LE MAGYARISME OU LEGITIMISME HONGROIS ET DES PAYS DE VISEGRAD (par Hervé J. Volto).

10 Août
Le Comte Albert Apponyi , principal leader du mouvement Monarchiste de l’entre deux guerre résuma ainsi le Légitimisme hongrois : « Le Magyarisme n’est pas une question de parti, mais le garant constitutionnel de notre intégrité et la continuité de notre Foi . »
Le 8 mais 1918, l’Empereur Charles I° d’Autriche signe son abdication. : c’est la fin de l’Empire Austro-Hongrois. Mais si le lendemain, l’Aurtiche accepte de se donner des institutions républicaines, IL N’EN EST PAS DE MEME EN HONGRIE OU LE SENTIMENT MONARCHIQUE DEMEURE TRES FORT. Et contrairement à l’Autriche, CHARLES I° N’A PAS ABDIQUE EN HONGRIE. Il est donc toujours Roi de fait sous le nom de Charle IV .
Le pays s’enfonce entretemps dans la crise. Les Bolcheviks ont pris les armes. A leur tête, un jeune instituteur juif du nom de Bela Kun (né le 20 Février 1886 d’un notaire du nom de Kohn, qui s’est margyarisé en Kun, et d’une mère protestante).
Les Alliés (France et Royaume-Uni) refusent de reconnaître ce gouvernement marxiste et décident d’organiser une Contrerévolution. A Szeged, les nationalistes hongrois ont monté un contre-gouvernement dirigé par le Comte István Bethlen et le Comte Guyla Károlyi de Nagykároly (1871-1947) : le nationalisme hongrois ou Magyarisme est un nationalisme intégral Chrétien qui porte à un Royalisme Catholique, LA TRADITION HONGROISE VOULANT COMME EN FRANCE QUE LE ROI SOIT LA SEULE AUTORITE LEGITIME EMANANT DE DIEU .
L’Amiral Miklós Horthy est nommé Ministre de la Guerre. Il s’agit aussi pour les Alliés de l’Entente de faire barrage aux velléités expansionnistes des Hongrois marxistes qui envahissent la Roumanie afin de récupérer la Transylvanie. Les Monarchistes sont armés par l’Entente.
Les armées d’Horthy se rapprochent de Budapest avec dans leurs dos, celles de l’Entente. Le 1° Août 1919, Horthy entre à Budapest assiégée par les Roumains (ils se retireront en Novembre). Le grand frère soviétique n’a pu venir au secours de Bela Kun, trop occupé à contenir les armées blanches (et évité un putsch de Tibor Szamuely). Bela Kun doit bientôt s’enfuir à Vienne puis en Russie ou Lénine lui octroie la direction du Parti Communiste de Crimée ( il sera renvoyé en Mars 1921 pour conseiller le parti communiste d’Allemagne (K.P.D) qui tente en vain un putsch). Lénine le rendra responsable de cet échec. Revenu en URSS, Bela Kun continuera d’occuper des fonctions au sein du Parti. Mais le 29 Août 1938, accusé de trotskisme, il sera assassiné, son épouse déportée en Sibérie) .
Le 6 août, l’ancien secrétaire d’état Monarchiste István Bethlen (1874-1946, exécuté) est nommé Premier ministre du gouvernement Royaliste installé à Budapest. En Tchécoslovaquie, le Président Benes (qui a succédé à Tomáš Garrigue Masaryk le 14 décembre 1935) mène une politique de conciliation entre les Tchèques et les Slovaques sur la base d’un pouvoir fort. Sa présence sur l’échiquier international fait de lui un acteur incontournable de la menace nazie qui pèse sur son pays. Edouard Benes (1884-1948) est un fervent républicain et anti-Habsbourg de surcroît. Il s’oppose violemment à toutes tentatives de restauration Charles de Habsbourg-Lorraine en Autriche ou en Hongrie. Preuve en est qu’il prend part aux affaires internes de la Hongrie.
Le Prince Palatin et Archiduc Joseph de Habsbourg-Lorraine est nommé Régent de Hongrie. La Hongrie est de nouveau une Monarchie. Il s’agit de restaurer désormais Charles IV sur son trône. Le Régent est populaire en Hongrie. Déjà le 28 octobre 1918, il avait été nommé « Homme du Roi » afin de mener les affaires du Royaume avant de se rallier à la nouvelle République. L’idée de prendre lui-même la couronne de Hongrie avait effleuré le Palatin. De nouveau Régent, il ne cache pas sa volonté de restaurer Charles IV. La Tchécoslovaquie proteste immédiatement -on veut bien là-bas une Manarchie qui soit Catholique, mais on ne veut pas des Habsbourg – d’autant plus que Charles IV revendique publiquement le 14 août ses droits au trône de Hongrie.
Cependant, l’Entente ne… l’entend pas de cette oreille -et en particulier la République Française !- et craint que le retour de l’Empereur-Roi déstabilise l’Europe centrale devenue un ensemble de petits Etats maçonnique, et ne donne des idées aux maurassiens Français, alors au sommet de leur popularité. Une pression est exercée sur le gouvernement hongrois pour que le Palatin renonce à la Régence. Friedrich est contraint le 15 de remanier son gouvernement et le 23 août 1919, Joseph d’Autriche doit abdiquer sous la pression internationale (notamment la République Française) puis en novembre 1919, c’est Friedrich qui à son tour démissionne. La classe politique hongroise est en cette fin de 1919 largement favorable au rétablissement de la Monarchie constitutionnelle, mais pas tout le monde souhaite le retour des Habsbourg . L’entente impose un gouvernement largement dominé par les Chrétiens Nationaux -dans l’ensemble pro-habsbourg- et nomme comme Premier ministre et chef d’état par intérim Karoly Huszar (1882–1941).
Considérée comme une puissance vaincue, la Hongrie est ensuite convoquée, à travers ses représentants légaux, à Paris fin 1919. Le Comte Albert Apponyi qui conduit la délégation est immédiatement mis en résidence surveillée. Forcée de signer le Traité de Trianon (4 juin 1920), le pays perd ainsi les deux tiers de son territoire, passant de 325 411 km2 avant la guerre à 92 962 km2 après la signature du traité au profit des pays frontaliers (Roumanie, Tchécoslovaquie et Yougoslavie).
Mais les élections du 25 et 26 janvier 1917 donnent les partis politiques acquis au principe Monarchique largement vainqueur ( Parti des Petits propriétaires , légèrement anti-Habsourg, et le Partis des Chrétiens Nationaux , résolument pro-Habsbourg ) . Ils s’entendent pour rappeler l’Archiduc Joseph mais le Royaume-Uni, loin de s’offusquer du retour de la Monarchie en Hongrie, refuse la présence du moindre Habsbourg sur un trône. Le 2 février, c’est la Conférence des Ambassadeurs alliés qui notifie à la Hongrie son refus de voir la restauration des Habsbourg en Hongrie.
On voit aussi se dessiner une opposition de la part de l’Allemagne et de l’Autriche. La première, de crainte de voir le séparatisme bavarois se rapprocher des Monarchistes hongrois, la seconde ne souhaitant pas voir un Habsbourg à sa porte. Le gouvernement Aristide Briand (1862- 1932, Président du Conseil de la République de France), pourtant proche de l’Empereur Charles I° d’Autriche durant la Première Guerre Mondiale, soutient le refus tchèque de soutenir la restauration des Habsbourg. L’Eglise se mêle au débat et prend ouvertement position en faveur de la dynastie impériale. La présence des Chrétiens Nationaux lors de la conférence épiscopale de février 1920 est un exemple du soutien accru du Vatican en faveur de Charles de Habsbourg.
Alors, que faire ?
Si le PARTI CHRETIEN NATIONAL soutient la restauration des Habsbourg, le PARTI DES PETITS PROPRIETAIRES songe à l’élection D’UN AUTRE SOUVERAIN, ISSU D’UNE DYNASTIE AUTRE QU CELLE DES HABSBOURG. Le Quai d’Orsay en France ira même suggérer que celui soit issu des dynasties belges ou britanniques. Cette division entre Royaliste hongrois pèsera lourdement sur la possibilité d’un réelle Restauration.. .
LE GROUPE DE VISEGRADE trouve son origine en autone 1335, lorsque les Rois de Bohème, de Pologne et de Hongrie (Charles-Robert d’Anjou) se rencontrent dans la ville hongroise de Visegrade pour crèer UNE ALLIANCE ANTI-HABSBOURG. Les trois dirigeants se mettent d’accord sur la création de nouvelles routes commerciales qui permettent un accès facilité aux marchés du Saint-Empire.
La  Couronne de saint Étienne ( hongrois :  Szent István Korona  [ˈsɛnt ˈiʃtvaːn koɾonɒ] ;  croate :  Kruna sv. Stjepana ;  slovaque :  Svätoštefanská koruna) ou  Sainte Couronne hongroise ( hongrois :  Magyar Szent Korona) est un  regalia, symbole de la  monarchie hongroise et l’un des attributs de la souveraineté  hongroise. Elle se nomme ainsi en référence à  Étienne, premier  roi de Hongrie. Elle a subsisté durant toute la période de l’ Empire austro-hongrois, l’empereur étant alors à la fois  empereur d’Autriche et  roi de Hongrie. Elle apparaît dans les  armoiries de la Hongrie et toujours visible sous la coupole du  parlement hongrois où elle est protégée par la garde républicaine.
Selon la Tradition, la couronne aurait été envoyée en 1001 au  duc Étienne par le pape  Sylvestre II, comme symbole de la constitution du ROYAUME APOSTOLIQUE. En fait, la couronne est de  facture byzantine, comme la seconde couronne de cette période, exposée au  Musée national hongrois de  Budapest : la « couronne du Monomaque » . Elle semble avoir été remodelée plusieurs fois (des émaux latins ont été ajoutés aux originaux byzantins) et les sources affirment qu’elle a été offerte par le  basileus  byzantin  Michel VII Doukas au roi de Hongrie  Géza I . La couronne a été liée aux terres de la couronne hongroise (parfois la couronne sacrée a signifié la terre, le bassin carpathien, mais elle a également signifié le corps de couronnement).
Aucun roi de Hongrie n’était considéré comme ayant été vraiment légitime au trône sans être couronné de celle-ci. Dans l’histoire de la Hongrie, plus de cinquante rois en ont été couronnés avec cette couronne jusqu’au dernier,  Charles IV de Hongrie, en 1916 (les seuls rois qui n’aient pas été sacrés avec cette couronne étaient  Jean II de HongrieGabriel Bethlen et  Joseph II) .
LA COURONNE DE SAINT-ETIENNE SYMBOLISE L’AME DE LA NATION MAGYARE.
Charles-Robert d’Anjou et Louis I° d’Anjou ont laissé en Hongrie le souvenir d’une Monarchie Capétienne, Catholique et Royale, où le Roi très Chrétien gouverne par grand conseil pour protèger la foi Catholique et le Bien Commun des populations. la Hongrie fut un Monarchie semi-élective : tant qu’il y a avait un sucesseur, on élisait Roi le fils de son père, QUI AU COURONNEMENT ETAIT COIFFE DE LA COURONNE DE SAINT-ETIENNE, sinon, on élisait un nouveau chef de Maison Royale, que l’on couronnait de même.
Une des raisons qui ont incité les Habsbpourg à limiter le pouvoir de la Noblesse hongroise, c’est pour empécher une nouvelle élection à la mort du père de Marie Thérèse d’Habsourg et imposer son mari, François de Lorraine, puis c’est qu’en dépit du danger ottoman, les nobles n’ont cessé de se révolter contre le pouvoir centralisateur de Vienne, en s’appuyant sur la Bulle d’Or accordé par le Roi André II à la Noblesse et aux communes du Royaume : dans ce contexte, leur révolte contre le souverain d’Autriche constitue un devoir des sujets hongrois. Ceux de Tchécoslovaquie suivront.
Il faudra le charme et la tenacité de l’impératrice Sissi pour empécher la secession de la Hongrie et enraciner la double Monarchie, établie par le compromis austro-hongrois de 1867. la Hongrie ne retrourvera son indépendance qu’à l’éclatement de l’Empire austro-Hongrois en 1918. Le Magyarisme est donc l’expression de l’identité nationale Chrétienne de la Hongrie et, par extension, du groupe de Visegrad.
L’arrivée de l’ Amiral Miklós Horthy de Nagybánya (1868- 1957) au pouvoir redessine de nouveau la carte politique. Alors que l’autriche est devenue une république, la Hongrie demeure une Monarchie Chrétienne gouvernée par une Régence Catholique. l’ Amiral Horthy , Chef des Armées hongroises et issu d’une famille de magnat calviniste mais lui-même converti au Catholicisme, est élu à la majorité des voix, Régent de Hongrie, avec des points de vue différents. Certains députés pensent que cette élection éloigne les Habsbourg du Trône, d’autres qu’elle les rapproche de près. Les slovaques indépendantistes de Hlinka et la minorité hongroise-tchèque sont favorables au coup d’état hongrois, A CONDITION QU’IL SOIT GARANTI QUE LA HONGRIE DEMEURASSE INDEPENDANTE DE L’AUTRICHE QUOI QU’IL ARRIVE
Benes est donc inquiet de la situation et n’a guère d’intérêts à ce que l’Empereur Charles remonte sur le trône. Pire, la Pologne a envisagé lors de la proclamation de son Royaume de proclamer l’ Archiduc Charles-Stéphane d’Autriche (1860-1933) Souverain (1916), car c’est un polophone avéré (deux de ses filles étaient mariés aux Prince Radziwill et Czartoryski) et son fils Guillaume rêve d’un Trône ukrainien. La fin de la guerre fera échouer cette nomination mais Charles-Stéphane d’Autriche vit encore en Pologne un an après. Benes se sent cerné de toutes parts par des complots Catholique et Royalistes.
En 1920 poussé par le Vatican, Charles de Habsourg revendique son trône. Aristide Briand, après consultation du Prince Sixte de Bourbon Parme dont la soeur Zita est l’épouse de l’Empereur-Roi, n’est pas opposé au retour de ce Roi en Hongrie et le fait savoir…
Déguisé en jardinier, Charles quitte la Suisse. Arrivé en Hongrie, il convoque à 4 heures 30 du matin, le Comte et premier Ministre Paul Teleki. Ce dernier tente de convaincre Charles de renoncer à marcher sur la capitale. Charles décide d’arriver à Budapest sans se faire annoncer. A 6 heures 30, Teleki qui veut devancer le Roy se perd en route. A 14 heures, Charles arrive au palais. Horthy doit s’appuyer sur le Capitaine Gömbes Jakfa (futur premier ministre pro-nazi en 1932, et auteur du siège du parlement le 1er Mars 1920 afin de forcer la démission du Palatin) pour empêcher le Roi de faire avancer ses troupes. Horthy réclame au Roi un titre de Duc et un poste de Chef d’Etat-Major. Mal conseillé, l’Empereur-Roi commet l’erreur de refuser. Horty se sent véxé. L’entrevue est froide, Horthy avance que la Bohème va attaquer et demande au Roi de se retirer au Palais épiscopal de Szombathely. A peine le Roi parti qu’Horthy téléphone à Teleki et Gömbes, convoque le représentant de France pour lui annoncer que le Roi a renoncé. A 10 heures, le lendemain, Charles doit repartir et arrive à 17 heures en Autriche qui l’expulse vers la Suisse.
Charles n’a pas renoncé pour autant à son trône . En Avril 1921, Charles se prononce ouvertement pour la restauration de la Monarchie en Hongrie. Par sécurité, Horthy dissout le corps armé du Colonel Lekàr trop favorable au Roi. Le 13 Octobre, fort des soutiens armés qu’ils lui sont annoncés, Charles approuve un plan armé sur la capitale. Le 21 Octobre, à 12 heures 15, un avion immatriculé CH59 décolle et arrive à 16h 20 en Hongrie mais se trompe de lieu de rendez vous (2 heures du lieu prévu, confond feu de pommes de terre des feux du Colonel Lekàr). Le lendemain, Le Roi et la Reine arrivent à 4 heures du matin avec 4 wagons armés. A 13 heures, ils débarquent à Györ. Avertis, le Régent informe la Petite Entente de la restauration de Charles. L’Entente proteste. Le Comte Joseph Karolyi et la garnison de Biske se rallient au Roi qui nomme le Prince István Rakovszky de Nagyrákó et Nagyselmecz (1858-1931).
Le 23 Octobre vers 6 heures du matin, les premiers coups de feu sont tirés sur le convoi. A Budapest, Gömbes n’arrive pas réunir assez de troupes fidèles au Régent et décide d’armer les étudiants de l’ Ecole Supérieure des Ingénieurs . A peine nommé Premier Ministre, le Prince Rakovszky demande au Comte Bethlen de démissionner. Le 24 Octobre à 8heures, Charles doit se replier au Château de Tala. Le clergé se rallie immédiatement au Roi. On se bat à Budapest entre partisans du Roi et ceux du Régent dont le but semble de vouloir trouver un autre Prince pour Souverain. Le 25 octobre, le Château est encerclé par les troupes du Régent. Le 26 Octobre, à 6 heures, Charles doit quitter le château et arrive l’abbaye de Tihany. Il y reste protégé par ses troupes. Le 29, il refuse l’acte d’abdication du Régent et une seconde fois le lendemain, arguant du fait qu’il est hongrois de naissance (Prague menace Budapest d’une invasion si les Habsbourg sont restaurés). Le 31, Lékar décide de retirer son soutien au Souverain et s’exile à Vienne.
Tout est perdu. Charles et Zita doivent revenir en Suisse où le 6 Novembre, ils sont expulsés vers la Turquie et enfin, Gibraltar et Madère le 16 sous la protection du Roi d’Espagne . En 1922, Charles IV mourra d’une mauvaise pneumonie. Officiellement, la Hongrie est toujours un Royaume Catholique avec un Régent à sa tête, l’Amiral Horthy .
En Hongrie, L’Amiral Horthy a écarté toutes idées de restauration des Habsbourgs dans le pays. LE REGIME RESTE TOUJOURS CELUI D’UNE MONARCHIE CATHOLIQUE et Horthy son Régent, MAIS POINT DE HABSOURG-LORRAINE SUR LE TRONE. Le MOUVEMENT MAGYARISTE, Monarchiste anti-Hasbourg et indépendantiste, va se réorganiser.
Mais en 1922, l’ancien ministre de l’éducation et Comte Gyula Andrássy de Csíkszentkirály (1860-1929) crée avec István Friedrich (1883-1951), Albert Apponyi et le Prince Rakovszky (1853-1926), le Keresztény Nemzeti Földmíves és Polgári Párt , KNFPT ou Andrássy-Friedrich Párt / PARTI NATIONAL ET CIVIQUE DES TRAVAILLEURS AGRICOLES ET CHRETIENS, pro-Habsourg.
Aux élections du 28 mai -19 juin 1922, le KNFPT entre au parlement avec 11 députés Monarchistes. Peu, mais assez pour un succès que le Régent ne peut ignorer. L’influence des magnats hongrois pro-Habsbourg est encore forte dans les campagnes. Le fils de Charles I°, l’Archiduc Othon de Habsbourg-Lorraine, âgé de 20 ans, est désormais l’espoir des Monarchistes austro-hongrois.
Mais en 1933, plusieurs mouvements Magyaristes fusionnent entre eux pour donner naissance au second parti Nemzeti Legitimista Néppártou Griger-párt , dirigé Miklós Griger . Il essaye à diverses reprises d’entrer au parlement, mais en vain. C’est le Comte Antal Sigray , chef Magyariste Hongrois de la LIGUE DE LA COURONNE MAGYARDE DE SAINT ETIENNE, mouvement Monarchiste anti-habsbourg, qui anime les débats au parlement et devient le représentant du prétendant au trône. Le mouvement Monarchiste hongrois marque les années 30 en proclamant être en faveur d’un « Royaume populaire social ». La question de savoir si c’est Otto de Habsbourg ou un Prince issu d’une autre dynastie n’est pas vitale. On joue en sous main sur plusieurs tableaux. UNE OUVERTURE S’OUVRE ALORS AUX BOURBONS, LES BOURBONS-SICILES ETANT LES SUCESSEURS LEGITIMES DES ANGEVINS. En août 1934, Budapest voit le plus grand rassemblement de Monarchistes près de l’ancien palais Royal.
Mais le KNGP, pro-Habsbourg, refuse toute entente avec le parti de Griger, Bourbonnien. Chaque tentative d’accord se soldera par un échec. Les Monarchistes sont incapables de s’entendre. En 1937, le Parti Légitimiste se scinde en deux. Une partie va fusionner avec le KNGP du monarchiste János Zichy pour donner naissance au Parti Démocrate-Chrétien Uni (Egyesült Keresztény Párt /EKP) tandis qu’István Friedrich reste à la tête de ce qui reste du KNGP. Le 11 octobre 1937, LE LEGISTIMSITA PART ET LE PARTI AGRARIEN S’ALLIENT POUR FORMER UNE COHALISITON EN VUE DE LA RESTAURATION DE LA MONARCHIE EN HONGRIE, PEU IMPORTE LA DYNASTIE DE ROVENENANCE DU PRINCE, POURVU QU’ELLE FUT DE CONFESSION CATHOLIQUE .
Griger meurt à 58 ans le 28 février 1938 suivi d’une grande voix du Monarchisme Hongrois, le Comte Apponyi (auquel lui succède son fils Georges). Afin de se démarquer de l’extrême droite, le mouvement pro-Habourg refuse de voter les lois raciales de 1938 qui imposent aux juifs de rester dans les ghettos. Les Monarchistes hongrois pro-Habsbourg prennent contact avec ceux d’Autriche, TOUS PRO-HABSBOURG. Les conditions de la Restauration sont réunies mais l’invasion allemande force le prétendant à se réfugier en France. Pendant ce temps là, la Ligue de la Couronne Magyarde de Saint-Etienne , Magyriste, continue silencieusement de chercher à travers l’Europe un Prince Catholique provenant de la dynastie des Bourbons .
En 1939, le Comte Pál Teleki de Szék (1879 – 1941), leader du Parti de la Vie Magyarde (Magyar Élet Pártja), revient au pouvoir comme Premier Ministre. Un poste qu’il a déjà occupé de juillet 1920 à avril 1921. Il est attaché au Régent. Il fait peu de cas du prétendant Habsbourg qui a échoué à se faire restaurer en Autriche et refuse toute communication avec le mouvement Monarchiste hongrois pro-Habsbourg. Le Régent a décidé une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Position clairement condamnée par Otto de Habsbourg comme par Teleki.
L’omniprésence allemande dans les affaires hongroises va finir par agacer le Régent qui, dès 1942, entame des négociations secrètes avec les Alliés. Hitler est furieux de l’indépendance d’esprit du Régent. Son fils, Istvan (né en 1904), est nommé Vice-Régent en Janvier 1942. Les Monarchistes Magyaristes apprécient cette nomination, au contraire des pro-Habsbourg qui suspectent de plus en plus le Régent de vouloir mettre en place une nouvelle dynastie.
L’Allemagne se chargera bientôt de mettre fin à ce projet. Le 20 Août 1942, l’avion que pilote le fils d’Horty se crash mystérieusement au-dessus du front. A un Istvan Horthy succédera son frère Miklos (1907-1993) farouchement anti-nazi. Puisque la mort du Vice–Régent ne stoppe pas les négociations secrètes du Régent Horthy, les allemands enlèveront Miklos le 15 Octobre 1944.
Deux leaders Monarchistes seront envoyés en camps de concentration de déportés à Mauthausen : les Magyaristes avaient tenté de se regrouper une nouvelle fois sous le nom de PARTI POPULAIRE CHRTIEN (Keresztény Néppárt) en décembre 1943 en ralliant des pro-Habsbourg, avant d’être interdit en août 1944 par le gouvernement qui craignait une résistance de l’intérieur (arrestation de 1946 monarchistes).
Horthy décide de demander l’armistice à l’URSS le 15 Septembre. Le 15 Octobre, il ordonne à la radio un cessez le feu alors que 24 heures auparavant son dernier fils a été enlevé par les nazis. Le lendemain, le Régent est forcé à l’abdication et emmené en Allemagne (libéré par les Américains qui le maintiennent en détention, il sera libéré quelques mois plus tard et autorisé à s’exiler. Il meurt en 1957 à Estoril). C’est la fin de la Monarchie en Hongrie .
Le Leader des Croix Fléchées , parti pro-nazi, Ferenç Szàlasi (né en 1897), est installé à la place d’Horty et se nomme Conducteur de la Nation . La Hongrie est divisée. Les Monarchistes exilés ailleurs ou de l’intérieur complotent pour restaurer l’Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine (réfugié aux Etats-Unis). Il y’a également les insurgés communistes armés par les soviétiques. Un gouvernement provisoire est formé à Debrecen par le Général Dalnoki- Miklos (1890- 1948) et sur les 12 membres du Conseil, 3 communistes y participent. Le 24 Décembre 1944, Budapest est envahie par les Alliés. Szalasi doit s’enfuir mais continue la résistance jusqu’en Avril 1945 où il est capturé. Dans un ultime acte, il avait proposé le trône de Hongrie au dignitaire nazi Herman Von Goering afin d’obtenir plus de soldats, en vain (il sera exécuté le 12 Mars 1946).
Le 17 janvier après 58 jours de sièges, les Soviétiques entrent à Budapest. Les Monarchistes se regroupent autour du FRONT CHRETIEN (KF), plutôt po-Habsbourg, qui entre en clandestinité. Durant les événements de 1956 qui menacent le pouvoir pro–communiste à Budapest, les Monarchistes sortent dans les rues. Le 3 novembre 1956, le KF prend le luxe de faire entendre sa voix sur les ondes de la radio hongroise y compris celle du prétendant qui demande à l’Organisation des Nations Unies d’intervenir, en vain. En 1963, le fils de l’Empereur-Roi a décidé d’abdiquer, ne croyant pas en  » des droits abstraits « , alors que ce sont les seuls qui lui restent !
Les annèes passent. Alors que le communisme montre ses premiers signes d’érosion, les Habsbourg font un retour inattendu. Le 13 juillet 1988, sans prévenir les autorités communistes, l’archiduc débarque à Budapest durant 48 heures, les prenant de court. C’est un triomphe. La dynastie n’a pas été oubliée et devient une alternative. En 1990, on lui propose la présidence d’une Hongrie libérée. Il refuse, lui préférant le combat pour l’intégration de la Hongrie au sein de l’Europe.
Mais celui qui a marqué les esprits en organisant un  » pique-nique à la frontière, permettant à des milliers d’Est-Allemand de fuir « , coupe de facto les efforts du Parti Légitimiste Hongrois ( Magyar Legitimista Párt ), anti-Habsbourg, qui tente d’entrer au parlement (le mouvement devra cessera ses activités politiques en 1998) .
Otto de Habsbourg-Lorraine fait campagne pour la création d’une Fédération Danubienne qui rassemblerait autant la Bavière, la Hongrie que l’Autriche, ce qui n’est pas du gout de tous les hongrois. En Hongrie, comme dans toute l’Europe centrale et de l’Est, le pays est secoué par des manifestations réclamant des libertés, voir la restauration de la Grande Hongrie. Le 29 Juin 1988, Bruno Straub (1914-1996) prend la tête de la présidence du Pays. Un nouveau vent de liberté souffle sur le Royaume de Saint-Etienne dont on fête le 20 Août 1988, le 950 ° anniversaire de sa mort. Le 7 Octobre, le Parti Communiste se dissout et se rebaptise Parti Socialiste , abandonne son rôle de leadership et Straub annonce sa démission. Mathias Szürös assure l’intérim, la République est proclamée, le Président sera élu au suffrage indirect. L’URSS n’a pas bougé.
Le 21 août 1990, le Parti Légitimiste Magyar ( Magyar Legitimista Párt ) se reforme. Dirigé par Pálos László , il tente de participer aux élections législatives mais n’obtient aucun élu. Le refus d’Otto de Habsbourg-Lorraine d’accepter la présidence de la Hongrie à la chute du régime communiste, et l’absence d’un Prince de substitution, brise l’élan des Monarchistes .
Son fils cadet, l’Archiduc Georg de Habsbourg-Lorraine s’installe en Hongrie (1992). L’idée est de réserver Carl, fils aîné de Otto de Habbourg, pour l’Autriche, et le cadet Georg, pour la Hongrie, Les négociations pour l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne poussent le gouvernement socialiste du Premier ministre Gyula Horn à nommer l’archiduc Georg ambassadeur en 1996 puis Président de la Croix-Rouge hongroise en 2005. La nostalgie de l’ancien empire reste présente dans les consciences hongroises. Preuve s’il en est, son mariage en 1997 drainera des milliers de Hongrois à l’église Saint-Etienne. Cependant, le gouvernement hongrois courtise la Famille Royale : en 1996, l’Archiduc Georg de Habsbourg-Lorraine entre dans le gouvernement hongrois. Le Magyar Legitimista Párt prend un coup dans l’aile.
La réhabilitation des Habsbourg connaît son apogée avec le deuxième gouvernement du Premier ministre Viktor Orban (depuis 2010), qui vante l’amitiés de Georg de Habsbourg-Lorraine.
Viktor Orban l’a bien compris et insuffle un vent néo-horthyste à sa politique nationaliste. Il va multiplier les gestes en faveur de l’ancienne dynastie Royale. A commencer par modifier la constitution, laissant la question du retour de la monarchie ouverte (2011). Le mot république est substitué par le mot Etat , et on y rajoute un nouveau préambule « Que Dieu bénisse les Magyars ». Tout le cérémonial emprunte à ce qui fut un temps le Royaume de Hongrie jusqu’aux costumes des gardes de la couronne de Saint-Etienne. Lors du décès de l’archiduc Otto de Habsbourg en 2011, le gouvernement envoie ses condoléances officielles à la famille impériale, des représentants à ses funérailles, organise des messes et observe une minute de silence au parlement à la mémoire de celui qui lut leur roi jusqu’en 1946. Le 7 décembre 2015, c’est un autre membre de la branche palatine, connu pour son conservatisme ultra-catholique qui est nommé ambassadeur de Hongrie au Saint-Siège (l’archiduc Edouard).
Malgré une importante campagnes d’informations en faveur du retour de la Monarchie en Hongrie, faute de soutiens financiers, le MAGYAR LEGITIMIST PART, anti-habsbourg, restreind uniquement son action à des activités commémoratives annuelles. Crée en 1999, le PARTI DU ROYAUME MAGYAR ( Magyar Királyság Párt ) NE RECONNAIT PAS POUR AUTANT LES PRETENTIONS DES HABSOURGS-LORRAINE SUR LE TRONE DE HONGRIE. Il propose qu’un membre de la Noblesse hongroise soit élu en cas de restauration de la Monarchie en Hongrie : le choix de ce mouvement se porterait sur un membre de la famille Esterházy . Le prince Charles de Bourbon-Siciles s’est également rendu avec son épouse Camilla Crociani en Hongrie pour rappeller aux Magyars que les Bourbons de Naples sont les héritiers Légitimes des Angevins qui ont régné sur la Hongrie durant plusieurs générations
La restauration de la Monarchie en Hongrie et dans les Pays de Visegrad ? Certains l’envisagent comme le PARTI MONARCHIQUE CONSTITUTIONNALISTE HONGROIS, pro-Habsbourg, le PARTI DU ROYAUME HONGROIS (Magyar Királyság Párt) pro-Esterházy, ou encore le PARTI LEGITIMISTE MAGYAR, plutôt pro-Bourbon, qui font campagne en ce sens. Le pays s’est désormais paré de tous les atours de l’ancienne Régence. Car si les Monarchiste autrichiens sont tous pour les Habsbourg-Lorraine, les Pays de Visegrad connaissent des Monarchistes pro-Harbsbgourg comme des Monarchistes anti-Habsgourg. A la tête de la contestation anti-européenne (notamment sur la question des migrants où Georg de Habsbourg, ambassadeur itinérant, a appelé l’Europe à revoir sa politique d’intégration), la Hongrie a ajouté un pas supplémentaire dans sa politique MAGYARDE en prenant la tete de la constestation des Pays de Visegrad contre le centralisme de Bruxelles…
Qu’en est-il dans les Pays de Visegrad ?
En Hongrie , on trouve:
1. Monarchista Gondolatok / Réflexion sur la Monarchie
http://monarchista.blogspot.com/ , résolument pro-Habsbourg2. Regnum !
http://www.regnumportal.hu/ , un brin anti-habsbourg
En République Tchèque – Tchéquie, on trouve:

1. le parti Cechy Crown (Couronne Tchèque)
http://www.korunaceska.cz  , résolument pro-Habsourg

2. Portál Pro monarchii / Portail Pro Monarchiste
http://www.promonarchii.cz , plutot anti-Habsbourg

3. Monarchistické občanské sdružení / Association Civique Monarchiste (MONOS)
http://www.monarchista.cz , fusioniste.

En Pologne , on trouve la Organizacja Monarchistów Polskich (OMP), l »organisation Monarchique polonaise
http://adnikiel.republika.pl/ , résolument anti-Habourg.
LE MAGYARISME en Hongrie et dans les Pays de Visegrad, c’est avant tout UNE ATTITUDE CULTURELLE CATHOLIQUE, celle de la Tradition. En politique, il incarne le PRINCIPE D’EXPENSION-EVANGELISATION dont Léon XIII rependra l’idée : tout le contraire de l’actuel euro-mondialisme islamisant ! C’est aussi UN NATIONALISME HONGROIS COMME TCHECOSLOVAQUE, ET CHRETIEN : mourir pour la Patrie, c’est mourir pour la société hongroise destabilisée par les idées révolutionnaires. C’est, enfin, FACE A LA MASSE, L’AFFIRMATION DE LA PERSONNE.
Si l’empire austro-hongrois reste un modèle de gouvernement Chrétien et son dernier empereur a été réçamment canonisé, l’esprit Magyar, Légimiste, Catholique et Royal, INDEPENDANTISTE, demeure encore très vivant en Europe Centrale et l’histoire des Rois en Hongrie reste encore à écrire… car elle pourrait bien de nouveau déposer sur leurs têtes la couronne de Saint-Etienne !
Hervé J. VOLTO, CJA
Pour en savoir plus :
ASSOCIAZIONE LEGITIMISTA TRONO E ALTARE
Adresse postale: ALTA, Amedeo Bellizzi – Via Alfonso La Marmore, 8. 13900 BIELLA (TO), ITALIA
Tel: 333/8897120 (un portable: du lundi au Vendredi, de 9h à 12h, et le samedi, de 9h à 12h) .
Adresse E-mail: legitimista@live.it
Le site est traduit en plusieurs langues, dont le Français . Fidélité : aux Bourbons de France, de Naples, de Parme.
________________
A paraître : Le Hiérosolymitime ou Légitimisme de Terre Sainte et des Pays de l’ex-Empire Latin de Constantinople

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