Industrie automobile : le prochain « homme malade » de l’économie.

30 Juil

L’’industrie automobile bat de l’aile un peu partout dans le monde mais cela est plus vrai encore en Europe du fait de l’importance particulière du secteur au sein de l’économie. Un héritage historique avec lequel il faut composer.

Déjà confrontée à des marchés saturés, l’émergence de la voiture électrique et du véhicule autonome ainsi que des ruptures technologiques profondes vont entrainer de douloureuses restructurations et une redistribution des cartes inédite entre constructeurs traditionnels et nouveaux acteurs.

Tous les principaux marchés montrent simultanément des signes de faiblesse, qu’il s’agisse de la Chine, des Etats-Unis, de l’Europe, de la Russie ou de l’Inde. Dans les pays riches, l’envie de voiture s’érode à mesure que la conscience écologique s’éveille. Dans les pays émergents, on prend conscience que l’essor des classes moyennes, principal relais de croissance des constructeurs ces dernières années, sera moins linéaire que prévu car ces catégories sociales sont là-bas comme chez nous l’objet de pressions fiscales de plus en plus lourdes.

L’automobile est typiquement une industrie cyclique, rythmée par les aléas de la croissance économique. Mais l’erreur serait de ne voir dans la crise qui s’annonce qu’un énième soubresaut de la production pour s’adapter à une demande faiblissante. Les constructeurs sont, en réalité, soumis à une double injonction qui va bouleverser leur modèle économique.

L’une est réglementaire et concerne leur contribution à la lutte contre le réchauffement de la planète. La décision du Parlement européen du 3 octobre 2018 d’exiger une réduction des émissions de CO₂ de 40 % est peut-être nécessaire du point de vue de l’urgence climatique. Mais la responsabilité politique aurait exigé d’exposer clairement, dans le même temps, les conséquences industrielles et sociales de ce changement de paradigme. Ce que l’on s’est bien gardé de faire pour ne pas inquiéter les foules consuméristes.

Oubliant aussi de préciser que le basculement vers la voiture électrique laisse encore beaucoup de questions en suspens. Quid de la production de cette électricité, des batteries, de l’extraction des terres rares nécessaires à leur fabrication, du financement du réseau de chargement des voitures, du manque à gagner lié à la baisse des recettes fiscales sur le carburant, de l’évolution d’une demande qui reste à ce jour encore bien faible ? Et pourtant, que font nos dirigeants politique sinon pousser chaque jour davantage à ce basculement dans une fuite en avant aussi pathétique qu’irresponsable.

L’impact économique de cette transition, en revanche, se dessine beaucoup plus nettement et a de quoi nous inquiéter. Faute de satisfaire les nouvelles normes, les constructeurs devraient être frappés par des centaines de millions d’euros d’amendes. En outre, en définissant la norme sans l’anticiper sur le plan industriel, on s’apprête à transférer une part substantielle de la valeur ajoutée des véhicules au bénéfice des fabricants chinois, sud-coréens et japonais, qui ont une avance considérable dans le domaine des batteries.

Le fait que General Motors ait préféré se séparer de sa filiale européenne, Opel, et que Ford réduise à la portion congrue ses capacités de production sur le Vieux Continent en dit long sur le pessimisme des constructeurs américains sur le potentiel du marché européen.

Cette pression environnementale sera d’autant plus difficile à surmonter que, dans le même temps, les entreprises sont obligées de décupler leurs investissements pour rattraper leur retard dans la voiture autonome face aux géants du Web, qui menacent de bouleverser à la fois le mode de production des voitures et l’usage de la mobilité.

Ainsi, selon le cabinet AlixPartners, de 40 à 60 usines automobiles devraient fermer dans les cinq ans, tandis que le secteur emploie 13 millions de salariés en Europe. La transition écologique est sans doute nécessaire, mais elle nécessite de la transparence et davantage d’anticipation sur ses conséquences, hélas, prévisibles.

Où voyez-vous la transparence et l’anticipation de l’Union européenne et de ses 28 compères ? Une association de malfaiteurs, vous dis-je !

Le 30 juillet 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Industrie automobile : le prochain « homme malade » de l’économie.”

  1. conseilesperanceduroi juillet 30, 2019 à 9:35 #

    Ajoutez à ce tableau le racket permanent des utilisateurs de véhicules automobiles au travers des innombrables contraintes règlementaires et autres inventions punitives ne risquent pas d’arranger la situation…

  2. Hervé J. VOLTO juillet 30, 2019 à 11:24 #

    Comme si celà ne suffisait pas, une haute personnalité du Partit Démocratique -emtendez Parti Socialiste- italien va rejoindre le gouvernement Français !
    https://www.bfmtv.com/politique/l-italien-sandro-gozi-va-rejoindre-le-cabinet-d-edouard-philippe-1738772.html

    L’ancien secrétaire d’Etat italien aux Affaires européennes Sandro Gozi va prochainement rejoindre le cabinet d’Edouard Philippe à Matignon en tant que chargé de mission, a appris l’Agence France-Presse ce dimanche de sources concordantes, confirmant une information du Figaro.

    Sandro Gozi, âgé de 51 ans, avait été élu en 22e position sur la liste de la majorité aux dernières élections européennes. Il fait partie des cinq eurodéputés en France qui prendront leurs fonctions une fois le Brexit consommé et le contingent britannique au Parlement européen parti.

    D’ici là, Sandro Gozi sera chargé auprès du Premier ministre du suivi de la mise en place des nouvelles institutions européennes et des relations avec le Parlement Européen, « dans le contexte du démarrage d’un nouveau cycle politique au niveau de l’Union Européenne », a indiqué Matignon. Cette nomination devrait être officialisée mardi 30 Juillet 2019, a précisé une source bruxelloise.

    « Très engagé auprès d’Emmanuel Macron depuis 2017, Sandro Gozi, fort de son expérience de la vie politique européenne, pourra contribuer à la mise en place d’institutions européennes à même de répondre aux attentes des citoyens européens dans le domaine de la lutte contre le changement climatique, le renforcement économique, industriel et social de l’Union européenne, l’amélioration de la protection des frontières et de la sécurité et enfin le rehaussement du poids de l’Europe dans le monde », a encore indiqué Matignon.

    La fin de la France. Et de son industrie, automobile ou autre, comme de son agriculture.

    Proche de Romano Prodi, exponant de la Gauche Caviar italienne -là-bas on dit Sinistra Radicale Chic- dont il fut un collaborateur à la tête de la Commission européenne, Sandro Gozi exerça comme secrétaire d’Etat du gouvernement de Matteo Renzi en Italie entre 2014 et 2018.

    La transition écologique donyt il est question dans cet article est sans doute nécessaire, mais elle nécessite de la transparence et davantage d’anticipation sur ses conséquences, hélas, prévisibles. Où voyez-vous la transparence et l’anticipation de l’Union européenne et de ses 28 compères ? Une association de malfaiteurs, et Sandro Gogi est un malfaiteur italien qui s’ajoute aux notres !

  3. Hervé J. VOLTO juillet 30, 2019 à 12:12 #

    UN DERNIER POUTR LA ROUTE !

    Alors que les pays européens sont en crise, et la criser automobile n’est que la pointe de l’iceberg, on nous envoie d’Italie un « technicien » issu de l’ex-partit socialiste
    https://www.ouest-france.fr/politique/edouard-philippe/l-italien-sandro-gozi-va-rejoindre-le-cabinet-d-edouard-philippe-6461821
    et
    https://www.bfmtv.com/politique/l-italien-sandro-gozi-va-rejoindre-le-cabinet-d-edouard-philippe-1738772.html, quand des deux coté sdes Alpes, le socialisme ne convaint plus.

    De qui se moque-t-on ? et encore combien de temps les Français se laisseront-ils enc… ouillonner comme il faut ?

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