Les publications de Jérôme Fourquet sont toujours d’une grande pertinence…

16 Juil

Après avoir étudié de près l’expansion sournoise des prénoms d’origine arabo-musulmane dans la société française, témoignant du « Grand Remplacement » que nous dénonçons depuis si longtemps et avoir révélé les grandes fractures sociales de notre pays dans un ouvrage essentiel (L’Archipel français, au Seuil, 2019). Après avoir mis le doigt sur la paupérisation de nos compatriotes les plus  fragiles alors que les migrants ne cessent d’être entourés de tous les soins imaginables ((https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/03/Présentation-IFOP-Dons-Solidaires-dèf.-slide-DS.pdf)). Voici qu’il nous apporte un éclairage particulièrement intéressant sur le vote des militaires, dans notre pays. Notion d’autant plus importante qu’elle met à mal le traditionnel concept républicain de « Grande muette » par lequel les dirigeants politiques de notre pays cherchaient à disqualifier toute tentative de réaction de nos armées à leurs turpitudes .

Et ce que nous pensions depuis quelques années se confirme. Les militaires, dont les gendarmes, accordent très largement leur suffrage au Rassemblement national (RN). C’est ce que montre cette nouvelle étude réalisée par Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l’IFOP, intitulée avec humour « Pour qui vote les casernes ? » et publiée lundi 15 juillet : « Leur inclinaison pour le parti de l’extrême droite varie en fonction de l’actualité, mais le plancher reste toujours très élevé », constate l’auteur.

Cette étude s’emploie à analyser les résultats obtenus dans les petites communes abritant des garnisons et dans les bureaux de vote dont dépendent les casernes. Uniquement là où « l’impact statistique de leur vote est indiscutable », souligne M. Fourquet. Dans les villes moyennes et grandes, les effectifs sont trop dilués pour peser significativement. « C’est pourquoi nous n’avons pas pu étudier le vote des marins, qui habitent dans des villes trop grandes, ni celui des policiers, qui ne sont jamais regroupés au même endroit en nombre suffisant pour être déterminants dans le corps électoral local », explique le sondeur.

Prenons l’exemple de Mailly-le-Camp, dans l’Aube, une petite commune de moins de 1 600 habitants (et 852 inscrits) qui abrite le 5e régiment de dragons, composé de six escadrons et de trois compagnies, soit près de 1 000 soldats. Aux élection européenne de mai dernier, le parti de Marine Le Pen a obtenu 50,4 % des suffrages. C’est 17 points de plus que la moyenne du département.

L’élection présidentielle de 2012 et les européennes de 2014 avaient déjà enregistré une première hausse, que M. Fourquet attribue à l’arrivée de la gauche au pouvoir, aux premières années du quinquennat Hollande ainsi qu’aux divisions au sein de la droite.

Les scores du Front national (FN) ont ensuite bondi dans ces communes à forte présence militaire lors des élections régionales de 2015, après les attentats du 13 novembre 2015 (53,7 % au premier tour à Mailly-le-Camp). « Les attaques meurtrières (…) ont manifestement eu un effet non négligeable dans cet électorat se retrouvant de facto en première ligne pour lutter contre l’ennemi islamiste », analyse l’auteur.

Si ce tropisme pour le RN a reflué lors de l’élection présentielle de 2017, il a repris des couleurs aux européennes de 2019. « Le RN a sans doute bénéficié d’une part de mécontentement de la base militaire à l’encontre du président de la République qui avait commencé son quinquennat en sanctionnant le très respecté général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, et d’autre part, de l’effondrement du vote en faveur des Républicains », commente M. Fourquet. Les mêmes tendances s’observent dans les bases militaires situées à l’étranger et dans les bases aériennes.

Les gendarmes et les gardes républicains n’échappent pas au vote « très bleu Marine ». Les bureaux situés en milieu urbain à proximité d’une caserne de la gendarmerie mobile se distinguent très nettement de leur environnement lors de l’élection présidentielle. En 2012, à Hyères (Var), une ville déjà très frontiste, la patronne du FN a obtenu 52,1 % au premier tour dans le bureau 22, contre 21,8 % en moyenne dans la ville, soit un écart de plus de vingt points. Ce survote au profit du FN s’était fait non pas au détriment de la droite, mais de la gauche.

Leur « quotidien très éloigné de celui d’un électeur urbain moyen” » et les conditions matérielles de logement et de travail « laissant souvent à désirer » ( un rapport parlementaire publié le 10 juillet – https://www.lepoint.fr/societe/les-force-de-l-ordre-travaillent-dans-des-conditions-deplorables-selon-un-rapport-parlementaire-09-07-2019-2323643_23.php – qualifie les conditions de travail des forces de l’ordre de « déplorables ») sont « un terreau propice au vote RN », décrypte M. Fourquet.

Comme dans l’armée, le vote FN a connu un raidissement chez les gendarmes entre 2014 et 2015. Le contexte terroriste explique en partie cette hausse, mais pas seulement. Les affrontements sur le chantier du barrage de Sivens (Tarn) et les scènes de violence autour de la « jungle » de Calais (Pas-de-Calais) ont aussi « pesé sur le moral » des gendarmes.

Les résultats dans les bureaux de vote 10 et 11 de Versailles qui correspondent au camp de Satory – il abrite des militaires, des unités blindées de la gendarmerie et l’unité d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) – illustrent ces progressions ; 58,7 % aux élections européennes de 2014 et près de 62 % pour le FN aux régionales de 2015 dans le bureau numéro 10.

Le parti présidentiel n’a pas bénéficié auprès de cet électorat de son image prétendument de « parti de l’ordre » – qu’il a beaucoup promu pendant la crise des « Gilets jaunes » – malgré le soutien aux forces de l’ordre allégué par le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

M. Fourquet a par ailleurs également observé un survote frontiste très localisé autour des établissements pénitentiaires. Dans l’Aube par exemple, à Ville-sous-la-Ferté, qui compte 621 inscrits et abrite la prison de Clairvaux (200 fonctionnaires employés), la liste conduite par Jordan Bardella aux européennes de 2019 a obtenu 50,7 % des voix, contre une moyenne départementale de 33,4 %. Les résultats sont identiques en milieu urbain, là où les gardiens bénéficient de logements réservés. Ainsi à Fleury-Mérogis (Essonne), où le bureau de vote 3 a enregistré un taux de 34,9 % pour M. Bardella contre 29,1 % sur la commune.

« Dans le processus de recomposition politique à l’œuvre, où l’on observe le ralliement de la droite parlementaire à Macron, les casernes restent plutôt imperméables, conclut M. Fourquet. Certes, la droite est en perte de vitesse dans cet électorat aussi, mais il a choisi son camp, et c’est celui du Rassemblement national. »

Soyons patients et ne désespérons pas car la résistance s’installe et la renaissance est encore possible.

Le 16 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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