Quelques maires (anciennement LR) s’organisent pour aller à la soupe. Souvenez-vous d’eux le moment venu…*

28 Août

Au printemps, ils avaient fait croire à un déferlement de ralliements de maires LR et UDI vers la majorité présidentielle au moment des prochaines municipales. Les 72 élus qui avaient souhaité en juin dans Le Journal du dimanche « la réussite du président de la République et du gouvernement » se retrouvent pour tenter de transformer l’essai. En réalité…pour se compter.

Fer de lance du gouvernement pour chasser sur les terres du parti Les Républicains (LR), le groupe de La République des maires a cependant essuyé quelques camouflets du parti présidentiel et avalé quelques couleuvres, au cours de l’été. A l’époque, l’état-major de LR avait minimisé l’initiative et pointé du doigt la dérive d’une poignée d’« âmes faibles », selon les mots de Jean Leonetti, se jetant dans les bras d’une majorité avide d’ancrage territorial.

Vendredi 30 août, ces maires « macroncompatibles » se réuniront pour la première fois à Angers, pour établir les statuts de leur association, définir un bureau exécutif, mais aussi discuter « vivre ensemble » et transition écologique (sujet à la mode s’il en est), deux thèmes sur lesquels ils seront invités à présenter chacun une initiative éprouvée localement. « On va vivre cette journée entre nous. Cela sera certainement suivi d’un événement à l’automne, à Paris, en marge du Salon des maires », explique l’instigateur du rassemblement, le maire d’Anger et copain comme cochon du Premier ministre, Christophe Béchu (à ne pas confondre avec Madame Michu !), qui a quitté Les Républicains en novembre 2017.

Madame Michu

Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement de Paris partie de LR en juin, la maire UDI d’Amiens, Brigitte Fouré, et celle d’Albi, Stéphanie Guiraud-Chaumeil (divers droite), le maire de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) Arnaud Péricard (divers droite), le radical Christophe Bouchet à Tours, ou encore l’ex-LR Olivier Carré d’Orléans feront le déplacement. Au total, quarante-cinq communes seront représentées, bien mois que les soixante-douze de départ.

Une poignée de signataires ont accentué leur convergence au centre : en juillet, le maire de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, a rejoint Agir, le parti formé par d’anciens élus de droite pro-Macron, tandis qu’à Poissy, Karl Olive a annoncé, mercredi 21 août, qu’il ne renouvellerait pas sa carte à LR et serait candidat à sa réélection sans étiquette, comme en 2014 (à vaincre sans péril…).

Pour le maire de Poissy, lui-même fondateur d’une autre association d’élus, Génération Terrain, revendiquant 280 membres, le refus des alliances avec LRM par Christian Jacob a été l’élément déclencheur. « La goutte qui a fait déborder le vase ne date pas d’hier, elle date quasiment de la présidentielle », dit cependant l’ancien dirigeant sportif, jugeant que la campagne de François Fillon « ne passait pas » sur le terrain.

Des défections ont certes rapproché des maires de la majorité, mais dans le même temps, des investitures du parti présidentiel ont aussi douché les espoirs d’élus signataires, notamment quand des « marcheurs » locaux ont refusé de s’incliner à leur profit.

A Quimper, la députée LRM Annaïg Le Meur a été investie face à Ludovic Jolivet, ex-LR qui avait pourtant agité le drapeau blanc en rejoignant Agir fin mai. Pas de bol ! Mais ça ne s’arrête pas là : à Vannes, Patrick Le Mestre a été investi par LRM contre un autre des 72, le maire sortant et ex-LR David Robo et, à Bordeaux, le « marcheur » Thomas Cazenave a été investi contre Nicolas Florian (le maire sortant, ex-LR et juppéiste pur jus. « C’est une erreur, estime Christophe Béchu qui doit rencontrer dans les prochains jours le successeur d’Alain Juppé (qui n’est pas membre du groupe pour le moment), c’est l’homme qu’il faut aujourd’hui à Bordeaux. »

« Ce genre de décision m’a malheureusement conforté dans l’idée que LRM est un mouvement qui n’a pas encore d’implantation locale : ils ont une vision des réalités sur les territoires qui est, disons, perfectible » (vous apprécierez sans doute l’euphémisme), ajoute le maire d’Angers. Le Premier ministre lui-même a regretté que des élus favorables au gouvernement aient des adversaires LRM face à eux.

A ceux qui voyaient dans sa tribune une manœuvre de survie, Christophe Béchu répond désormais que son association est loin d’apporter la garantie de ne pas avoir de concurrent « marcheur ».

Signe des limites du dialogue à droite tissé par Edouard Philippe, les déjeuners avec des élus institués depuis son entrée à Matignon ont été suspendus face aux protestations de l’aile gauche de la majorité – « ils disaient que ça faisait trop happy few », raconte un élu de droite. Mais le dialogue n’est pas rompu et reprendra sous un nouveau format, encore indéfini, poursuit-on de même source.

Selon l’expression du chef du gouvernement, « la poutre travaille » encore et le lien subsiste, mais faute de bras toujours ouverts en face, l’élan des maires de droite vers la majorité pourrait bien faiblir. Comme quoi, aller à la soupe n’empêche pas toujours de prendre des coups de la part de ceux dont on embrasse les babouches…

Fin mai, juste après le résultat des européennes – 8,48 % pour la liste de François-Xavier Bellamy – certains élus LR paniqués étaient prêts à brader les sièges sur leur liste, pour en donner 20 % à des « marcheurs », raconte un sénateur. Vision contemporaine du fameux « Mon royaume contre un cheval » ! « Depuis ça s’est un peu calmé », dit-il. Le président du Sénat, Gérard Larcher, assure pour sa part que « le choc des européennes est en train de s’éloigner. Je sens qu’aujourd’hui les maires se sont repris, ils n’ont pas les yeux rivés sur les résultats des européennes ».

Christian Jacob, pressenti pour succéder à Laurent Wauquiez à la présidence de LR, a lui-même durci le discours envers les élus : « La composition des listes municipales aura un impact direct sur les sénatoriales. Il n’est donc pas question de laisser se nouer des accords cachés avec LRM qui contribueraient à faire battre nos candidats aux sénatoriales », a-t-il dit au JDD début août.

Enfin, comme le soulignait L’Opinion le 22 août, les maires de droite Macron-compatibles sont confrontés à un arc-en-ciel de labels pour affirmer leur posture, des étiquettes et identités parfois superposables. Le même jour que les ateliers angevins de La République des maires, les élus de La France audacieuse font leur rentrée à Nice sous le parrainage de Christian Estrosi et du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc. Différence notable, les deux hommes sont pour l’heure encore membres du parti Les Républicains. Et le lendemain, la présidente d’Ile-de-France et ex-LR Valérie Pécresse, qui a elle aussi l’intention de délivrer des labels aux édiles, organise la rentrée de Libres ! à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Sans doute faudra-t-il attendre la fin de la foire pour compter les étiquettes !

Mais, tout compte fait, il faut croire que la soupe est bonne pour déclencher une telle tambouille.

Le 28 août 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Les prochaines élections municipales se dérouleront les 15 et 22 mars 2010. Ne l’oubliez pas.

3 Réponses to “Quelques maires (anciennement LR) s’organisent pour aller à la soupe. Souvenez-vous d’eux le moment venu…*”

  1. Hervé J. VOLTO août 28, 2019 à 11:38 #

    Le multilatéralisme, les solutions négociées et ce nouvel universalisme qu’est l’écologie, sont des thèmes confusément partagés par une majorité des Français qui n’a pas encore mesuré l’ampleur de l’imposture présidentielle. Même si la colère gronde, cependant.

    On le voit dans la préparation des Municipales de 2020 :

    Vu la fin de LR, qui depuis la démisssion de Wauquiez est fichu, certains élus LR paniqués de voir Sarkosy refuser de cotcher le Régent Républicain, étaient prêts à brader les sièges sur leur liste, pour en donner 20 % à des « marcheurs », raconte un sénateur. Christian Jacob, pressenti pour succéder à Laurent Wauquiez à la présidence de LR, a lui-même durci le discours envers les élus :

    -La composition des listes municipales aura un impact direct sur les sénatoriales. Il n’est donc pas question de laisser se nouer des accords cachés avec LRM qui contribueraient à faire battre nos candidats aux sénatoriales, a-t-il dit au JDD début août.

    Résultas : les maires de droite Macron-compatibles sont confrontés à un arc-en-ciel de labels pour affirmer leur im-posture, des étiquettes et identités parfois superposables. La République des Maires, La France Audacieuse, Libres !… on aura tout vu et entendu.

    Il faut croire que la soupe est bonne pour déclencher une telle tambouille !

    Oui, sans doute faudra-t-il attendre la fin de la foire pour compter les étiquettes…

  2. Hervé J. VOLTO août 28, 2019 à 12:11 #

    Face à ce énniène cirque électoral -les clowns ne font plus rire et les spectacle devient de plus en plus couteux- ce qu’il faudrait, c’est expliquer aux Français que face à l’alternance gauche/droite devenue impossible, il faudrait envisager sérieusement l’alternative Royale, le Roi n’étant élu qu’une seule fois dans sa vie, ce qui coute moins cher que d’organiser des élections tous les 5 ans.

    Ce qu’il faudrait, c’est que le Président du CER se pose en Guaido d’une France désirant redevenir la Fiille Aînée de l’Eglise et l’Educatrice des Peuples, le CER devenant un gouvernement provisoire capable d’apporter « démocratiquement » des propositions politiques concrètes.

    Emmenuel Macron, qui a été élu entre autre sur la promesse de « changer le vieux monde », accepterait-il de faire sienne les mesures du partit ALLIANCE ROYALE et premettre au Général de Villiers de faire ce que le Général Franco a fait en Espagne en 1976 ?

    Ce que j’en dit, c’est pour éloigner le spectre de la révolte populaire, qui se profile avec la crise des Gilets Jaunes, une révolte pouvant déboucher sur une guerre civile…

    Si nous sommes en république, ce n’est pas définitif cependant. Lucides, nous, Royalistes, nous prenons garde à ne pas dépenser nos forces en vain. Obstinés, nous continuons notre route, jamais las d’aimer le pays qui par son seul nom nous honore tous, jamais las d’aimer ce peuple auquel nous appartenons. Peuple déroutant, inattendu, comme un volcan d’Auvergne qui se réveillerait. Peuple désabusé qui se méprise lui-même, qui déçoit parfois mais qui triomphe à Bouvines, à Patay, à La Marne. Peuple pour qui le Ciel lui-même s’est ouvert !

    Peuple indigne de sa Grandeur, mais sans qui rien de grand n’a pu se faire.

    Peuple à qui il ne manque qu’un Roi pour être heureux.

  3. Hervé J. VOLTO août 28, 2019 à 12:12 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Emmanuel Macron aurait-il l’honneteté intellectuelle de permettre au Général de Villiers d’appeller le Roi ?

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