Education nationale : en cette rentrée, cherchez l’erreur.

3 Sep
Alors que le budget de l’Education nationale français est un des plus lourds du monde (et on aimerait bien savoir pourquoi), nos enseignants sont, parmi les européens, ceux qui avec les italiens, sont les moins bien payés. Effectivement, cherchez l’erreur.

Côté rémunération, le ministre de l’Education nationale Jean Michel Blanquer a annoncé une généreuse hausse moyenne de 300 euros pour tous les enseignants à partir de l’année prochaine. Mais 300 euros ne représentent en moyenne que 25 euros par mois. Pas de quoi faire la fête.Les enseignants joueront-ils les « Gilets jaunes » à la rentrée ?

Si on prend les chiffres de l’OCDE, un professeur de collège gagne en moyenne 27 000 euros bruts par an en début de carrière.

Son voisin allemand en gagne lui 56 000 ;

le Suisse 56 000 ;

le Luxembourgeois est le mieux loti avec 70 000 euros ;

L’Espagnol est à 38 500 euros ;

Le Hollandais : 36 500 euros ;

Le Suédois : 33 300 euros ;

Le Portugais : 29 000 euros ;

Le Français et l’Italien : 27 000 euros ;

Le grec est le plus pauvrement traité avec 17 000 euros.

Alors que tous ces enseignants font grosso modo le même métier, ils enseignent les mêmes matières de base et font en tout, à peu près le même nombre d’heures d’enseignement. Le modèle de l’entreprise Education nationale est donc à peu près le même partout. En revanche, ce qui ne l’est pas, c’est le budget.

Globalement, la France consacre plus de 160 milliards d’euros à son système éducatif, soit 6,7 % du PIB.

La dépense moyenne pour un élève ou un étudiant est de 8 690 euros par an. Elle augmente avec le niveau d’enseignement, allant de 6 550 euros pour un écolier, 8 710 euros pour un collégien, 11 190 euros pour un lycéen à 11 670 euros pour un étudiant.

L’État est le premier financeur de l’éducation (57,4 %), devant les collectivités territoriales (23,3 %). Alors que les communes et les départements ont tendance à stabiliser leurs dépenses d’éducation depuis 2015, celles des régions augmentent chaque année.

Les pays européens dépensent globalement entre 20 et 30 % de moins. En comparaison avec d’autres pays dans le monde, la France arrive en 3ème position pour ce qui est de la part des dépenses d’éducation dans le PIB national (%). Avec 6,3% de son produit intérieur brut, la France se situe derrière les Etats-Unis (7,3%), l’Angleterre, la Suède et la Finlande (ex aequo à 6,5%). Tous les autres pays européens dépensent moins que nous. Beaucoup moins.

Les Allemands, qui ont le même nombre d’élèves scolarisés et d‘enseignants, dépensent près de 40 milliards d’euros en moins que nous. Ce qui diminue d’autant le coût de l’éducation par élève.

En personnel, nous avons 1 150 000 fonctionnaires en poste actuellement dont 870 000 seulement enseignent dans les écoles et les établissements du 2edegré, et 145 000 dans le privé (mais ils sont comptabilisés dans le budget). Mais nous avons aussi 274 400 fonctionnaires enseignants….qui n’enseignent pas et qui exercent des missions d’assistance éducative, d’administration, de direction et d’animation pédagogique etc. N’y aurait-il pas là quelque chose qui cloche ?

Ces chiffres doivent être analysés par rapport aux résultats délivrés, par rapport à la qualité de l’enseignement, à son utilité, mais aussi à l’employabilité des élèves qui sortent du système. Autrement dit, est-ce que notre Education nationale est à la hauteur de son coût ?

En termes de résultats, nous ne sommes pas les champions du monde et pas même les champions d’Europe. Loin s’en faut. Les divers classements internationaux le montrent inexorablement depuis longtemps.

Le nombre de jeunes qui entre en 6e sans savoir lire,écrire et compter est effarant. Le nombre de jeunes de 20 ans qui sont sans formation et sans emploi est tout aussi inquiétant. Parallèlement, le nombre d’offres d’emplois qui ne trouvent pas à être satisfaites peut être imputable aux conditions matérielles, salaires, localisation mais aussi à l’absence de formation.

Toujours en termes de résultats, on peut certes se féliciter de la qualité des grandes écoles, sauf qu’au classement Pisa, la France est dégradée année après année.

Ce système de l’Education nationale permet à 85% d’une classe d’âge d’obtenir le baccalauréat, mais la formation ouvre de moins en moins de portes. Alors, pour quoi faire ?

Tout cela est une affaire de productivité globale qui n’est pas un gros mot. C’est à dire une question d’organisation et de fixation d’objectifs. La sous-rémunération traduit une paupérisation de la profession, dont un déficit d’expertise et de qualité. Mais quand cette paupérisation des personnels cohabite avec une administration dont le coût global est très élevé, ces dysfonctionnements créent de la frustration, de la grogne voire de la colère.

Sauf que personne n’ose poser la bonne question : quel est le poids des jeunes issus de l’immigration dans ce désastre ? Quid des conséquences de l’acculturation comme des violences qui résultent de la mixité socio-culturelle imposée tant aux enseignants qu’à nos enfants ?

Parce qu’il va bien falloir expliquer pourquoi le modèle français coûte autant d’argent et paie ses salariés si peu cher. 

Le 3 septembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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