La Banque centrale européenne n’est pas au bout de ses peines.

29 Juil

Jeudi 25 juillet, à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs, la Banque centrale européenne (BCE) a confirmé dans un communiqué qu’elle s’apprêtait à prendre de nouvelles mesures pour soutenir l’économie européenne. Preuve, s’il en était besoin et comme nous ne cessons de le répéter, que la situation économique des pays de l’Union européenne (UE) n’est pas bonne. L’institut de Francfort a surpris les marchés en ouvrant la voie non pas à une, mais à plusieurs nouvelles actions, envisageables dès sa prochaine réunion, le 12 septembre.

Selon les observateurs, le plus probable est qu’il commence par baisser son taux de dépôt, aujourd’hui à – 0,4 % (vous avez bien lu, le taux de dépôt de la BCE est négatif), l’équivalent d’une taxe sur les liquidités que les banques laissent dormir à court terme à la BCE. Les critères d’application de ce taux, très contesté par le secteur bancaire, devraient en outre évoluer. L’institut monétaire pourrait aussi lancer une nouvelle salve de rachats de dettes publiques et privées (le quantitative easing en anglais, ou QE), selon des modalités également susceptibles de changer un peu. Entendez que la BCE se prépare à relancer la planche à billets et à inonder les marchés financiers de liquidités…« La BCE concocte un big bang pour septembre », résume Carsten Brzeski, économiste chez ING. « Elle prépare une refonte de son approche et de ses outils pour sa prochaine réunion », ajoute Patrice Gautry, chef économiste de l’Union bancaire privée.

Dans la foulée de ces annonces, l’euro est tombé à 1,1102 dollar, son plus bas niveau depuis 2017, avant de se ressaisir, tandis que les taux d’emprunt à dix ans allemands et français se sont enfoncés un peu plus encore sous la barre du zéro, respectivement à – 0,42 % et – 0,18 % (des taux encore négatifs; ces « grands argentiers » marchent sur la tête).

D’ailleurs, durant sa conférence de presse, le président de l’institution, Mario Draghi, a dressé un tableau plutôt sombre de la conjoncture. Certes, l’emploi résiste bien en zone euro. Mais les tensions commerciales, le ralentissement mondial et les craintes d’un Brexit sans accord pèsent sur l’activité *. « Les perspectives sont de pire en pire dans le secteur manufacturier, et c’est de pire en pire pour les pays où l’industrie est très importante », en particulier l’Allemagne, a-t-il indiqué. Au risque que cela déclenche une contagion à « l’ensemble de la zone euro ».

La BCE s’inquiète particulièrement de l’anémie de l’inflation, ressortie à 1,3 % seulement en juin, loin du seuil de 2 %. Du fait de la concurrence des pays à bas coût, de l’affaiblissement du pouvoir de négociation des salariés ou encore du développement des emplois précaires, les prix et les rémunérations peinent à se redresser, ce qui limite l’ampleur de la reprise. « Nous n’aimons pas ce que nous voyons sur le front de l’inflation », a répété l’Italien à plusieurs occasions.

Pour tenter de la relancer, l’institut monétaire s’est engagé à garder ses taux « au niveau actuel ou plus bas » au moins jusqu’à mi-2020. Il a surtout insisté sur la « symétrie » de sa cible de 2 %. Cela peut paraître abscons pour le commun des mortels, mais dans le langage codé des banquiers centraux, c’est une petite révolution, qualifiée « d’historique » par certains analystes.

En théorie, le mandat de la BCE indique en effet que celle-ci doit faire converger l’inflation à un niveau de moyen terme « inférieur mais proche de 2 % », jugé synonyme d’une économie en bonne santé. En évoquant désormais la « symétrie » de cet objectif, elle signale qu’à l’avenir, elle ne retirera pas automatiquement ses soutiens à l’économie dès que l’indice des prix franchira la barre des 2 %.

Au contraire, elle pourra tolérer qu’il la dépasse un certain temps, tant qu’elle ne sera pas convaincue que le redressement est durable. Concrètement, cela veut dire que sa politique monétaire restera accommodante plus longtemps encore que prévu. Soit au bas mot jusqu’en 2021, bien après l’arrivée à la tête de la BCE, en novembre prochain, de Christine Lagarde, actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

Créée en 1998 sur le modèle d’une Bundesbank allemande traumatisée par l’hyperinflation des années 1920, la BCE s’est longtemps montrée excessivement craintive au regard d’une éventuelle surchauffe des prix. Et ce, même au cœur de la crise de 2008, lorsque la déflation menaçait. Sous l’impulsion de Mario Draghi, nommé en 2011, elle a changé son mode de fonctionnement. Il s’est rapproché de celui de la Réserve fédérale américaine (Fed), plus pragmatique.

Reste à savoir comment Donald Trump réagira aux nouvelles annonces de la BCE. Depuis plusieurs semaines, le président américain s’en prend régulièrement à l’institution, lui reprochant d’en faire trop pour soutenir l’économie européenne. Il l’accuse notamment de « manipuler l’euro » pour le maintenir à un niveau bas, favorisant les exportateurs européens.

Interrogé sur le sujet pendant sa conférence, Mario Draghi a répondu laconiquement que la BCE « n’a pas d’objectif de change ». Comprendre : elle n’intervient pas sur le marché des devises pour influencer le cours de l’euro. Il a, en outre, défini l’engagement commun des grandes banques centrales à ne pas manipuler leur monnaie comme l’un des « piliers » du multilatéralisme toujours en vigueur, menacé par la politique commerciale agressive de Washington…

Jeudi, le conseil des gouverneurs a également publié un avis favorable à la nomination de Christine Lagarde à la tête de son institution. « Je pense qu’elle sera une remarquable présidente », a souligné le « dottore Draghi », en soulignant qu’il la connaît depuis de nombreuses années. Interrogé sur son éventuelle nomination au FMI – son nom est parfois mentionné parmi les candidats potentiels –, il a déclaré, sans ambages : « Je ne suis pas disponible. » A 71 ans, il dépasse d’un an l’âge limite fixé par le fonds de Washington. « Après huit années harassantes à Francfort, il envisage peut-être de prendre sa retraite « , souffle une source européenne.

Bon vent, Mario. Nous ne te regretterons pas.

Le 29 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* N’oubliez pas que nous avons affirmé que l’UE avait davantage à perdre d’un « Brexit » sans accord que le Royaume-Uni.

Une Réponse to “La Banque centrale européenne n’est pas au bout de ses peines.”

  1. Hervé J. VOLTO juillet 29, 2019 à 11:08 #

    Face aux forces euro-mondialistes islamisants qui menacent la France et les pays occidentaux, il faut rappeller le Plan d’Actions Royales Mutuelles Immédiates (PARMI) :

    Le PARMI s’implique dans une démarche d’unification de tous les Royalistes, sous réserve du respect de quatre conditions :

    1) mener un combat contre le mondialisme ( protection de notre patrimoine, de notre agriculture et de notre industrie) ;

    2) afficher notre vocation Chrétienne (référence aux préceptes Catholiques inscrite dans la constitution, législation Chrétienne) ;

    3) participer aux luttes que mène le peuple avec les organisations qu’il se donne (prendre des contacts avec des organisations politiques, Royalistes et non Royalistes mais tous patriotes, pour leur proposer de mettre en place ensemble un « Conseil Français de la Résistance à l’Occupant » (CFRO) sous forme d’un cartel d’organisations, votant quand il le faut pour des partis patriotes) ;

    4) considérer que le changement de pouvoir ne pourra se faire QUE par les élections (être présents -s’il le faut et quand il le faut- dans la rue).

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