Dossier spécial Afrique, source présente et future de bien des maux pour notre pays.

22 Août

Ouvrez vos yeux. Ils sont là. Ils sont partout. Dans nos métropoles, dans nos villes et même dans nos villages. Et s’ils n’y sont pas encore ils y seront bientôt, au fil du « goutte-à-goutte migratoire » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/08/01/le-goutte-a-goutte-migratoire-continue-sans-faire-de-vagues/) que nous inflige sournoisement le gouvernement de la République chaque fois que l’un de ses navires négriers débarque sur les côtes européennes sa cargaison de nouveaux esclaves sub-sahariens…

Et toutes ces tragédies humaines autant qu’économiques dans le seul but d’essayer de maintenir la paix sociale et d’amortir l’explosion démographique dans des pays qui n’en sont pas (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/08/07/mali-un-non-pays-porte-a-bout-de-bras-par-la-france/) mais où règnent quelques potentats et autres tyrans vivant grassement sur le dos de leurs peuples autant que des subventions de nos gouvernements. Car c’est cela l’Afrique aujourd’hui. Et rien d’autre.

Pour vous en convaincre (s’il en était encore besoin), nous voulons vous en montrer quelques exemples édifiants tirés de nos informations les plus récentes*. En espérant que vous finirez par faire les choix nécessaires à l’arrêt de toute immigration venue, d’une manière ou d’une autre, de la rive sud de la Méditerranée mais aussi au renvoi chez eux de tous ceux qui n’auraient jamais dû en partir. En n’oubliant pas que si rien ne change, nous n’existerons plus avant longtemps **.

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Au CHU de Bamako, les bons vieux marabouts seraient bien plus efficaces…

Lundi 29 juillet, Fatoumata Keïta, un bébé d’à peine un mois, a perdu son bras droit. Elle qui avait été emmenée au service pédiatrique du CHU Gabriel-Touré pour un problème gastrique en est sortie…amputée jusqu’à l’épaule.

« Aux urgences pédiatriques, on l’a perfusée et piquée à plusieurs reprises. C’est à ce moment-là que sa main a commencé à noircir, raconte sa mère entre deux biberons. Chaque fois que les médecins venaient, je leur montrais sa main. Ils me disaient qu’il n’y avait pas de problème, que si je lui donnais tel ou tel médicament, elle allait guérir. » Hélas, une semaine d’hospitalisation plus tard, la gangrène avait progressé jusqu’au coude du bébé. Fatoumata sera amputée dans la soirée du 29 juillet.

Dans le département de pédiatrie, qui concentre près de la moitié des admissions de Gabriel-Touré, un enfant sur quatre (24 %) meurt à la suite de son hospitalisation, selon le dernier rapport 2018 du Bureau du vérificateur général, une institution malienne chargée de lutter contre les irrégularités financières et de vérifier les performances de certains établissements. Cela représente 96 % des décès enregistrés dans l’ensemble du CHU.

Mme Keïta accuse l’hôpital de négligence. Le chef du département de pédiatrie, Boubacar Togo (ça ne s’invente pas), ne le nie pas : « Ici, nous avons un infirmier pour vingt nouveau-nés. Le personnel est surchargé, dépassé, et ça peut l’amener à ne pas exécuter correctement son travail. Les soins de certains patients se retrouvent retardés. Cela diminue les chances d’efficacité des traitements et même les chances de survie des malades. » En serait-il autrement si tant d’apprentis infirmiers (ou autres) ne quittaient pas leur pays pour ce qu’ils croient être un nouvel Eldorado, la France ? En serait-il autrement si tant de jeunes médecins maliens n’abandonnaient pas leurs concitoyens pour venir s’installer chez nous ? Qui ose poser ces questions ?

Avec plus de 125 000 consultations par an, Gabriel-Touré est pourtant la vitrine de la santé au Mali. Mais une vitrine-trompe l’oeil. C’est le plus grand hôpital du pays, celui qui dispose aussi du service pédiatrique le plus complet : « Nous n’avons ni aspirateur ni matériel de ventilation. Coton, alcool, cathéters, perfusions… Nous manquons de tout ! Humainement, nous sommes marqués au quotidien par la souffrance des enfants et par notre incapacité à en sauver certains », poursuit M. Togo en entrant dans la salle des urgences pédiatriques.

Dans le local vétuste d’une trentaine de mètres carrés, il n’y a qu’une vingtaine de lits, rouillés. A gauche, deux bébés malades sont dans le même berceau. A droite, d’autres sont soignés par des médecins qui n’ont pas tous des gants, augmentant considérablement le risque d’infection. « Il faut aller chercher du sang pour cet enfant ! », crie un médecin en regardant un des malades, les yeux vitreux et la bouche ouverte, l’air agonisant. « Tout ça, c’est une violation des droits humains. Dans aucun pays du monde, vous ne verrez ça ! Ça nous fait mal. Il y a de bons pédiatres ici, mais nous n’avons pas les moyens de travailler », s’emporte-t-il en sortant des urgences, suivi par huit internes. Au fait, c’était quoi l’indépendance ? Les lendemains ne devaient-ils pas chanter ?

Début août, une partie du personnel soignant était en grève, pendant soixante-douze heures, pour exiger des autorités et de la direction du CHU un renforcement urgent du matériel médical et du personnel. Des revendications que Djimé Kanté, standardiste à Gabriel-Touré et porte-parole du comité syndical, porte depuis plus de sept ans. En vain. Sur le bureau de la direction, les courriers syndicaux s’entassent depuis des années, sans réponse.

Le 21 juillet, M. Kanté dénonçait pour la énième fois, sur Facebook, « la mort prochaine de l’hôpital Gabriel-Touré », évoquant des nouveau-nés qui meurent d’hypothermie par manque de lampes chauffantes et des femmes perdant la vie sur les tables d’accouchement par défaut de prise en charge. Le lendemain, sa propre fille, Basira Kanté, 19 ans, mourait après avoir accouché d’un prématuré de 8 mois à l’hôpital du Point G de Bamako. Basira n’a pas pu être transférée à Gabriel-Touré pour être soignée, faute de lits disponibles. Le CHU n’en a qu’environ 500 à disposition, pour plus de 17 000 hospitalisations chaque année.

« C’est une ironie du sort. Comme si la Terre s’ouvrait sous mes pieds, comme si le ciel tombait. Moi qui combats depuis toujours la mauvaise gouvernance hospitalière…, souffle M. Kanté, la gorge serrée. Ma fille venait juste de se marier. Elle a mis au monde un enfant qu’elle n’a pas vu, qui est aussi décédé sans voir sa mère. Ils sont morts à cause d’un système, à cause d’une insuffisance de plateau technique et de personnel qualifié. »

Le bébé, pris en charge aux urgences pédiatriques de Gabriel-Touré, n’avait que deux jours lorsqu’il est mort, probablement des suites de la même hypothermie que dénonçait son grand-père quelques jours plus tôt. « On envoie les enfants à la boucherie. On ne peut pas continuer comme ça, il faut que ça s’arrête ! », implore M. Kanté. Mais non, M. Kanté, au Mali cela s’appelle simplement la sélection naturelle.

Aujourd’hui, le syndicaliste tente de faire de ce drame une force pour poursuivre son combat et tenter de sauver les hôpitaux maliens et leurs patients, souvent pauvres et donc dans l’impossibilité de payer les soins pratiqués dans les cliniques privées qui fleurissent à Bamako pour les profiteurs de l’aide internationale…. Selon M. Kanté, le budget de fonctionnement de Gabriel-Touré a quasiment été divisé par quatre ces deux dernières années, passant de 800 millions de francs CFA en 2017 à 206 millions (314 000 euros) cette année. Une baisse drastique que le personnel peine à comprendre, au regard des difficultés croissantes qu’il rencontre au quotidien.

« Avec 206 millions de budget de fonctionnement, il n’est même pas possible de gérer le plus petit centre de santé communautaire, se désespère M. Kanté. De plus, les maigres ressources de l’hôpital prennent souvent d’autres destinations. Il y a eu une mauvaise gouvernance et une mauvaise gestion financière. Nous écrivons constamment à l’administration pour demander des sanctions contre les travailleurs indélicats, mais rien n’est fait. » Forcément, la corruption est la seconde nature des responsables africains…

Tant que les administrateurs de ces pays seront des prédateurs économiques, les routes migratoires ne désempliront pas !

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Le prochain « fruit mûr » a cueillir par les djihadistes du Sahel : le Burkina Faso.

Au moins une dizaine de militaires ont été tués, lundi 19 août, lors d’une « attaque d’envergure » de « groupes armés terroristes » dans le nord du Burkina Faso. C’est le détachement militaire de Koutougou, province du Soum, qui a été visé, selon l’état-major général des armées burkinabée.

« Dans les rangs des forces nationales, un bilan provisoire fait état de plus d’une dizaine de militaires tombés et plusieurs blessés », affirme encore l’état-major. Selon plusieurs sources sécuritaires, d’autres soldats sont « portés disparus » et le bilan pourrait dépasser la vingtaine de morts, faisant de cette attaque la plus meurtrière dans la région.

L’attaque a débuté vers 5 heures (locales et GMT). « Les assaillants ont effectué plusieurs tirs à l’arme lourde, incendiant une grande partie du camp de base et des engins », a précisé à l’Agence France-presse une source sécuritaire. « En réaction à cette attaque barbare, une vaste opération aérienne et terrestre de ratissage a permis de neutraliser de nombreux assaillants », a assuré l’état-major, sans donner plus de détail. Mais nous savons lire entre les lignes ! Les attaquants sont repartis comme ils étaient venus, dans la nuit noire et sans doute sans pertes.

Jusque-là, la plus grave attaque djihadiste jamais perpétrée contre l’armée burkinabée avait fait douze morts à Nassoumbou, également dans la province du Soum, en décembre 2016. Une quarantaine d’assaillants, à bord de véhicules pick-up et de motos, avaient alors attaqué un poste militaire situé à une trentaine de kilomètres du Mali. L’armée burkinabée avait aussi subi un revers sans précédent en mars 2018, lorsqu’une attaque djihadiste avait dévasté son état-major général, en plein centre-ville de la capitale Ouagadougou, faisant huit morts.

Pays sahélien pauvre d’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso s’enfonce depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à une douzaine de groupes, certains affiliés à Al-Qaida et d’autres à l’Etat islamique. Les attaques djihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le nord et l’est du pays, ont fait plus de 500 morts.

Cinq Etats du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) ont constitué une force militaire multinationale pour lutter contre les multiples groupes djihadistes qui sévissent dans la région, mais cette force peine à monter en puissance et s’avère, en réalité, d’une incapacité notoire face au terrorisme islamique. Cet embryon de coalition de force régionale du G5 Sahel n’est pas parvens à contenir ces groupes qui progressent vers le golfe de Guinée et empiètent de plus en plus sur les frontières du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo.

Au moins 17 000 personnes ont dû fuir leurs foyers dans le nord du pays en raison de ces violences, avait indiqué le Comité international de la Croix-Rouge fin mai. Mi-juillet, les autorités ont prorogé de six mois l’état d’urgence, en vigueur depuis décembre 2018 dans plusieurs provinces du pays. Et ça ne va pas s’arranger car, pour cela, il faudrait une nation et un Etat.

Toute l’histoire du Burkina Faso et de l’entité qui précéda sa création, la Haute-Volta, démontre hélas que rien de cela n’existera jamais…

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Le Cameroun où il ne fait plus bon vivre

Et c’est le fruit des absurdités qui résultèrent de l’accession à l’indépendance de beaucoup de ces pays d’Afrique…qui n’en sont pas.

Avant la période coloniale, les habitants ne formaient pas un groupe homogène mais plusieurs formes d’organisations sociales allant de plusieurs royaumes structurés à des ethnies nomades. Aux anciens royaumes (Bamoun, Bodjongo,Adamaoua, Garoua) succède au XIXe siècle la colonie allemande qui place le Cameroun sous protectorat. À l’issue de la Première Guerre mondiale, le Cameroun est placé sous la tutelle de la Société des Nations et confié à l’administration de la France pour sa partie orientale et du Royaume-Uni pour partie occidentale Jouxtant le Nigéria). L’ancien mandat de l’ONU sous administration (et de langue) française accède à l’indépendance sous l’appellation de République du Cameroun le 1er janvier 1960. Il est rejoint par une partie du territoire sous administration britannique (et de langue anglaise) en octobre 1961 pour former la République unie du Cameroun, puis république du Cameroun en 1984. Les frontières actuelles actuelles du Cameroun résultent donc de la décolonisation européenne avec des résultats stupides : dans certaines zones la frontière traverse des villages coupés entre le Cameroun et ses voisins !…

Et voici venu le temps de nouvelles dissensions entre la partie francophone et sa hernie anglophone. Résultat : les luttes armées (une spécialité de l’Afrique), les enlèvements contre rançon, les destructions de villages ou de cultures, etc. règnent désormais à l’ouest où le spectacle est à présent désolant.

Des champs de palmiers à huile et d’hévéas, envahis de hautes herbes, s’étendent à perte de vue. A quelques kilomètres, des plantations de bananiers sont à l’abandon. Sur l’asphalte, les voitures roulent à vive allure. « Si on s’arrête, on risque d’être kidnappé ou tué. Il y a des combattants cachés dans la brousse », dit un chauffeur. Ces immenses exploitations agricoles qui bordent la route entre Douala et Buéa, appartiennent à la Cameroon Development Corporation (CDC), le second employeur du pays après l’Etat. La crise qui secoue depuis trois ans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a plongé la plus grande société agro-industrielle du pays au bord de la faillite.

Quatre millions de personnes sont affectées par le conflit entre combattants indépendantistes anglophones et forces gouvernementales, qui dure depuis bientôt deux ans ; près de 2 000 d’entre elles ont été tuées et quelque 530 000 personnes ont pris la fuite, selon les Nations unies, abandonnant maisons, champs, emplois, entreprises… L’économie de ces deux régions, qui vivent en grande majorité de l’agriculture et de l’agro-industrie, a été sérieusement affectée. Et devinez où sont partis les déplacés ! Vers l’Europe évidemment.

Dans un rapport paru en juillet 2018, le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) estimait déjà le manque à gagner à près de 270 milliards de francs CFA (environ 412 millions d’euros). Actuellement, le principal mouvement patronal du pays met à jour ses données, mais en interne, une source relève d’ores et déjà qu’au cours de la dernière année, « la situation s’est encore sérieusement dégradée ». Selon elle, « la zone est devenue une zone de guerre, un quasi-no man’s land où il est impossible de faire des affaires ».

Pour le Gicam, les opérations « ville morte » à répétition, les intimidations, les rackets, les rapts et les assassinats d’employés et de responsables d’entreprise, ainsi que les attaques ciblées sur des structures parapubliques comme la CDC, détruisent « délibérément » l’économie de cette partie du pays. « Nous sommes pratiquement en faillite », confie-t-on à la CDC. L’entreprise estime déjà ses pertes matérielles et opérationnelles à près de 50 milliards de francs CFA, et ce n’est pas fini.

Des usines, des bureaux, des plantations, des véhicules et des camps d’employés de la société ont été détruits par des groupes séparatistes. En avril 2018, la CDC comptait officiellement 20 280 employés. Ils ne sont plus que 6 270 en activité aujourd’hui, travaillant pour la plupart à la direction générale et aux services techniques, commerciaux et médicaux. Les autres sont majoritairement en congé forcé du fait des violences. Menacés par des groupes sécessionnistes, au moins seize d’entre eux ont été tués. Près de 100 ont été attaqués, certains ont perdu des doigts, une main… D’autres ont été kidnappés, avant d’être libérés après paiement de rançons.

« C’est la pire crise que l’entreprise ait jamais connue », soupire Zachée Dissoh Hell, le directeur du département palmiers à huile. Quatre des sept unités de production sont à l’arrêt. Les autres fonctionnent pour la plupart à 20 % de leurs capacités. Les pertes sont estimées à 14 milliards de francs CFA. « La situation empire sur le terrain, car les groupes armés se multiplient et rôdent toujours aux environs », observe un responsable. Ce qui pousse même les employés les plus tenaces à déserter, « jour après jour ».

A Tiko, à 20 km de Limbé, la plus grande des unités de production de caoutchouc, discrètement protégée par des forces de défense, tourne au ralenti. Les hangars de stockage sont vides. « La majorité de nos collègues ont pris peur et sont partis »,murmure l’un des derniers travailleurs.

De janvier à juin 2017, 7 260 tonnes de caoutchouc sont sorties des champs, contre 968 tonnes sur la même période en 2019. Les exportations pour le fabriquant français de pneus Michelin, partenaire historique de la CDC, sont devenues insignifiantes. « A cause de la crise, nous sommes incapables d’honorer nos engagements », se désole Kuve Donald Ekema, directeur du département caoutchouc.

A quelques minutes de là, au sein de la branche bananes de la CDC, la situation est encore pire. Depuis septembre 2018, l’entreprise a cessé ses activités. Le manque à gagner est de 30,5 milliards de francs CFA. A Tiko, Jeannette, 47 ans dont seize de service, attend de retourner dans les plantations. Battue par des séparatistes qui lui reprochaient d’avoir défié leur interdiction d’aller travailler, elle a été hospitalisée pendant deux semaines.

Les autres secteurs économiques souffrent aussi. Avant la crise, le Sud-Ouest était la première zone de production de cacao, concentrant 45 % de la production nationale. Lors du lancement de la campagne cacaoyère 2018-2019, la région est passée au deuxième rang, avec 32 % du cacao commercialisé.

« Lorsqu’on considère les recettes issues de l’exportation de cacao et de café, on est à 56 milliards de francs CFA de pertes, soit l’équivalent de 20 % des recettes d’exportation du pays à juillet 2018. C’est énorme pour le café arabica, pour lequel le Nord-Ouest représente 70 % de la production nationale », souligne Pierre Nka, ancien directeur de la rédaction du Quotidien de l’économie.

Pour le journaliste, le Cameroun commence à subir les effets du conflit dans les régions anglophones, avec le manque de devises auquel il fait face depuis plusieurs mois. Une situation aggravée, d’après lui, par l’incendie, le 31 mai, de quatre des treize unités de la Société nationale de raffinage (Sonara), à Limbé. La piste d’un incendie criminel a été écartée, mais les pertes sont considérables : l’unique raffinerie du pays est à l’arrêt pour douze mois et a depuis recours aux importations.

« Cette concomitance d’événements va continuer d’asphyxier le Trésor public camerounais, qui se voit privé de 25 milliards de francs CFA de recettes après l’incendie de la Sonara, poursuit Pierre Nka. A long terme, avec une Sonara sinistrée et une CDC à l’agonie, c’est tout un pan de la souveraineté économique du Cameroun qui est en berne. »

La situation est d’autant plus préoccupante que dans les villages encore habités, les populations ont du mal à évacuer leurs récoltes et à se ravitailler en produits de première nécessité. « Pour aller dans les champs, il faut payer différents groupes d’“ambas boys” [les milices indépendantistes], négocier pour chaque ouvrier courageux qui accepte de travailler avec nous afin qu’il soit protégé. Et une fois les récoltes assurées, il faut encore négocier au niveau des postes des forces de sécurité qui nous demandent de l’argent. Il y a trop de racket. A la fin, tu n’as plus rien », précise un producteur de cacao désormais réfugié à Douala.

« L’économie du Cameroun est de plus en plus victime de la crise anglophone. Nous sommes conscients qu’il faut agir, et vite, car avec la baisse des recettes d’exportation, les usines et les plantations à l’abandon, les villages vidés, on court vers un drame économique. Hélas, sans un cessez-le-feu et un retour à la paix, qui dépend des politiques, aucun investissement, aucune aide en milliards de francs CFA ne pourra relever ces entreprises », juge un cadre du ministère du commerce.

A Buéa, la capitale du Sud-Ouest, des jeunes entrepreneurs de la « Silicon Mountain », en référence au nombre et à la qualité des start-up qui s’y créent, vivent au quotidien cette réalité. Certains se sont déplacés vers des zones francophones, plus calmes, pour poursuivre leur activité. D’autres, par choix ou par manque de moyens financiers, ont décidé de rester.

Dans les locaux de l’incubateur ActivSpaces, Valery Colong, le directeur, relate les difficultés du moment et comment l’entreprise s’y est adaptée. La plupart des événements sont désormais organisés dans le quartier administratif de Buéa, plus sécurisé. En prévision des opérations « ville morte » qui se tiennent tous les lundis, les journées d’activité courent du mardi au samedi, et le week-end, du dimanche au lundi. Quant à l’immobilier local, ça ne vaut guère mieux : « Avec la peur des kidnappings, même les propriétaires rechignent à mettre leurs biens sur le marché. Il n’est plus possible de s’attarder ici. »

La mort du Cameroun est au programme…Et que deviendront ses 26 millions d’habitants ?

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Quant à l’épidémie d’Ebola en RDC, elle ne cesse de prospérer

Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo ont indiqué lundi 19 août avoir enregistré un nouveau décès des suites de la fièvre hémorragique Ebola dans la province du Sud-Kivu, la troisième à être touchée par l’épidémie dans l’est de la RDC.

« Un enfant de 7 ans est mort dimanche d’Ebola », près de Chowe, dans le territoire de Mwenga, a déclaré le docteur Claude Bahizire, responsable de la communication à la direction provinciale de la santé du Sud-Kivu. « Deux autres cas suspects, deux femmes, ont été détectés et sont admis au centre de transit de Bukavu », capitale du Sud-Kivu, a-t-il ajouté. D’après le docteur Bahizire, les deux patientes « étaient en contact avec la femme qui est décédée la semaine passée lors de son passage à Bukavu pour Mwenga ».

Le Sud-Kivu est la troisième province à être touchée par l’épidémie d’Ebola déclarée le 1er août 2018 dans la province voisine du Nord-Kivu (Beni, Butembo, Katwa), avant de s’étendre marginalement vers celle de l’Ituri (nord-est). La ville de Goma a également enregistré des cas d’Ebola depuis mi-juillet.

Depuis une année, la maladie a fait 1 934 morts, selon les derniers chiffres publiés par les autorités dans un bulletin daté de dimanche. Le ministère de la santé a annoncé qu’« une nouvelle zone de santé a été affectée au Nord-Kivu ». Un cas confirmé d’Ebola a été enregistré à Pinga, dans le territoire de Walikale (centre de la province du Nord-Kivu), a-t-il indiqué sans plus de détails.

L’épidémie d’Ebola, qui se transmet par contacts humains directs et étroits et dont le taux de létalité est très élevé, a longtemps été cantonnée dans le Nord-Kivu et l’Ituri avant donc de s’étendre à la province du Sud-Kivu

L’épidémie dans l’est de la RDC (la dixième sur son sol depuis 1976) est la deuxième plus importante dans l’histoire de la maladie après celle qui a tué près de 11 000 personnes en Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014. Le virus est transmis à l’homme par certains animaux sauvages, puis entre humains via les fluides corporels d’une personne malade.

Mais les efforts de la riposte médicale sont régulièrement annihilés par l’insécurité dans une zone infestée par de nombreux groupes armés, mais aussi par des résistances culturelles et communautaires : déni de la maladie, non-respect des mesures sanitaires spécifiques (enterrement sécurisé des victimes notamment).

Nous l’avons dit et redit : tôt ou tard, les déplacements de populations et les migrations vers l’Europe feront que nous aurons à observer puis à subir les conséquences de cette terrible maladie sur notre propre sol.

Mais dormez tranquilles, braves gens, nos responsables politiques vous feront croire jusqu’au bout que c’est impossible et que, de toute façon, ils sont là pour vous protéger. La bonne blague.

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Mais ne croyez pas que ce soit mieux dans le sud du continent

Le Zimbabwe, qui fut aux temps glorieux de la présence européenne, la Rhodésie du Sud, est à l’agonie, pour le plus grand malheur de ses habitants. L’ex-« Joyau de l’Afrique » n’en finit pas de mourir depuis que l’indépendance lui fut accordée par la Grande-Bretagne.

Les mauvaises nouvelles y sont en effet nombreuses. La famine, l’hyperinflation, l’effondrement de l’économie, les coupures d’électricité sont de retour, tandis qu’une poignée de puissants s’exhibent dans les voitures de luxe les plus extravagantes. Comme se fut déjà le cas pendant la longue dictature (1980-2017) de l’ignoble Robert Mugabe.

Robert Mugabe a marqué le Zimbabwe au fer de sa personnalité comme peu de responsables politiques. Lorsqu’il a été chassé du pouvoir à Harare, en novembre 2017, on ne sait ce qui l’a le plus choqué. Voir son peuple exulter en apprenant qu’une junte l’avait déposé en douceur, ou voir lui succéder Emmerson Mnangagwa, son confident, son responsable sécuritaire, son dauphin (avant de tomber en disgrâce) et même, au temps de la lutte armée, son secrétaire particulier, parvenant comme dans un tour de magie à susciter l’espoir de changement de toute une nation.

Mais, au Zimbabwe, les médecins viennent de se mettre en grève, pour protester contre l’effondrement du secteur de la santé. Les enseignants vont faire de même. Nelson Chamisa, le responsable du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d’opposition, appelait à manifester à partir du vendredi 16 août, pour demander « des emplois, des soins médicaux, la fin des pénuries dans l’électricité, l’enseignement, la distribution d’essence (…) ». La liste est plus longue encore, description clinique d’un pays en plein naufrage où les dernières entreprises en activité sont obligées de fonctionner de nuit, faute d’électricité le jour, et où, selon les Nations unies, il y aura bientôt 5,5 millions de personnes dans les campagnes et 2,2 millions dans les villes souffrant de la faim.

Lors des premiers mois de son arrivée au pouvoir, M. Mnangagwa, suscitant l’espoir que des réformes rendraient au Zimbabwe sa prospérité détruite, avait annoncé 27 milliards de dollars d’investissements étrangers et un véritable changement de politique. C’est l’inverse qui s’est produit. Le 12 août, profitant de l’une des cérémonies les plus solennelles du pays, célébrant les héros de la lutte pour l’indépendance, Robert Mugabe a fait savoir qu’il refusait d’être inhumé à Heroes Acre, la monumentale nécropole construite aux portes d’Harare et où reposent ceux qui ont libéré le Zimbabwe au temps de la guerre contre le pouvoir blanc de Rhodésie du Sud. Un affront subtil comme un crachat, administré au président Mnangagwa, qui disait ce jour-là son espoir de voir aboutir ses « réformes douloureuses, mais nécessaires », certain de les voir « mener l’économie vers une transformation fondamentale, fondée sur une plus grande efficacité ». Paroles , Paroles !

Le pays raconte une autre histoire. D’abord, le choc climatique. Une période de sécheresse a grillé la moitié de la récolte de maïs et fait descendre les eaux dans le barrage de Kariba, amputant les trois quarts de la principale source d’approvisionnement en électricité nationale, au moment où l’Afrique du Sud interrompait ses exportations de courant pour cause d’impayés. Le Zimbabwe subit désormais des load shedding (des coupures tournantes) de dix-huit heures par jour. L’eau n’est plus pompée dans le système d’adduction. Un accord de rééchelonnement de la dette vient d’être trouvé avec la compagnie sud-africaine Eskom, réduisant dans les prochains jours les coupures à dix heures quotidiennes. Même la production minière a chuté, de 10 %.

Ensuite, le Zimbabwe est entré en récession. La dernière fois, c’était il y a dix ans, au moment de l’hyperinflation (89,7 sextillions de pour-cent) qui avait signé la fin du dollar zimbabwéen. Dans l’intervalle, un panier de devises, dont le dollar, l’avait remplacé. Mais tout récemment, le Zimbabwe s’est doté d’une nouvelle monnaie ! Faisant face à une pénurie de dollars rendant la vie de la population impossible, le gouvernement avait mis en circulation des bond notes, sortes de petites obligations du Trésor libellées en dollars. En parallèle, l’Etat a eu recours à une valeur au nom étrange : le RTGS (real-time gross settlement system, ou système de règlement brut en temps réel), lui permettant de créer des dollars virtuels, ex nihilo, injectés dans le système pour assurer ses paiements, notamment les salaires des fonctionnaires (90 % des employés du pays). Il n’y a qu’en Afrique que l’on peut voir pareille folie.

La masse de cette monnaie fictive a enflé au cours des années, atteignant des milliards. Puis, en juin, le pouvoir a décidé que cette anomalie financière deviendrait, tout à coup, la monnaie zimbabwéenne. L’inflation a aussitôt grimpé. Elle atteignait déjà 176 % à la fin du mois, puis a cessé d’être calculée. Elle est aujourd’hui estimée à environ 500 %.

Et rien ne semble pouvoir stopper cette glissade. Dans un cabinet d’audit sud-africain, une source qui suit la situation financière au Zimbabwe en reste bouche bée : « J’aimerais savoir ce qu’ils fument pour ne pas paniquer ! » Dans ce cadre, l’appel du MDC à des manifestations, qui pourraient s’étendre la semaine suivante, porte la menace de violences. En janvier, lors de la première grande augmentation du prix de l’essence, des protestataires avaient essuyé des tirs de l’armée dans les rues d’Harare. Il y avait eu au moins douze morts. Rien à voir avec la répression du mouvement des « Gilets jaunes » chez nous…

Vendredi, face aux violences potentielles, le parti d’opposition a demandé à ses partisans de ne pas porter de signes du MDC ni sa couleur emblématique (le rouge). « L’une des raisons pour lesquelles Mnangagwa n’a pas réussi à avancer depuis qu’il a pris le pouvoir en novembre 2017 tient au fait que la culture, au sein des institutions, et les pratiques en cours sous le régime de son prédécesseur sont restées les mêmes », écrivait, en juillet, l’analyste zimbabwéen Alex Magaisa, qui vit en exil. Pourquoi ? Parce que l’Afrique est le continent du temps long, où le poids des coutumes d’abord, des habitudes ensuite fait que rien ne peut changer.

Surtout pas ce qu’il y a de plus calamiteux pour ses habitants. Alors, de grâce, laissons-les vivre à leur rythme et seulement chez eux.

Le 22 août 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Auxquelles nous vous suggérons d’ajouter la lecture de ces autres articles :

1/ https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/18/de-lafrique-au-mali-et-retour/

2/ https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/22/ne-croyez-pas-que-letat-de-la-mauritanie-soit-plus-rassurant-que-celui-du-mali/

3/ https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/27/apres-le-mali1-le-burkina-faso2-la-mauritanie3-voici-venir-le-risque-dune-explosion-au-tchad/

** Lire « Le XXIe siècle sera celui d’une tragédie démographique entre l’Afrique et l’Europe« : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/12/le-xxi-eme-siecle-sera-celui-dune-tragedie-demographique-entre-lafrique-et-leurope/

3 Réponses to “Dossier spécial Afrique, source présente et future de bien des maux pour notre pays.”

  1. Charte de Fontevrault août 22, 2019 à 3:37 #

    – Mais où le régent du CER va t-til chercher tout cela (1 ère question) ?
    – Combien d’heures par nuit vole t’il à ces heures de sommeil pour savoir tout cela (2 éme question) ?
    – Pour cet homme étrange les journées ont -elles plus de 24 heures?

    • conseilesperanceduroi août 22, 2019 à 5:46 #

      Mille merci…d’un régent parfois un peu surmené ! Mais c’est peut-être ce qui lui permet de durer dans cet univers d’horreurs et de violence.Quoi qu’il en soit, ses journées ne sont que de 24 heures. Il s’efforce simplement de démontrer quelques uns des adages reçus de ses parents dont « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt » et aussi « chaque minute compte« . Il en est récompensé par la richesse atteinte par le blogue du CER en terme d’information.

  2. conseilesperanceduroi août 23, 2019 à 2:53 #

    Les seuls qui avaient tout compris mais que personne n’a voulu entendre et moins encore croire furent les Afrikaners (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/06/24/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-et-si-les-afrikaners-avaient-eu-raison-avant-tout-le-monde/). Maintenant, hélas, il est trop tard.

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