Pendant que l’UE ouvre ses portes aux invasions*, Donald Trump réussi à fermer les siennes.

26 Juil

Pari gagné….pour Donald Trump. « Nous avons réduit les flux migratoires de 36,2 % »,s’est en effet félicité Marcelo Ebrard, ministre mexicain des affaires étrangères, lundi 22 juillet, date butoir du délai de quarante-cinq jours fixé par un accord signé, début juin, par Washington et Mexico, qui mettait fin à d’âpres négociations. Le président américain, se disait prêt à taxer de 5 % les produits en provenance du Mexique, qu’il accusait de laxisme dans la lutte contre l’immigration clandestine. Une bonne et efficace mesure dissuasive que nous aurions dû mettre en oeuvre depuis longtemps à l’égard de tous les pays qui déversent leurs migrants dans notre pays et tout en sachant qu’il existe bien d’autres leviers puissants pour retourner la situation désastreuse que nous subissons. Répétons-le une fois de plus :

QUAND ON VEUT, ON PEUT.

A la tête d’un pays très dépendant du marché américain, le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), avait accepté d’infléchir sa politique migratoire laxiste – celle-ci proposait des visas et du travail aux migrants –, au profit d’une stratégie de contention visant à réduire les flux de clandestins qui traversent le pays pour se rendre aux Etats-Unis. Six mille militaires et policiers avaient alors été déployés aux abords de la frontière avec le Guatemala, et 15 000 autres dans le nord du pays, multipliant les contrôles sur les axes routiers. Mais des voix se sont levées pour dénoncer une « militarisation » du Mexique.

Au lendemain de sa rencontre, à Mexico, avec son homologue américain, Mike Pompeo, M. Ebrard affichait, lundi, un sourire de soulagement. « Il a reconnu que nous avons tenu nos engagements », a-t-il souligné. Dans la foulée, le département d’Etat américain confirmait que les « détentions à la frontière sud des Etats-Unis ont baissé de plus de 30 % » durant quarante-cinq jours, après avoir comptabilisé 144 278 arrestations en mai, puis 104 344 en juin.

Bilan de la nouvelle stratégie migratoire d’« AMLO » : 29 153 clandestins, la plupart originaires du Guatemala, du Honduras et du Salavador, ont été arrêtés, en juin, soit 23 % de plus en un mois. Quant aux expulsions (21 912 migrants en juin), elles ont décollé de 33 % en un mois. Un record depuis treize ans, qui contraste avec les 6 373 expulsions réalisées en décembre 2018, premier mois du mandat d’« AMLO ». La preuve que :

QUAND ON VEUT, ON PEUT.

Son gouvernement revient de loin. En cas d’échec, Mexico s’était engagé à ouvrir des négociations sur le statut de « pays tiers sûr », qui aurait contraint les demandeurs d’asile aux Etats-Unis à réaliser leur démarche sur le sol mexicain, et non plus américain. Lundi, M. Ebrard a rappelé que le Mexique n’accepte pas la condition de « pays tiers sûr » qui nécessiterait un accord bilatéral et un vote du Congrès mexicain.

Mais Adolfo Laborde, spécialiste des relations internationales à l’université Anahuac, reste sceptique : « Dans la pratique, le Mexique est déjà devenu un “pays tiers sûr”, puisque les demandeurs d’asile aux Etats-Unis y sont accueillis. » L’accord signé le 7 juin impose qu’ils attendent au Mexique le temps que leur dossier soit traité par la justice américaine. Plus de 19 000 d’entre eux se retrouvent ainsi sur le sol mexicain. Pis, Washington a annoncé, le 15 juillet, le durcissement de ses règles d’asile, refusant les demandes déposées à la frontière sud des Etats-Unis par des migrants qui n’auraient pas sollicité préalablement le statut de réfugié au Mexique ou dans un autre pays tiers.

« L’administration Trump oblige unilatéralement le Mexique à recevoir ses demandeurs d’asile, après avoir d’abord tenté de passer la patate chaude au Guatemala », explique M. Laborde. Prévue le 15 juillet, la visite à Washington du président guatémaltèque, Jimmy Morales, a été annulée à la dernière minute. Un recours déposé auprès de la Cour suprême de son pays l’a empêché de venir signer avec M. Trump un accord qui aurait converti le Guatemala en « pays tiers sûr ». Mais ce n’est, à l’évidence, que partie remise car qui peut durablement résister au bulldozer Trump ?

La polémique gronde aussi au Mexique, où les députés de l’opposition, mais aussi certains de Morena, le parti d’« AMLO », majoritaire au Congrès, dénoncent son changement de politique migratoire. En tête, le président de la Chambre des députés, Porfirio Muñoz Ledo, issu lui aussi de Morena, qui fustige dans les médias la « soumission du gouvernement aux intérêts de Trump », « évitant des taxes en échange de la chair humaine des migrants ». Comme d’autres, M. Muñoz Ledo dénonce aussi la « militarisation » de la stratégie migratoire d’« AMLO ».

Un virage politique qui a entraîné la démission, le 14 juin, de Tonatiuh Guillén, directeur de l’Institut mexicain de la migration. « Ce n’est pas un hasard si ce défenseur renommé des droits des migrants a été remplacé par Francisco Garduno, l’ancien directeur des prisons fédérales », note M. Laborde. Le père Arturo Montelongo, chargé de la coordination des 133 refuges catholiques pour migrants au sein de la Conférence épiscopale mexicaine, mais ancien adepte de la théologie gauchiste dite  » de la libération  » tire, de son côté, le signal d’alarme dans les médias, évoquant « une criminalisation de la migration » et condamnant les arrestations abusives et les conditions de rétention.

Selon Maximiliano Reyes, vice-ministre mexicain des affaires étrangères pour l’Amérique latine et les Caraïbes, le gouvernement a été pris de court par la hausse de 132 % au premier trimestre du nombre d’enfants migrants (33 122 contre 14 000 sur la même période en 2018). D’autant que la Commission mexicaine d’aide aux réfugiés est déjà débordée, affichant un retard de près de 30 000 demandes d’asile.

Lundi, M. Ebrard a annoncé « 60 millions de pesos [2,8 millions d’euros] pour rénover et construire de nouveau refuges et centres de rétention ». Comme lui, « AMLO » assure que « les droits de l’homme des migrants sont garantis ».

Ecartelé entre sa volonté d’éviter les menaces douanières de M. Trump et celle de respecter les principes d’une politique migratoire prétendument humaniste, Andres Manuel Lopez Obrador mise sur son plan de développement régional. « Il faut s’attaquer aux causes des migrations, dont la misère et la violence », a-t-il insisté, lundi.

Trois jours plus tôt, M. Ebrard s’est rendu au Salvador pour lancer localement un ambitieux programme de plantation d’arbres fruitiers, financé à hauteur de 27,7 millions d’euros par le Mexique. Le gouvernement annonce l’organisation d’une prochaine conférence internationale de donateurs pour doper l’initiative visant à créer des centaines de milliers d’emplois en Amérique centrale et au sud du Mexique. Ou comment les pays impécunieux et pusillanimes manient le chantage à l’émigration pour obtenir des subsides internationaux…

« Un tel plan Marshall coûte très cher et dure longtemps avant de porter ses fruits, s’inquiète M. Laborde. Le temps presse. Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration clandestine un de ses principaux axes politiques, va reprendre ses salves contre le Mexique. » Lundi, M. Ebrard a annoncé une nouvelle échéance d’évaluation avec son homologue américain, M. Pompeo, prévue à Washington dans quarante-cinq jours.

Bravo Donald. Vous êtes un exemple pour nous.

Le 26 juillet 2019.

Jean-Yves Pons, CJA.

* Ainsi que nous le répétions hier (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/25/et-ca-ne-risque-pas-de-sarranger-avec/).

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