Zika, Dengue, Chikungunya : merci les Outre-Mer et merci l’industrie du tourisme.

11 Juil

Rappelons sans cesse cette évidence énoncée par Jean Mistler : « Le tourisme est l’industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux. »

Et, ne nous le cachons pas, il est résulté de cette industrie (mais aussi de l’entreprise coloniale de la France), l’importation en métropole d’un certain nombre de maladies, aux conséquences variées mais parfois sévères, ainsi que du vecteur de celles-ci, bien connu sous le nom de « moustique tigre« .

Ce monstre volant, venu d’Outre-Mer grâce aux moyens mondialisés de transport, colonise progressivement la totalité de la France métropolitaine, augmentant sans cesse  l’importance de la population exposée. Quant aux maladies qu’il peut transmettre, elles se nomment Zika, dengue, chikungunya… Elles gagnent elles aussi du terrain aussi bien en France que dans le monde.

Face à ce risque en expansion, « dans un contexte de changement environnemental et de mondialisation, notre système de santé doit se préparer », prévient Christine Ortmans, responsable du département Veille et sécurité sanitaire à l’Agence régionale de santé PACA, dans un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à ces « arboviroses« .

Le moustique tigre, susceptible de véhiculer ces maladies en métropole, a désormais atteint la capitale. Depuis son installation dans les Alpes-Maritimes en 2004, il n’a cessé de progresser et est implanté dans plus de la moitié des départements, soit 51 départements en 2018 contre 42 un an plus tôt. « Une fois installé dans une commune ou un département, il est pratiquement impossible de s’en débarrasser« , observent les autorités.

Merci à tous ceux qui ont contribué à son installation !

Le moustique tigre ou Aedes albopictus, « l’espèce la plus invasive au monde« , se développe essentiellement en milieu urbain et présente la particularité de piquer le jour. « Il expose au risque de transmission autochtone [sur place] de ces arboviroses » au retour en métropole de voyageurs porteurs de virus qui se sont infectés dans des zones à risque « où circulent ces virus« , rappellent Elodie Terrien et ses collègues de Santé publique France (SpF) dans le BEH. Autrement dit, ces maladies virales sont des cartes-postales explosives qui nous sont adressées depuis leurs lieux de villégiature exotique par ces voyageurs aussi inconscients qu’irresponsables.

Devant l’expansion de ce moustique, ces auteurs suggèrent de « recentrer » le dispositif de surveillance actuel « sur les cas confirmés ou probables (…) pour une meilleure efficacité et utilisation des moyens« . « Avec l’augmentation constante du poids des arboviroses dans le monde, il apparaît fondamental d’informer les voyageurs se rendant ou revenant des zones à risque, tout comme de renforcer la sensibilisation des professionnels de santé à leur diagnostic et à leur surveillance« , ajoutent-ils.

Mais qu’alliez-vous donc faire dans cette galère ?…

A la période d’activité du moustique, qui s’étend de début mai jusqu’au 30 novembre, correspond une période annuelle de « surveillance renforcée« . En 2018, 16 cas de chikungunya, 333 cas de dengue et 10 cas de zika ont été notifiés en France métropolitaine. En 2019, du 1er mai au 7 juillet, ont déjà été recensés 187 cas importés de dengue dont 39 avaient séjourné sur l’Ile de la Réunion ; 22 cas importés de chikungunya ; 3 cas importés de zika ! (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/28/les-joies-du-tourisme-exotique/).

Par ailleurs, une épidémie de dengue sévit actuellement sur l’Ile de la Réunion avec plus de 15 000 cas de dengue (biologiquement confirmés ou probables) signalés entre le début de l’année 2019 et le 11 juin, selon SpF.

Depuis 2010, en métropole, douze épisodes de transmission autochtone ont été identifiés, 9 de dengue et 3 de chikungunya, qui ont entraîné au total 54 cas autochtones, 23 de dengue et 31 de chikungunya. Huit épisodes ont eu lieu en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

« L’analyse de ces émergences et des mesures prises pour en limiter l’extension a montré l’efficacité du dispositif de surveillance mis en place ainsi que des investigations réalisées car elles ont permis d’identifier rapidement les foyers et de les circonscrire« , souligne l’éditorial du BEH de l’agence sanitaire.

Néanmoins, « l’analyse des 12 épisodes de cas autochtones survenus entre 2010 et 2018 en France métropolitaine a montré que leur apparition était très majoritairement liée à l’absence d’identification des cas primaires importés [cas de départ] par la surveillance renforcée » et, « dans une moindre mesure« , à des actions incomplètes pour lutter contre le moustique  » autour des lieux fréquentés » par les personnes revenues avec le virus, remarquent Florian Franke (SpF, Paca, Marseille) et ses collègues.

Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que la présence désormais endémique du moustique tigre en France métropolitaine (et sa rapide extension) provoque (et provoquera bien davantage encore dans un proche avenir) des cas autochtones des maladies virales en question : des personnes saines et n’ayant pas voyagé dans les zones tropicales à haut risque sont et seront contaminées par la piqure d’un moustique tigre indigène ayant au préalable recueilli les virus responsables en piquant des voyageurs infectés, de retour desdits pays.

Merci les amis ! Mais que fait la police des frontières ?

Le 11 juillet 2019.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Une Réponse to “Zika, Dengue, Chikungunya : merci les Outre-Mer et merci l’industrie du tourisme.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 11, 2019 à 9:30 #

    Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que

    1. le beauf moyen, qui a le droit de voyager comme tout le monde, quand il prend l’avion pour aller visiter dans tous les sens du terme quelques beauté exotiques, en rapporte des moustiques tigres et des maladies.

    2. l’indigène exotique voulant pratiquer le toturisme migratoire, s’il vient directement en avion avec, par exemplel un visa estudiantain ou toturistique, amène avec le fameu mousituque tigre et… ses maladies !

    dans les deux cas : le risque de Paris remplis de voyageurs infectés, de retour desdits pays.

    Oui, que fait la poilice… de l’air et des frontières ?

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