Nos Anciens avaient tout compris des hommes.

28 Août

Nos Anciens avaient tout compris des hommes comme de la réalité de leurs qualités affichées. Et c’est ainsi que leur vint le proverbe suivant :

 » AU PAYS DES AVEUGLES, LES BORGNES SONT ROIS. »

(Entouré de personnes ignorantes ou stupides, un individu doué d’une maigre intelligence, d’un peu de savoir ou parfois même, simplement, de bagou fait figure de génie)

Au pays des aveugles, les borgnes sont rois. — Grandville, Cent Proverbes, 1845

Et c’est précisément ce qui nous vient à l’esprit lorsqu’on entend ou qu’on lit les commentaires de nos médias après le sommet du G7, à Biarritz, le week-end dernier ! Que nous répètent donc, à satiété, les thuriféraires patentés du président de la République française, Emmanuel Macron ?

Que  » Le G7 d’Emmanuel Macron est une réussite « . Vous avez entendu cette affirmation dans la bouche des uns comme dans les pages des autres et, peut-être même, vous êtes-vous surpris…à les croire, tant cette musique  résonne depuis lundi, parce que … oui, c’est un sommet réussi, c’est à  dire avec des résultats !

Des résultats qui confortent nécessairement l’image internationale du président qui est plutôt bonne aux yeux des Français alors que, pourtant et majoritairement….ils ne l’aiment pas. Comme le dit Jacques Julliard dans l’Express :  » Emmanuel Macron incarne bien la France mais ne sait pas incarner les Français « . La politique étrangère n’a  jamais (depuis la décolonisation) été un élément  primordial de popularité présidentielle. D’ailleurs lors des campagnes  électorales, ce thème n’est ni dominant, ni déterminant. Mais en ces temps difficiles, les Français ont envie de croire que la globalisation, l’interdépendance  des économies, la crise environnementale  qui n’a pas de frontières, remettent l’international au cœur des  préoccupations.

Pendant la crise des « Gilets-jaunes« , les Français ont pensé qu’Emmanuel Macron était l’un des facteurs  aggravant de ce qu’il est convenu d’appeler « les fractures françaises« *.  La phase 2 du quinquennat est censée corriger ce malaise par plus de  consultations, moins de déclarations  péremptoires et sentencieuses, moins de « je »  plus de « nous ». En réalité, comme vous devriez vous en douter, rien ne changera…

Alors, sera-ce grâce à la politique étrangère qu’Emmanuel Macron retrouvera un peu de la considération de ses  concitoyens ? Pas si sûr, s’ils ne se laissent pas berner par les panégyristes et autres courtisans et qu’ils ouvrent enfin les yeux. Car, qu’a-t-on vu à Biarritz du cheptel des dirigeants actuels des principaux pays (économiquement et pour combien de temps ?) de la planète ?

À côté des outrances verbales (plutôt plus discrètes cette fois-ci) d’un Donald Trump (USA), de la virulence (un peu suscitée il est vraie) d’un Jair Bolsonaro (Brésil), par médias interposés, du côté foutraque de Boris Johnson (GB), de la circonspection d’une Angela Merkel (Allemagne) malade et sur le départ, des bavardages sans saveur d’un Justin Trudeau (Canada), des prétentions assommantes d’un Donald Tusk (UE) ou de la fadeur d’un Giusepe Conte (Italie)…Emmanuel Macron bénéficiait de l’avantage du contraste et faisait figure de gentleman !

Car le monde a actuellement la  malchance d’être pourvue de dirigeants dans l’ensemble assez peu enviables et Emmanuel Macron profite  aisément de la comparaison.

Qui plus est, en ces temps de doute  identitaire, d’angoisse de déclassement national, la France (à peine 1%  de la richesse et de la population mondiale) ne pèse que par son  identité politique et le message qu’elle porte. Le multilatéralisme, les  solutions négociées et ce nouvel universalisme  qu’est l’écologie, sont des thèmes confusément partagés par une majorité des Français qui n’a pas encore mesuré l’ampleur de l’imposture présidentielle.

Mais l’aura acquise à l’extérieur et dans les conditions évoquées pourra-t-elle durablement contrebalancer la défiance intérieure et le poids des réalités sociales inchangées que nous retrouverons très vite, ne serait-ce que dans le projet de budget gouvernemental pour 2020 ? Pas sûr.

Et les Français se souviendront alors, peut-être, de Corneille pour découvrir qu’

 » À VAINCRE SANS PERIL ON TRIOMPHE SANS GLOIRE  » !

Le 28 août 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

Sur les « fractures françaises » lire Fractures françaises, de Christophe Guilluy. Une référence.

3 Réponses to “Nos Anciens avaient tout compris des hommes.”

  1. Hervé J. VOLTO août 28, 2019 à 11:08 #

    Tout est là : le monde a actuellement la malchance d’être pourvue de dirigeants dans l’ensemble assez peu enviables et Emmanuel Macron profite aisément de la comparaison.

  2. Hervé J. VOLTO août 28, 2019 à 1:13 #

    L’aura présidentielle acquise à l’extérieur et dans les conditions évoquées pourra-t-elle durablement contrebalancer la défiance intérieure et le poids des réalités sociales inchangées que nous retrouverons très vite, ne serait-ce que dans le projet de budget gouvernemental pour 2020 ?

    Pour éloigner le spectre d’une révolte populaire qui se profile avec la crise des Gilets Jaunes, crise pouvant déboucher sur une geurre civile, le Président Macron, qui a dit lui-même lors des Présidentielles qui l’ont porté au pouvoir que ce qu’il manquait au gouvernement Français c’était un Roi, pourrait-il rappeller justement le Roi comme Franco l’a fait en Espagne en 1976 ?

    L’Article 16 permettrait à Emmanuel Macron de prendre les mesures exigées par des circonstances exeptionnelles, après consultation officielle du Premier Ministre, des présidents des assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. Si les institutions de la République, l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux seraient menacées d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels serait interrompu, le Président de la République prendrait le soin d’abroger l’alinéa de l’article 89 prévoyant que « La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision ».

    A partir de là, il pourrait réviser les articles 1 -étendant le statut concordataire de l’Alsace à toute la France- 6 et 7 de la même constitution, le Roi appellé prenant les pouvoirs du Président de la République, la Haute Cour de Justice, le Conseil d’Etat et les relations entre le Gouvernemant et le Parlement demeurant en l’état, les Français continuant à voter aux Municipales, aux départementales, eaux Régionales, et aux Législatives. Evitant un couteux référendum.

    Une porte de sortie honorable qui donnerait plus de stabilité à l’intérieur et plus de prestige à l’étranger. À côté des outrances verbales d’un Donald Trump, de la virulence d’un Jair Bolsonaro, par médias interposés, du côté foutraque de Boris Johnson, de la circonspection d’une Angela Merkel sur le départ, des bavardages sans saveur d’un Justin Trudeau, des prétentions assommantes d’un Donald Tusk ou de la fadeur d’un Giusepe Conte…Emmanuel Macron bénéficit déjà de l’avantage du contraste et faisait figure de gentleman : il deviendrait en plus ici un… sauveur !!!

    Après au Roi de se débrouiller : aucun pouvoir ne pouvant durer en s’appuyant uniquement sur la propagande, à défaut de force, il faudra au Chef de l’Etat acquérir UNE LEGITIMITE NATURELLE par les services rendus au peuple qui lui est confié qui, en retour, lui manifestera une reconaissance capable de consacrer son autorité. Ces services concernent les nécessités naturelles : GERER L’ORDRE, FAIRE RESPECTER LA JUSTICE, DEFENDRE LE PEUPLE CONTRE LES ENNEMIS, ASSURER LES CONDITIONS DE LA PROPERITE DU PAYS. Mais en France spécialement, la Royauté a le devoir de protéger l’Eglise et d’assurer une législation Chrétienne, reconaissant Dieu comme source de toute autorité : c’est LE LEGITIMITE THEOLOGIQUE. Or, historiquement, seule la Monarchie Capétienne, Catholique et Royale, a possédé pleinement cette DOUBLE LEGITIMITE…

  3. Hervé J. VOLTO août 28, 2019 à 1:21 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Dans l’oeuvre du Raspail, Le Roi au-delà de la mer, ouvrage séduisant au contour de tous Royaliste, qui ne peut qu’espérer et recréer à son tour ce que pourrait accomplir le souverain combattant, le souverain en marche vers son trône. Le principe du livre est cependant de l’ordre du retour. Raspail s’adresse aux Princes de France dans un roman lettre-ouverte, mais son Prince est fictif. Le quel est-il ? Nous n’en savons rien. LOUIS, JEAN, HENRI, celà a peu d’importance. Le Prince concerve son panache, il s’éloigne de tout compromission -même avec son propre milieu- prend le large pour se faire désirer, rendre sa présence indispensable par l’absence. Evidemment, quelle autre destination Raspail pouvait-il choisir que l’Ecosse ? Son Prince marche dans les traces de Bonny Prince Charly, Charles Spencer Stuart…

    Raspail connaît et développe l’histoire de la Duchesse de Berry qui, en 1832, essaya de reconquérir le trône de son fils alors agé à peine de dix ans avec panache et bravoure. Elle échoua, mais la cause n’était pas perdue d’avance, tout comme celle de Charles Stuart ne le fut pas. Vendéens comme Jacobites se donnèrent les moyens de vaincre, trempèrent leurs mains dans des coffres d’or, du sang frais et l’encre de missives secrètes.

    Bien que nous ne soyons plus en Monarchie, le Roi Perdu a un rôle à jouer dans la vie politique de notre Pays. Un Roi est par définition un arbitre, un cociliateur, quand il n’est pas un guide. Un Roi en exil, peut incarner une autorité morale qui peut être écoutée. Il peut attirer l’attention du pouvoir et de ses concitoyens sur des questions précises. Il doit pour celà se tenir en permanance au courant de la vie politique de son pays. Il incarne au-delà de tout une tradition, une continuité, comme un possible recours…

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