Les incendies de forêts à répétition : cette tragédie qui détruit la Grèce…à grands feux.

21 Août

Végétation carbonisée, villages évacués, routes barrées par les flammes, animaux asphyxiés : le paysage aux alentours de la forêt de pins d’Agrilitsa, sur l’île grecque d’Eubée, est apocalyptique après plusieurs jours d’incendie.

A environ 150 kilomètres du foyer, un nuage noir recouvrait Athènes et laissait sentir l’ampleur du désastre. Sur l’île d’cubée (au nord-est d’Athènes), mardi 14 août vers 3 heures du matin, les flammes se sont propagées à grande vitesse en raison de violentes rafales de vent, sans faire de victimes mais en réduisant en cendres une forêt de 674 hectares.

Abritant une flore et une faune d’une grande richesse, « le poumon de l’île d’Eubée a été touché » d’après le gouverneur régional sortant, Costas Bakoyannis. « C’est une énorme catastrophe écologique dans une forêt de pins unique », a ajouté le neveu du premier ministre conservateur et nouveau maire d’Athènes, élu en juin.

« Il faudra au moins trente ans pour que la forêt se régénère », renchérit Theocharis Zagkas, professeur de sylviculture à l’université de Thessalonique. A Agrilitsa, des pins d’Alep majestueux côtoient des sapins de Céphalonie, des platanes d’Orient, des châtaigniers. Le site concerné par l’incendie n’est pas classé Natura 2000, contrairement à ce que certains médias grecs ont prétendu, mais sert néanmoins de refuge pour des renards, des tortues, des reptiles, des rapaces et des oiseaux rares qui ont pu perdre la vie à cause du sinistre.

L’activité locale risque aussi de subir le contrecoup des feux : les terres des agriculteurs ont été ravagées, les bêtes des éleveurs décimées et les habitants de la région qui récoltaient la résine des pins pour aromatiser le vin grec traditionnel (retsina) devront y renoncer. « Il n’y a plus beaucoup de régions en Grèce où cette tradition a perduré », constate Giorgos Milios de la direction régionale des forêts d’Eubée. Dès mercredi, en déplacement sur les lieux du drame, le premier ministre Kyriakos Mitsotakis a promis de dédommager « rapidement » les sinistrés.

Mais le souvenir du terrible incendie qui a ravagé la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de kilomètres d’Athènes, et coûté la vie à 102 personnes, le 23 juillet 2018, est encore dans les esprits. Les cadavres calcinés dans les voitures, la foule qui essaie d’échapper aux flammes en se jetant dans la mer, les enfants paniqués qui crient, hantent encore les Grecs. Un peu comme l’éruption du Vésuve qui hanta longtemps les habitants de la Campanie.

L’éternelle polémique sur la gestion chaotique de l’urgence et le retard dans les indemnisations des sinistrés a pesé sur toute la campagne électorale entre l’ex-premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, et le leader conservateur, Kyriakos Mitsotakis, élu le 7 juillet.

M. Mitsotakis a écourté ses vacances en Crète pour rentrer immédiatement à Athènes : « La priorité de l’Etat a toujours été et sera la protection de la vie humaine », a-t-il déclaré.

Près du village de Kontodespoti, sur l’île d’Eubée en Grèce, le 13 août.
Près du village de Kontodespoti, sur l’île d’Eubée en Grèce, le 13 août. MICHALIS KARAGIANNIS / EUROKINISSI VIA REUTERS

Dès mardi, les villages de Kontodespoti, Macrymalli, Stavros et Platana, ainsi que la ville de Psachna ont été évacués par les autorités. Et le premier ministre n’a pas attendu pour déclencher le mécanisme RescEU permettant à des partenaires européens d’envoyer des avions de renfort en Grèce. Dès le mercredi, deux bombardiers d’eau italiens étaient opérationnels pour éteindre les flammes qui continuaient de ravager Eubée.

« Chaque lieu a ses spécificités, les situations à Eubée et à Mati ne sont pas comparables. A Mati, la proximité des habitations et des arbres en feu, ainsi que le manque d’accès pour l’évacuation ont rendu le travail des secours très difficiles », estime Theocharis Zagkas. A Eubée, le pire semble avoir été évité mais, durant la nuit de mercredi à jeudi, une reprise de feu continuait d’inquiéter et de mobiliser certains pompiers qui ont enchaîné plus de trente-six heures de travail. Theocharis Zagkas estime que « tout se joue dans les quinze premières minutes lors d’un incendie, il faut agir très vite, surtout en présence de vents forts ».

Le mieux reste d’éviter ces incendies dévastateurs grâce à la prévention, selon le spécialiste. D’autant que 96 % des feux sur le pourtour méditerranéen sont déclenchés – volontairement ou non – par l’homme, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF) qui a publié un rapport en juillet intitulé « La Méditerranée brûle ».

A la télévision, des spots sont désormais diffusés : taillez les branches des arbres trop proches des habitations, débarrassez votre jardin des bois et feuilles mortes, laissez un accès aux véhicules des secours….Le numéro de téléphone d’urgence européen (112) peut, depuis quelques jours, recevoir tout témoignage concernant un départ de feu. Le service de protection civile informe la population par SMS des zones touchées par les incendies à éviter.

Hélas, d’après le WWF, chaque année le pourtour méditerranéen perd 0,6 % de sa surface forestière à cause des incendies. Constantinos Liarikos, responsable des programmes environnementaux au sein de l’ONG, note dans ce rapport que « la Méditerranée va rencontrer dans les prochaines années des incendies de forêt plus dévastateurs et plus vastes à cause du réchauffement climatique. Il est nécessaire de faire de la prévention pour éviter de nouveaux incendies meurtriers ». Paroles, paroles !

La preuve : du 15 juillet au 14 août, 1 302 feux ont été recensés en Grèce, presque le double par rapport à 2018 (735). En quelques jours, des sinistres ont été relevés dans la région d’Athènes près de Marathon, sur l’île de Thassos (nord), dans la région de Béotie (centre-ouest), dans le Péloponnèse (sud) et notamment sur l’île paradisiaque d’Elafonissos. « Les feux de forêt vont faire hélas partie de notre quotidien », a prévenu, mercredi, le premier ministre Mitsotakis.

Près de Makrimalli sur l’île d’Eubée en Grèce, le 14 août.
Près de Makrimalli sur l’île d’Eubée en Grèce, le 14 août. ANGELOS TZORTZINIS / AFP

Pour le professeur Zagkas, le changement climatique n’est pas la seule explication de la recrudescence d’incendies en Grèce : « Certaines forêts ont été abandonnées par les autorités. Les sous-bois ne sont pas entretenus et constituent une matière qui peut prendre feu à tout moment », précise-t-il. Mais il faut y ajouter la terrible habitude de la monoculture des épineux, certes persistants mais si terriblement inflammables. Un avis partagé par Giorgos Milios : « A Eubée, chaque année, nous appréhendons l’été avec anxiété. L’île a déjà connu plusieurs grands incendies en 2007 et 2016. Il faudrait embaucher plus de gardes forestiers. Malheureusement, il y a peu de candidats pour ces postes mal rémunérés. » 

Comme toujours et comme partout au sein de l’Union européenne…Etonnez-vous après cela que tant de migrants trouvent à faire leur nid chez nous.

Le 21 août 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Les incendies de forêts à répétition : cette tragédie qui détruit la Grèce…à grands feux.”

  1. Hervé J. VOLTO août 21, 2019 à 8:43 #

    La sècheresse qui touche de npombreux pays occidentaux, ici la Grèce, mais aussi la France, l’Italie, l’Espagne, etc… est à la mesure de l’arridité des coeurs qui se trouvent dans ces pays.

    La sécheresse actuelle n’est que le début de la sécheresse annoncée par le Christ durant les événements précédant la venue du Roi de France… très bientôt, nous l’espérons.

    Symbole du manque de foi, la sécheresse est symbole d’aridité du coeur stérile, refusant
    l’obéissance à Dieu. Elle rappelle l’apostasie d’Israël adorant le Dieu Baal, (dieu de la
    fertilité) provoquant la sécheresse de 3 ans et demi vécue sous le roi Achab, lors de la
    prédication d’Elie. (873-854 av. JC). Cette même sécheresse de 3 ans et demi se
    reproduira bientôt, annoncée dés 1973 par le Christ à Dozulé :

    -Une grande calamité de sécheresse s’abattra sur le monde entier.

    Cette sécheresse mondiale est annoncée aussi dans le chapître 11 de l’Apocalypse :
    Cette sécheresse finale correspondra plus tard à la prédication d’Enoch et Elie au temps
    de l’AntiChrist, ils sont les deux grands prophètes de la fin, c’est le 2e malheur de
    l’Apocalypse au chapitre 11:

    -Mais je donnerai à mes deux témoins de prophétiser pendant mille-deux-cent-soixante jours, revêtus de sacs… Ils ont pouvoir de clore le ciel afin que nulle pluie ne tombe durant le temps de leur mission .

    Dans l’attente, confiants en la Divine Providence, plaçon tous nos efforts Royalistes -prière, action, espérence- sous le signe du SACRE COEUR, incarné par LE COEUR DE L’AMOUR surmonté par la CROIX DU SACRIFICE, espoir et salut de la France.

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