Le CER proposait un milliard par an et tout de suite pour sauver les services hospitaliers d’urgence.*

10 Sep

En réponse, la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a dévoilé, lundi 9 septembre, un « pacte de refondation » comprenant douze mesures pour tenter de résoudre la crise. En voici les principales qui, hélas, ne nous rassurent pas sur l’évolution de la situation de la médecine d’urgence.

La ministre a d’abord annoncé avoir décidé de consacrer plus de 750 millions d’euros…sur trois ans soit jusqu’en 2022 (année, vous l’aurez remarqué, de la prochaine élection présidentielle. Un hasard ?), pour mettre en place les « transformations » dont le secteur a besoin.

Cette somme, qui ne s’ajoutera pas au budget déjà prévu pour les dépenses de santé mais sera puisée dans des crédits existants, servira à financer diverses mesures visant à désengorger les urgences en s’appuyant davantage sur la médecine de ville et en accélérant les prises en charge. C’est donc une duperie face aux besoins immenses d’une médecine sinistrée et qui n’échappera pas au personnel hospitalier.

Autre duperie : la priorité sera la mise en place « dans tous les territoires », dès l’été 2020, « d’un service distant universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français ». Ce service d’accès aux soins (SAS), évalué à 340 millions d’euros, devra permettre, en fonction des besoins de chaque patient, d’obtenir vingt-quatre heures sur vingt-quatre un conseil médical et paramédical, de prendre rendez-vous pour une consultation avec un médecin généraliste dans les vingt-quatre heures, de procéder à une téléconsultation. Mais aussi….d’être orienté vers un service d’urgences ou de recevoir une ambulance ! Où Mme Buzyn trouvera-t-elle ces conseils médicaux et paramédicaux et comment obtiendra-t-elle une consultation dans les 24 heures avec un médecin généraliste, en sus d’une charge de travail déjà insupportable et dans un contexte de désertification médicale avancée ?

Le « pacte de refondation » du ministère prévoit également de réformer le financement des urgences, de lutter contre les dérives de l’intérim médical ou encore de renforcer la sécurité des professionnels. Soit. Mais avec quel argent financer les urgence si l’Etat ne remet pas radicalement en question sa fameuse AME ? Et comment lutter contre l’intérim médical alors qu’il faudrait pour cela lutter d’abord avec la plus grande vigueur contre les mercenaires qui ont organisé la mise en coupe réglée de l’hôpital ?(https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/05/24/razzia-sur-lhosto/)

En amont des passages aux urgences hospitalières, ce pacte de refondation prévoit enfin de renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous, que ce soit en cabinet, en maison ou en centre de santé et fixe un objectif de « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées. Ce serait une plaisanterie si ce n’était pas si tragique. Mme Buzyn s’est-elle seulement penchée sur le fonctionnement des cabinets médicaux de ville et la vie éreintante de leurs titulaires ? Et que dire de son « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées ? Sait-elle seulement que cela sous-entend des admissions directe en services hospitaliers de gériatrie ou d’autres spécialités…qui n’existent pas ?

A ce stade, le ministère ne prévoit d’ailleurs pas d’ouvertures de lits supplémentaires ni de recrutements de personnels, comme le réclament les grévistes. La ministre « se refuse complètement à revaloriser les métiers soignants, il y a un tel déni des professions paramédicales, c’est assez fou », a regretté auprès de l’AFP Hugo Huon, le président du Collectif inter-urgences à l’origine du mouvement de grève.

Il a également déploré qu’il n’y ait « rien sur les lits, rien sur les postes ». Rappelant que le collectif doit se réunir mardi en assemblée générale, il a estimé que « les gens étaient très sceptiques » sur ces annonces. De son côté, la CGT, qui a appelé à manifester mercredi, a dénoncé des « annonces décevantes » qui ne seront au mieux « effectives qu’à moyen voire long terme ».

Commencé le 18 mars à l’hôpital parisien Saint-Antoine après un nouvel acte de violence envers les soignants, le mouvement de mécontentement du personnel des urgences s’est étendu depuis à d’autres sites en région parisienne et dans d’autres grandes villes. Selon le collectif Inter-Urgences, 249 sites seraient actuellement en grève.

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Le gouvernement d’Emmanuel Macron, comme nous ne cessons de le répéter depuis 2016, est bien celui de l’imposture.

Le 10 septembre 2019.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

* Où trouverions-nous ce budget ? C’est très simple. C’est le montant annuel de l’aide médicale d’Etat (AME) attribuée généreusement dans la prise en charge médicale intégrale des étrangers en situation irrégulière au regard de la réglementation relative au séjour en France ainsi que des ayants droit (enfants, personnes à charge) desdits bénéficiaires ou des étrangers placés en rétention administrative en vue de leur expulsion. Il suffit donc de supprimer cette prime à l’immigration.

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