Paléoanthropologie : les découvertes s’accélèrent malgré le conformisme scientifique…

22 Juil

Et mettent à mal le modèle unique de la migration de l’homme moderne (Homo sapiens) à partir de l’Afrique de l’Est. C’est précisément ce que nous ne cessons d’opposer aux idéologues darwinistes depuis des années. Pour bien comprendre ce que nous voulons dire, nous vous invitons à lire lire ce Billet d’humeur du sieur Du Plessis (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/12/22/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-homo-sapiens-nest-pas-celui-que-lon-a-voulu-nous-faire-croire/) mais aussi l’ensemble de nos articles consacrés au sujet grâce au mot-clé « Homo sapiens » dans notre moteur de recherche.

Quoi qu’il en soit, nous nous réjouissons des toutes dernières découvertes en la matière qui confirment progressivement notre vision des choses : l’homme moderne (Homo sapiens) n’est pas né exclusivement en Afrique de l’est mais, sur une longue période, en plusieurs lieux différents. Et, d’ailleurs, voici ce que nous écrivions ici même, de façon prémonitoire, dans l’un de nos articles : « le temps n’est sans doute pas loin où l’on finira par découvrir ce que l’on a refusé de chercher (puisque la doxa imposait la venue d’Afrique de l’homme moderne) : de nouveaux foyers d’Homo sapiens nés en Asie et/ou en Europe. Conformément au projet divin…

Aussi, ne nous étonnons pas que ce qui suit soit vécu comme un coup de tonnerre dans le ciel sans nuage de la pensée conforme et obligatoire de notre préhistoire…

Plus de quarante ans après sa découverte, un bout de crâne humain trouvé dans une grotte du Péloponnèse vient enfin de parler. Mais ses « traducteurs », les paléoanthropologues, rapportent évidemment des propos contradictoires.

Carte de la région du Magne (Grèce). La grotte de la découverte est à Kalamakia, à hauteur du i de Laconie (en rouge sur la carte).

Pour l’équipe de Katerina Harvati (universités de Tubingen, en Allemagne, et d’Athènes), qui le décrit dans la revue Nature du 11 juillet, il s’agirait du premier représentant en Europe de notre espèce, un Homo sapiens daté à 210 000 ans, soit 160 000 ans plus tôt que les précédents candidats à ce titre.

Marie-Antoinette de Lumley (Institut de paléontologie humaine), coauteur d’une monographie sur le fossile publiée début juin par CNRS Editions, y voit, quant à elle, « un prénéandertalien jeune » tant il est encore difficile de remettre en question ses absolues certitudes !

Mais le temps long finira par imposer une vérité tandis que, pour l’heure, chaque camp semble sûr de son fait.

Revenons en donc au fossile lui-même. Ou plutôt aux fossiles, car la grotte a livré deux crânes. Du premier, baptisé Apidima* 1, ne subsiste qu’une partie de la calotte postérieure gauche, mais rien de la face avant. L’autre, Apidima* 2, offre une mosaïque assez complète mais très déformée du visage, tandis que la partie postérieure fait défaut.

A droite, crâne partiel du fossile grec Apidima 1,  et sa reconstitution vue de derrière (milieu) et de côté (à droite), montrant une forme arrondie typique de notre espèce, « Homo sapiens ».
A droite, crâne partiel du fossile grec Apidima 1,  et sa reconstitution vue de derrière (milieu) et de côté (à droite), montrant une forme arrondie typique de notre espèce, « Homo sapiens ». KATERINA HARVATI, EBERHARD KARLS, UNIVERSITY OF TUBINGEN
Le crâne Apidima 2 et sa reconstitution virtuelle.
Le crâne Apidima 2 et sa reconstitution virtuelle. KATERINA HARVATI, EBERHARD KARLS, UNIVERSITY OF TUBINGEN

Apidima 1 a été repéré en 1976 par un archéologue amateur, Andreas Andreikos, qui a deviné sur la paroi d’une grotte uniquement accessible par la mer, à 4 mètres au-dessus des flots, ce qui évoquait la coupe d’un crâne humain tronqué par l’érosion.

En 1978, Theodoros Pitsios, professeur de l’université d’Athènes, confirme sur place cette intuition. L’année suivante, Andreas Andreikos repère à 15 centimètres seulement à droite du premier crâne un second fossile, Apidima 2, lui aussi pris en masse dans la roche. Theodoros Pitsios procède à l’extraction du bloc contenant les deux fossiles, qui en seront patiemment extraits et donneront lieu à une série de publications plus ou moins confidentielles.

Pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour aboutir à des descriptions plus complètes ? Lors d’une conférence de presse téléphonique organisée par Nature, lundi 8 juillet, Katerina Harvati a indiqué que l’« élément clé était qu’il n’était pas facile de nettoyer ces spécimens de la roche qui les entourait et qu’étant donné les déformations qu’ils ont subies ils étaient difficiles à interpréter ».

De fait, dès 1999, la paléoanthropologue avait suggéré qu’il pouvait s’agir d’Homo heidelbergensis, mais, dix ans plus tard, une nouvelle analyse la faisait hésiter avec Neandertal. A partir de 2012, l’équipe d’Henry de Lumley a été conviée par Theodoros Pitsios à étudier les deux crânes. Une double expertise parallèle due à ces chikayas académiques dont la paléontologie a le secret.

La première datation directe à l’uranium/thorium, effectuée en 2010, a porté sur un fragment d’os d’Apidima 2 et a abouti à la proposition d’une date minimale de 160 000 ans. A cette époque plus froide, le niveau de la mer était bien inférieur, et la cavité accessible depuis la plaine en contrebas.

L’article de Nature fait état de nouvelles datations, réalisées par le même spécialiste, Rainer Grün (Griffith University, Australie). En moyenne, elles donnent une date centrée sur 210 000 ans pour Apidima 1 et 170 000 ans pour Apidima 2. Pour le premier crâne, cependant, les datations présentent une très large dispersion, entre 50 000 et 350 000 ans. « Mon interprétation pour les dates bien plus jeunes est qu’elles proviennent d’un apport ultérieur d’uranium dans la roche », indique le chercheur allemand, qui se défend d’« avoir rien laissé sous le tapis » à ce sujet.

Nous voici donc face à deux crânes qui, coïncidence extraordinaire, se seraient retrouvés dans la même anfractuosité d’une grotte à 40 000 ans d’intervalle, puis fossilisés dans des sédiments. Autre conclusion inattendue, ils correspondraient à deux espèces distinctes, le plus ancien, Apidima 1, appartenant en outre à celle qui est apparue le plus récemment, Homo sapiens, quand Apidima 2 est attribué à un néandertalien.

Le distinguo entre les deux crânes repose sur l’analyse de la courbure de l’arrière d’Apidima 1. Il est globulaire, alors que celui des néandertaliens présente généralement une sorte de chignon osseux. Pour Katerina Harvati, « Apidima 1 ne présente aucune des caractéristiques typiques des néandertaliens, ou de celles associées à des prénéandertaliens. Mais il montre un profil très arrondi à l’arrière du crâne, un caractère qui apparaît avec les humains modernes ».

Les Lumley ne partagent pas cette analyse. Dans la monographie qu’ils cosignent, les deux crânes sont présentés comme étant deux individus d’une même espèce : « Nous les considérons comme des Homo erectus évolués en voie de néandertalisation. » L’équipe franco-grecque y publie même un dessin où l’on voit un humain archaïque ceint d’une peau de bête déposer au fond d’une grotte deux crânes accompagnés de trois galets, le tout évoquant « un dépôt rituel ».

C’est peu de dire que cette version de l’histoire n’impressionne guère Katerina Harvati. « L’équipe de Lumley s’est concentrée sur Apidima 2 et a présumé qu’Apidima 1 était de la même espèce, car ils avaient été trouvés ensemble. Notre étude plus complète montre qu’ils n’étaient ni du même âge ni de la même espèce. Concernant le comportement rituel, leur interprétation me paraît datée. Il faudrait d’abord exclure des processus naturels qui auraient pu réunir les deux crânes. Le fait que 40 000 ans les séparent interdit qu’ils aient pu être enterrés ensemble ». Henry de Lumley reste imperturbable : « Les datations, vous savez, il faut en prendre et en laisser… »

Dans l’hypothèse où Apidima 1 serait bien un sapiens de 210 000 ans, cela en ferait le plus ancien représentant de notre espèce en Europe, « arrivé là » 160 000 ans plus tôt qu’on ne le pensait jusqu’alors. Scénario pas totalement incongru. Le fossile le plus ancien d’un sapiens a été retrouvé au Maroc, à Jebel Irhoud, et daté à 315 000 ans (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/02/paleontologie-les-dogmes-ont-la-vie-dure-mais-ils-commencent-a-faire-pschitt/), et on a aussi découvert un sapiens d’au moins 177 000 ans en Israël, à Misliya (mont Carmel).

Alors, pour expliquer ces entorses au dogme de l’origine unique de l’homme moderne, les paléoanthropologues cherchent à mettre sur pied des hypothèses leur permettant de ne pas perdre la face…Ainsi, Eric Delson (Muséum national d’histoire naturelle, New York), dans un commentaire publié dans Nature (Homo erectus il y a environ 2 millions d’années, puis les ancêtres des néandertaliens il y 800 000 ans), prétend qu’il y a eu « plusieurs sorties d’Afrique. » Affirmant même que, plus récemment, le Levant a vu passer puis refluer des populations évoquant néandertaliens et hommes modernes : « Ces anciens fossiles eurasiens semblent représenter ce qu’on pourrait appeler des dispersions ratées hors d’Afrique : ils ont rejoint le Proche-Orient ou le sud-est de l’Europe, mais n’y ont pas persisté. » En fournit-il des preuves ? NON.

D’autres sont plus perfides (car que de règlements de comptes entre savants dans le monde de la paléoanthropologie; plan de carrière oblige !). C’est le cas d’Antoine Balzeau (CNRS-MNHN). Pour lui, la démonstration de Katerina Harvati et collaborateurs est incomplète. L’article de Nature, « contrairement à son titre, très affirmatif, évoque une ressemblance avec sapiens, fondée sur un seul caractère morphologique. Seules les vues qui supportent cette hypothèse sont montrées, la documentation présentée est insuffisante pour se faire une idée. »

Et même s’il qualifie l’étude de « solide », son collègue Florent Détroit note qu’Apidima 1 est « tout de même extrêmement reconstruit » pour être intégré aux analyses, « sa morphologie H. sapiens est donc peut-être un peu surinterprétée »

Au final, voici le coup de Jarnac d’Antoine Balzeau : « il est dommageable pour notre discipline que les critères scientifiques de ce journal [Nature] soient ainsi revus à la baisse ». 

Mais pourquoi tant de haine ? Il y a deux raisons à cela : la première c’est qu’il existe peu de disciplines dans lesquelles le dogmatisme s’avère aussi irréductible qu’au sein de la paléoanthropologie ; la seconde repose sur le poids du carriérisme dans un domaine où le nombre des élus est infime par rapport à tous ceux qui prétendent. Il faut donc veiller à préserver la main qui vous nourrit ! « Passe-moi la rhubarbe et je te passerai le séné« , d’un côté, « Ote-toi de là que je m’y mette « , de l’autre.

Alors qu’il serait si simple d’accepter l’idée que l’erreur est…humaine. Et qu’en l’occurence Homo sapiens a bel et bien pu naître, comme nous l’écrivions plus haut, « sur une longue période, en plusieurs lieux différents » .

Conformément au projet divin.

Le 22 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Du nom du massif du Péloponnèse, près d’Areopolis, à la lisière du Magne (où nous étions il y a peu), où se situe la grotte de la découverte, à Kalamakia.

Une Réponse to “Paléoanthropologie : les découvertes s’accélèrent malgré le conformisme scientifique…”

  1. Paul-Emic juillet 22, 2019 à 8:59 #

    sur le même sujet je vous encourage à lire ‘L’histoire secrète de l’espèce humaine » de Michael Cremo et Richard Thomson où on y révèle des artefacts encore plus surprenants et quelques pratiques curieuses du milieu des anthropologues

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