Emmanuel Macron n’aurait-il pas tout compris à l’ISF ?

10 Sep

Alors que, droit dans ses bottes, Emmanuel Macron annonçait aux Français, consultés dans le cadre du fameux « Grand débat » faisant suite à la crise (non résolue) des « Gilets jaunes« , qu’il ne reviendrait pas sur la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), un vaste débat se faisait jour en Allemagne sur un éventuel retour…à l’ISF !

Outil de justice sociale ou odieux populisme fiscal ? Outre-Rhin, en cette période de rentrée, les avis sont fortement tranchés à propos de l’impôt sur la fortune. Cela fait pourtant belle lurette que le Vermögenssteuer n’existe plus. Après que la cour constitutionnelle fédérale eut invalidé le mode de calcul de l’impôt sur le patrimoine des Allemands les plus aisés en 1995, le gouvernement d’Helmut Kohl avait décidé de l’abroger, deux ans plus tard, plutôt que de le réformer.

Mais l’impôt sur la fortune revient sous le feu des projecteurs et fait à nouveau débat, en Allemagne, depuis que le parti social-démocrate (SPD) l’a sorti des oubliettes. En témoigne l’ovation reçue, lundi 2 septembre, par Kevin Kühnert, chef de la section jeunesse du parti, lors d’un meeting à Abensberg, en Bavière. « L’Allemagne fait partie des pays où l’imposition sur la richesse est la plus faible au monde », a tonné le trublion, connu, outre-Rhin, pour ses prises de position souvent radicales. Ajoutant : « Ce sont les travailleurs qui portent la plus grande part du fardeau fiscal, plus que les riches. »

Le jeune politicien charismatique ne faisait qu’amplifier des appels lancés par plusieurs caciques du SPD. Quelques jours plus tôt, Olaf Scholz, le ministre des finances du gouvernement de coalition d’Angela Merkel, s’était lui aussi déclaré en faveur de l’imposition patrimoniale. D’ici à son congrès national en décembre, le SPD pourrait donc inscrire à son programme électoral cette taxe de 1 % sur le patrimoine mobilier et immobilier des « multimillionnaires », voire 1,5 % pour les très grandes fortunes. Cet impôt pourrait rapporter au fisc plus de 10 milliards d’euros par an, et sa collecte devrait coûter 800 millions, tout au plus.

Dans les rangs des Chrétiens démocrates (CDU), des voix se sont immédiatement élevées pour dénoncer une « politique de jalousie fiscale ».

Mais la proposition séduit aussi des experts. « L’Allemagne a l’une des plus fortes inégalités de patrimoine en Europe » (ndcer: la France n’est plus très loin derrière), a tweeté, samedi 7 septembre, Marcel Fratzscher, directeur de l’institut économique DIW de Berlin. Même l’OCDE s’est invitée dans la discussion : un tel impôt serait « avantageux » et « équitable », a estimé l’économiste Nicola Brandt.

Et selon un sondage publié par le quotidien de centre droit Die Welt – lui-même opposé à l’impôt sur la fortune –, 58 % des Allemands sont pour, et 33 % contre. Ces chiffres devraient encourager le SPD dans sa croisade pour le rétablir.

 » Allo, Emmanuel ! Que se passe-t-il ? Tes amis d’Outre Rhin perdent la boule ou quoi ?  » 

Le 10 septembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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