Nouveau Billet d’Argolide (6).

12 Juil

Blason des seigneurs d’Argolide de la maison de Brienne

La page de l’ère Tsipras est maintenant tournée. Au lendemain de sa victoire sans appel aux législatives grecques, le chef de file des conservateurs, Kyriakos Mitsotakis, 51 ans, a été investi premier ministre lundi 8 juillet. Arrivé souriant avec ses trois enfants et son épouse au palais présidentiel, le nouveau chef du gouvernement a prêté serment sur la Bible comme le veut la tradition en vigueur en Grèce, où il n’y a pas de séparation entre l’Eglise et l’Etat. Son prédécesseur athée, Alexis Tsipras, avait inauguré le serment civil après son élection en 2015.

Le leader conservateur a obtenu près de 40 % des voix avec son parti, Nouvelle Démocratie (ND), aux élections anticipées de dimanche, les premières législatives depuis que la Grèce a échappé à la faillite en 2015. A la Vouli, le Parlement grec, il dispose de la majorité absolue avec 158 sièges sur 300. « Le peuple grec nous a donné un message fort pour changer la Grèce, a déclaré M. Mitsotakis en quittant le palais présidentiel. Aujourd’hui commence un travail difficile mais je suis absolument sûr que nous serons à la hauteur des événements. »

« C’est une victoire pour l’Europe et pas seulement pour la Grèce », s’est exclamé M. Mitsotakis. Quelle erreur !

Kyriakos Mitsotakis s’est ensuite rendu au palais Maximou où s’est déroulée, sans caméras, la passation de pouvoirs avec Alexis Tsipras, qui est ensuite sorti par l’arrière du bâtiment sans faire de déclaration.

En début de soirée, M. Mitsotakis a annoncé la composition de son gouvernement, qui comprend plusieurs technocrates et une poignée de femmes, avec la promesse de relancer l’économie grecque. Le nouveau ministre des finances est Christos Staikouras, un économiste de 45 ans, qui était ministre suppléant des finances entre 2012 et 2015 sous un précédent gouvernement conservateur. M. Staikouras hérite d’une économie en lente croissance, d’un endettement dépassant 180 % du PIB et, surtout…. de négociations ardues avec les créanciers de la Grèce pour alléger les objectifs fiscaux. Le ministère des affaires étrangères va à Nikos Dendias, 59 ans, qui était ministre de l’ordre public en 2013.

Mais deux anciens cadres de droite radicale, membres du cabinet de M. Mitsotakis lorsqu’il était dans l’opposition, ont également reçu des responsabilités dans le nouveau gouvernement, prouvant qu’en Grèce aussi l’union de toutes les droites est possible. Adonis Georgiadis, 46 ans, ex-membre du parti d’extrême droite LAOS, prend en charge le portefeuille du développement et de l’investissement. Autre ancien membre de LAOS, Makis Voridis, qui a dirigé une organisation de la jeunesse nostalgique de la dictature militaire en Grèce (1967-1974), a été nommé ministre de l’agriculture.

Ancien ministre socialiste, Michalis Chrisohoidis, 63 ans, devient ministre de la protection des citoyens. Il avait participé au démantèlement de l’Organisation révolutionnaire du 17-Novembre, groupe d’extrême gauche violent et responsable de nombreux assassinats. Nikos Panagiotopoulos, un avocat de 53 ans, est nommé ministre de la défense, tandis que Giorgos Koumoutsakos, ancien porte-parole ministériel de 57 ans, devient ministre des migrations dans un pays traversé par près d’un million de migrants au pic de la crise migratoire mais qui n’en a pas fini avec l’arrivée de hordes allogènes à partir de la Turquie et du Proche-Orient (Lire « Malgré ce qu’on vous raconte, la Grèce n’en a pas fini avec les hordes migrantes » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/05/12/malgre-ce-quon-vous-raconte-la-grece-nen-a-pas-fini-avec-les-hordes-migrantes/).

Les nouveaux ministres ont été officiellement investis mardi et le premier conseil des ministres a eu lieu mercredi. Cinq femmes prennent des responsabilités dans le nouveau gouvernement, dont Niki Kerameus, une avocate de 38 ans, nommée ministre de l’éducation.

Dans un télégramme de félicitations, Vladimir Poutine a salué les « traditions séculaires d’amitié, de proximité culturelle et spirituelle » entre la Grèce et la Russie. M. Mitsotakis a également été félicité par Jean-Claude Juncker, le président sortant de la Commission européenne, et par le président turc Recep Tayyip Erdogan. De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a souhaité « que la coopération bilatérale continue d’évoluer de manière amicale », selon un porte-parole.

Mais « Mon conseil [au nouveau gouvernement], ce serait de respecter les engagements », a pour sa part déclaré Mario Centeno, président de l’Eurogroupe, à l’issue d’une rencontre entre les ministres des finances de la zone euro à Bruxelles. « C’est le seul moyen que je connaisse pour gagner en crédibilité », a-t-il ajouté.

Tout est dit quant à l’absence totale d’empathie et de tolérance des institutions financières européennes à l’égard de la Grèce. Rendez-vous avant longtemps pour le réveil…

Le 12 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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