vue à l’acmé de la crise, en 2015. Mais, hélas, on ne nous a pas entendu.

Le 11 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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