La pénurie de médicaments anti-cancéreux s’aggrave.

13 Juil

Hippocrate de Cos

Il y a bien des années déjà que nous dénonçons la pénurie de médicaments qui frappe l’Europe en général et la France en particulier (Lire « Et ce n’est pas mieux en matière de médicaments » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/07/17/bulletin-climatique-quotidien-17-juillet-2015de-la-republique-francaise/). Et, pourtant, sachez que rien ne change malgré nos cris d’alarme. En particulier, aujourd’hui, en ce qui concerne les médicaments anti-cancéreux…L’exemple le plus criant nous a été révélé cette semaine au Centre de lutte contre le cancer François-Baclesse, à Caen.

En dix ans, les ruptures de stocks ou les tensions d’approvisionnement y ont considérablement augmenté. Le point avec le Dr Fabienne Divanon, cheffe de service de la pharmacie.

La ministre de la Santé, Fabienne Buzyn, a dévoilé, ce lundi 8 juillet, ses pistes pour lutter contre la pénurie de médicament. Ce plan génial ne repose que sur un meilleur partage de l’information, et une meilleure gestion du « circuit du médicament », du fabricant jusqu’à à la pharmacie…Pauvre niaise !

Fabienne Divanon, chef de service de la pharmacie de l’hôpital François-Baclesse de Caen (Calvados), explique les raisons de la pénurie de médicaments dans son établissement.

 » En dix ans, les ruptures de stocks ou les tensions d’approvisionnement ont considérablement augmenté. Nous étions à 40 ruptures ou tensions de stocks en 2008, parfois pour le même médicament. En 2017 nous en avons compté…538. Il arrive, par exemple, que nous commandions 200 médicaments et que nous n’en recevions que 75. C’est difficile à gérer et cela montre que la pénurie de médicaments s’accélère.« 

Ce sont rarement des nouveaux médicaments qui sont en rupture. La pénurie concerne surtout des molécules anciennes, mais avec des apports thérapeutiques majeurs : les antibiotiques, les médicaments pour le système nerveux comme les antalgiques apaisant la douleur, et les anticancéreux. Et là, ce qui est dramatique, c’est que ce sont des molécules majeures entrant dans la composition de nombreux protocoles de traitement. Notre crainte majeure serait la rupture de stock totale.

Et comme vous vous en doutez, les ruptures de stock ne sont pas rares :  » Quand cela arrive, il y a des molécules que nous pouvons remplacer. Parfois, c’est à l’identique. Parfois, ce ne sont pas les mêmes, mais nous trouvons des équivalences. Mais là où ça devient compliqué, c’est quand on ne peut pas remplacer la molécule. Et comme de nombreux traitements sont faits chez nous sous la forme injectable, nous avons davantage de tensions par rapport aux pharmacies libérales. »
Comment expliquer cette scandaleuse situation ? C’est très simple. Quand les quantités de médicaments sont trop justes par rapport à la demande, les laboratoires préfèrent vendre aux pays qui vont payer mieux. Et la France n’a pas bonne réputation auprès des laboratoires fabricants qui sont en grande partie situés…en Asie. Parce qu’elle achète les médicaments aux prix les plus bas par rapport aux autres pays.
La France paie cher son système unique au monde et précieux permettant à chacun de se soigner. Elle met la pression pour obtenir des prix bas auprès des labos. Mais la contrepartie est que, quand ses services hospitaliers sont en difficulté, ils sont approvisionnés en dernier !

Ce sont les conséquences de la dépendance et d’une politique constamment hostile à l’industrie pharmaceutique.

Le 13 juillet 2019.

Pour le CER,Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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